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ANNALES
DE LA
SOCIÉTÉ ROYALE
DE
BELGIQUE
T. XXXVIII
ANNEE 1903
BRUXELLES
P. WEISSENBRUCH, IMPRIMEUR DU ROI
49, RUE DU POINÇON, 49
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DE LA
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DE
BELGIQUE
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DE LA
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T. XXXYIH
ANNÉE 1903
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BRUXELLES
P. WEISSENBRUCH, IMPRIMEUR DU ROI
49, RUE DU POINÇO'!, 49
NOTICE BIOGRAPHIQUE
T. XXXVIII, 1903
LA VIE ET L'ŒUVRE DE GARL GEGENBAUR
NOTICE BIOGRAPHIQUE
Ad. KEMNA
-x-
Carl Gegenbaur vient de mourir à Heidelberg, le 14 juin 1903,
à l'âge de 77 ans; il était né à Wurzbourg le 21 août 1826.
L'histoire de son enfance, racontée par lui-même dans une autobio-
graphie en 1901 (sous le titre : Erlebtes und Erstrebtes), nous montre
une fois de plus l'influence d'une mère intelligente, qui a eu la per-
spicacité de reconnaître de bonne heure la tendance d'esprit de son
fils et qui avait elle-même assez de culture scientifique pour diriger
l'attention de l'enfant vers les choses de la nature.. Elle lui a donné
les premières leçons de dessin, l'aidait à constituer un herbier et tolé-
rait dans son ménage bien tenu les dissections de l'anatomiste débu-
tant.
Cette influence de la mère a été d'autant plus utile que le père
nourrissait d'autres projets; il rêvait pour son fils la gloire du fonc-
tionnaire. Une vie consacrée à la recherche de la vérité, la poursuite
de la science pure et le professorat, tout cela paraissait au père un
avenir fort aléatoire et friser quelque peu la bohème artiste. Quand,
au sortir du gymnase, le jeune homme déclara à l'auteur de ses jours
qu'à l'université il voulait étudier les sciences naturelles, il eut à
subir la mauvaise humeur paternelle, « mehrere Tage ernstes Grol-
lens ». Par mesure transactionnelle, la mère proposa des études de
médecine; le père avait du respect pour cette profession, la plupart
des médecins à cette époque en Bavière étant dans des cadres admi-
nistratifs.
IV SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Le jeune Gegenbaur travailla avec zèle. Au bout d'un an et demi,
il put quitter la faculté de philosophie dont la fréquentation préalable
était obligatoire pour entrer dans la faculté de médecine. Il obtint
même une place d'interne à l'hôpital pour un engagement de deux
ans. Il n'y allait pourtant qu'avec un enthousiasme fort relatif, n'étant
nullement convaincu du caractère scientifique de la médecine d'alors.
En 4851, aussitôt après avoir passé le dernier examen de doctorat,
il obtint un congé de quelques semaines pour un voyage d études. A
Berlin, tout à ses yeux disparaît devant la personnalité de Johannes
Mûller; il subit comme tout le monde l'ascendant de cet homme de
génie, un des créateurs de la grandeur scientifique de l'Allemagne.
A Helgoland, ce sont les splendeurs de la faune marine qui l'attirent
et le retiennent. Étant données ses tendances d'esprit, on conçoit que ce
voyage ait eu des effets déplorables comme préparation à la carrière
médicale. L'interne s'était retardé bien au delà de son congé régle-
mentaire et se fit précéder auprès de son chef de service par un envoi
propitiatoire de homards ; ces crustacés étaient alors une rareté dans
les villes de l'intérieur, à telle enseigne que le cordon bleu du profes-
seur à Wurzbourg ne sut comment les préparer. Le séjour à l'hôpital
ne fut que de courte durée; l'engagement d'interne ne fut pas renou-
velé et Gegenbaur rentra à la maison paternelle.
11 en sortit bientôt pour un voyage à Messine, auquel le père
accéda volontiers sur les recommandations de Kœlliker. Celui-ci
jouissait déjà à Wurzbourg d'une grande considération; le père aura
été flatté de voir un homme de cette importance venir conférer avec
lui. Kœlliker fit valoir comme argument qu'un tel voyage poserait le
jeune homme dans le monde scientifique et lui serait fort utile pour
se créer une position. Le voyage dura près d'un an.
Au retour, il fallut bien définitivement choisir une carrière; le père
s'étant réconcilié avec l'idée du professorat, il s'agissait d'obtenir une
nomination de « Priva t-Docent » et d'organiser un cours libre, sans trop
froisser les professeurs titulaires. La chaire de zoologie n'étant pas
occupée d'une façon fort brillante, Gegenbaur choisit cette branche.
Dans le second semestre, il y ajouta un cours élémentaire d'anatomie
et de physiologie pour les juristes, idée excellente, car elle permet
aux étudiants en droit de sortir quelque peu du transcendant et de
l'absolu, pour se retremper dans le domaine des faits concrets.
Vers cette époque, la place de prosecteur de zootomie devint
vacante par le départ de Leydig. Quoique seul candidat, Gegenbaur
NOTICE BIOGRAPHIQUE. V
dut se soumettre à un examen, « je ne sais plus le combientième
devant Kœlliker», dit-il. Il reçut comme épreuve pratique à faire une
préparation des organes électriques de la torpille; c'est la pièce qui
a été dessinée plus tard dans son Traité d'anatomie comparée. La
préparation traîna un temps considérable, parce que une autre per-
spective s'était ouverte : une place de professeur extraordinaire à
Iéna. Quand la nomination fut certaine, Kœlliker reçut à son grand
étonnement, au lieu de la préparation imposée, la démission du
prosecteur.
Gegenbaur succédait (1856) à Oscar Schmidt comme professeur de
zoologie. Peu de temps après son arrivée, Huschke mourut, laissant
vacantes les chaires d'anatomie et de physiologie. La Faculté offrit la
succession à Gegenbaur. Celui-ci tenait beaucoup à la chaire d'ana-
tomie, mais il refusa de se charger également de la physiologie, au
risque de voir le tout lui échapper. Les choses finirent par s'arranger
à son gré par la nomination de von Bezold pour un cours distinct de
physiologie. C'est donc à Iena que fut donné l'exemple de la séparation
des deux branches, fait auquel Gegenbaur attache beaucoup d'im-
portance.
Gegenbaur se maria à Iena. « Comme je n'étais plus très jeune,
dit-il, ce ne fut pas une résolution facile à prendre, de façon que je
puis m'appliquer les vers du poète »... et il cite le commencement de
Y Enfer du Dante : Nel mezzo del cammin del nostra vita, la forêt
obscure, etc. La citation paraît singulièrement choisie, mais tout
réside dans la bonne intention. Ce qui suit est d'une émotion réelle
dans sa simplicité d'expression : « Mon bonheur ne devait pas être de
longue durée; l'été suivant, après la naissance d'une fille, ma femme
mourut. Elle est enterrée à Iena, où sa fille avec mon gendre, un
officier, a visité la tombe. Un voyage en Hollande et en Belgique
m'apporta quelque diversion, mais il fallut de longues années avant
que l'idée d'un nouveau lien pût s'offrir à mon esprit. »
En 1873, il quitta Iena pour Heidelberg, où il succédait à son
beau-père, le professeur d'anatomie Fr. Arnold. Il y resta trente ans,
déclinant des propositions pour des postes en Hollande et à Strasbourg.
Dans son autobiographie, l'auteur ne fait pas une profession de
foi en règle, mais s'exprime à maintes occasions très clairement au
sujet de ses opinions politiques et philosophiques. Comme toute sa
génération intellectuelle, il était partisan de l'unité allemande, « si
VI SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
souvent tentée avec des moyens inadéquats et dont nous sommes
redevables au grand homme qui repose maintenant dans le Sach-
senwald ».
>
Catholique de naissance, Gegenbaur a été dans sa jeunesse pra-
tiquant, mais contraint et forcé. Au gymnase, il y avait messe
obligatoire tous les jours, vêpres en plus le dimanche. On chômait
aussi de nombreux saints, entre autres un nouveau promu, Aloïs de
Gonzague, patron de la jeunesse studieuse ( ! avec un point d'excla-
mation dans le texte). A cette occasion, une grande procession avait
été organisée, où Gegenbaur portait le drapeau. Le cours d'histoire
fut transféré du professeur titulaire de la classe au professeur de
religion. « Nous savions tous que l'apologie de l'Église romaine était
le but, et les jésuites, les auteurs de ce changement. Chez tous ceux
d'entre nous qui n'entrèrent pas dans les ordres, le résultat obtenu
fut le contraire du but visé. »
Quoique n'ayant jamais dû doubler une classe, ce n'était pas un
brillant élève; il se console en remarquant que la plupart des forts
en thème n'ont guère réussi : la moitié devinrent des curés, dit-il. Ce
qui est resté de l'enseignement du gymnase, c'est une haute appré-
ciation de l'éducation littéraire classique. La modernisation des études
aux dépens du grec et du latin a en lui un adversaire décidé.
Dans la dernière année, quitter le gymnase, se soustraire à
l'énervante influence cléricale, était devenu chez l'élève une obsession.
Mais les cours de philosophie à l'université ne valaient pas beaucoup
mieux; un professeur qui, paraît-il, exposait ces matières plus
clairement et attirait les élèves fut purement et simplement révoqué.
Dans la Faculté de médecine, il se crut enfin définitivement à l'abri ;
mais peu de temps après sa nomination comme interne, on force tout
le personnel à aller chaque jour à la messe ; les aumôniers étaient les
vrais maîtres ; deux jeunes vicaires poussèrent l'arrogance jusqu'à
exiger que dès leur apparition dans une salle de malades, les internes
devaient s'en aller.
Si Gegenbaur a systématiquement décliné toutes les propositions
de rester en Bavière, s'il a quitté Wurzbourg pour Iena, c'est
principalement pour se soustraire à de pareils maîtres et respirer
plus à l'aise. Le milieu plus libéral, l'entente entre les professeurs,
une liaison d'étroite amitié avec Haeckel, l'absence de contrainte sur
l'activité intellectuelle furent des avantages d'autant plus appréciés
que le contraste était plus grand. Dans les dernières années de sa vie,
NOTICE BIOGRAPHIQUE. VII
l'influence croissante du parti catholique dans la politique de l'Alle-
magne, le renouveau du piétisme agressif, des indices de réaction
dans le haut enseignement lui causaient de sérieuses appréhensions.
Nous devons aborder maintenant le côté scientifique. Malheureu-
sement, l'autobiographie est, sous ce rapport, fort sobre de rensei-
gnements. Comme le disait Bùtschli dans le Zoologisches Centralblatt ,
le côté « Erstrebtes » est traité d'une façon par trop sommaire.
Franchement, nous pourrions nous passer des grands-parents des
deux lignes d'ascendance, des oncles et des tantes, de leurs amis et
connaissances qui nous sont présentés en une série ininterrompue.
Le voyage en Italie et en Sicile est donné par le menu et a, en cer-
tains points, les allures d'un Bsedeker. Les excursions annuelles,
les villégiatures, même les simples promenades, on ne nous fait grâce
de rien. Nous aspirons après des détails sur la genèse de quelques-
unes de ces idées qui ont révolutionné l'anatomie comparée et nous
apprenons que dans telle pension du lac de Constance le gîte est bon
et la société agréable.
Il n'y a rien de plus difficile et de plus délicat qu'une autobiogra-
phie, parler constamment de soi-même : C'est moi qui ai fait ceci, et
cela, et cela encore. Aussi, une autobiographie est-elle rarement
une œuvre spontanée ; généralement, l'auteur a quelque peu la main
forcée. Parfois c'est un témoignage de gratitude pour une manifesta-
tion, une réponse à un livre jubilaire, aux « Festschrifte », à l'occasion
d'un anniversaire. Par exemple, tel a été le cas pour l'autobio-
graphie de Kœlliker.
Précisément celle-ci a peut-être eu une certaine influence. Bùtschli,
que nous avons déjà cité, fait observer à propos de ces « Souvenirs »
de Kœlliker, leur caractère personnel très marqué. Gegenbaur aura
voulu éviter de trop se mettre en évidence, mais il a exagéré en
sens inverse et préparé une déception au lecteur.
Les naturalistes dont la [carrière scientifique a commencé avant
1860 ont été témoins du plus complet et du plus rapide bouleverse-
ment qu'offre l'histoire intellectuelle de l'humanité : l'introduction
en zoologie de la notion d'évolution par Darwin. Un point toujours
important de leur biographie est donc leur attitude à l'égard des
théories nouvelles. Gegenbaur l'a immédiatement acceptée, mais,
déclare- t-il, sans enthousiasme débordant, comme une chose allant
VIII SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE.
de soi, à laquelle on aurait pu être préparé par les publications
antérieures du naturaliste anglais et qui, en tout cas, pour lui,
Gegenbaur, n'était pas complètement une nouveauté. Et il rappelle
à ce propos le fait curieux que sa thèse de doctorat en avril 1851
portait précisément sur la question de la variabilité et de la non-
fixité des espèces, démontrée par plusieurs familles de plantes,
notamment les Hiéracinées. Il eût été intéressant d'avoir le texte
même; mais la thèse ne semble pas avoir été écrite. Gegenbaur
donne, de mémoire, un résumé fort succinct. « Pour beaucoup de
plantes, l'espèce n'est pas déterminable avec certitude. L'inconstance
(Unbestàndigkeit) de l'espèce permet de conclure qu'elle représente
un état plus ancien de la plante, d'où s'est formé l'état ultérieur. La
représentation du développement nous montre la voie suivant
laquelle apparaissent (entstehen) non seulement les plantes, mais
aussi les animaux. Bref, tout ce qui vit a ses commencements d'où
il se développe (sich hervorbildet) et l'histoire du développement
laisse reconnaître et comprendre, avec les commencements, aussi la
liaison [Zusammenhang) de l'ensemble. » Ce n'est pas très clair. Si
je comprends bien, il s'agirait de la formation de variétés se fixant
graduellement en espèces nettement distinctes les unes des autres,
leur origine commune aux dépens d'une seule espèce primitive étant
le lien d'ensemble.
Le principal titre de gloire de Gegenbaur est d'avoir refondu
l'anatomie comparée d'après le principe de l'évolution. La théorie
de Darwin a eu le mérite incontestable de donner le branle à une
activité littéraire sans exemple. Un des premiers travaux et des plus
importants a été le livre de Fritz Mûller, Fur Darwin; une seule
classe est étudiée, celle des Crustacés ; mais c'est un modèle pratique
de ce que sera désormais l'embryologie. L'œuvre de Haeckel a un
tout autre caractère ; elle est plutôt d'un naturaliste vulgarisateur,
missionnaire convaincu de la foi nouvelle, polémiste passionné. Il a
immédiatement appliqué l'idée d'évolution à l'ensemble du monde
vivant, remanié les classifications, créé la phylogénie, le mot et la
chose. Son ardeur n'a pas connu d'obstacles, sa conviction ignore les
hésitations. L'étendue de cette entreprise devait en faire plutôt une
œuvre spéculative, parfois étrange, souvent géniale, intéressante
toujours. Gegenbaur participe des deux. Son travail de recherches
personnelles est aussi concret, aussi fouillé que les notes de Fritz
NOTICE RÏOGRAPHIQUE. IX
Mûller; il s'est attaqué au groupe le plus important et le pius
difficile, le vaste embranchement des Vertébrés. Par ses ouvrages
didactiques — traité général d'anatomie comparée, le résumé plus
concis, les deux volumes récents sur l'anatomie comparée des
Vertébrés et surtout le traité d'anatomie humaine — qui ont été
entre les mains de plusieurs générations d'étudiants, il a puissam-
ment contribué à répandre les idées modernes dans le monde univer-
sitaire.
La théorie qui régnait sans conteste avant 1859, celle de la spé-
cificité des formes animales, n'était en bonne logique que la vieille
notion des créations indépendantes. Les diverses définitions de
l'espèce sont toutes plus ou moins confuses et embrouillées; une seule
est claire et nette, celle de Linné : l'espèce est ce qui a été créé. Mais
la clarté n'est obtenue qu'en faisant sortir la question du domaine
scientifique. Entre ces produits isolés d'actes créateurs distincts, quoi
de plus naturel que des différences. C'était à déterminer et à bien
faire ressortir ces différences que s'attachaient les naturalistes classi-
fîcateurs, ceux qui s'étaient chargés de dresser le catalogue des êtres.
Mais l'anatomie comparée faisait tout juste le contraire ; sa mission a
toujours été comprise comme consistant essentiellement à rechercher
les ressemblances, les identités profondes cachées sous les variations
superficielles d'aspect. La grandeur des résultats se démontre par
leur seule énumération. Un nombre fort restreint de plans de struc-
ture régit le monde organique tout entier. Dans un même groupe
animal, les organes sont au fond identiques; leurs différences ne sont
que des modalités d'existence, des variations sur un thème commun.
Bien avant Darwin, dans chaque livre d'anatomie comparative, à
chaque page, il est question de changements gradués, de séries
naturelles, de formes de passage.
Si on avait poussé les savants d'alors dans leurs derniers retranche-
ments, si on les avait acculés à l'inconséquence de ces notions incom-
patibles de changements graduels et de créations isolées, ils auraient
probablement répondu que c'était une affaire de mots, une façon de
parler, des figures de rhétorique en somme, ne correspondant pas à
la réalité des choses et qu'il ne fallait pas prendre au pied de la
lettre. Mais une pareille indépendance du langage n'est pas bien
admissible. Au sujet de la nomenclature chimique, Lavoisier, appli-
quant les idées de Condillac, fait ressortir que les faits, les idées et
les mots sont choses connexes, trois empreintes d'un même cachet,
X SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
dit-il. Si donc le langage de l'anatomie comparée était tout imprégné
de la notion de transformation, c'est que les faits avaient imposé
cette notion au langage, à l'insu même de ceux qui l'employaient et
qui se trouvaient avoir fait de la phylogénie sans le savoir. Pour se
mettre au diapason des idées nouvelles, il leur suffisait de devenir
conscients. Aussi, dès le premier choc, l'anatomie comparée a-t-elle
passé avec armes et bagages dans le camp transformiste.
Le seul mérite d'opérer une rénovation si longuement préparée et
si facile eût été mince. Mais le principe général de l'évolution une
fois proclamé, il s'agit de l'appliquer à tous les cas particuliers. Le
principe en lui-même est peu de chose ; il ne vaut que par sa fécon-
dité pratique; grâce à lui, on doit pouvoir résoudre des problèmes
insolubles jusque-là, ordonner le chaos des faits isolés ou discordants.
Dans cet emploi de tous les jours peuvent se produire des erreurs.
Les questions peuvent être mal entamées; beaucoup le sont certaine-
ment; par exemple, quand deux naturalistes admettent la même série
phylogénique, mais que l'un la prend au rebours de l'autre (je citerai
la discussion récente sur la position des Cténophores), il y en a
au moins un qui certainement se trompe. On peut aussi pécher par
omission, passer à côté d'une découverte, ne pas voir des rapports
qui paraissent évidents aussitôt que d'autres les signalent. Du moment
qu'il y a possibilité d'erreur, il y a matière à tact, à utilisation d'in-
telligence, de perspicacité, et il y a mérite pour ceux qui, doués de
ces dons de l'esprit, savent les employer utilement et avec succès.
Sous ce rapport, le dernier ouvrage de Gegenbaur, YAnatomie
comparée des Vertébrés, en deux volumes, est un ouvrage remar-
quable. En tout premier lieu, par la connaissance étendue des faits :
l'auteur a naturellement puisé ses renseignements dans ce qui était
connu, le bien commun accumulé par ceux qui l'ont précédé dans la
carrière scientifique ; mais il a considérablement enrichi ce fonds par
des recherches personnelles, ses travaux propres ou ceux de ses
élèves. Pour les publier, il a créé une revue spéciale, le Morpholo-
gisches Jahrbuch, qui en est à son trente et unième volume. Ce
travail de zootomie n'est qu'un travail préalable de constatation ; le
caractère scientifique ou plutôt philosophique, dans la bonne accep-
tion du mot, résulte du rapprochement des faits isolés, de leur
groupement en séries évolutives. C'est ce qu'a entrepris le traité
d'Anatomie comparée avec un esprit critique, une profondeur, une
ingéniosité qu'on ne se lasse pas d'admirer.
NOTICE BIOGRAPHIQUE. XI
On peut en donner un exemple frappant. Une des objections prin-
cipales contre la théorie de l'évolution, c'est la difficulté de concevoir
l'origine des organes très compliqués. L'œil est un instrument optique
pas aussi parfait qu'on le dit souvent ; il a ses imperfections et ses
défauts, ce qui est fort heureux pour les marchands de lunettes; mais
il n'en reste pas moins un organe merveilleux, surtout par l'inter-
vention de plusieurs tissus de nature et d'origine fort différentes, qui
doivent subir des modifications spéciales pour pouvoir concourir à
un même but. Nous pouvons plus ou moins comprendre ou plutôt
admettre ces complications, à cause de l'importance acquise par la
fonction visuelle chez les Vertébrés connus. Mais si nous nous repor-
tons à l'origine, si nous nous figurons un animal où la fonction
visuelle se bornait à distinguer vaguement la lumière de l'obscurité,
nous ne trouvons plus de raison, de cause efficace d'utilité suffisante,
à ces petites modifications qui doivent avoir graduellement amené
la complication actuelle de l'organe. C'est une objection qui s'est
présentée comme d'elle-même aux adversaires de l'évolution, dont
Darwin n'a pas méconnu l'importance et qui est la seule parfois citée
aujourd'hui. Dans maints endroits, Gegenbaur insiste sur le point
que rarement il est nécessaire de recourir à la formation spontanée,
réellement et tout à fait nouvelle d'organes, mais qu'il faut admettre
la modification d'organes préexistants. Les êtres vivants changent
d'habitat et de genre de vie, en vertu de la tendance de chaque
espèce d'envahir tous les milieux. Ces changements d'habitat sont
fort graduels, et les organes qui ont une certaine plasticité dans leur
fonctionnement peuvent s'adapter à ces changements, en se modi-
fiant physiologiquement et anatomiquement. Surtout, certains organes
ou certaines parties d'organes sont pour ainsi dire mis à la retraite,
mais rarement disparaissent, le plus souvent sont utilisés pour
d'autres fonctions. Chez les Vertébrés à respiration aquatique, les
arcs branchiaux ont pour fonctions de porter les organes de l'héma-
tose ou respiration et probablement aussi de contribuer aux mouve-
ments produisant les courants d'eau. Naturellement, la respiration
aérienne met tout cela au rancart. Mais les arcs ne disparaissent pas;
leurs débris entrent au service d'autres fonctions ; ils deviennent des
osselets de l'oreille et les cartilages des voies respiratoires. Ce qui
détermine ces nouvelles fonctions, c'est tout simplement le voisinage
des autres organes. Les voies respiratoires s'emparent des arcs bran-
chiaux postérieurs qui sont à leur portée. L'otocyste utilise la fente
XII SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
branchiale mandibulo-hyoïdienne avec les pièces avoisinantes des
arcs antérieurs, même chez les Mammifères, l'articulation mandi-
bulaire ancienne remplacée par une articulation nouvelle plus en
avant.
Dans l'exemple cité, il y a des choses connues depuis longtemps :
la vraie nature morphologique des osselets de l'ouïe, restes d'arcs
branchiaux. En somme, l'interprétation des cartilages laryngés et
bronchiaux est exactement la même chose. Mais ce qui fait l'inter-
prétation de Gegenbaur si belle, c'est que précisément c'est la même
chose. Je me rappelle le sentiment d'admiration ressenti au cours
d'anatomie comparée quand un professeur de talent expliquait
l'oreille moyenne; mais y avait-il dans la science beaucoup de cas
aussi complets, satisfaisant aussi pleinement l'esprit? Le cas était
isolé. Mais Gegenbaur en apporte un nouvel exemple. Dès lors, il
n'y a plus là un hasard fortuit, mais un principe plus général. Son
mérite est de l'avoir vu, de l'avoir nettement formulé, de l'avoir
complété par la notion de voisinage des organes accapareurs, et de
l'avoir appliqué à beaucoup d'autres faits. Les citer tous serait trans-
crire son livre presque en entier; l'idée imprègne tout son travail et
est fréquemment énoncée. C'est même un reproche qu'on pourrait
faire, que ces mentions occasionnelles éparpillées. Un principe aussi
important eut mérité d'être mis en évidence, soit dans l'Introduction,
soit par un chapitre spécial dans la partie générale. Le principe est
fécond et capable de donner plus encore qu'on n'en a tiré.
L'anatomie comparée est, somme toute, de la phylogénie ; l'inter-
vention de l'embryologie et de la paléontologie est donc inévitable.
Le rôle fonctionnel, l'importance pratique des trois éléments d'infor-
mation varie d'une question à l'autre ; il y a une tendance très géné-
rale à accorder la prééminence à l'embryologie. Il va sans dire que
Gegenbaur tient compte des renseignements fournis par les sciences
sœurs, mais sans leur permettre de noyer l'anatomie comparée pure ;
il se limite à l'indispensable. Cette réserve est parfois sensible.
Un moment important, un point critique de l'évolution des Ver-
tébrés est le passage de l'état agnathe à l'état gnathostome. Le
groupe primitif des Agnathes est trop faiblement représenté dans la
forme actuelle par les Cyclostomes pour que l'anatomie comparée ait
un matériel suffisant ; les rares formes conservées ont en outre subi
des modifications trop profondes pour que des conclusions nettes
puissent être prises. L'embryologie non plus ne donne pas grand'-
NOTICE BIOGRAPHIQUE. XIII
chose, sauf l'indication générale très importante que les affinités des
premiers Vertébrés plus ou moins aériens semblent dirigées plutôt
vers les Agnathes que vers les Poissons normaux. Or, précisément
pour ce groupe, la paléontologie des quinze dernières années a fourni
des renseignements intéressants, qui ont profondément modifié la
classification. Pour des raisons tout au moins acceptables, les
Ostracodermes ont été distraits des Ganoïdes et considérés comme
Agnathes; de même, les singuliers Arthrodiriens, de par leur struc-
ture et leur âge, pourraient ne pas être bien éloignés de la souche
des Gnathostomes. 11 est vrai que tout cela est encore assez vague et
embrouillé et qu'une coordination préalable est nécessaire avant de
pouvoir utiliser ces données ; mais c'est précisément un penseur comme
Gegenbaur qui pouvait entreprendre cette tâche et y trouver ample
matière à d'ingénieux rapprochements. Au contraire, tous ces faits sont
à peine mentionnés. L'appendice latéral de Pterichthys reste un
membre ordinaire, sans plus; la théorie qui en fait une formation
morphologique toute particulière (homologue non aux membres pairs
mais aux angles latéraux du bouclier céphalique de Cephalaspis)
méritait pourtant l'honneur de quelques mots, ne fût-ce que de
réfutation.
Un des beaux chapitres du livre est celui sur l'histologie du
système squelettique ; la structure si particulière des Hétérostracés,
avec leur squelette dermique anhiste, y avait sa place pour ainsi dire
marquée, mais il n'en est pas fait mention. Pratiquement, les
Sélaciens restent le point de départ. On peut comprendre la tendresse
un peu exclusive de Gegenbaur pour ce groupe qu'il a si bien étudié
et qui lui a valu ses plus brillants succès. Il reconnaît pourtant que
ce n'est pas un bon point de départ, car, dit-il, un organe comme
l'écaillé placoïde, où interviennent trois tissus différents est déjà
lui-même le résultat d'une longue évolution. Cette première évolution
eût été intéressante à retracer et la paléontologie pouvait fournir des
matériaux.
Pour l'embryologie, Gegenbaur est d'une prudence extrême, on
pourrait même dire d'une réserve méfiante. En général, comme valeur
démonstrative, il la subordonne à la comparaison morphologique.
Souvent il n'a pas tort, car il est de fait que fréquemment on est allé
un peu vite en besogne et qu'il y a eu des exagérations. L'altération
toujours possible du document phylogénique par la cénogenèse jette
un doute sur ce qui paraît le mieux établi. C'est ainsi que Gegenbaur
XIV SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
se demande si la corde est bien phylogéniquement d'origine endoder-
mique. Si un pareil doute était admis, ce serait la modification
cénogénique la plus formidable de toute l'embryologie ; beaucoup de
naturalistes hésiteront devant une pareille conséquence, Ce que
Gegenbaur demande surtout à l'embryologie, c'est moins la solution
d'une question, que la confirmation de la solution donnée par
l'anatomie comparée.
Ces deux critiques, pour autant que critique il y a, se réduisent
au fond à constater que Gegenbaur aurait pu faire plus de paléonto-
logie et plus d'embryologie. A cela on pourrait répondre que ce
n'était pas là son but, qu'il voulait. faire, autant que possible, unique-
ment de l'anatomie comparée. Comme il est matériellement impos-
sible de tout faire, il y a toujours moyen de reprocher à quelqu'un de
n'avoir pas fait quelque chose. Gegenbaur a résolu bien des pro-
blèmes et peu de savants pourraient produire de pareils états de ser-
vice ; est-il raisonnable de citer à titre de grief certains problèmes
non résolus? Je reconnais que ce n'est pas raisonnable, mais je plaide
comme circonstance atténuante que c'est naturel et que la faute en
est à Gegenbaur lui-même. Pour chaque problème, devant chaque
énigme, on se demande ce qu'il en aurait pensé, comment il aurait
surmonté ou tourné la difficulté ; on est persuadé qu'il aurait émis
des vues du plus haut intérêt et on est déçu de ce qu'il ne Tait pas fait.
Nos prétentions exagérées sont en réalité un hommage ; ayant tant
obtenu, il est humain de vouloir plus encore et c'est aux riches seuls
qu'on est en droit de beaucoup demander.
C'est avec l'atténuation de ces considérations que je me permettrai
une autre observation. Son livre n'est pas le traité qu'il fallait; un
pareil traité reste encore à écrire. Je rêve un livre qui me donnerait
la marche historique de la science, ses tâtonnements, ses erreurs
passées, cette gestation lente et difficile qui fait une grande partie de
la valeur des résultats acquis; le côté historique n'entrait pas dans le
cadre du traité de Gegenbaur; rarement il y a quelques lignes,
comme pour les théories successives du crâne. L'état actuel de la
science me serait présenté avec ses doutes, ses contradictions, ses
conflits, ses théories rivales ; pour chaque solution proposée, on me
fournirait les arguments pour ou contre, pour me permettre déjuger
par moi-même. J'admets à la rigueur que l'auteur donne également
son opinion, mais je ne veux pas qu'il se substitue à moi pour juger
en dernier ressort. On a prétendu que le tube digestif des Vertébrés
NOTICE BIOGRAPHIQUE. XV
passait à travers le cerveau pour s'ouvrir au sommet du crâne; Dohrn
fait provenir la bouche de la confluence des deux fentes branchiales
d'une même paire ; Gaskell et Patten voient la solution des problèmes
fondamentaux de la morphologie dans les affinités avec certains
Arthropodes : ces vues sont curieuses et je désire les connaître. Ces
vues sont non fondées, inexactes, absurdes : je me charge de con-
fondre les coupables. D'autres théories sont seules acceptables : je les
aurai bien vite reconnues. Mais on ne doit pas, sous prétexte de me
faciliter la tâche, faire un triage préalable et ne pas me donner
toutes les théories; douterait-on par hasard de ma perspicacité? Le
lecteur est peu reconnaissant de la peine qu'on prend à lui enlever la
jouissance intellectuelle de discerner l'erreur de la vérité.
Pour réaliser ce programme, il faudrait, comme première garantie
d'impartialité et d'indépendance, un savant qui n'eut point été mêlé
aux débats, qui ne fut pas engagé par des publications antérieures;
un homme profondément au courant, mais n'ayant rien fait par lui-
même, n'ayant pas d'idées personnelles. Évidemment, c'est ce qu'il
est impossible de demander au réformateur de l'anatomie comparée.
Il s'est donné tout entier dans son livre, et nous avons l'anatomie
comparée, telle que la conçoit Gegenbaur.
Il est impossible de détailler par le menu les idées particulières de
l'auteur sur la morphologie des Vertébrés; on aurait plus court de
signaler ceux des départements où il n'est pas intervenu. On peut
toutefois remarquer qu'il n'a pas abordé la question des origines loin-
taines des Vertébrés et qu'il montre la plus grande réserve pour les
théories auxquelles cette question a donné lieu. Si l'Amphioxus est un
Vertébré, les Tuniciers sont toujours mentionnés parmi les Inver-
tébrés.
Parmi les idées les plus marquantes de Gegenbaur figure en pre-
mière ligne sa théorie du crâne. Pour cette partie la plus importante
du squelette, la première notion vraiment morphologique remonte à
Gœthe : la célèbre théorie vertébrale. Pendant un demi-siècle, les
anatomistes se sont évertués à déterminer le nombre exact de ver-
tèbres entrant dans le complexe crânien et à quelles parties de la
vertèbre archétype correspondaient les divers os individuellement.
Prise dans son ensemble, cette littérature est un exemple de confusion
et de discordances. Généralement, on partait de la vertèbre, mais
souvent aussi la vertèbre idéale ou archétype était triturée et rema-
niée pour les besoins de la cause. Certains phylogénistes modernes
XVI SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
ont été taxés de traiter les organismes un peu selon leur fantaisie,
éliminant les organes gênants, faisant apparaître au moment voulu
et au bon endroit les organes nécessaires. Ces jongleries égalent
peut-être, mais ne dépassent pas ce qui a été fait avant 1860 avec
les vertèbres crâniennes. Quant aux discordances, on peut en juger
par le fait que les vertèbres composantes variaient, selon les auteurs,
de 3 à 5. Ils n'étaient d accord que sur un seul point : c'est que
le nombre de ces vertèbres était fort restreint. Dans ces conditions,
on pourrait trouver déplacé de considérer cette théorie comme la pre-
mière notion vraiment morphologique. Mais l'idée principale, la
nature vertébrale du crâne, était une idée philosophique et, de plus,
une idée juste; c'est l'explication qui a été erronée et vicieuse.
En effet, la théorie s'occupait surtout des Vertébrés supérieurs et
du crâne osseux. Tous les systèmes concrets en lesquels elle s'énon-
çait se sont effondrés, quand Huxley eut signalé l'importance du
crâne cartilagineux, son antériorité dans la série zoologique, sa con-
tinuité. L'illustre naturaliste anglais a eu soin de distinguer entre
l'idée fondamentale et ses applications; nul mieux que lui n'a
démontré l'inexactitude de ces applications ; mais il a retenu l'idée de
parties métamériques dans cette région du corps, la métamérie se
manifestant davantage dans les organes autres que le crâne lui-
même.
C'est le sujet que Gegenbaur a fouillé et qu'il a fait sien, par une
série de travaux classiques. Les arcs branchiaux et les nerfs crâniens
ont maintenu leur indépendance anatomique et indiquent par con-
séquent le nombre minimum des métamères en concrescence dans le
crâne. Toutefois, cette indication n'est que sommaire; le cas de l'Am-
phioxus avec sa région branchiale composée d'un nombre très consi-
dérable de métamères, montre que la modification céphalogène a
affecté une grande région et qu'un nombre précis de métamères est
indéterminable. La concrescence en un chondrocrâne continu n'est
donc pas un état primitif. Dans les divers groupes de Vertébrés, le
crâne n'est pas une structure absolument homologue et il y a même
des différences très importantes entre deux groupes aussi voisins que
les Requins et les Raies. Chez ces dernières, le crâne se termine der-
rière le nerf vague, innervant les branchies; chez les Requins, il s'est
ajouté au crâne toute une région de vertèbres supplémentaires der-
rière le nerf vague.
La conception généralement admise aujourd'hui en morphologie
NOTICE BIOGRAPHIQUE. XVII
pour le crâne des Vertébrés est, dans ses grandes lignes, cette
conception de Gegenbaur. En stricte justice, il faudrait citer d'autres
noms encore et des plus marquants ; mais, en réalité, il y a eu plutôt
collaboration de la part des autres savants au développement de la
théorie et application à des cas particuliers. Quant à des théories
rivales, qui n'ont pas manqué, sans vouloir entrer dans la discussion,
il est de fait qu'aucune n'a pu réunir beaucoup d'adhérents.
Il n'en est pas de même pour la théorie des membres pairs. Ici,
Gegenbaur n'a pas eu de précurseur et la première interprétation
explicative de ces structures si caractéristiques est de lui : les mem-
bres sont des branchies plumeuses transformées. Mais la théorie de
Thacher, Balfour, etc. (condensations dans un repli latéral primitive-
ment continu), a eu un succès rapide et compte aujourd'hui incontes-
tablement de loin le plus grand nombre d'adhérents. Elle puise ses
arguments non seulement dans l'anatomie comparée, mais aussi, on
pourrait même dire surtout, dans l'embryologie. Des découvertes
paléontologiques (par exemple Cladodus) paraissent bien s'accorder
avec elles. Et puis, il faut bien le dire, le mode de raisonner de
Gegenbaur prête quelque peu le flanc à des objections. Quand il trouve
une structure simple, il la prend comme point de départ, sans trop
se préoccuper de la situation zoologique bien précise des diverses
formes les unes par rapport aux autres, ni surtout de leur succession
géologique. Je ne suis guère partisan d'accorder à la succession
géologique une importance prépondérante. Quand je vois un savant
rejeter une filiation parce que le progéniteur ne se rencontre que
dans le Devonien supérieur, tandis que ses descendants se trouvent
déjà dans le Devonien inférieur, je songe malgré moi à l'imperfection
des documents géologiques, aux bouleversements qu'une trouvaille
heureuse peut opérer. Quand une série phylogénique concorde avec
la succession géologique, tant mieux. La succession géologique est
alors un supplément de preuve et réciproquement, son accord avec
la phylogénie nous permet de croire que nous avons la série suffi-
samment bien jalonnée. Quand au contraire il y a discordance, il est
bien difficile de dire ce qu'il faut faire, surtout il est impossible de
poser une règle absolue. Si le phylogéniste ne doit pas immédiate-
ment baisser pavillon, tout au moins la géologie doit lui inspirer de
la prudence et lui suggérer la possibilité de faire erreur en prenant
une évolution à rebours. Ainsi pour la structure archiptérygiale des
membres de Ceratodus, point de départ pour Gegenbaur, Dollo a
t. xxxvin, 1903 2
XVIII SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
prétendu que c'était la fin d'une longue évolution et une adap-
tation au milieu spécial, interprétation qui a été acceptée par Tra-
quair.
La théorie archiptérygiale est-elle complètement erronée? Pour
mon compte, je ne le crois pas; elle contient plus de vérité qu'on ne
veut lui en reconnaître aujourd'hui. Dans les deux camps, on a été
exclusif, alors qu'une combinaison des deux théories n'est nullement
une impossibilité. Ce n'est pas ici le lieu de développer ce compromis.
Il faut rattacher à la notion de l'archipterygium une idée erronée
soutenue quelque temps par Gegenbaur : les Enaliosauriens, Ichthyo-
saure et Plésiosaure, auraient divergé de la souche des Vertébrés,
encore avant les Amphibies (Grundriss, p. 409) ; dans le chapitre sur
le squelette des membres, ils sont mentionnés immédiatement après
les Poissons ; leurs nageoires sont plus près de l'archipterygium que
les membres de tous les autres Vertébrés pentadactyles ; la distance
phylogénique entre les deux est telle que pour les détails, les homo-
logies ne sont pas applicables; par exemple, l'indication chez les Ena-
liosaures de régions semblables à l'avant -bras, au carpe, etc., sont des
analogies purement superficielles (p. 496). Il est inutile d'insister;
l'auteur est complètement dévoyé. Mais c'est un exemple bon à méditer
de ce que peut l'obsession d'une idée; même sur une intelligence d'élite,
servie par une connaissance étendue des faits.
Le crâne avec tous les autres organes constituant la tête, est la
région la plus importante du corps et, depuis un siècle, un objet de
prédilection pour les spéculations morphologiques. Les membres
pairs des Vertébrés sont sans équivalent dans la série zoologique et
les idées de Gegenbaur ont donné lieu à des controverses qui sont loin
d'être épuisées. Toutes ces circonstances ont contribué à donner à ces
deux théories une grande notoriété. Pour beaucoup d'autres organes,
ses vues nouvelles, quoique non moins intéressantes et ingénieuses, et
généralement acceptées dans la science, n'ont pas eu l'avantage de
polémiques qui assurent la popularité. Nous devons nous borner à en
mentionner quelques-unes, sans distinguer sévèrement entre ses
travaux personnels et ceux de ses élèves : les cartilages respiratoires
et l'épiglotte (dont nous avons parlé ci-dessus); — la phylogénie des
organes mammaires; — toute une série de travaux sur la morpho-
logie de la colonne vertébrale; — la langue; — les ongles; — la
morphologie de la musculature (Fûrbringer) ; — l'épiderme est ses
dérivés, les poils sont des organes sensoriels de Batraciens et n'ont rien
NOTICE BIOGRAPHIQUE. XIX
à faire avec les écailles et les plumes (Maurer) ; — la corde dorsale
(Klaatsch), etc.
Avant de se spécialiser dans la morphologie des Vertébrés, Gegen-
baur s'était fait un nom très honorable dans la zoologie des Inverté-
brés. Un de ses premiers travaux (1851) était une étude sur le sujet si
difficile du développement des Gastropodes terrestres ; le résultat le
plus important est la détermination d'un organe larvaire transitoire,
le « ruban latéral » de Van Beneden et Windischmann, comme un
rein primitif. Il est toujours curieux de retrouver incidemment les
idées courantes à cette époque déjà reculée, sur quelques-unes des
grandes questions. Gegenbaur constate non sans étonnement que les
globules de segmentation (cellules embryonnaires) sont dépourvus de
membrane; il leur dénierait la qualité de cellule, si la suite du
développement ne montrait pas que les cellules véritables (avec
membrane) des stades ultérieurs ne peuvent être que ces globes nus
transformés [Zeitschrift fur wiss. Zoologie, 1851, III, p. 374). Dans
ce même travail, il déclare ne pouvoir admettre la contractilité
(mouvements amœboïdes) de la substance fondamentale de l'œuf
(Grundsubstanz des Dotters) affirmée par Dujardin et sa théorie du
sarcode, édifiée sur ce fait. Gegenbaur rejetant la motion du sar-
code, cela semble une chose incrovable. Rien ne montre mieux la
» il
distinction importante pour l'histoire de la science, entre la procla-
mation d'une idée et son assimilation définitive dans la science. Pour
la notion du sarcode, il a fallu le travail de Max Schultze en 1860
sur l'organisme des Polythalamies (Foraminifères), vingt ans après
Dujardin.
Les organes segmentaires des Annélides étaient connus depuis
longtemps et Leydig venait d'en donner une description minutieuse
et fort exacte; mais leur fonction était énigmatique ; chez le Lombric,
par exemple, on les considérait comme des organes respiratoires.
C'est à Gegenbaur qu'on doit l'interprétation de ces organes comme
excrétoires (« Ueber die sogenannten Respirationsorgane des Regen-
wurms », Zeitschr. f. wiss. Zool., 1853, vol. 4). La figure qu'il donne
est celle reproduite depuis dans tous les traités de zoologie.
Le long séjour à Messine a été productif de beaucoup de travaux,
parmi lesquels il y en a eu d'importants. Les lettres du petit groupe de
naturalistes allemands à Kœlliker étaient un succès pour les livrai-
sons de la Zeitschrift fur wissenschaftliche Zoologie. Ces lettres
XX SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
annonçaient sommairement les découvertes, qui étaient ensuite l'objet
de communications plus détaillées. Gegenbaur s'occupait des Cœlen-
térés, des Ptéropodes et des Hétéropodes, et des Tuniciers. Beau-
coup de formes nouvelles sont ici décrites pour la première fois,
mais l'attention se porte principalement sur l'anatomie. En outre, la
constatation des faits n'est généralement que le travail préliminaire
à des considérations d'un ordre intellectuel plus relevé. Pour les
Siphonophores, par exemple, il y a une discussion sur la valeur
morphologique des divers éléments qui constituent la colonie. Pour
les Méduses, une nouvelle classification est proposée : la division en
Acraspèdes et Craspédotes, encore en vigueur aujourd'hui. Le curieux
mollusque pisciforme Phyllirhoe n'est pas un Hétéropode, mais un
Nudibranche (la méduse parasite Mnestra n'est pas reconnue comme
telle, mais considérée comme une partie de l'animal, à fonction indé-
terminée). Diverses formes larvaires, alors dans toute leur vogue,
quelques-unes fort rares, sont retrouvées, décrites plus exactement et
mieux interprétées : larves de Mûller et de Kœlliker des Echino-
dermes, Pilidium gyrans où il signale un bourgeonnement à l'inté-
rieur, Phyllosoma attribuée à cause de l'appareil circulatoire aux
Décapodes, alors qu'on la considérait comme Stomatopode.
Les résultats ont été surtout importants pour les Tuniciers. Il y
avait encore doute sur la véritable nature des Appendiculaires, que
Johann Mûller, en 1846, regardait comme des larves d'Ascidies. La
présence de produits sexuels mûrs, déjà signalée par divers auteurs,
est reconnue un fait constant, de même que la présence d'un
otocyste. Les Appendiculaires sont donc des êtres autonomes, les plus
simples des Tuniciers comme le veut Huxley. Plus tard, dans les
suggestifs sommaires de classification du Grundriss d'anatomie com-
parée (1874), pour la première fois il en fera un groupe séparé, de
valeur égale à tout le reste des Tuniciers, sous le nom de « Cope-
lata » emprunté à Haeckel. Cette classification est restée. Un pro-
grès marquant a été la découverte des ouvertures respiratoires bran-
chiales ou spiraculaires, qui avaient échappé à tous les auteurs,
même en dernier lieu à Huxley (1851), à Leuckart et à Yogt (1854).
Gegenbaur voit les orifices internes et les interprète exactement ;
mais il ne parvient pas à discerner les orifices externes, qu'il suppose
ou fermés par une membrane à travers laquelle il n'y aurait que des
échanges osmotiques, ou communiquant par un canal avec la cavité
du corps. Les rapports du cœlome (comme on le nommera plus tard)
NOTICE BIOGRAPHIQUE. XXI
avec le dehors et l'introduction directe d'eau étaient des questions qui
préoccupaient à cette époque les esprits ; une telle introduction d'eau
dans le sang était généralement admise pour les Mollusques. Gegen-
baur lui-même avait décrit chez les larves d'Echinodermes,un organe
comme « rein » à cause des concrétions qu'il contenait, mais qui
servait aussi à l'entrée de l'eau.
Une autre question du jour à cette époque, était la génération
alternante. L'ouvrage capital de Steenstrup (1842) datait d'un peu
plus de dix ans. Les Tuniciers sont spécialement intéressants à ce
point de vue, et c'est même chez les Salpes que les phénomènes d'al-
ternance ont été découverts par Chamisso. Un nouvel exemple venait
d'être donné par Krohn (1852) chez Doliolium où, tout à fait comme
chez les Salpes, deux générations alterneraient. En réalité, les choses
ne se passent pas aussi simplement, et Doliolium est le cas le plus
compliqué de tous les Tuniciers. Or, c'est Gegenbaur (1854) qui a
fait voir cette complication et l'a en très grande partie débrouillée.
Il nous reste encore à mentionner une tentative d'explication de
l'un des points les plus difficiles de toute la zoologie : l'origine des
ailes des insectes. Dans la deuxième édition de son Traité général
danatomie comparée (Grundzùge, 1870), Gegenbaur émet l'hypothèse
que les ailes proviennent des branchies trachéales, comme les pré-
sentent les larves aquatiques d'Ephémères, duplicatures cutanées de
de grande surface et douées de mobilité. Un argument essentiel à ses
yeux est l'impossibilité de concevoir l'origine des ailes, comme organes
de locomotion aérienne, dès le début, à cause de l'insuffisance fonc-
tionnelle des premiers rudiments ; il faut que l'organe ait préexisté
avec des dimensions déjà considérables pour pouvoir être utilisé ulté-
rieurement pour le vol. Il doit avoir préexisté, mais au service d'une
autre fonction. Les branchies trachéennes remplissent parfaitement
ce programme. Nous reconnaissons l'idée directrice de la plupart des
spéculations sur l'origine des organes, que nous avons suffisamment
fait ressortir à propos du Traité danatomie comparée des Vertébrés.
La théorie est renouvelée de Oken ; mais les philosophes de la Nature,
au commencement du siècle passé en Allemagne, étaient un peu
comme les philosophes de l'antiquité; doués d'une vive imagination,
il leur passait beaucoup d'idées par la tête, et dans le nombre, le seul
calcul des probabilités démontre qu'il devait y en avoir quelques-
unes de raisonnables ; sur quelques points par hasard, ils ont deviné
juste. Dans une histoire détaillée de la science, cette concordance for-
XXII SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
tuite est à signaler comme une curiosité ; mais elle n'a aucune portée
pratique. Les théories modernes ne doivent rien à ces précurseurs
inconscients; elles se seraient produites, et en fait se sont produites
sans eux ; elles sont le résultat d'un processus intellectuel tout autre ;
elles procèdent de l'induction partant des faits concrets, au lieu que
les anciens et les philosophes déduisent leurs théories particulières
d'idées générales préconçues et souvent au petit bonheur pour la con-
cordance avec les faits.
L'entomologie est un département très spécial de la zoologie ;
le nombre considérable des formes absorbe, pour les descriptions et la
distinction des espèces, toute la force vive de ses adeptes, et les idées
générales sont quelque peu négligées. Je hasarde ce jugement, parce
que le fait est de notoriété publique et que je puis me retrancher
derrière l'autorité de notre collègue M. Lameere ( l ). Pour les collec-
tionneurs, une sous-variété locale d'une sous-espèce est infiniment plus
intéressante que la plus géniale des théories ; le désir d'une explica-
tion des faits ne semble jamais se manifester, et l'on trouve des
ouvrages généraux où aucun des grands problèmes n'est même men-
tionné ( 2 ). Dans ce milieu spécial, la théorie de Gegenbaur n'a pas
été plus favorisée que toutes les autres; on ne peut pas dire qu'elle
ait été repoussée, elle a tout simplement passé inaperçue. Parmi les
entomologistes qui pensent, elle a été acceptée par Lubbock. Elle a
été sérieusement discutée par Lameere ( 3 ), qui ne peut s'y rallier ;
Balfour ( 4 ) fait également ses réserves; Haeckel ( 5 ) insiste sur la diffi-
culté du problème et dit que, des trois théories qu'il mentionne, c'est
encore celle qui lui paraît la plus plausible.
Il est à peine besoin de dire que la^présente biographie n'a pas la*
prétention d'être complète. Une étude exhaustive remplirait un
volume. Les seuls travaux mentionnés sont ceux qui indiquent le sens
( j ) Aug. Lameere, Notes pour la classification des Coléoptères (Annales Soc.
entom. de Belgique, 1900, t. XLIV, p. 355).
( 2 ) Par exemple les deux volumes sur les Insectes dans la Cambridge Natural
History ; le contraste est frappant avec les autres volumes de cette belle collec-
tion.
( 3 ) Aug. Lameere, (Annales Soc. entom. de Belgique, 1899, t. XLIII, p. 625.)
(*) Balfour (Compar. Embryology , 1880, 1, p. 339.)
( 5 ) ILeckel (System. Phylogenie, 1896, II, p. 688).
NOTICE BIOGRAPHIQUE. XXIII
de l'activité du travailleur et d'où se dégage aisément la tendance de
son esprit. Mais ces notes écourtées suffisent, nous l'espérons, pour
faire connaître l'homme dans ses grandes lignes et son rôle dans le
mouvement scientifique. C'est une grande époque que cette deuxième
moitié du xix e siècle. Les sciences naturelles ont constitué leurs
théories : l'unité des forces et l'ondulation en physique, la théorie
atomique en chimie, la notion d'évolution dans toutes les sciences
biologiques ; seule l'astronomie était arrivée plus tôt à ce degré de
développement, par la théorie cosmique de Kant et Laplace, et son
corollaire, les causes lentes en çéoloçie. Il faut insister sur le carac-
tère inductif de ces théories, sur la circonstance qu'elles ont été
élaborées à la suite d'une connaissance objective plus complète, plus
détaillée et par suite de la nécessité inéluctable de réunir par un lien
logique les faits isolés. Cette base objective de l'induction est ce qui
distingue les modernes des anciens, les idées de la science du
verbiage de la philosophie. Mais la science, une fois en possession
d'une théorie, en tire un nouveau profit comme instrument de
recherche en l'appliquant à des cas particuliers pour ordonner le
chaos, débrouiller la confusion, éclaircir les points douteux. En zoo-
logie, depuis quarante ans, on ne fait plus que cela, et c'était fatal.
C'est un courant intellectuel résultant de la force même des choses,
de l'accumulation des connaissances; les individualités les plus puis-
santes, celles qui semblent créer ces courants, en réalité le suivent.
Ce qui le démontre, c'est que les mêmes idées générales nouvelles
surgissent à la même époque dans des cerveaux différents ; si Darwin
était mort à bord du Beagle, nous aurions eu quand même la théorie
de l'évolution et la sélection naturelle par Wallace ; à défaut de Gegen-
baur, quelqu'un d'autre aurait remanié l'anatomie comparée, ce que,
du reste, il n'a pas été seul à faire. Pour des esprits transcendants,
planant dans des sphères éthérées, les individualités de notre évolu-
tion intellectuelle disparaîtraient. Mais pour nous autres, hommes,
qui vivons prosaïquement sur terre, soumis aux lois de la pesanteur,
en contact avec l'immensité des nullités, la supériorité de l'intelli-
gence garde tout son ascendant. Les hommes qui sont l'organe d'idées
nouvelles, en lesquels se condense et cristallise sous une forme tan-
gible ce qui flottait dans la nébulosité vague de l'inconscient, nous
les nommons grands et nous leur vouons un sentiment fait d'admira-
tion et de reconnaissance. Après Darwin, il devait nécessairement se
produire une nouvelle orientation de la biologie; nul n'a plus vite et
XXIV SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
plus profondément compris cette vérité que Gegenbaur ; nul ne l'a
mieux appliquée et dans un domaine plus vaste, par la patience d'un
labeur constant et l'originalité des conceptions. Voilà' pourquoi son
nom restera comme celui d'un grand zoologiste.
MEMOIRES
RÉCOLTE MALACOLOGIQUE DE M. WEYERS
DANS LE SULTANAT DE SAMBAS (BORNÉO)
Ph. DAUTZENBERG
o-c£0£cx>
M. Weyers ayant été chargé, en qualité d'ingénieur, d'une mission
à Bornéo, dans le sultanat de Sambas, a mis à profit les rares
moments de loisir que lui laissaient ses occupations, pour se livrer
à la recherche des mollusques, et il a bien voulu me confier l'étude
de ses récoltes. Avant de parler des espèces que j'ai examinées, je
crois utile de transcrire ici les renseignements qui m'ont été fournis
par notre savant collègue sur la région qu'il a explorée depuis le com-
mencement de novembre 1899 jusqu'au milieu de juillet 1900 :
« Le sultanat de Sambas est situé au nord-ouest de Bornéo et
forme la pointe la plus septentrionale des possessions néerlandaises
dans cette direction, entre le 1 er et 2 e degré de latitude au nord de
l'Equateur. Cette contrée, dans le voisinage de la côte, est plate,
marécageuse et couverte d'épaisses forêts. Tout le long de la côte
règne, sur une largeur moyenne de 4 à 5 kilomètres, la forêt de
cocotiers qui donne à Bornéo un aspect bien caractéristique. Les
forêts marécageuses s'étendent ensuite vers l'intérieur sur une largeur
moyenne de 100 kilomètres avec, çà et là, quelques îlots de roches
quartzeuses émergeant de cette immense plaine ; puis commencent à
se dessiner des ondulations de terrains plus élevés qui s'accentuent de
plus en plus jusqu'à ce qu'on atteigne le massif montagneux de l'inté-
rieur, ainsi que j'ai pu m'en convaincre en remontant en canot la
rivière Bantanan jusqu'à la frontière, de la possession anglaise de
Serawak, qui est limitée par une chaîne de montagnes assez élevées
et souvent abruptes. Dans la zone des forêts marécageuses, le climat
est chaud, humide et malsain.
« Tous les mollusques recueillis proviennent du village malais de
4 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Sebilitah et de ses environs immédiats, notamment des bords de la
rivière Sambas que les indigènes appellent : Sambas besar (grand
Sambas) pour la distinguer d'un de ses affluents : Sambas ketjil (petit
Sambas), sur lequel est située la ville de Sambas, capitale du sultanat.
Le grand Sambas mérite bien son nom : à son embouchure, il a une
largeur de 2 kilomètres et à Sebilitah il mesure encore 1,500 mètres,
avec une profondeur de 20 à 25 mètres. Il est naturellement soumis
aux fluctuations des marées qui se font sentir même assez loin sur la
rivière de Bantanan, son affluent le plus important. »
ENUMERATION DES ESPÈCES.
1. Nanina (Macrochlamys) hyalina, von Martens.
1864. Nanina hyalina von Martens, MonatsberichtederBerl.
Akad., p. 266.
1867. — — ...... von Martens, Die Preussische Expé-
dition nach Ostasien, p. 24, pi. 12,
lig. 5.
Habitat : Forêts marécageuses des bords de la rivière de Sambas,
sous les bois pourris et les débris de végétaux ; assez abondant.
2. Sitala angulata, Issel.
1874. Trochomorpha? angulata . . . Issel, Molluschi borneensi, p. 42,
pi. V, fig. 5, 6, 7, 8.
Habitat : Forêt marécageuse près du village de Sebilitah, sous les
bois pourris et les débris végétaux; rare.
Cette espèce, qui avait été placée avec doute par M. Issel dans le
genre Trochomorpha, appartient incontestablement au genre Sitala.
Elle avait déjà été signalée du territoire de Serawak.
3. Amphidromus Weyersi Dautzenberg.
Testa sinistrorsa, tenuicula, y arum elata, angustissime rimata.
Anfr. G 1 \ 2 convexiusculi, sat nitentes, oblique striati suturaque
impressa juncti. Anfr. ultimus tumidus, ad peripheriam subangu-
MÉMOIRES.
latus et versus aperturam paululum descendens. Apertura truncato-
ovalis. Columella recta, mbtorta; labrum arcuatum breviterque
expansum.
Anfr. primi 3 concolores, fulvi; sequentes virescentes, zona
subsuturali albido-grisea ac flammulis longitudinalibus luteis plus
minusve regularibus, ad peripheriam interruptis, ornati. Zona
rosea, luteo extus limbata umbilicum circumdat. Peristoma roseo-
tinctum. Apertura intus castanea flammulis zonisque albidis notata.
Altit. 28 millim., diam. 17 millim.; apertura 12 millim. alta ;
10 millim. lata.
Coquille sénestre, assez mince, peu allongée, pourvue d'une fente
ombilicale très étroite. 6 1 / 2 tours de spire assez con-
vexes, médiocrement luisants, pourvus de stries obliques
fines et irrégulières. Suture bien marquée et très fine-
ment crénelée. Dernier tour renflé, subanguleux à la
périphérie et descendant légèrement à son extrémité.
Ouverture ovale tronquée du côté columellaire. Colu-
melle droite, faiblement tordue; labre bien arrondi, un
peu dilaté et très étroitement réfléchi.
Coloration des trois premiers tours d'un fauve corné
uniforme; les suivants passent graduellement de cette teinte à un beau
vert olivâtre et présentent une large bande subsuturale grise; ils sont,
en outre, ornés de flammules longitudinales jaune citron, largement
espacées. Sur le dernier tour, ces flammules s'arrêtent d'habitude
brusquement à la périphérie. La région ombilicale est teintée de
rose violacé et est entourée d'une bordure jaune. Péristome d'un
beau rose violacé ; labre bordé de rose et de jaune du côté externe.
Intérieur de l'ouverture brun marron sur lequel la zone subsuturale
et les flammules se détachent en blanc. Une zone basale rose corres-
pond à celle de même nuance qui occupe la région ombilicale-
if abitat : M. Weyers, à qui nous sommes heureux de pouvoir
dédier cette belle espèce, nous dit qu'on ne la rencontre que pendant
les très courts crépuscules du soir et du matin, sur les larges feuilles
d'une espèce de bananier cultivé. On n'en voit pas de trace pendant
le jour.
Cette forme appartient au même groupe que les Amphidromus
Adamsi, Reeve, et pictus, Fulton, qui sont tous deux représentés dans
6 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
le Nord et l'Est de Bornéo par de nombreuses variétés de coloration ;
mais elle ne nous semble pouvoir être confondue avec aucune d'elles.
Son péristome rose, sa région ombilicale teintée de même nuance,
ainsi que le bord externe du labre, sa bande subsuturale grise lui
donnent, en effet, un aspect très particulier et qui paraît constant,
car les cinq exemplaires rapportés par M. Weyers ne diffèrent entre
eux que par les flammules jaunes qui s'arrêtent brusquement à la
périphérie du dernier tour chez quelques-uns, tandis que chez
d'autres certaines de ces flammules se prolongent jusque vers la base
de la coquille.
Nous dirons toutefois que VA. Weyersi se rapproche le plus de la
variété de YAdamsi représentée par M. von Martens : Preussische
Exped. nach Os iasien, planche 21, figure 5 b ; mais sa forme est moins
allongée, ses flammules jaunes sont plus nettes et plus espacées,
enfin son labre est rose au lieu de blanc.
4. Opeas achatinacea, Pfeiffer.
1841. Bulimus achatinaceus .... Pfeiffer, Symbolse ad Hist. Heliceo-
rum III, p. 82.
1867. Stenogyra achatinacea .... von Martens, Preussische Exp., p. 375,
pi. 22, fig. 9.
Habitat : Dans la forêt marécageuse, aux environs de Sebilitah,
sous les bois pourris.
5. Gerithidea obtusa, Lamarck.
1822. Cerithium obtusum ..... Lamarck, Animaux sans vert., t. VII,
p. 71.
1866. Cerithidea obtusa, Lam. . . . Reeve, Conchologia Iconica, pi. I;
fig. 4 a , 4 b .
1897. Potamides obtusus, Lam. ... von Martens, Siiss- und Brackwasser-
Mollusken des Indischen Archipels,
p. 186, pi. IX, fig. 22, 22&.
Habitat : Dans la rivière de Sambas. Commun. Espèce largement
répandue en Extrême-Orient.
6. Omphalotropis carinata, Lea.
1856. Assiminea carinata . . . . . Lea, Proc. Acad. Philad., t. VIII,
p. 114.
1874. Omphalotropis carinata, Lea . . Issel, Molluschi borneensi, p. 84.
MÉMOIRES. 7
Habitat : Dans les forêts marécageuses avoisinant le village de
Sebilitah, sur Fécorce des arbres et des arbustes. Ce mollusque, actif
lorsque le temps est humide et pluvieux, reste immobile dès que le
temps devient sec : il sécrète alors une mucosité qui s'agglutine à
Fécorce et le fixe solidement (Weyers).
Cette espèce a été distribuée par Mousson, sous le nom manuscrit
de 0. bankaensis.
7. Neritina piperina, Chemnitz.
1795. Nerita piperina Chemnitz, Conch. Cab., XI, p. 173,
pi. 197, fig. 1905, 1906.
Habitat : Assez abondant dans la rivière de Sambas et dans les
rigoles de la forêt marécageuse (Weyers). Recluz a assimilé cette
espèce au N. pennata, Born; mais nos exemplaires de Bornéo con-
cordent bien mieux avec la figuration de Chemnitz qu'avec celle de
Born. Les taches noires de la surface disparaissent souvent tout à fait.
8. Neritina (Dostia) crepidularia, Lamarck.
1822. Neritina crepidularia .... Lamarck, Anim. sans vert., t. VI,
2 e partie, p. 186.
Habitat : Rivière de Sambas, avec l'espèce précédente ; mais beau-
coup plus rare.
9. Modiola subsulcata, Dunker.
1856. Volsella subsulcata Dunker, Proceedings Zool. Soc. of
London, p. 364.
1889. Modiola' — Dunker . \. Clessin, Monogr. in Syst. Conch. Cab.,
2 e édition, p. 113, pi. 28, fig. 7, 8.
Habitat : Rivière de Sambas; assez commun.
10. Modiola sambasensis, Dautzenberg.
Testa tennis, epidermide nitido obducta } antice contracta et
tumida , postice dilatata ac compressa, carinam obtusam ab umbo-
nibus decurrentem prœbet. Umbones approximatif ad extremitatem
testœ siti. Sculptura prceter incrementi plicas nulla. Valvarum
pagina interna iridescens, marginibus integris. Car do edentulus.
Ligamentum lineare,immersum. lmpressiones musculares conspicuœ.
8 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Color regionis venir alis flavidus, dor salis vero fusco virescens;
valvarum pagina interna antice albida, poslice saturate violacea.
Diam. max. 17 millim., min. 10 millim., crass t . 6% millim.
Coquille mince, recouverte d'un épiderme luisant, comme vernissé.
Région antérieure ré-
trécie et renflée; région
postérieure largement
dilatée et comprimée.
Un angle obtus part du
Fig 2 sommet et aboutit à
x 2 l'extrémité postérieure
du bord ventral, qui est plus ou moins sinueux au milieu. Sommets
contigus, peu saillants, situés à l'extrémité de la coquille. Surface ne
présentant d'autre trace de sculpture que des plis d'accroissement
irréguliers. Intérieur des valves lisse, iridescent. Charnière dépourvue
de dents; ligament extrêmement faible, étroit, immergé. Bords des
valves simple, sans traces de crénelures. Impressions musculaires
bien visibles.
Habitat : Cette espèce vit dans l'eau saumâtre de l'estuaire de la
rivière de Sambas, en compagnie du Modiola subsulcata, Dunker,
avec lequel on pourrait aisément la confondre au premier abord ;
mais un examen moins superficiel fait voir que ces deux espèces,
malgré leur similitude de taille et de coloration, présentent des carac-
tères nettement tranchés. La surface du M. sambasensis ne présente,
en effet, aucune trace de sculpture rayonnante, tandis que le M. sub-
sulcata est orné sur la région dorsale de cordons rayonnants un peu
granuleux; les bords internes des valves sont lisses chez le samba-
sensis, tandis qu'ils sont crénelés chez le subsulcata; enfin, les
nymphes sur lesquelles s'inserre le ligament sont étroites, allongées
et à peine visibles chez le sambasensis , alors qu'elles sont sensible-
ment plus courtes et plus fortes chez le subsulcata.
A propos du M. subsulcata, Dunker, nous remarquons que la
figuration donnée par Reeve (Conchologia Iconica, pi. VIII, fig. 47),
ne correspond guère à la description originale de Dunker. Par
contre, la figure 78 de la planche 28 du Conchylien Cabinet, bien
que grossièrement dessinée et coloriée, est plus satisfaisante et c'est
avec celle-ci que concordent les spécimens rapportés par M.Weyers.
Bericht
liber
Eine Sammlung trockener CMineen-Skelete
aus deixi B:russele:r Muséum.
VON
Emil THUM, Stud. phil.
$#*
Die im Folgenden beschriebenen Spongien wurden von dem
Zoologischen Muséum in Brûssel an das Zoologische Institut der
K. K. deutschen Karl-Ferdinands-Universitàt in Prag zur Unter-
suchung und Bestimmung gesandt. Der Vorstand dièses Institutes
Herr Prof, von Lendenfeld hat die Prùfung dieser Spongien mir
ûbertragen. Fur die vielen Rathschlâge, welche dieser mein hoch-
verehrter Lehrer mir bei dieser Arbeit zuteil werden liess, bin ich
ihm sehr zu Danke verpflichtet.
Die Sammlung umfasst folgende Arten :
Chalinopora typica, var. tenuispina, Ldf.
Cladochalina euplax, Ldf. . .
Chalinissa elongata tenuispicula, n. v.
Chalinissa communis tenuis, n. v.
Ceraochalina nuda, var. occyus, Ldf. .
Ceraochalina reteplacc tenuis, n. v.
Phylosiphonia pumila, Ldf. ....
Spinosella sororia, var. dilatata, Dendy
— — var. elongata, Dendy .
Euchalina eocigua, var. arborea, Ldf. .
t. xxxvni, 1903
Ex.
10 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Fig. 3 (1 : 100).
MÉMOIRES. 11
Chalinopora typica, var. tenuispina, Lendenfeld.
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 756.)
Dieser Schwamm ist massig-lappig und hat sehr grosse, bis 6 mm
im Durchmesser haltende Oscula. Dieselben fînden sich haupt-
sâchlich an der der Anwachsungsstelle gegenûberliegenden Seite.
An den angeschnittenen Stellen erkennt man schon makroskopisch
die 700 ^ weiten Maschen des Skeletnetzes (Fig. 1). Die 57 p.
dicken Hauptfasern desselben sind in ziemlich regelmâssigen
Abstânden durch dûnnere Verbindungsfasern verbunden. Haupt-
und Verbindungsfasern sind dicht mit Nadeln erfûllt, die einen wohl-
ausgebildeten axialen Strang darstellen, so zwar, dass die Horn-
fasersubstanz nur einen dùnnen Ueberzug ûber die Nadelbûndel
bildet (Fig. 2). Das Dermalskelet wird von einem Netzwerk stâr-
kerer Hornfasern gebildet, zwischen denen ein sehr engmaschiges,
aus feinen Fasern bestehendes Netz ausgespannt ist (Fig. 3).
Nadeln (Fig. 4) : Amphioxe, 59 p lang, 1 p. dick; meist gerade,
seltener, hauptsâchlich an den Verbindungsstellen
der Haupt- und Verbindungsfasern, einfach oder
S-fôrmig gekrùmmt.
Dièses Exemplar unterscheidet sich von der in
der oben citierten Arbeit beschriebenen Chalinopora
typica, var. tenuispina, Lendenfeld, durch etwas Fi°-. 4 (i : 320).
kûrzere Nadeln und durch bedeutend dûnnere Haupt-
und Verbindungsfasern. Dièse erreichen nicht die Hâlfte der Dicke
jener.
Cladochalina euplax, Lendenfeld.
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 769, Taf. XXVII, Fig. 26.)
Das vorliegende Exemplar dièses Schwammes ist massig-lappig
und flâchenhaft ausgebildet. Die hauptsâchlich auf einer Seite
angeordneten Oscula sind 2-3 mm weit. Die Hauptfasern sind
39 p, die Verbindungsfasern 24 p: dick. Die Maschen des Skelet-
netzes (Fig. 5) sind ziemlich constant 220 ^ breit, aber sehr ver-
schieden lang (220-790 jx). Die Nadeln bilden in den Hauptfasern
einen verschieden starken axialen Strang. Einzelne Strecken der
Hauptfasern sowie viele Teile der Verbindungsfasern sind voll-
stândig nadelfrei. Manche Verbindungsfaser wird nur durch eine
einzige Nadel gestûtzt (Fig. 6).
Nadeln (Fig. 7) : Amphioxe, meist 114 p. lang und 6 p. breit; sehr
12 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
selten solche von 56 p. Lange und 3 (jl Dicke; Amphitorn (selten),
von derselben Lange und Dicke wie die grossen Amphioxe ; Verein-
zelt kommen auch Style vor, dièse sind 96 d lang und 6 p. dick.
s.
Fig. 7 (1 : 320).
MÉMOIRES.
13
Ghaiinissa elongata, Lendenfeld.
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 774, Taf. XX, Fig. 34.)
Chalinissa elongata tenuispicula, nov. var.
•
Der Schwamm besteht aus mehreren aufstrebenden Zweigen, die
von einem gemeinsamen Stamme entspringen. Die Zweige errei-
chen eine Lange von 20-25 cm und sind 1-2 cm dick. An ihrer
Oberflâche befinden sich unregelmâssig verlaufende Lângsleisten.
Die Osculasind kreisrund, 1-2 mm weit. Die inneren Skeletfasern
sind dunkelbraun, die oberflâchlichen lichtbraun.
Die Maschen des Skeletnetzes (Fig. 8) sind 250 p. weit und die
Fasern 75 ^ dick.
oO
Fig. 8 (1 : 46).
Die Nadeln (Fig. 9) liegen axial in den Fasern ; besonders schôn
ist dieser axiale Strang in den Verbindungsfasern
ausgebildet. Ausserdem fînden sich hie und da in
den Hauptfasern auch einzelne longitudinal orien-
tierte Nadeln. Die Nadeln sind Amphioxe.
Wâhrend dieser Schwamm im âusseren Habitus
in der Gestaltung der Skeletfasern und der Mascben-
weite des Skeletnetzes mit Chalinissa elongata, Ldf. , ùbereinstimmt,
unterscheiden sich die Nadeln durch ihre geringere Grosse, weshalb
ich fur diesen Schwamm die neue Varietàt, tenuispicula, aufgestellt
habe.
y
Fig. 9 (1 : 320}.
14
SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Ghalinissa communis, Lendenfeld.
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 772.)
Chalinissa communis tenuis, nov. var. t
Von einem gemeinsamen Stiele erheben sich unregelmâssig
gefurchte, fingerfôrmige oder abgeflachte Zweige. Die Haupt-
zweige spalten sich in Nebenzweige. Stiel und sâmmtliche Zweige
sind mit 2 mm weiten Osculis bedeckt. In der Sammlung ist nur
ein kleines 20 cm hohes und 6 cm breites Exemplar enthalten.
Fig. 11 (1 : 320).
Fig. 10 (1 :46).
Das Skeletneiz (Fig. 10) hat 69 p weite Maschen
und 23 [a dicke Fasern.
Nadeln : Amphioxe, 56 jj. lang, 3.6 p. breit
(Fig. 11).
Die Nadeln bilden sowohl in den Haupt- als in
den Verbindimgsfasern axiale Strange. Dieselben
sind zarter als die der anderen Varietâten von
Chalinissa communis, Ldf. , weshalb ich fur das
vorliegende Exemplar die neue Varietât, tennis,
aufgestellt habe.
MÉMOIRES.
15
Geraochalina nuda, var. oxyus, Lendenfeld.
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jarhb!, v. II, p. 782.)
Dièse Form ist in der Sammlung durch ein Exemplar vertreten.
Dasselbe ist 6 cm hoch und 5 cm breit und besteht aus mehreren
fingerfôrmigen Zweigen, die an einzelnen Stellen undeutlich ring-
fôrmig angeschwollen sind. Dieselben sind mit einander verbunden.
Die 1-2 mm breiten Oscula sind an der Oberflàche des Schwammes
zerstreut. Die Maschenweite ist sehr variabel (160 jjl-370. p.).
Faserndicke : 49 f* (Fig. 12).
Fig. 12(1 :46).
Fig. 13 (1:320).
Nadeln (Fig. 13) : Amphioxe, 93 {* lang, 7.9 |x dick; sehr selten
kommen auch 80 p. lange und 6 (x breite Style vor.
Geraochalina reteplax, Lendenfeld.
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 785, Taf. XIX, Fig. 17.
Ceraochalina reteplax tenuis,
îiov. var
In der Sammlung ist nur ein kleines Fragment von diesem
Schwamme enthalten. Dasselbe besteht aus einem stengelartigen
16 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
•J
ur
(
Fig. 15 (1 : 100).
Fig. 16 (1 : 100).
MÉMOIRES. 17
Gebilde mit flachen, unregelmâssigen Vorwôlbungen. Die Oscula
liegen durchwegs auf einer Seite. Sie finden sich auf den Gipfeln
von bis zu 2 mm hohen Papillen und sind 1-2 mm weit. Die Farbe
des Schwammes ist blond. Sie Iritt an mikroskopischen Prâparaten
besonders deullich hervor.
Der Schwamm zeichnet sich durch ein besonders weites Netzwerk
aus (Fig. 14). Schon mit freiem Auge kann man Haupt- und
Verbindungsfasern unterscheiden. Die Maschen des Skeletnetzes
sind durchschnittlich 700 p. weit, die Hauptfasern 100 jj., die Ver-
bindungsfasern 60 p. dick. Figur 15 zeigt eine innere Skeletfaser mit
den eingelagerten Nadeln. Das Dermalskelet (Fig. 16) wird bei
diesem Schwamme durch netzartig mit einander verbundene dickere
Fasern gebildet, zwischen denen ein Netz feinerer Fasern ausge-
spannt ist. In jeder einzelnen dieser feineren Fasern liegt eine
Nadel.
Die Nadeln (Fig. 17) bilden einen streng
axialen Strang, der in verschiedener Mâchtigkeit
ausgebildet ist.
Nadeln : Amphistrongylen , 57 ^ lang, 1.5 [a
d ic k* Fig. 17 (1 : 320).
Bemerkenswert ist es, dass die Nadeln an
denjenigen Stellen, wo die Fasern in einander ùbergehen, vielfach
gekrûmmt und gebogen erscheinen. In allen ùbrigen Teilen des
Skeletes sind sie gerade.
Anmerkung. — In der Arbeit van Lendenfeld : Die Chalineen
des austrâlischen Gebietes ist eine Art als Ceraochalina reteplax,
Ldf., beschrieben. Infolge der hier vollzogenen Abgliederung der
Varielât tenuis wâre der in der oben erwâhnten Schrift als Cerao-
chalina reteplax, Ldf. , beschriebene Schwamm als die Varietàt typica
zu bezeichnen.
Phylosiphonia pumila, Lendenfeld.
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 799, Taf. XXIII, Fig. 52.)
Das vorliegende Exemplar ist 50 mm hoch und 60 mm breit.
Von der Basis erheben sich elf rôhrenfôrmige Gebilde, die mit ein-
ander zusammenhângen. Die âussere Oberflàche ist glatt. Die
Oscula sind kreisrund oder ellipsoidisch 6-8 mm weit.
I
18
SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQLE DE BELGIQUE.
Skeletnetz (Fig. 18) mit hellgelb gefârbten ziemlich constant
42 p. dicken Hauptfasern und 28 y. dicken Verbindungsfasern.
Die Maschenweite betrâgt 217 p.. t
Fig. 18 (1 : 40).
'9%4t
Fig. 19 (1 : 320).
Nadeln (Figur 19) : Amphioxe, leicht gekrûmmt; 51 ^ lang und
2.5 p. dick.
Spinosella sororia, var. dilatata, Dendy.
(Mr. A. Dendy, 1890, Observations on the West Indian Chalinine Sponges, with
Descriptions ofnew Species, in Trans. Zool. Soc, v. XII, p. 361, Taf. LXIII,
Fig. 2.)
Dièse Varietât ist in der Sammlung durch drei Exemplare ver-
treten. Es sind jedoch dièse drei Exemplare âusserlich verschieden
ausgebildet. Dieselben bestehen aus Rohren, die sich von einer
gemeinsamen basalen Masse erheben, von der sie entweder getrennt
oder miteinander verbunden emporgewachsen sind .
Bei dem einen, das wohl a m besten erha.lten ist, sind die
Hôhlungen der Rohren vollstàndig getrennt und umgekehrt kegel-
fôrmig.
Bei dem andern sind sie miteinander verbunden.
Die Rohren des dritten Exemplars erreichen eine betràchliche
Lange und sind mehr abgeplattet, fùnfmal so breit als dick.
Die innere Oberflàche der Rohren ist glatt, die aussere trâgt
zahlreiche spitz zulaufende nach oben gerichtete Fortsàlze.
MÉMOIRES.
19
Sehr charakteristisch fur dièse Gruppe der Chalineen ist das starke
Hervortreten der Hauptfaserstrànge. Die an der Innenflâehe der
Rôhren liegenden Ausstrômungsôffnungen sind dementsprechend in
geraden Lângsreihen angeordnet. Skeletnetz (Fig. 20] mit 210 ja
Maschenweite und 39^-59 p- dicken Fasern.
Fig. 22 (1 : 320).
Fig. 20 (1 : 46).
Fig. 21 (1:320).
Figur 21 zeigt eine lângere und kûrzere Verbindungsfaser durch
je eine Nadel gestûtzt.
Nadeln (Fig. 22) : Amphioxe, 81 p lang, 3.7 ^ dick.
Spinosella sororia, var. elongata, Dendy.
(Mr. A. Dendy, 1890, Observations on the West Indian Chalinine Sponges, with
Descriptions of new Species, in Trans. Zool. Soc. London, v. XII, p. 362,
Taf. LXIII, Fig. 1.)
Dièse Varietât ist in der Sammlung nur durch ein Fragment
vertreten. Es besteht aus einer Rôhre, an der seitlich noch ein
Verbindungsteil mit einer anderen Rôhre zu bemerken ist. Dieselbe
ist etwa 22 cm hoch und 2 cm breit. Die Innenflâehe der Rôhre
ist glatt und an derselben liegen zahlreiche undeutlich longitudinal
angeordnete Ausstrômungsôffnungen. Die àussere Oberflàche tràgt
20 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
zahlreiche nur wenig hervorragende dornartige Fortsâtze, die nach
aufwârts gerichtet sind. Skeletnetz (Fig. 23) mit 54 p dicken
Hauptfasern. Maschenweite sehr variabel. ,
ZqVWQp
/£>
^
Fig. 24 (1 : 320).
^
/ Fig. 23 (1 : 46).
Nadeln (Fig. 24) : Amphioxe, 65 ^ lang, 2.5 ^ dick.
Euchalina exigua, var. arborea, Lendenfeld.
(Lendenfeld, 1887, Zool. Jahrb., v. II, p. 808, Taf. XVIII, Fig. 6.)
Fig. 25 (1 : 46).
Von einem schwach ausgebildeten Stiele erheben sich mehrere
MÉMOIRES.
21
sohmale Aeste, die sich ihrerseits wieder in gleich starke Zweige
spalten. Der Schwamm erreicht eine Hôhe von 20 cm. Die Aeste
und Zweige sind 4-5 mm breit. Die Oscula sind zahlreich und sehr
klein. Das Skeletnetz (Fig. 25) hat eine geringe Maschenweite :
130 p.. Die Dicke der Hauptfasern betrâgt 30 ^, die der Ver-
bindungsfasern 10 p. f 1 ).
Fig. 26 (1 : 320).
Nadeln (Fig. 26) : Amphioxe, 70-90 p lang, 2.6-6 p dick.
(*) Die Maassangaben sind sâmmtlich als Mittel von etwa 20 Messungen ange-
geben.
LITTERATURVERZEICHNIS.
Dendy, Artur : Observations on the West Indian Chalinine Sponges, with Des-
criptions ofnew Species, in Trans. Zool. Soc. London, v. XII, 1890.
v. Lendenfeld : Die Chalineen des australischen Gebietes, in Zool. Jahrb.,
v. II, 1887.
v. Lendenfeld : Das System der Monactinellidœ, in Zool. Anzeiger, 1884.
v. Lendenfeld und Schulze : Die Bezeichnung der Spongiennadeln, in Abhand-
LUNGEN DER KGL. PREUSSISCHEN AKADEMIE DER WlSSENSCHAFTEN ZU BERLIN, 1889.
Ridley und Artur Dendy : Preliminary report on the Monaxonida collected by
H. M. S. « Challenger », in Annals and Magazine of Natural History,
Série 5, v. XX, 1887.
Stuart O. Ridley : Spongiida, Report on the zoological collections made in the
Indopacific Océan during the voyage ofH. M. S. « Alert », 1884.
Ridley, O., und Dendy, A. : Monaxonida, Challenger Reports Zoology, v. XX,
1887.
— — ^jvs^ûsSS^^^^—
LA FAUNE
DES
MOLLUSQUES FOSSILES ÏÏÉOGÈNES
DU PÉRIMÈTRE DU GOLFE DE XAPLES
PAR
Le L r Raffaello BELLIffl.
-0-O>0^00-
On sait que le périmètre du golfe de Naples est constitué de roches
volcaniques, distinguées en basaltiques, ou de la contrée vésuvienne,
et trachytiques, appartenant aux champs Phlégréens, limités par
le petit fleuve Sebeto. Parmi ces formations, les couches fossilifères
de l'île d'Ischia, du mont Somma, l'ancien Vésuve, et de la côte de
Pozzuoli sont très importantes.
Dans deux de mes publications ( l ) je me suis occupé des Mollusques
fossiles des deux premières de ces localités. Mais l'étude synthétique
et totale de cette faune néogénique caractéristique est hautement
intéressante non seulement sous le rapport paléontologique, mais
aussi pour la connaissance de la faune malacologique qui vivait dans
notre golfe aux époques antérieures à la nôtre.
En conséquence, j'espère que cette communication que j'ai l'hon-
neur d'envoyer à la Société royale Zoologique et Malacologique de
Belgique sera accueillie avec quelque intérêt.
La base de mon étude a été principalement la splendide collection
des fossiles du mont Somma et des champs Phlégréens, qui fait partie
( 4 ) R. Bellini, Due nuovl Molluschi fossili delV isola d'Ischia e revisione délie
specie esistenti nella marna delV isola stessa. (Bollett. Soc. Zool. Ital.,
fasc. III-IV, anno IX. Rome, 1900.) — R. Bellini, Notizie sulle formazioni fossi-
lifère neogeniche recenti délia regione vidcanica napoletana e Malacofaima del
Monte Somma. (Boll. Societa di Naturalisti in Napoli, anno XVII. Naples, 1903.)
MÉMOIRES.
23
du Musée géologique royal de Naples; cette collection commencée
par R.-A. Philippi pendant les premières années du siècle dernier,
augmentée par A. Scacchi, O.-G. Costa et G. Guiscardi, illustres
géologues napolitains, a été gracieusement mise à ma disposition par
le directeur du Musée, M. le professeur Bassani. J'ai aussi consulté
la petite collection des coquilles du mont Somma, qui existe au Musée
géologique royal de Turin; enfin, j'ai trouvé d'autres éléments d'étude
dans la collection, que je possède maintenant, de mon regretté ami
le baron Gastriota-Scanderbeg, ainsi que dans plusieurs excursions
faites dans les plus importantes localités fossilifères.
Tous ces dépôts, contemporains ou postérieurs aux temps de la plus
grande activité volcanique de la région, sont lithologiquement carac-
térisés par des tufs, des marnes, des conglomérats et des grès;
paléontologiquement par des formes appartenant à des espèces actuel-
lement vivantes dans le golfe. Ces formations sont à rapporter à
Y Astien, ou Pliocène récent, et au Saharien, ou Quaternaire ancien.
On peut les appeler dans leur ensemble, suivant Renevier : néogènes
récentes.
Aperçu des dépôts fossilifères néogènes de la région volcanique napolitaine.
LOCALITES.
CONSTITUTION
LITHOLOGIQUE
DES DÉPOTS.
AUTEURS
QUI
LES ONT ÉTUDIÉS.
OBSERVATIONS.
AGE
DE FOR-
MATION.
A. — Mont Somma (l'ancien
Vésuve) ' .
B. — Côte de Pozzuoli, près
du Monte Nuovo ....
C. — Valle di Mezzaria, dans
l'ile d'Ischia
D. — Promontoires de S. A les-
sandro et Castiglione, dans
l'ile d'Ischia
E. — Punia dell' Imper atore,
dans l'ile d'Ischia. . . .
F. — Collines de Naples
G. — Mont Epomeo, dans l'ile
d'Ischia
Argile, grès.
Tuf
saxidinïque.
Tuf et sable
en deux
couches.
Marne
avec ponces.
Brèche
trachy tique
avec ciment
calcaire.
Tufs jaune
et gris,
le premier
seulement
fossilifère.
Marne
et argile
marneuse.
Hamilton,
Monticelli, Scacchi,
Guiscardi.
Philippi, Scacchi,
Pilia, Lyell,
De Angelis,
Guiscardi, Bellini.
Scacchi, Fonseca,
Philippi,
Pilla, Spoda-Lavini,
Bellini.
Scacchi, Fonseca,
Pilla, Bellini.
Scacchi, Fonseca,
Bellini.
Scacchi, Bellini.
Breislak, Brocchi,
Scacchi, Pilla,
Fonseca, Bellini,
Spoda-Lavini,
Mercalli.
Blocs erratiques
dans les ravins.
A près de 25 mètres au-
dessus du niveau de
la mer. Faune à fa-
des sablonneux et
rocheux.
Espèces de faune litto-
rale ; à la même hau-
teur et vis-à-vis du
précédent.
Recouvert de laves
rejetées par le mont
Rotaro.
Faune de mer pro-
fonde et de station
rocheuse.
Formation pauvre
en fossiles.
A la hauteur d'envi-
ron 50U mètres au ma-
ximum.
Saharien,
Saharien
Saharien,
Saharien,
Saharien ,
Astien
et
en partie
Saharien.
Astien.
24 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Toutes les espèces citées se trouvent au Musée géologique de l'Uni-
versité de Naples ou dans ma collection.
Les lettres, mises après les noms des espèces, se rapportent aux
formations indiquées ci-dessus.
Pour l'ordre de rémunération, j'ai suivi le Manuel de conchyliologie
du D r Paul Fischer.
Pteropoda.
Cavolinia tridenlata (Forsk.). B, D, E.
Driacria trispinosa (Les.) === Hyalea depressa (Biv.). A
Gastropoda.
A. — Pulmonata.
Ancylus fluviatilis (Mûller). B. Rare.
Limnœa ovala (Drap.) = Hélix auricularia (O.-G. Costa pars). A.
B. — Opisthobranchiata.
Actœon tornatilis (L.). Type et variété minor. B, D.
Scaphander lignarius (L.). A.
Eaminea hydatis (L.) = Bulla pisum (Délie Ghiaje). A, B, D.
Retusa truncatula (Brug.) — Bulla semisulcata (Phil.); B. cylindrica,
(Scacchi). A (fide Guiscardi).
Romnia utriculus (Brocchi). A, D.
Ringicula auriculata (Mén.) = Oliva oryza (O.-G. Costa). A, B, C.
— buccinea (Brocchi). G. N'existe plus à l'état vivant.
C. — Prosobranchiata.
Conus méditer raneus (Brug.). C, E. Type et variétés pyrula (Brocchi);
mbmediterraneus (Locard); galloprovincialis (Locard).
MÉMOIRES. 25
Hœdropleura septangularis (Montg.). C, D. Type et variété hepta-
gona (Scacchi).
Conopleura Maravignœ (Bivona) = Pleurotoma elegans (Scacchi). D.
Mangilia Bertrandi (Payr.). G, E. Plus renflé que le type.
Leufroyia Leufroyi (Mich.). C, D.
— continua (Scacchi). G.
Philbertia bicolor (Risso) == Pleurotoma variegatum (Phil.). C.
— La Vice (Phil.). G.
Villiersiella attenuata (Montg.) = Pleurotoma gracilis (Phil.). C, D.
Ginnania nana (Scacchi). A, G.
— brachystoma (Phil.). G.
Gordieria reticulata (Ren.) — F usas echinatus (Brocchi). G, D,G.
Bellardiella gracilis (Mtg.) — Murex oblongus (Brocchi). B, C, D.
Cirillia linearis (Mtg.) === Raphitoma Scacchii (Bellardi, fide Monte-
rosato in Nomencl., p. 34). D,
Marginella secalina (Phil.) == Volvaria exilis (O.-G. Gosta non
Lam.). A, B, D.
— cyprœola (Brocchi). C, E.
Gibberula miliaria (L.j. C. Type et variété minor (Monteros.).
Fuscomitra lutescens (Lam.). B, G, D, E.
— cornea (Lam.). G, D.
Turricula ebenus (Lam.). B, G.
*Var. (3. plicatula (Brocchi). D. Costulée comme le type,
mais plus allongée.
— tricolor (Gmel.). G, D.
— Savignyi (Payr.). G, F.
Mitrolumna olivoidea (Gantr.) = Mitra columbellaria (Scacchi); Golum-
bella Graa(Phil.). G.
Pseudofusus rostratus (Olivi). D, G.
*Var. (3. carinaia (Monteros.). Avec l'une des côtes transver-
sales plus développée que les autres.
Aptyxis syracusanus (L.). p. fasciolarioides (Monterosato). C.
Fasciolaria tarentina (Lam.). F. (Dans le tuf de Posillipo.)
Pollia Orbignyi (Payr.). G, D.
— maculosa (Lam.). G, E.
Euthria cornea (L.). G, F.
Nassa mutabilis (L.). A, B, G, G.
*Var. inflata (Lam.). A dernier tour plus renflé.
— reticulata (L.). G, D, E.
T. XXXVIII, 1903. 4
26 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Nassa limata (Chemn.). C.
— inerassata (Mûller). B, C, D.
— prismatica (Brocchi). G. ,
— Lacepedei(P&yr.) = Buccinum asperulum (Brocchi). B, G, D, E.
— semistriata (Brocchi). A, B, G. Sous ce nom ont été confondues
plusieurs espèces; la forme du Pliocène se trouve encore
dans la Méditerranée.
Golumbella rustica (L.). G, E, F.
*p. elongata (Phil.), *var, apiculata (Monteros.). Spire
très aiguë.
— procera (Locard) = G: rustica, var. acuminata {non
Req.). G.
Mitrella scripta(h.). G, D, E.
— Greci (Phil.). D.
Atilia minor (Scacchi). G, D, E.
Pagodula carinata (Bivona) = Murex vaginatus (Brocchi); M. calcar,
(Scacchi). G.
Murex brandaris (L.). B, G, D, F.
— trunculus (L.). B, G, E, F. Le type est rare dans le golfe; la
forme commune est sans épines, mais tuberculeuse. Les
fossiles se rapprochent du type.
Dans l'Astien des collines de Turin cette forme est rem-
placée par le M. iondarius (Lam.) [= M. brandaris
(Brocchi), et M. cornutus (Brocchi, non L.)], intermédiaire
entre les M. brandaris et cornutus ; cette dernière espèce
vit actuellement au Sénégal.
*Var. (3. conglobatus (Michelotti) = var. 4 (Philippi).
Varices mutiques. Rare.
Muricidea Blainvillei (Payr.) = Murex cristatus (Phil., non Br.). G.
Var. |3. inermis (Phil.). Plus petite et à tubercules mutiques.
Ocenebra erinacea (L.) = Murex tarentinus (Lam.). G. Six varices
par tour, alternativement fortes et faibles, tandis que l'O.
Hanleyi (Dautz.) [= Murex erinaceus, auct. [non L.)],
possède cinq varices sur chaque tour.
Ocinebrina Edwardsi (Payr.). D.
— corallina (Scacchi) == 0. aciculata (Lam.); Fusus lavatus,
(Phil., non Bast.). G.
Dermomurex scalarinus (Bivona) — Murex scalaroides (Blainv.);
M. distinct us (Jan.); M. leucoderma (Scacchi). G.
MÉMOIRES. 27
Simpulum corrugatum (Lam.). C. Dans l'Astien de Turin, cette forme
est remplacée par le S. affine (Desh.).
Semicassis undulata (L.). D, G.
— inarimensis (Bellini). G. J'ai décrit cette nouvelle forme
de la marne du mont Epomeo dans mon travail : Due
nuovi Molluschi fossili delV isola dlschia, etc., p. 5.
Voici la diagnose :
Testa oblonga; spira prominula, obtusiuseula ; an-
fractibus 4-5 convexiusculis , superne subplanatis,
transverse et longitudinaliter sulcato-striatis ; eanali
breviuseulo; apertura ovali- oblonga; peristomate in-
crassato, intus dentiplieato . Haut., 16 millimètres;
larg., 4 millimètres.
(Collection du Musée Géologique de Naples.)
Cassidaria tyrrhena (Cheinn.), auot. A. Allié au suivant, mais plus
grand et à dernier tour plus renflé ; sans tubercules.
— echinophora (L.). G.
Ovula carnea (L.). D.
Cyprœa lurida (L.). G.
— pijrum (L.). G.
Trivia europœa (Mtg.). G, D.
— pulex (Solander). G, D.
— globulosa (Monterosato) = T. europœa, var. globosa (Wood)
= T. Mollerati (Loc). G.
Erato lœvis (Donovan) == Marginella muscaria (O.-G. Costa). D.
Donovania turritellata (Desh.) == D. minima [non Mtg.). C.
— mamillata (Kisso). C.
Chenopus pes-peleeani (L.). A, B, G, D, E, F.
Tri fo ris perversus (L.). G, D.
Cerithium vulgatum (Brug.). A, G, D, E, F.
Var. (3. spinosa (Blainv.).
— alucastrum (Brocchi), B, G, D, F, G.
— tortuosum (Monterosato). G.
protractum (Biv., ms., Arad. et Benoit) = C. vulgatum,
var. gracilis (Phil.). C.
Bittium Latreillei (Payr.) = Cerithium lima (Phil., non Brug.), B,
G, D, G.
Bittium Jadertinum (Brusina) = Cerithium lima {non Brug.), var.
minor (Phil.). G,
28 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Bittium scabrum (Olivi). B, D, G.
Gerithiopsis tubercularis (Mtg.) = Cerithium pygmœum (Phil). G.
— minima (Brusina). B. ,'
Pirenella conica (Blainv.) = Cerithium mamillatum (Phil., non
Risso). A, G, D.
Vermetus triqueter (Bivona). D/
— gregarius (Monterosato). A, D.
Bivonia petrœa (Monterosato) ===== Vermetus glomeràtus (Biv.) [non
Serpula glomerata (L.)]. G.
Tenagodes obtusus (Schum.) ===== Siliquaria anguina (auct., non L.).
A, G.
Turritella terebra (L.). Commun dans tous les dépôts.
— triplicata (Brocchi) = Turbo vermicularis (Brocchi) ===== Turr.
mediterranea (Monter.). D, F, G.
Cœcum trachea (Montagu). B, G.
Littorina neritoides (L.). B.
Fossarus ambiguus (h.) = Natica fossor (Adans.). D.
Phasianum minutum (Mich.). C.
Solarium fallaciosum (Tiberi). D.
Skeneia exilissima (Phil.). A (fide Guiscardi).
Rissoa variabilis (von Mûhlf.). C.
— ventrieosa (Desmar.). G. D.
— costata (Adams). B, G, D, E.
Zippora auriscalpium (L.). D.
Persephona violacea (Desmoul.). D.
Apicularia similis (Scacchi). E.
Schwartzia monodonta (Biv. in Phil.). A, C.
Aluania scabra (Phil.) = Rissoa miitabilis (Sohwartz). G.
Rissostomia oblonga (Desmar.). B, D.
Alvania Montagui (Payr.). G, D, E.
Acinus cimex (L.). G, D, E == Rissoa granulata (Phil.).
Var. p. depauperata (Monterosato). Fortement crispée et de
petite taille.
— Geryonius (Ghieregh.). C.
— hispidulus (Monterosato) == Rissoa clathrata et cancellata
(Phil.) (noms déjà employés dans d'autres sens). G.
— subcrenulatus (Schwartz) Brusina. G.
— reticulatus (Mtg.). G.
Acinopsis cancellata (Da Costa). G, D.
MÉMOIRES. 29
Acinopsis hirta (Monterosato). G.
Rissoina Bruguierei (Payr.). C.
Bithinia tentaculata (L.). A.
Capulus hungaricus (L.). D.
Crepidula unguiformis (La m.). C.
Calyptrœa sinensis (L.) === C. vuîgaris (Phil.). A, G.
Natica Dillwyni (Payr.). B, C, D.
— hebrœa (Martyn).
— millepunctata (Lam.). B, G, D.
— acuminata (O.-G. Costa), Bellini. D. J'ai décrit cette espèce
dans ma note : Bue nuovi molluschi fossili delV Sola
d'ischia, etc., p. 6, fig. 2.
— Guillemini (Payr.). D.
Naticina sordida (Sow.). G.
— helicina (Brocchi). A, G.
— macilenta (Payr.). A.
— Poliana (Délie Chiaje). A. Voisin du précédent, avec lequel
il a été confondu.
Reventa Josephinia (Risso). C.
Payraudeautia intricata (Donovan). A, B, C, D, F, G.
Scalaria clathrus (L.). A, G.
— tenuicosta (Michaud) = S. plicata (Scacchi). G.
Melanella polita (L.). C, D, G. J'adopte le nom générique Melanella,
plus ancien que Eulima.
— intermedia (Cantraine) ==- Mélania nitida (Phil . , non Lam .) ;
Rissoa sinuosa (Scacchi). D.
— microstoma (Brusina). D.
Subularia subulata (Don.). D.
Odontostomia plicata (Mtg.) == Rissoa elongata (Phil.); Eulima buli-
mus (Scacchi). D.
■Pyrgulina gracilis (Phil.). D.
Menestho Uumboldti (Risso) = Tomatella? clathrata (Phil.); Chem-
nitzia Uumboldti, var. subventricosa (Phil.) (type). G, D.
Cette espèce se rencontre sous deux aspects ; la forme
typique serait la variété subventricosa de Philippi, et
l'autre, plus allongée, avec côtes nombreuses et sutures
peu profondes, a été nommée Odostomia dissimïlis par
Tiberi.
— bulinea (Lowe). D.
30 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Menestho striata (Broccbi). G. C'est la Tornatella elongata de Philippi.
Turbonilla lactea (L.) = Turbo elegantissimus (Mont.); Bissoa turri-
tella (Scacchi). C, D. ,
Var. j3. Campanellœ (Phil.). Côtes plus nombreuses et flexueuses.
Vitreolina incurva (Ben.) == Meiania distorta (Phil., non Desh.);
Eulima Philippii (Weink., non Raynev. et Ponzi). G.
Pyrgostylus striatulus (L.) auct. = Meiania pallida (Phil.). A, G.
Smaragdia viridis (h.) = Nerita marina (Délie Chiaje). D.
Tricolia speciosa (von Mûhlf.) = Phasianella Vieuxi (Payr.), auct.
B, C, D, E.
Tricoliella inter média (Scacchi). C, D.
Eudora pullus (L.). D, E.
Astralium rugosum(L.). B, C, D, E, G.
Clanculus cruciatus (L.). C.
— Jussieui (Payr.). G, D.
— corallinus (Gmel.), auct. C.
Gibbuîa magus (L.). B, D, G.
— fanulum (Gmel.). D.
— varia (L.), auct. B, G, D.
— leucophœa (Phil.). D.
— Guttadauri (Phil.). D.,
— Adansoni (Payr.). F.
— ardens (Von Salis). B, C, D, E.
— Richard! (Payr.). E.
— canaliculata (Lam.). C, D.
Craspedotus limbatus (Phil.). G.
Circulus striatus (Phil.) = Solarium PMz'ppzï(Cantraine). D.
Calliostoma zizyphinum (L.) == C. Linnœi (Monterosato). G.
— conulus (L.l. B, G
— Laugieri (Payr.). C.
— exasperatum (Pennant). D.
— crenulatum (Brocchi) = Jujubinns corallinus (Montero-
sato, non auct.). D.
— striatum (L.) — Trochus littoralis (Brus.). B, C, D, E.
— lœvigatum (Phil.). D.
Ampullotrochus granulatus (L.). B, G, F.
Haliotis lamellosa (Lam.). G.
Fissurella dorsata (Monterosato). D. Sa taille est plus grande que
celle de la suivante, sa réticulation moins serrée, sa
forme plus conique.
MÉMOIRES. 31
Fissurella grœca (L.), auct. === F. reeurvata et corrugata (O.-G.
Costa). C, D,'E.
— gibberula (Lam.) = F. gibba (Phil.). B.
Emarginula capuliformis (Phil.). D .
— - papillosa (Risso) === E. adriatica (O.-G. Costa).
Patella lusitanica (Gmel.). C.
— cœrulea (h.). C.
Var. (3. fragilis (Phil,).
— tarentina (Lam.). C } F.
Dentalium vulgare (Da Costa) == tarentinum (Lam.) — Zh entalis
(plur. auct., non L.). B, C.
— dentalis (L.) Deshayes = D. dentalis (Phil. (excl. var.)
et O.-G. Costa). A, B, C, D.
— inœquicostatum (Dautz.) = D. novemcostatum (auct., non
Lam.). C.
■ — striatum (Lam.). C.
Pseudentalis rubescens (Desh.). C.
Ostrea edulis (L.), auct. A, B, C, D, F.
— denticulata (Brocchi), F. Dans le tuf de Posillipo. N'existe
plus vivante dans le golfe.
— cristata (Born). Poli. A, B, C, D.
— lamellosa (Brocchi.). C. Suivant Monterosato cette espèce
serait éteinte;
Gryphœa cochlear (Poli). C.
Anomia ephippium (L.), Poli = A. plicata (Brocchi). A, C, D.
— squamula (L.). C.
Monta margarttacea (Poli). C.
Spondylus gœderopus (L.). Poli. B, C, F. La forme fossile, comme
32 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
celle qu'on trouve vivante dans le golfe, est toujours dépourvue
d'épines. = Var. inermis (Monteros.).
Radula lima (L.) = Radula squamosa (Lam.). G. F.,
— vesuviana (Bellini). A. J'ai fait connaître cette forme nouvelle
dans mon travail : Notizie sulle formazioni fossilifère
neogeniche recenti, etc. , p. 15 ; elle est voisine du R. subau-
riculata (Mtg.), mais plus grande, à côtes plus nombreuses.
Pecten jacobœus (L.). A, B, G, D.
Chlamys varia (L.). A, B, G, D.
— p es- f élis (L.). G.
— multistriata (Poli). C.
Mquipecten opercularis (L.) = Ostrea sanguinea (Poli). A, B, D, E.
— Audouini (Payr.). D, E. Forme bien méditerranéenne;
un intermédiaire se trouve dans les collines de Turin
et est distingué par Sacco sous ce nom.
— flexuosus (Poli) ■■= Pecten polymorphus (Brown), Phil.
C, D.
— adspersus (Lam.). A.
— glaber (L.). B. C.
Lissopecten hyalinus (Poli). A, G, D, G. Forme très variable; le
type est lisse.
Palliolum similis (Laskey) = Pecten pygmœus (von Mûnst.), Scacchi
et Phil. A.
Pinna nobilis (L.). B, C.
Mytilus galloprovincialis (Lam.) == M. edulis (auct. y non L.). A.
Mytilaster minimus (Poli). A.
Modiola modiolus (L.). = ? Modiolaria grandis (Ph'û.)(fide Guiscardi).
A, C.
— barbata (L.). D, E.
Lithodomus lithophagus (L.) = L. dactylus (Cuvier). C.
Modiolaria subpicta (Gantraine) == Mytilus discors (Poli, non L.);
Modiola discrepans (Lam., non Mtg.); M. Poliana (Philippi) ;
Modiolaria marmorata (Forbes). B, D.
Arca Noe(h.). B, G, D, F.
— tetragona (Poli^. C.
— scabra (Poli). C.
Rarbatia barbata (L.). B, G, D, F.
Fossularca lactea (L.) = Arca modiolus (Olivi). G, D, F.
Pectunculus pilosus (L.), auct. Dans tous les dépôts.
MÉMOIRES. 33
Pectunculus bimacuJatus (Poli). C.
— violacescens (Lam.i. (3. minor = Arca nummaria (tu),
Brocchi. G, F.
— insubricus (Brocchi). C.
Nucula nucleus (L.) == N. argentea (Poli); N. margaritaeea (Lam).
A, B, G, D, G.
— sulcata (Bronn) = N. Po/w (PhiL). A, G.
Leda pella (L.) = Arca interrupta (Poli). A, B, G, D
Venericardia antiquata (L.). C.
— aculeata (Poli). D.
— corbis (PhiL). C.
Cardita calyculata (L.). G, E.
— trapezia (L.). G.
Astarte fusca (Poli) === Venus incrassata (Brocchi) ; var. Petagnœ
(O.-G. Costa). A, C.
Scacchia elliptica,(Sca.cch\) y Philippi = Lucina oblonga (PhiL). B, G.
— rotundata (O.-G. Costa). C.
Cardium aculeatum (L.). A.
— Deshayesi (Payr.). A.
— echinatum (L.). A, B, C.
Var. (3. mucronatum (Poli).
— tuberculatum (L.). A, B, G, D.
— papillosum (Poli) == C. punctatum (Brocchi) ; C. Polii (Payr.) .
B, C, D, E.
— exiguum (Gmel.). C.
— -■ ciliare (L.). A, B, C.
— rusticum (Ghemn.). A, B.
— edule (L.). A, C.
Var. (3. Lamarcki (Beeve).
Lœvicardium oblongum (Cliemn.) = Cardium florum (Poli, non L.).
A, B, D.
Chama gryphoides (L.). B, C, E, F.
Isocardia cor (L.). A.
Meretrix chione (L.). A, B, C, D. .
— rudis (Poli) = Cytherea veneiiana (PhiL). A, B, C.
Gouldia minima (Monlg.) = Cytherea mutata et Ct/n7/r(Scacchi) ;
C. apicalis (PhiL). A, B, G, D.
Dosinia lupinus (L.). A, B, C.
— exoleta (L.j. A, B, C.
34 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Venus gallina (L.). A, B, G, D.
— ovata (Pennant) = V. radiata (Brocchi). A, B, G, D, E.
— fasciata (Da Costa) == V. dysera (Brocchi), E. G,
Tapes decussatus (L.). B, F.
— Icelus (Poli). B, G.
Venerupis irus (L.). G.
Diplodonta rotundata (Mont.) — Venus lupinus (Brocchi) ; Dipl. dila-
tata (Phil.). A.
Donax trunculus (L.). A, B, G.
— semistriatus (Poli). A.
— venustus (Poli). B.
— poliius (Poli). B.
Psammobia vespertina (Chemn.) — Tellina gari(Po\\, non h.). A, B, G.
— fàrôensis (Ghemn.). D.
— murieata (Ben.), Brocchi. B, D.
Solenocurtus strigillatus (L.). A, B, G.
— antiquatus (Pulteney) =- Solen coarctatus (Phil.). A, B,
D, G.
Pharus legumen (L.). A.
Ensis ensis (L.). A.
— siliqua (L.). A, B, G.
Donacilla cornea (Poli) = D. Lamarckii( Phil.). A.
Mactra corallina (L.) = M. stultorum {auct.). A, G.
— triangula (Ben.) = M. lactea (Poli, non Ghemn.). A, B.
Lutraria lutraria (L.) = L. ellipliea (Lam.). A, C.
Corbula gibba (Olivi) == C. nucleus (Phil.); Tellina olympica (O.-G.
Costa). A, B, C, D.
Saxieava arctica (L.). A.
— rugosa (L.), Pennant. A, C, D.
Pholas Edivardsi(Payi\). G.
Lucina radula (Lam.) = Venus circinnata (Brocchi). B.
— undata (Penn.) = Venus incompta (Phil.); Lucina caduca,
(Scacchi). A.
— borealis (L.). B.
Loripes fragilis (Phil.) = Tellina gibbosa (O.-G. Costa) ; Venus eden-
tula (Brocchi, non L.).A,B,C,D,G. Cette espèce est plus
abondante à l'état fossile et atteint une grandeur triple.
leucoma (Turton) = Tellina lactea (Poli et auct. , non L.).
A, B, C.
MÉMOIRES. 35
Lucinella commutata (Phil.) = Lucina divarîcata (aucL, non L.).
A, G, D.
Jagonia pecten (Phil., non Lan).). B, G.
— reticulata (Poli). B, G, D.
Dentilucina spinifera (Mont,). B, G, D. Forme plus grande.
Tellina palchella (Lam.) = Tellina rostrata (Poli, non L.). A.
— distorta (Poli), A, B, G, D.
— serrata (Ren.), Brocchi. A, B.
— donacina (L.) = 7 '. variegata (Poli) ; T. subcarinata (Brocchi).
A, B, G, D.
— nitida (Poli). A, B, G.
— planata (L.) •== T. lœvigata (Olivi). A, B, G.
— fabuloides (Monterosato) = Tellina fabula [auct., non Gro-
novius). A.
— incarnata (L.), Poli. B, G.
— compressa (Brocchi). G, E.
balaustina (L.). G.
— tennis (Da Costa). A.
Gastrana fragilis (L.). G.
Syndesmia Renieri (Brown), Philippi = Tellina apelina (Renier);
Erycina similis (Phil.). A, G, D, G.
Erycina stricta (Ren.). A.
Thracia corbuloides (Desh.). B, G.
— papyracea (Poli) == T. phaseolina (Phil.). A, C.
Species delendse.
Dentalium strangulatum et
— coarctatum cités par Scacchi et Guiscardi, sont des
Annélides très communs dans le golfe (Ditrupa comea,
Lam.).
Pecten médius est cité par Philippi et Scacchi, du dépôt de la Valle
di Mezzaria; mais je ne l'ai vu ni dans la collection du Musée
Géologique de Naples, ni dans les autres. C'est une forme
exotique.
En résumé, cette faune néogénique présente, dans son ensemble,
Yhabitus littoral a faciès sablonneux. Nous remarquons qu'un grand
36
SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
nombre d'individus ont une taille plus grande que ceux des mêmes
espèces vivant actuellement dans le golfe et nous sommes frappés de
leur abondance dans quelques localités seulement, car le volcanisme
ne permettait la vie organique que sur certains points.
Des 306 espèces notées, quatre sont éteintes ( l ) et deux sont com-
munes à tous les dépôts ( 2 ).
La richesse paléontologique des dépôts se comporte ainsi :
E. Punta dell' Impera-
tore 35 espèces
F. Collines de Naples . 25 —
G. Mont Epomeo . . 31 —
Enfin l'abondance en espèces et en individus augmente en allant
du dépôt de la marne du mont Epomeo (le plus ancien) aux formations
plus récentes, et l'origine pliocénique des mollusques qui vivent
aujourd'hui dans le golfe de Naples se trouve ainsi démontrée.
A.
Mont Somma .
98 espèces.
B.
Pozzuoli ....
92 —
C.
Valle di Mezzaria .
197 —
D.
S. AlessandroetCas-
tiglione.
126 —
( d ) Ringicula buccinea (Brocchi) ; Semicassis inarimensis (Bellini); Ostrea lamel-
losa (Brocchi) ; Radula vesuviana (Bellini).
( 2 ) Turritella terebra (L.); Pectunculus pilosus (L.), auct.
MÉMOIRES, 3/'
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l'
BULLETINS DES SÉANCES
T. xxxviii, 1903
1
Mars 1903.
BULLETINS DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQTJE
DE
BELGIQUE
Séance du 3 janvier 1903.
Présidence de M. Lameere.
La séance est ouverte à 4 l j 2 heures.
M. de Gort se fait l'interprète de la Société en adressant des féli-
citations à M. le Professeur Lameere auquel l'Académie royale des
Sciences de Belgique vient de décerner le titre de correspondant.
Bibliothèque.
Dons de l'auteur, M. Maurice Leriche, à Lille :
Notice sur les fossiles sparnaciens de la Belgique et en particulier
sur ceux rencontrés dans un récent forage à Ostende. — Note sur le
Crocodilcs depressiformis trouvé à Urcel (Aisne). — Sur la présence
de Sonneratia perampla dans la meule. — Géologie de la forêt de
Saint-Gobain. — Description de la faune d'eau douce sparnacienne de
Cuvilly (Oise). — Compte rendu de V excursion géologique dans la
forêt de Saint-Gobain. — Sur la faune de la tourbe de Wissant (Ex :
Ann. Soc. Géol. du Nord, t. XXVIII; Lille, 1898-99). — Faune
ichthyologique des sables à Unios et Terédines des environs oVEpernay
(Marne) (Ex : Id., t. XXIX, 1900). — Sur quelques éléments
nouveaux pour la faune ichthyologique du Montien inférieur du bassin
IV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
de Paris. — Le Lutétien supérieur aux environs de Parguan (Aisne).
— Description de deux Unios nouveaux de ÏÉocène inférieur du Nord
delà France et de la Belgique (Ex : Id., t. XXX, 1901). — Revision
de la faune ichthyologique des terrains crétacés du Nord de la France
(Ex : Id. , t. XXXt, \ 902). — Ueber einige Excursionen des VIII. inter-
nationalen Geologen-Gongr esses (Ex : Zeitschrift fur praktische
Géologie, 1899). — Excursionen in das Loire Kohlenbecken unter
Fùhrung des Eerm Grand-Eury (Ex : Id., 1900).
Des remerciements sont votés au donateur.
Communication.
LE SYSTÈME ÉOCÈNE.
UÉTAGE SPARNACIEN ET SA FAUNE EN BELGIQUE,
Par le baron VAN ERTBORN.
Eu 1901, la Société belge de Géologie a fait une excursion sur le
territoire français, le long de la frontière franco-belge; elle en a fait
une seconde en 1902, parallèle à la première, sur le territoire belge
pour y poursuivre les comparaisons nécessaires à une entente sur le
parallélisme des deux séries géologiques occupant cette région.
M. G. Dollfus, qui a pris part aux deux excursions, les résume
dans une notice des plus intéressantes publiée dans la Feuille des
Jeunes Naturalistes ( l ) sous le titre de Classification des couches
crétacées, tertiaires et quaternaires du Eainaut belge.
Cette note présentant le^ plus grand intérêt pour la géologie de la
Belgique, nous croyons utile d'appeler sur elle l'attention des
membres de la Société royale Malacologique, tout spécialement en ce
qui concerne la série tertiaire-éocène.
Nous rappellerons seulement au sujet du Grétacique que l'auteur
signale, aux environs de Tournai, la marne turonnienne verdâlre à
petits galets de phtanite noir à la base, qui fut observée lors de
l'excursion. C'est cette même marne avec galets à la base, qui est si
bien représentée aux deux grands sondages d'Alost (Ancienne filature
Vander Smissen et Teinturerie de MM. Moens frères). Ce fait est
encore un exemple de la persistance que présentent les couches à
(*) I e ' décembre 1902, IV e série, 33 e année, n° 386.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. V
éléments grossiers et graveleux, si nombreuses aussi dans le Tertiaire.
Nous ne citerons le Montien que pour mémoire. Nous nous atta-
cherons surtout à préciser les points qui dans l'Éocène n'ont pas été
complètement élucidés; nous avons réuni les faits disséminés dans un
grand nombre de publications, tout particulièrement ceux relatifs au
niveau caillouteux des silex verdis, à la base à gros éléments et à la
faune du Landenien supérieur; à la base caillouteuse de l'Ypresien
inférieur et à l'allure du Paniselien en profondeur.
Beaucoup de ces faits ayant été constatés à l'occasion de nos son-
dages, il nous revient une petite part dans les progrès de la science
géologique en Belgique. On ne saurait exprimer assez vivement les
regrets que fait naître la vue de tant de sondages, dont les résultats
furent absolument ou presque nuls au point de vue scientifique et
qui auraient pu jeter encore plus de lumière sur un grand nombre de
faits intéressants.
Il est certain que M. G. Dollfus, géologue et paléontologiste
d'expérience, a jugé avec beaucoup de clairvoyance les questions en
litige et que beaucoup de faits, que nous aurons à citer, appuyent
singulièrement sa manière de voir.
La Feuille des Jeunes Naturalistes étant peu répandue parmi
nous, nous prenons la liberté de reproduire textuellement la note de
M. G. Dollfus en ce qui concerne l'Éocène inférieur à partir du Heer-
sien. Nous ajouterons ensuite la partie de l'échelle stratigraphique du
levé de la Carte géologique au 40,000 e , relative à l'Éocène, afin que
le lecteur ait sous les yeux les principaux éléments de la question
sans l'obliger à trop de recherches.
Texte de M. G. Dollfus.
Eeersien. — Je ne dirai rien de nouveau sur cet étage; il n'est
pas connu dans le Hainaut, mais seulement dans la Hesbaye. Dumont
le considérait comme crétacé, mais sa faune et sa flore sont
tertiaires; il n'est pas possible dy voir autre chose qu'une dépen-
dance du Landenien inférieur.
Landenien. — J'arrive aux dépôts qui ont été plus particulière-
ment l'objet de mes études. Nous avons vu, tant à Jeumont, sur le
territoire français, qu'à Grand-Beng, sur le territoire belge, de vastes
sablières, qui présentent des coupes tout à fait analogues à celles des
VI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
environs de Reims. On peut en résumer la stratigraphie comme suit
en partant du sommet :
Coupes à la frontière franco-belge.
6. Marne grise avec lits de Marne blanche à végétaux,
écailles de Lepidotus.
5. Marnes avec lignites alternant avec des sables
Landenien supérieur J grossiers.
(Sparnacien). \ 4. Sables grossiers, dits d'Erquelines, avec ossements
disséminés (Pachynolophus Maldani), Crocodiles,
Trionyx (Faune de Cernay lès-Reims).
3. Gros gravier, poudingue, ravinement.
!2. Sables glauconifères, parfois tuffeau, à Ostrea bello-
vacencis.
1. Poudingue glauconifère, cailloux roulés verdis, fos-
siles thanétiens bien développés (gare de Levai).
Craie blanche profondément ravinée.
Dans cette coupe, la classification adoptée par le Service de la Carte
géologique de Belgique considère comme, Landenien inférieur, les
assises d et 2 et comme Landenien supérieur les couches 3 à 6. Sans
rechercher si cette interprétation est celle de Dumont, j'observe qu'il
y a une très grande différence entre ces deux Landeniens : celui de la
base est franchement marin, c'est notre Thanétien, celui du sommet,
qui est fluviatile ou continental, est notre Sparnacien. Dans la région
de Mons, à la colline de l'Eribus, à Saint- Symphorien, nous avons vu
des sables très glauconifères, argileux et graveleux à la base, deve-
nant fins et grisâtres au sommet et recouverts par l'argile ypresienne;
ils appartiennent tous au Landenien inférieur. Du côté de Tournai,
Blaton, Grandglise, Courtes-Bruyères, il y a des sables puissants,
fort étendus, plus ou moins glauconifères, passant à des grès souvent
très durs avec tubulures d'Annélides, fossiles marins assez rares,
gyrogonites, qui appartiennent bien tous au Landenien inférieur; ils
ne représentent pas les Lignites du Soissonnais, comme nous l'avions
cru autrefois avant de prendre connaissance des lieux, mais ce sont
bien les sables de Châlon-sur-Vesles, Jonchery, etc.; dans le bois de
Stambruges, l'argile brune à Septaria de l'Ypresien inférieur repose
directement sur les sables du Landenien inférieur et, comme à Mons,
le Landenien supérieur manque dans la région. Ce Landenien supé-
rieur nous apparaît ainsi comme très peu étendu, très morcelé, hors
de la région d'Erquelines; on ne le connaît ailleurs en Belgique que
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. VII
par les fossiles rencontrés dans les sondages profonds de Gand,
d'Ostende. Il y a en réalité entre ces deux Landeniens une différence
considérable, et le Landenien supérieur par sa faune se relie nette-
ment à l'Ypresien sans pouvoir en aucune manière être classé dans le
Thanétien. Il existe dans la Hesbaye, le Hainaut, le Cambrésis, etc.,
des sables blanchâtres épars sur la craie qui sont difficiles à classer;
le Service de la Carte géologique de France les a considérés autre-
fois tous comme Sparnaciens (elV), mais M. Gosselet les a redescendus
dans le Thanétien (e V) comme prolongement des sables de Bracheux ;
nous pensons que les deux formations coexistent comme à Erquelines,
à Vertain, etc., et qu'il y a lieu d'examiner chaque cas en particulier.
Ypresien. — Dumont a divisé l'Ypresien en deux assises diffé-
rentes au point de vue minéralogique ; elles ont été réunies par le
Service de la Carte géologique. L'inférieur est l'argile compacte,
puissante d'Ypres, des Flandres, etc., qui est le prolongement strati-
graphique du London Clay. L'Ypresien supérieur ou sables à Nummu-
lites planulala est le prolongement des sables de Mons-en-Pévèle, des
géologues du Nord ; ce sont les sables de Cuise supérieurs du bassin
de Paris. La classification de ces terrains a occupé depuis cinquante
ans et plus tous les géologues du Nord, qui se demandaient comment
placer le London Glay dans la série parisienne. Plusieurs hypothèses
ont été proposées; nous allons les examiner rapidement. Hébert a
admis une double lacune, les sables de Guise comme manquant en
Angleterre et le London Glay avec l'argile d'Ypres comme manquant
dans le bassin de Paris. Mais depuis lors on a reconnu si souvent que
le même étage pouvait se présenter sous des faciès très différents,
que la critique des doubles lacunes a été facile et que cette manière
de voir a été abandonnée. Prestwich qui a pesé les arguments divers
pendant tant d'années est arrivé à la conclusion d'une seule lacune,
l'absence du London Glay dans le bassin de Paris ; il a assimilé les
sables de Bagshot à ceux de Mons-en-Pévèle, à l'Ypresien supérieur,
aux sables de Guise, en un vaste horizon homogène culminant. Meugy
et quelques autres ont pensé que l'argile des Flandres représentait
les Lignites du Soissonnais, s'appuyant sur les fossiles fournis par les
sondages d'Ostende et de Gand, mais cette opinion est nettement
contredite par la stratigraphie anglaise et l'examen réel des coupes
des forages; la faune des Lignites. est nettement au-dessous de la
masse argileuse d'Ypres. Finalement M. Gosselet est disposé à diviser
VIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
l'argile des Flandres en deux parties, Tune, à la base, correspondrait
aux Lignites du Soissonnais, tandis que l'autre, au sommet, passerait
au niveau des sables de Guise ; mais cette opinion n'est pas défen-
dable à nos yeux, l'argile ypresienne se présente avec une unité
qu'on ne pent méconnaître, de plus, elle repose en Angleterre sur les
lits graveleux d'Oldhaven, qui sont situés sur le prolongement de nos
sables de Sinceny, c'est-à-dire au sommet des Lignites du Soisson-
nais; Prestwich, dans ses derniers travaux (4888), a reconnu
comme évident l'assimilation de son « Basement bed » du London
Clay avec la série d'Oldhaven de M. Whitaker, et rien ne permet
d'attribuer au Sparnacien quelque partie que ce soit de l'argile ypre-
sienne, qui est en entier, stratigraphiquement, au-dessus.
Nous sommes conduits finalement après ces éliminations succes-
sives à considérer le London Clay comme correspondant aux sables
propres de Guise et cette manière de voir s'appuye sur des observa-
tions fort sérieuses, déjà anciennes; j'ai montré que l'argile des
Flandres dans certains points, et notamment à Roubaix, passait à des
lits sableux et se chargeait de Nummulites planulata. Nous avons vu
à Mons l'argile ypresienne coupée d'une multitude de lits de sable
fin; vers Morlanwelz et Levai nous l'avons vu passer à un tuffeau à
Leda Cometi et Nucula Briarti; d'autre part dans le bassin de Paris,
M. Munier-Chalmas a découvert à Mont-Saint-Martin des couches
argileuses à la base des sables de Guise renfermant une faune de
Crustacés et de Mollusques identiques à celle de l'argile des
Flandres. Nous pensons donc qu'il est possible d'établir correctement
aujourd'hui le parallélisme des sables de Guise inférieurs et moyens
et du London Glay, en acceptant pour les sables supérieurs de Guise,
dits sables de Visigneux (Watelet) à Turritella Solanderi (ancienne
Turritella édita), à Nummulites planulata , etc., l'attribution d'Ypre-
sien supérieur, et celle des sables de Bagshot comme l'a proposé
Prestwich.
La base graveleuse d'Oldhaven- Sinceny forme à la base un repère
inférieur aussi solide que l'horizon à Turritelles forme une couver-
ture évidente à la partie supérieure. Il n'y a d'ailleurs aucun incon-
vénient à considérer l'Ypresien comme une seule masse, ainsi que l'a
admis le Service belge.
Paniselien. — Nous avons vu rapidement le Paniseiien au Mont-
Panisel, près Mons; ce sont des sables glauconifères passant à des
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. IX
grès verdâtres parfois argileux. La Carte belge a subdivisé cet étage
en deux assises; le Paniselien inférieur, développé à Mons, renferme
une faune qui est celle de PYpresien supérieur à peine modifiée avec
Nummulites planulata et Turritella Solanderi; le Paniselien supé-
rieur est développé à Aeltre près Gand ; il était classé dans le Bruxel-
lien par Dumont ; c'est une assise bien fossilifère dont la faune offre
un remarquable passage entre les sables de Guise et le Calcaire gros-
sier. Le Nummulites planulata a disparu, N. lœvigata n'apparaît pas
encore, c'est quelque chose comme le sable d'Hérouval des environs
de Paris. M. Gosselet y rapporte une argile verdâtre dans la région
de Laon qui règne au sommet des sables de Cuise et que nous avons eu
l'occasion de discuter dans l'excursion de l'an dernier. Cet ensemble
de couches dites paniseliennes mérite- t-il le nom d'étage? N'est-ce
point encore une dépendance de l'Ypresien? Un véritable Ypresien
supérieur celui-là? Il y a bien des années que nous en avons la con-
viction et nous appelons l'attention de nos collègues de Belgique sur
l'opportunité de cette réforme.
M. G. Dollfus décrit ensuite en quelques lignes les étages de
l'Éocène moyen et supérieur : le Bruxellien et le Laekenien, le
Ledien. Il se demande, vu l'analogie frappante que présentent ces
dépôts, s'il n'y aurait pas lieu d'en proposer la réunion ; les lits gra-
veleux séparatifs, accompagnés de ravinements, qui ne présentent
aucune modification faunique importante ont-ils une valeur suffisante
pour nécessiter la fondation d'autant d'étages?
Le Wemmelien lui paraît représenter les sables moyens du bassin
de Paris et l'argile de Barton, en Angleterre, et l'Asschien, le cal-
caire de Ludes et les sables de Marines dans le bassin de Paris et les
dépôts d'Osborne, dans l'île de Wight.
L'auteur termine la partie de sa notice consacrée à l'Éocène par le
tableau suivant :
Concordance nouvelle des assises de VÉocène belge avec celles du bassin de Paris.
Ludien | Asschien? | Sables de Marines.
Bartonien | Wemmeljen | Sables de Beauchamps.
| Lutécien supérieur . | manque | Calcaire grossier supérieur.
J ( Ledien »
I T . ) T [ Calcaire grossier moyen.
f Lutécien inférieur. . ( Laekenien ) J
( Bruxellien | Calcaire grossier inférieur.
: SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
ÎPaniselien ( Argile de Laon-Hérouval.
Ypresien supérieur . . | Sables de Visigneux.
^ , i Sables d'Aizy-Mercin.
Ypresien inférieur . , { . ., ,„,
( Argile de Mont-Samt-Martm.
Sparnacien | Landenien supérieur . | Lignites du Soissonnais.
( Landenien inférieur. . )
Thanétien î Heersien i Sables de Bracheux '
Montien | Montien | Calcaire pisolithique.
Il n'y a pas lieu d'insister, nous semble-t-il, sur l'importance de
la notice de M. G. Dollfus au point de vue de l'Êocène inférieur
belge.
Pour mieux juger des opinions qu'il émet à son sujet, nous repro-
duisons ci-après la partie de la légende de la Carte géologique
comprenant les étages Heersien, Landenien, Ypresien et Panise-
lien.
Nous examinerons ensuite les idées émises par M. G. Dollfus
et nous résumerons les faits qui pourraient les confirmer ou les
infirmer.
Les subdivisions en étages sont basées sur :
1° La faune et la flore;
2° Sur les niveaux à gros éléments, graviers ou cailloux, formant
une limite stratigraphique ; les assises, sur les mêmes faits, mais
fortement atténués, ne formant plus que des lignes de démarcation
secondaires.
ÉTAGE PANISELIEN (P).
Assise supérieure (P2).
P2 Sable à Turritelles.
Sable argileux de Gand et d'Aeltre à Cardita planicosta.
Sable glauconif ère avec traces de gravier à la base.
Assise inférieure (PI).
Pin Argile grise plastique, sans glaucome, lagunaire ou polderienne.
Pld Sable avec plaquettes de grès lustré et grès divers, fossilifères vers le bas.
Pic Argiles ou argilites sableuses, glauconif ères, avec grès argileux fossilifères.
Vïb Sable glauconifère avec linéoles d'argile; parfois très fossilifère, avec grès
irréguliers et caverneux très rares.
Pla Gravier de base localisé. Marne blanche à Turritelles.
Plm Argile schistoïde, plastique, grise, très rarement glauconifère ou polde-
rienne.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XI
ÉTAGE YPRESIEN (Y).
Yd Sables à Nummulites planulaia avec grès, lentilles d'argile gris verdâtre
ou avec bancs d'argilite (Morlanwelz) et sables fins.
Yc Argile plastique ou sableuse et argilite (Morlanwelz).
Yb Sables graveleux, moyens, fins, argileux en montant.
Ya Lit de cailloux de silex roulés, noirs et plats.
ÉTAGE LANDEN1EN (L).
Assise supérieure (L2).
L2 Argile simple ou ligniteuse. Sables blancs avec lignites, bois silicifiés et
grès mamelonnés. Marne blanche.
Assise inférieure (Ll).
\jid Sable vert, fin, glauconifère.
Lie Grès argileux parfois très fossilifère. (Tufeau de Lincent et d'Angres).
Llô Sable grossier, noir, glauconifère, parfois argileux.
Lia Lit de silex corrodés et verdis.
ÉTAGE HEERSIEN (Hs).
Hsa* Sable fin, gris, glauconifère.
Hsc Marne blanche de Gelinden, à flore terrestre et à faune marine.
Hs£ Sable gris, glauconifère, marneux vers le haut, à Cyprina Morrisi.
Usa Gravier.
Chapitre I. — Étage heersien.
M. G. Dollfus est d'avis qu'il n'est pas possible d'y voir autre chose
qu'une dépendance du Landenien inférieur.
Le Heersien occupe une zone restreinte dans la partie orientale
du pays ; il ne paraît pas dépasser de beaucoup le méridien de Lou-
vain vers l'ouest. Jamais, jusqu'à présent, on n'a trouvé le moindre
vestige du Heersien dans la partie occidentale du pays où le Lande-
nien inférieur s'étend sur une surface très considérable. En effet,
on le retrouve presque partout dans le sous-sol de la moyenne et de
lf basse Belgique.
La faune du Heersien est marine, sa flore est terrestre, comme celle
du Rupelien inférieur (*). Nous avons constaté, en effet, qu'à Heyst-
(*) Société belge de Géologie et d'Hydrologie, t. XV. Procès-verbaux, p. 267
XII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
op-den-Berg les sables de cette assise, avec fossiles marins, conte-
naient de nombreux débris de végétaux, probablement flottés. Il
nous semble donc que la présence de ces débris végétaux n'est
d'aucune importance et peut se produire à tous les niveaux. On
en trouve également, mais plus rarement, dans le Bruxellien, le
Bolderien, etc.
Il nous paraît probable que la ligne de démarcation entre les
deux Étages est basée sur le niveau à gros éléments, celui des cail-
loux de silex verdis, indiqué dans la légende (Lia) comme base
de l'étage landenien. Or, nous sommes absolument convaincu que
les cailloux verdis ne forment pas la base de l'étage landenien,
mais les débris de la craie, partiellement ou totalement dénudée. Ce
ne sont pas proprement des cailloux de transport; la plupart d'entre
eux n'ont probablement fait qu'un voyage vertical, comme les gros
blocs de grès du Limbourg. Nous les considérons comme des cail-
loux de dénudation. Ils se trouvent à la base du Landenien lorsque
celui-ci repose sur la craie ou sur le Primaire, à la base du Heersien
dans les mêmes conditions. lisse trouveraient à la base du Pliocène,
si celui-ci reposait sur le Grétacique, comme en Angleterre.
Nous avons signalé le fait à la séance de la Société belge de Géo-
logie et d'Hydrologie du 16 avril 1901 ( l ). Nous disions à ce sujet :
« Les silex verdis, que l'on trouve généralement à la base du Lande-
nien inférieur, lorsque celui-ci repose directement sur la craie ou sur
le Primaire, se trouvent à Wamont à la base du Heersien; il en es
de même à Louvain ( 2 ) et à Gingelom. S'il est démontré que dans ce
cas, il n'y en a pas à la base du Landenien ( 3 ), il y aurait lieu de déter-
miner ce niveau caillouteux comme Prétertiaire, comme nous l'avons
fait déjà en 1894 (Séance du 3 février 1894, Société royale Malaco-
logique de Belgique, t. XXIX). En effet, il serait indépendant de
fi) T. XV, p. 191. Mémoires.
( 2 ) 0. van Ertborn, '• Note sur trois forages à Louvain et à Hougaerde » (Société
royale Malacologique de Belgique, t. XXIX, 1894. Mémoires). — Le fait avait déjà
été constaté auparavant. — Voir 0. Bihet, Note sur le puits artésien creusé aux
ateliers du Grand-Central belge à Louvain, dont la coupe fut dressée par M. Malaise.
— A Louvain, la marne lieersienne se trouve entre les cailloux verdis et l'argile
à psammites du Landenien. — La marne heersienne est fréquemment blanche,
parfois grise, parfois presque noire.
( 3 ) Nous n'avons jamais trouvé de cailloux à la base du Landenien, lorsque celui-ci
repose sur le Heersien.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XIII
l'étage tertiaire auquel il ne sert de base que lorsque celui-ci repose
sur la craie ou sur le Primaire. »
A cette même séance nous l'avons désigné comme Prétertiaire, dans
les coupes des sondages suivants :
1° Brasserie Van den Ileuvel, chaussée de Ninove (Molenbeek-
Hruxelles) ;
2° Usine Peeters, rue de la Petite-Ile (Cureghem-Bruxelles);
3° Fonderie Martin, rue Ulens (Molenbeek-Bruxelles).
En ce dernier point la couche de cailloux verdis a présenté une
récurrence, comme nous en avions déjà constaté une à la base du
Rupelien inférieur sur le territoire de la planchette de Lubbeek ( ! ).
Le Heersien et le Landenien n'auraient donc pas de base stratigra-
phique qui leur serait propre, sauf peut-être le Heersien; malheu-
reusement il n'y a qu'un seul point connu, c'est Gors-op-Leeuw.
(Limbourg) où notre sondage a percé :
Marne blanche ' . 25 m 50
Heersien . . . . \ Sable argileux, glauconifère, noirâtre . . . . . l m 00
Cailloux roulés (*) m 50
Marne blanche avec couches de calcaire friable (trois
Infrà- heersien ? { bancs de 42, 30 et 35 centimètres).
Sable blanc grossier. 18 m 50
Calcaire jaunâtre grossier fossilifère avec silex (non
Maestrichtien.
( perce) 15 m 00
Cette formation énigmatique, dont les affleurements sont inconnus,
n'a plus été rencontrée depuis ; nous l'avions désigné sous le nom
d'Infra-Heersien ! Serait-ce l'équivalent du Montien? Rien ne le
prouve.
Comme conclusion de cet article, il nous semble que, pour la nou-
velle édition de la Carte géologique, il y aura lieu d'examiner si, aux
points de vue paléontologique et stratigraphique, il faut maintenir le
Heersien comme étage indépendant ou bien le ranger à la partie infé-
rieure du Landenien, comme le pense M. G. Dollfus et comme l'avait
déjà dit M. Gosselet, il y a longtemps, si notre mémoire est fidèle.
Dans l'état actuel de nos connaissances, il paraîtrait que la der-
(*) P. Cogels et 0. van Ertborn, Texte explicatif du levé géologique de la
planchette de Lubbeek, 1881, p. 27.
( 2 ) Atteints et retirés en notre présence.
XIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
nière opinion doive prévaloir. Pour le moment au moins le Heersien,
comme étage, se trouve en assez fâcheuse posture.
Chapitre II. — Étage landenien.
La question des silex verdis ayant été traitée dans l'article précé-
dent, il ne noIls ont fait défaut aux sondages :
a) Verlinden frères (premier puits) ( x ) ;
b) Bataille et Dessel.
Remarquons à ce sujet que des dépôts de l'espèce peuvent, quoique
continus, présenter des vides suffisants pour permettre le passage
d'un outil de sondage.
Ë. Del vaux indique encore le niveau caillouteux de la base de
l'Ypresien en plusieurs autres points, soient :
1° A Biest et à Malhaise ( 2 );
2° A la brasserie Van Langenhove à Flobecq f) ; en ce point il n'y
avait qu'un caillou de silex mêlé à du sable glauconifère à gros
grains de quartz;
3° A Beaureux, hameau d'Arc- Anières ( 4 ) au sondage de la bras-
serie Boucart.
Enfin, M. A. Rutot signale de nombreux cailloux de silex noir à
la base de l'Ypresien au sondage de la brasserie Degand à Dottignies-
Saint- Léger ( 5 ).
Au sondage du Royal Palace Hôtel, à Ostende ( 6 ), nous avons
recueilli à la base de l'Ypresien une quarantaine de cailloux, du poids
(*j É, Delvaux, •♦ Les puits artésiens de la Flandre » [Annales de la Société
Géologique de Belgique, t. XV, 1888. Mémoires).
( 2 ) Hameaux dépendants de Renaix. — E. Delvaux, » Les puits artésiens de la
Flandre », add. [Annales de la Société Géologique de Belgique, t. XI, 1884.
Mémoires;.
( 3 ) E. Delvaux, « Documents, etc. » (Annales de la Société Géologique de
Belgique, t. XII, 1885. Mémoires).
(f) E. Delvaux, « Les puits artésiens du Hainaut occidental » [Annales de la
Société Géologique de Belgique, t. XVIII, 1891. Mémoires).
( î; ) Société belge de Géologie et d' Hydrologie de Belgique, t. III, 1889. Mémoires,
pp. 73 à 81.
( Société belge de Géologie et d'Hydrologie, t. XV.
/
XXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
de 1 à 18 grammes. La plupart d'entre eux portent des taches blan-
châtres d'altération. Ils se trouvaient, comme nous l'avons déjà dit,
sur 20 centimètres de hauteur mêlés à du sable grisâtre remanié de
la couche sous-jacente.
Enfin, au sondage ( l ) de MM. Moens frères, à Alost, nous en
avons trouvé plus de cent, dont quelques-uns de silex du poids de
3 à 40 grammes, la majeure partie de quartzite du poids moyen
de 3 grammes, enfin quelques-uns de quartz, tous moins roulés que
les silex et probablement d'origine peu éloignée.
La couche à gros éléments, base de FYpresien, a donc été reconnue
aux endroits suivants :
Ostende 2 fois
Renaix et hameaux . . . ... 7 —
Amougies 1 —
Flobecq . 1 —
Beaureux Arc-Asnières 1 —
Dottignies-Saint-Léger 1 —
Alost ..... 1 —
44 fois
On peut considérer comme certain que les cailloux, base de
l'étage ypresien, furent rencontrés bien plus souvent, mais personne
n'ignore que beaucoup de sondages ne sont pas suivis scientifique-
ment; que souvent les échantillons ne sont pas conservés ou se
perdent. Il est aussi des forages, exécutés sur des diamètres très
réduits et l'outil foreur peut passer entre les cailloux, tout en les écar-
tant. Il ne serait pas difficile de dresser une longue liste de sondages
dont les résultats furent nuls ou presque nuls pour la science.
Le grand banc d'argile ypresienne repose généralement directe-
ment sur le sable L\d ou sur la base à gros éléments. Il est remar-
quable par son homogénéité ; il est fort rare d'y trouver des couches
sableuses intercalées, La plus remarquable est celle qui se trouve à
Alost entre les cotes —27.3 et — 28.3. Il avait déjà été signalé
par notre confrère et ami le D r Raeymaekers ( 2 ), mais comme il n'y
avait pas observation directe, on pouvait en douter.
(*) Non encore publié.
( 2 ) Annales de la Société Géologique de Belgique, t. XXV bis , p. 62.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XXIII
Nous l'avons retrouvé au sondage de MM. Moens frères, à Alost,
en 1902; son existence est donc bien établie. Le fait est d'autant
plus remarquable qu'il renferme une faible source jaillissante, ce qui
implique, vu l'inclinaison bien connue des couches, un affleurement
à plusieurs kilomètres au sud d'Alost. Le dépôt sableux n'est donc
pas local, formant lentille, mais continu, sur une étendue relative-
ment considérable.
Le Service de la Carte géologique a réuni en une seule masse tout
l'étage ypresien; en cela il a eu parfaitement raison, il n'y a aucune
ligne de démarcation entre les deux assises admises jadis, mais on
peut se demander, pour quel motif il a rangé le sable à Nummulites
planulata au sommet de l'étage, alors que peu plus haut dans la
série éocène, un autre sable, également pétri de Nummulites, figure
comme base de l'étage asschien. Il y a là, nous semble-t-il, contra-
diction flagrante et, pour être conséquent, il aurait fallu ranger le
sable à Nummulites planulata à la base de l'étage paniselien.
Chapitre IV. — Étage paniselien.
M. G. Dollfus pose au sujet de cet étage plusieurs questions ; après
avoir fait remarquer que le Paniselien inférieur développé à Mons ren-
ferme une faune qui est celle de l 'Ypresien supérieur à peine modi-
fiée avec Nummulites planulata et Turritella Solanderi, il demande
si l'ensemble des couches dites paniseliennes mérite le nom d'étage.
N'est-ce point encore une dépendance de l'Ypresien? Un véritable
Ypresien supérieur ? Il y a bien des années, ajoute notre savant
confrère, que nous en avons la conviction.
Nous avons demandé à la fin de l'article consacré à l'Ypresien pour
quels motifs on avait rangé à la partie supérieure de l'étage ypresien
le sable à Nummulites planulata, alors que ce Foraminifère si carac-
téristique se retrouve plus haut dans les couches paniseliennes —
on aurait eu au moins une limite paléontologiquebienreconnaissable,
tandis que le gravier de base localisé, dans les environs de Renaix,
fait défaut presque partout. Il s'ensuit que lorsque celui-ci manque
le Paniselien et l'Ypresien constituent une seule masse où toute limite
stratigraphique fait défaut. Le sable à Nummulites, de même que la
bande noire, base de F Asschien , est discontinu; le sable parfois aussi
n'est pas fossilifère; il règne alors une incertitude absolue, sur la
limite des deux étages.
XXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
M. G. Dollfus nous dit que les différences fauniques ne justifient
pas la création d'un nouvel étage ; il nous semble que le gravier
de base localisé n'est pas plus probant au point de vue stratigra-
phique.
Enfin la Légende indique comme niveau séparatif des deux assises
paniseliennes un sable glauconifère avec traces de gravier à la base.
S'il fallait tenir compte de tous les graviers locaux, on pourrait
multiplier les étages et les assises à l'infini.
A Anvers, les sables bolderiens à Panopées et à Pétoncles sont
séparés par un sable glauconifère souvent criblé, non pas de gravier,
mais de petits cailloux et personne n'a jamais songé à leur assigner
une importance stratigraphique quelconque. Ces traces de gravier se
réduisent donc à quelques grains de quartz plus gros et l'on peut se
demander s'ils ont une valeur stratigraphique, même pour limiter
une assise.
A Malines, au sondage de la Brasserie de la Dyle ( l ) en 1878,
nous avons percé le sable à Nummulites planulata. En ce point, il
se trouve entre les cotes — 80 et — 84 et à l'Arsenal du chemin de
fer à la cote — 85 ( 2 ). A la Brasserie de la Dyle, dont la coupe est
digne de toute confiance, le Paniselien est représenté par :
Argile grise. ...... 5 mètres
Sable argileux ...... 3 —
Sable ......... 1 —
Argile grise. ...... 20 —
29 mètres
Son identité est établie par la base du Laekenien à IV. lœvigata
roulées qui le recouvre et par le sable à IV. planulata sur lequel il
repose.
Son toit se trouve à la cote — 51 et sa base à la cote — 80.
A Aertselaer, la base du Laekenien se trouve à la cote — 1 12 et à
Anvers-Arsenal à — 200, niveau dont il résulte une pente kilométrique
moyenne vers le nord de 6 kilomètres. En admettant que le Panise-
lien s'épaississe vers le nord et que le sable à IV. planulata s'infléchisse
de 7 m 50 par kilomètre, on aurait dû le trouver à Aertselaer entre
f 1 ) Annales de- la Société Géologique de Belgique, t. VI, p.
(2) Ibid., t. XXVIIT, p. 166. Mémoires.
BULLETINS DES SÉANCES. < — ANNÉE 1903. XXV
les cotes — 175 et — 180; or, le sondage a atteint la cote — 233
après avoir traversé dans sa partie inférieure, 121 mètres d'alter-
nances variables d'argile. Pas de traces de fossiles. Une seule masse
formée par le Paniselien et VYpresien.
A Termonde, en 1890, nous avons foré un puits dans la Caserne
n° 3. Ce sondage a atteint à 51 mètres, une couche sableuse de
50 centimètres et percé ensuite une trentaine de mètres d'argiles
diverses. En 1898, un forage exécuté au Dépôt militaire, rue de
Malines, dans la même ville, a atteint la même couche de sable,
épaisse de 75 centimètres, à 47 m 50 de profondeur, reposant sur les
mêmes argiles. Quoique ayant surveillé les travaux avec le plus
grand soin, nous ne pûmes trouver de fossiles à ce niveau. Feu Del-
vaux plaçait ce sablé^au sommet de l'Ypresien et les 18 mètres de
sable et d'argiles diverses, qui le sépare de la base du Laekenien,
dans le Paniselien. Ce sable serait donc le sable à N. planulata. Mais
rien ne le prouve. Il règne donc une grande incertitude sur l'âge des
couches argileuses atteintes à Termonde, à Hamme, à Breendonck,
à Hoboken, à Aertselaer et à Anvers en dessous de la base du Lae-
kenien.
Cette difficulté ne règne pas seulement dans les grandes profon-
deurs. M. Rutot Ç) nous dit, en effet, qu' « aux environs de Pitthem,
par exemple, il a pu, par sondages, observer des contacts directs de
l'argile base du Paniselien sur l'argile ypresienne Yc.
« Au premier abord, l'observation était assez déroutante, mais
au bout de quelques sondages on pouvait préciser le contact
des deux argiles; l'argile paniselienne est grise assez pâle, très
plastique, grasse; l'argile ypresienne est gris foncé, finement
sableuse. »
Une limite d'étages basée sur des données aussi vagues, aussi peu
probantes, nous paraît bien problématique, d'autant plus que les
sondages profonds ont révélé de nombreuses alternances d'argiles
diverses; rien ne prouve donc qu'on a toujours à faire au même
niveau.
Nous en arrivons donc forcément comme conclusion à dire que le
Paniselien, tant au point de vue paléontologique qu'au point de vue
stratigraphique, n'est pas assez distinct de l'Ypresien pour en faire un
( 1 ) A. Rutot, « Constitution de l'Étage paniselien dans la Flandre occidentale »
(Société belge de Géologie et oV Hydrologie, t. IV, 1890).
XXYI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
étage et que l'opinion de M. G. Dollfus est basée sur de sérieux
arguments.
Comme conclusion générale de cette notice, nous avons l'honneur
de soumettre aux géologues le projet suivant d'échelle stratigraphique
de l'Éocène inférieur en Belgique. Nous sommes sur la plupart des
points en parfaite conformité d'idées avec M. G. Dollfus.
Remarquons que, comme nous l'avons fait dans la coupe du puits
artésien du Royal Palace Hôtel d'Ostende, M. G. Dollfus a, dans la
coupe de la page 5 de sa notice, déterminé les couches à faune
sparnacienne :
Landenien supérieur (Sparnacien).
Nous proposons de supprimer pour ces couches la déterminât^ n
de Landenien supérieur; de laisser les dépôts lagunaires de la région
orientale dans le Landenien inférieur, jusqu'à preuves paléonto lo-
giques et stratigraphiques péremptoires. On sera ainsi conséquent
avec la partie supérieure de la Légende tertiaire, qui n'a même
établi aucune distinction entre les dépôts lagunaires diestiens et les
couches marines de cet étaffe.
o
Projet d'échelle stratigraphique de l'Éocène inférieur en Belgique.
Assise paniselienne.
Étage ypresien . { Assise ypresienne.
Cailloux (de transport).
Sables et argiles divers avec lignites et grès, fossiles sparna-
ciens.
(région occidentale. / ~, .,, ,-, \
v \ Cailloux (de transport).
! Assise lagunaire (région orientale), passage insensible à :
Assise marine.
Assise neersienne.
Cailloux, silex verdis (de dénudation).
Etage montien . . . |
Chapitre V. — Éocène moyen et Éocène supérieur.
Nous ne dirons que quelques mots de l'Éocène moyen et de l'Éocène
supérieur.
La fin de la sédimentation paniselo-ypresienne est caractérisée par
le retrait de la mer, qui n'occupe plus que la partie orientale du
pays pendant le dépôt des sables bruxelliens.
Etage sparnacien
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XXVII
La zone d'extension de l'étage bruxellien est limitée du côté de
l'ouest par la vallée de la Senne et dans la direction du nord, par
une ligne dirigée du sud-ouest au nord-est, passant entre Vilvorde
et Malines (*). Partout au nord- ouest de cette ligne, le Laekenien
repose sur l'Éocène inférieur, représenté par le paniselo-ypresien.
A Westerloo, situé à l'est de cette ligne, l'étage bruxellien a été
retrouvé en grande profondeur ( 2 ). Du côté de la vallée de la Senne,
l'étage bruxellien présente une particularité remarquable. L'assise
paniselienne couronne les hauteurs de la rive gauche de la vallée
de la Senne; sur la rive droite, elle a complètement disparu et le
Bruxellien repose directement sur l'assise ypresienne et ne dépasse
pas la vallée vers l'ouest ( 3 ). Il en résulte une juxtaposition appa-
rente des deux formations et, quoique d'âge différent, l'une paraît
être le prolongement de l'autre. Cette particularité a fait croire à
une faille, suivant la vallée de la Senne et ayant occasionné le sou-
lèvement de toute la région occidentale lors du retrait de la mer vers
l'est.
Aucun fait ne vient à l'appui de cette hypothèse que nous avons
combattu il y a longtemps ( 4 ). Tous les forages que nous avons eu
l'occasion d'exécuter depuis n'ont fait que confirmer notre manière de
voir à ce sujet.
La base de l'Ypresien et les terrains sous-jacents ne révèlent
aucune dénivellation; il y a bien entre Forest et la gare du Nord à
Bruxelles, un petit anticlinal, bien minuscule, qui déjà dans la
partie nord de la ville n'a plus laissé de traces. Nier d'une manière
absolue l'existence de la faille serait chose téméraire; celle-ci à la
rigueur pourrait exister, mais dans des conditions* si peu sensibles
qu'elle n'affecterait en rien l'allure générale des couches qui dans le
sous-sol de l'agglomération bruxelloise reposent sur le Cambrien.
Nous avons déjà signalé d'autres juxtapositions de l'espèce ( 5 ); ce qui
( 1 ) Bulletin de la Société belge de Géologie, t. XV, p. 257. Mémoires.
( 2 j G. Velge et 0. van Ertborn, « Le puits artésien de Westerloo » [Annales
de la Société Géologique de Belgique, t. XXVI Mémoires).
( 3 ) La Carte géologique au 40,000 e indique un petit lambeau de Bruxellien, sur
la rive gauche, à la hauteur de la station de Haeren. Feuille de Bruxelles-Saventhem.
( 4 ) P. Cogels et O. van Ertborn, « Sur la Constitution géologique de la vallée
de la Senne » [Annales de la Société Géologique de Belgique, 1882, t. IX. Mémoires,
p. 69.)
( s ) Bulletin de la Société belge de Géologie, t. XV, p. 256. Mémoires.
XXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
est remarquable pour celle du Paniselien et du Bruxellien, c'est
qu'elle coïncide avec la vallée de la Senne.
Nous croyons avoir trouvé l'explication de ces singuliers phéno-
mènes : pour ce qui concerne le Paniselien sur la rive droite de la
Senne, il y a lieu de croire qu'il a été dénudé par la mer bruxel-
lienne, absolument comme le fut plus tard la partie supérieure du
Bruxellien avec Nummulites lœvigaia in situ, niveau qui jusqu'à ce
jour n'a été retrouvé nulle part. L'Ypresien lui-même fut entamé par
les érosions bruxelliennes, comme le prouvent les Crabes fossiles de
Galevoet, que nous avons trouvés in situ au sondage d'Uccle, dans
l'Ypresien. Les sédiments bruxelliens auraient donc remplacé com-
plètement ceux d'âge paniselien disparus.
Comme puissance, le Bruxellien paraît être de deuxième ordre,
car son épaisseur ne paraît pas dépasser 50 mètres, tandis que celle
de l'Ypresien atteint plus de 100 mètres et celle, constatée de
l'Asschien, 63 mètres. Il ne serait pas étonnant que la puissance de
celui-ci au nord d'Anvers n'atteigne celle de l'Ypresien.
Le Laekenien et son fidèle compagnon le Ledien paraissent ne pas
avoir plus de 25 mètres chacun. Leur zone d'extension est fort diffé-
rente de celle du Bruxellien et la mer paraît avoir repris possession
de son ancien domaine dans la région occidentale. du pays, pendant
la sédimentation des étages laekenien et ledien.
La base du premier, à Nummulites lœvigata roulées, est l'une des
plus persistantes que nous connaissions ; nous l'avons rencontrée à
Westerloo à 472 mètres de profondeur et en beaucoup d'autres
points dans les mêmes conditions. Évidemment, les couches n'occu-
paient pas leurs niveaux actuels; l'action dénudatrice s'est donc
produite sur une surface considérable avec une régularité des plus
étonnantes.
L'étage wemmelien est le moins important de tous; sa puissance
n'est que de quelques mètres. Sa base était bien reconnaissabie à
Westerloo à 4 42 mètres de profondeur. Entre Boitsfort-Trois-Til-
leuls et la région située plus au nord, l'étage présente quelques
obscurités, qui demandent à être éclaircies.
L' échelle stratigraphique fait de la bande noire f 1 ) la base de l'étage
asschien. Nous avons eu l'occasion d'en parler précédemment au sujet
du sable à Nummulites planulata. Nous n'y reviendrons plus.
[*) Sable très glauconifère à Nummulites (Operculina) Orbignyi.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XXIX
M. G. Dollfus se demande s'il y avait lieu de créer tant d'étages
et si ces nombreux niveaux graveleux (*),. accompagnés de ravine-
ments, justifient des divisions aussi accentuées, alors que les diffé-
rences fauniques sont aussi peu sensibles. Notre confrère et ami,
M. G. Velge, qui depuis tant d'années étudie les couches d'âge
éocène et qui est l'unique auteur de la coupe si minutieusement
étudiée et décrite du sondage de Westerloo, n'a maintenu dans cette
coupe que trois étages : le Wemmelien, le Laekenien et le Bruxellien;
les dépôts asschiens taisant partie du Wemmelien et les couches
lediennes du Laekenien.
Quant à nous, nous ne sommes pas compétent pour trancher la
question. Jusqu'à ce jour, nous n'avons jamais trouvé de fossiles dans
l'argile grise asschienne ; en grandes profondeurs, elle est plus dure,
plus tenace, plus plastique que l'argile rupelienne et beaucoup plus
que l'argile ypresienne.
Les fossiles sont rares, même très rares dans cette dernière,
moins dans l'argile rupelienne. Nous avons percé vingt-trois fois
L'argile asschienne et toutes nos recherches sont restées stériles.
Il ne faut cependant pas désespérer; on se rappellera le temps qu'il
fallut avant de trouver le Pecten stettinensis ', qui fixa définitive-
ment dans la province d'Anvers l'âge du sable sous-jacent à l'argile
rupelienne. Cette découverte tardive de fossiles fut suivie de près
par beaucoup d'autres, en différents points, dans cette même couche
sableuse.
La séance est levée à G heures.
Assemblée générale du 8 février.
Présidence de M. Lameere.
La séance est ouverte à 3 heures.
Le procès-verbal de l'assemblée générale du 9 février 1902 est
adopté sans observations.
') Que l'on ne perde pas de vue que ces niveaux graveleux sont fort persistants.
XXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Discours du Président
SUR L'ÉVOLUTION DES MOLLUSQUES.
Messieurs,
Arrivés au terme de la quarantième année d'existence de notre
Société, qu'il nous soit permis de jeter un regard en arrière : lais-
sons s'effacer les incidents éphémères de la route accomplie pour
envisager de haut les progrès faits dans le domaine de la science des
Mollusques.
Il n'y a peut-être pas de groupe du règne animal, on a exprimé
cette opinion à diverses reprises, pour lequel l'avancement des con-
naissances ait été aussi grand et aussi fécond ; nous sommes d'autant
plus en droit de nous en réjouir que c'est l'un des nôtres, notre
collègue Paul Pelseneer, qui a, pour une grande part, contribué à
cet essor, qui a été le pionnier de bien des découvertes, qui est notre
guide le plus sûr.
En 1863, lorsque Colbeau fonda la Société Malacologique de
Belgique, l'acquit de la science était synthétisé par la classification de
Henri Milne-Edwards.
L'embranchement des Mollusques comprenait deux sous-embran-
chements : les Mollusques proprement dits et les Moiiuscoïdes.
Ce groupe des Moiiuscoïdes était une création du savant français
qui l'avait constitué des Tuniciers et des Bryozoaires.
Les Tuniciers avaient été considérés par Cuvier comme faisant
partie des Acéphales; en les séparant radicalement de ces derniers,
Milne-Edwards se montra bon prophète, puisque l'embryologie devait
démontrer plus tard avec Kowalewsky que ces animaux sont absolu-
ment sans aucun rapport avec les Mollusques et qu'ils doivent faire
partie, comme les Vertébrés et l'Amphioxus, de l'embranchement des
Chordozoaires.
Quant aux Bryozoaires, il y avait lieu en effet de les détacher des
Polypes avec lesquels Cuvier les avait confondus, mais les rapprocher
des Tuniciers et surtout les incorporer aux Mollusques était une idée
malheureuse.
Abstraction faite des Moiiuscoïdes, les Mollusques, tels que les
concevait Milne-Edwards, ne constituaient cependant pas encore une
unité systématique pure : ils ne comprenaient plus, il est vrai, les
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XXXI
Cirrhopodes de Guvier que l'embryologie avait prouvé être des
Crustacés, mais dans leurs rangs faisaient encore tache les Brachio-
podes. Ceux-ci, qu'une ressemblance toute superficielle tendait à
réunir aux Lamellibranches, ne furent distraits de l'embranchement
des Mollusques, toujours grâce à l'embryologie, qu'assez tard. Claus
les rapprocha avec raison des Bryozoaires, et depuis lors ils ont figuré
avec ceux-ci dans les classifications, tantôt parmi les Vers, tantôt
comme formant un embranchement pour lequel on a conservé le nom
de Molluscoïdes. Mais le dernier mot est loin d'être dit sur la signi-
fication de ces remarquables organismes; depuis plusieurs années
j'enseigne que les Chétognathes, les Brachiopodes, les Bryozoaires,
les Phoronidiens, les Ptérobranches et les Entéropneustes forment
une gradation descendante se rattachant aux Échinodermes : je
compte le démontrer ultérieurement.
Avec Claus, nous voyons donc pour la première fois, sans compro-
mission aucune, figurer dans une classification générale du règne
animal l'unité désormais indissoluble des Mollusques. C'est là un
premier progrès essentiel.
Les organismes que nous considérons aujourd'hui comme étant des
Mollusques véritables, Milne-Edwards, avec Cuvier, les groupait en
quatre classes, celles des Céphalopodes, des Ptéropodes, des Gasté-
ropodes et des Acéphales.
Deux classes ont été ajoutées depuis à ce système, mais par contre
la classe des Ptéropodes a été supprimée.
On doit à Bronn d'avoir constitué une classe spéciale, celle des
Scaphopodes, avec le genre Dentalium que Cuvier avait laissé près
des Serpules et que de Blainville avait réuni aux Gastéropodes. Le
travail célèbre de Lacaze-Duthiers sur l'anatomie du Dentale vint
consacrer définitivement la légitimité de l'importance accordée à cet
animal.
von Ihering a opéré la réunion des Oscabrions avec les genres
Chœtoderma et Neomenia en une classe des Amphineures, universelle-
ment adoptée.
Les Oscabrions, formant le genre Chiton de Linné, avaient éié
confondus avec les Gastéropodes; seul de Blainville les en avait
retirés pour en faire un groupe des Polyplacophores qu'il avait réuni
aux Cirripèdes comme transition entre les Mollusques et les Articulés.
Personne ne l'avait suivi dans cette voie, et les Oscabrions avaient
continué à figurer à côté des Patelles dans l'ordre des Cyclobranches.
XXXII SOCIÉTÉ ROYALE MALAC0L0G1QUE DE BELGIQUE.
Quant aux genres Chœtoderma et Neomenia y dont von Ihering
constituait l'ordre des Aplacophores, ils avaient été considérés comme
des Vers du groupe des Géphyriens par Tullberg. et Lovén qui les
avaient découverts.
La suppression de la classe des Ptéropodes est due à Pelseneer qui
a montré, sans qu'un seul fait ait pu être opposé à son argumenta-
tion, que les Ptéropodes ne sont que des Opisthobranches pélagiques,
le groupe devant même être cassé, les Thécosomes étant des Bul-
léens, tandis que les Gymnosomes se rattachent aux Aplysiens.
La classification générale actuelle, telle qu'elle est exposée par
Pelseneer dans cette précieuse Introduction à l'étude des Mollusques
publiée par notre Société, comporte donc cinq classes, les Amphi-
neures, les Gastropodes, les Scaphopodes, les Lamellibranches et les
Céphalopodes. Ce sont là cinq groupements admirablement circon-
scrits et que nous pouvons considérer comme définitifs. Notons ce
deuxième progrès essentiel dans la Malacologie.
Que de changements aussi, que de perfectionnements dans la clas-
sification particulière des classes, et principalement de celles des
Gastropodes et des Lamellibranches!
Les Gastropodes furent longtemps répartis en quatre ordres :
J° les Prosobranches qui réunissaient les anciens ordres des Pectini-
branches, des Tubulibranches, des Scutibranches et des Cyclo-
branches; 2° les Hétéropodes; 3° les Opislhobranches, comprenant
les Inférobranches, les Tectibranches et les Nudibranches de Cuvier;
4° les Pulmonés.
Les Hétéropodes ont été supprimés en tant qu'ordre distinct des
Prosobranches, et ils sont allés rejoindre dans la classification les
Tœnioglosses dont ils sont les formes pélagiques, comme les Ptéro-
podes ne sont que les formes pélagiques des Opisthobranches.
La répartition des Prosobranches en groupes naturels a été long-
temps hésitante : les divers auteurs avaient eu le plus souvent le
tort de baser leur classification sur une seule particularité de l'orga-
nisme, ce qui amenait des groupements hétérogènes; Cuvier et
Milne-Edwards mettaient au premier rang la constitution de la
branchie, Troschel et Lovén la structure de la radula, von Ihering
la disposition du système nerveux, Môrch, Perrier et Bouvier les
caractères offerts par le cœur et par les reins. En confrontant
l'ensemble de l'organisation de ces Mollusques, Pelseneer est arrivé
à en donner une classification très heureuse, divisant la sous-classe
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XXXIII
des Prosobranches en l'ordre des Aspidobranches avec deux sous-
ordres, les Docoglosses et, les Rhipidoglosses, et l'ordre des Gténo-
branches avec deux sous- ordres également, les Tsenioglosses et les
Sténoglosses.
Les Opisthobranches ont été réunis aux Pulrnonés par Spengel sous
la dénomination d'Euthyneures que l'on a opposée à celle de Strepto-
neures donnée aux Prosobranches par Ray Lankester.
La sous-classe des Euthyneures comprend donc deux ordres, celui
des Opisthobranches avec deux sous-ordres, les Tectibranches (aux-
quels ont été réunis les Inférobranches) et les Nudibranches, et
l'ordre des Pulrnonés, également avec deux sous-ordres, les Basom-
matophores et les Stylommatophores.
Il y a une dizaine d'années, le gâchis était encore plus grand dans
la classe des Lamellibranches qu'il ne l'avait jamais été parmi les
Gastropodes. Des essais de tout genre avaient été tentés pour répartir
les Acéphales, d'après les caractères les plus divers, par les natura-
listes les plus compétents, mais rien de satisfaisant n'avait été obtenu.
C'est Ray Lankester qui eut le premier l'intuition quelle « Leit-
motiv » de la classification des Pélécypodes se trouvait dans la
structure des branchies.
Pelseneer marcha dans cette voie et le système des Lamellibranches
sortit enfin du chaos : notre savant collègue répartit ces Mollusques
en cinq ordres, les Protobranchiés, les Filibranchiés, les Pseudo-
lamellibranchiés, les Eulamellibranchiés et les Septibranchiés. J'ai
réuni, dans mon Manuel de la Faune de Belgique, les ordres des
Filibranchiés et des Pseudolamellibranchiés, sous la dénomination de
Mésobranchiés, parce que, de l'aveu de Pelseneer lui-même, il y a
parmi les Pseudolamellibranchiés des formes, les Pectinidse, qui se
rattachent aux Filibranchiés du groupe des Arcacés, tandis que
les Aviculidse et les Ostreidae proviennent d'autres Filibranchiés, des
Mytilacés ; les Pseudolamellibranchiés ne constituent pas un groupe
monophylétique et dès lors ce groupe ne peut subsister dans la clas-
sification. Je suis aussi d'avis qu'il y a lieu de réunir les Septibran-
chiés aux Eulamellibranchiés sous le nom de Métabranchiés, car en
séparant les Lamellibranches sans branchies de leurs ancêtres, les
Eulamellibranchiés, on perd la notion de leur parenté, et la classifi-
cation doit, non plus comme jadis répartir les organismes commodé-
ment, pour nous en faciliter l'étude, mais nous représenter leur
généalogie.
t. xxxviii, 1903 3
Mars 1903.
XXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
La classe des Lamellibranches comprend donc trois ordres, les
Protobranchiés, les Mésobranchiés et les Métabranchiés, ceux-ci avec
deux sous-ordres, les Eulamellibranchiés et les Septibranchiés.
Ainsi, à côté de la délimitation stricte de l'embranchement, à côté
de sa répartition définitive en cinq classes, une classification natu-
relle des classes en ordres et en sous-ordres remplaçant les anciens
errements, est venue constituer un troisième progrès cardinal dans la
science des Mollusques.
Un pareil bouleversement, des transformations aussi essentielles
de nos vues sur les points les plus importants, ne se sont pas pro-
duits évidemment sans une accumulation extraordinaire de données
relatives aux détails des familles, des genres et des espèces; prodi-
gieuse est en réalité la somme des faits nouveaux que de nombreux
savants ont découverts, discutés, controuvés ou définitivement con-
firmés; ces progrès énormes, cet enthousiasme pour l'étude des
Poulpes, des Escargots et des Moules sont dus à des causes diverses.
D'abord les naturalistes, marchant sur les traces de P. J. Van
Beneden, ont fini par s'apercevoir que les beaux coquillages si variés
de forme, de teinte et d'éclat, mais au fond presque toujours les
mêmes dans leurs caractères essentiels, renferment des animaux
extrêmement polymorphes et infiniment instables dans leur anatomie.
Le Mollusque offre un violent contraste sous ce rapport avec l'Arthro-
pode : ce dernier ne sort pas de la boîte qui lui sert de squelette, et
les influences qui lui viennent du monde extérieur s'arrêtent, en
général, à sa carapace qui en reçoit l'empreinte et se^modèle de
mille manières; son anatomie interne est, au contraire, relativement
1res peu variée : l'Arthropode est très en dehors, s'il m'est permis de
m'exprimer ainsi, tandis que le Mollusque est très en dedans. Le
xMollusque sort de sa maison de pierre et l'extrême malléabilité de
son corps permet la répercussion des variations du milieu ambiant
jusqu'aux organes profonds. Son anatomie est pétrie par les circon-
stances et elle se modifie sans cesse avec une souplesse étonnante.
Un vaste champ d'études était ouvert aux chercheurs; ils l'exploi-
tèrent avec d'autant plus de succès que la méthode des coupes, venant
contrôler les dissections délicates, souvent pénibles et aléatoires, se
trouva merveilleusement adaptée à ce genre d'investigations.
Mais il fallait, dans le dédale des faits découverts, une discipline
qui permît de les apprécier à leur juste valeur et de les utiliser pour
une synthèse appuyée sur des bases scientifiques : c'est la théorie de
Il
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XXXV
l'évolution qui fut ce fil conducteur des naturalistes, et c'est elle qui
a été la cause essentielle des incomparables progrès de la Malacologie.
Dans aucun autre groupe d'organismes, la théorie de l'évolution n'a
opéré autant de miracles que pour la classification des Mollusques.
D'inextricables difficultés se présentaient au début : on ne pouvait
compter sur les fossiles, car les innombrables coquilles cataloguées
par les paléontologues sont muettes sur la structure anatomique de
l'animal et sont inutilisables; on ignorait l'origine du groupe et
l'on hésitait sur la question de savoir si tel ou tel caractère dénotait
de l'infériorité ou de la supériorité. De plus, ceux qui n'ont pas
étudié ces animaux, se figureraient difficilement l'extrême chevauche-
ment de caractères qu'ils ne présentent que trop souvent : des formes
qui offrent une somme respectable d'organes à physionomie archaïque
montrent en revanche des particularités qui détonent dans l'ensemble
par leur indiscutable spécialisation. Les convergences de caractères
sont des plus fréquentes, ce qui amène à grouper des types n'ayant
aucun rapport de parenté directe.
Il y eut bien des tâtonnements, bien des méprises, bien des revers,
mais la théorie de l'évolution triompha : maniée par ceux qui, comme
Pelseneer, ont le sens profond du transformisme, elle nous a conduit
à des résultats positifs et inattaquables.
Si les progrès dans la connaissance des Mollusques s'étaient bornés
à limiter exactement l'embranchement, les classes, les ordres et les
sous-ordres, s'ils se résumaient simplement en la nomenclature sèche
et aride des groupes que je vous énumérais tout à l'heure, ils ne
présenteraient, au point de vue général de nos connaissances, qu'un
intérêt assez relatif, mais sous le symbole un peu froid du système se
cache la notion féconde des rapports généalogiques : c'est une classifi-
cation palpitante de vie que nous possédons actuellement. Sa connais-
sance nous est précieuse, non seulement parce qu'elle projette une
poésie singulière sur des animaux dont la vue nous réjouit et dans
lesquels nous pouvons lire tout un passé accidenté, mais encore
parce qu'elle constitue une excellente école pour la phylogénie.
L'étude d'une évolution comme celle des Mollusques, dans laquelle
se présentent toutes les complications possibles et dont la découverte
a comporté la résolution de difficultés majeures est un exemple
topique pour mettre sur la voie dans les recherches de la généalogie
des groupes dont la classification n'a pas encore été éclairée par le
transformisme et qui ne comportent pas de fossiles.
XXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Disons enfin, qu'arriver à construire l'arbre généalogique d'une
catégorie d'organismes qui se présentent dans les conditions difficiles
offertes par les Mollusques, c'est fournir une preuve de la valeur de
la méthode employée, c'est démontrer indirectement que la théorie
de l'évolution est l'expression de la vérité.
Au triple point de vue de la Malacologie, de la phylogénie, du
transformisme, je vais donc chercher à retracer l'évolution des Mol-
lusques à grands traits : je considère celle-ci comme établie d'une
manière assez positive pour me permettre de l'exposer dogmatique-
ment; il n'y a guère d'inconvénients d'ailleurs à user d'un langage
subjectif devant des hommes de science qui pourront faire bonne
justice des écarts où m'entraînerait mon imagination.
Sans nous préoccuper pour le moment de rechercher l'origine du
type, que nous devons considérer comme monophylétique, réunissons
tous les caractères les plus archaïques que nous offrent les formes
actuelles afin de nous figurer comment a dû être le premier Mol-
lusque ; l'anatomie comparée permettait à Cuvier, par la corrélation
des caractères et le balancement des organes, de reconstituer des
fossiles, la théorie de l'évolution nous permet de reconstituer des
ancêtres et de décrire des animaux que nous ne verrons jamais.
L'ancêtre de tous les Mollusques était un animal rampant sur la
face ventrale épaissie en pied ; il avait la bouche en avant et un anus
à l'extrémité postérieure du corps; une expansion du tégument dor-
sal constituait un manteau qui débordait l'animal de toutes parts ; sur
le dos se voyait une série de plaques calcaires disposées métaméri-
quement. Anatomiquement, l'organisme pouvait se partager en deux
régions, une région antérieure hépatique, une région postérieure
néphridienne. Dans la région antérieure, pas de cœlome, pas de
gonocytes, pas de néphridies, pas de dilatations cardiaques, pas de
branchies, mais un certain nombre de diverticules hépatiques disposés
par paires sur le tube digestif; dans la région postérieure, un cœlome
réduit, point de diverticules hépatiques, mais d'autres organes : dans
une première zone, génitale, la paroi du cœlome constituait un épi-
thélium germinatif, et les œufs ou les spermatozoïdes, car l'animal
était sexué, étaient évacués par une paire de néphridies; dans une
seconde zone, cardiaque, le cœlome formait un péricarde communi-
quant avec le dehors par deux paires de néphridies et logeant un
cœur dorsal auquel aboutissaient deux paires d'oreillettes amenant
le sang de deux paires de branchies logées sous le rebord du manteau
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XXXVII
et que leur aspect a fait nommer cténidies. Le système nerveux com-
prenait deux ganglions supraœsophagiens cérébroïdes d'où partaient
en avant une paire de troncs labiaux passant sous l'œsophage, et deux
paires de troncs postérieurs, les troncs palléaux, externes et innervant
le manteau, les troncs pédieux en rapport avec le pied, de nom-
breuses commissures réunissant ces troncs transversalement.
Ce type a donné naissance à deux descendants.
Ii y a d'abord l'Àmphineure qui a conservé le système nerveux
primitif et l'anus à l'extrémité du corps.
Sous forme de Polyplacophores, il possède encore huit plaques
dorsales, une céphalique, six transversales et une pygidiale; mais de
même que tous les organismes archaïques qui sont arrivés jusqu'à nous,
comme le Péripate, comme l'Amphioxus, comme l'Autruche, comme
les Monotrèmes, les Oscabrions offrent un nombre respectable de
caractères de spécialisation : c'est la réduction des caecums hépatiques
à une paire, c'est la séparation du sac génital d'avec la péricarde,
c'est la perte de la paire postérieure de branchies, de néphridies et
d'oreillettes amenée peut-être par l'habitude qu'a l'animal de se rouler
en boule. Phénomène curieux, en avant et en arrière de l'unique
paire de cténidies subsistante, s'est développée toute une série de
branchies accessoires secondaires.
Sous forme d'Aplacophores, l'Amphineure se présente comme
ayant perdu les plaques dorsales : déjà à ce degré si inférieur de
l'histoire des Mollusques, nous constatons ce renoncement à la coquille
qui se rencontrera bien des fois dans l'évolution. Le pied et le man-
teau sont réduits ou nuls : l'organisme a pris l'aspect d'un ver. On
dirait, s'il est possible de s'exprimer de cette manière, que ces ani-
maux, comparables en cela aux Tardigrades, aux Girripèdes, aux
Tuniciers, ont été saisis du vertige de leur élévation récente et se
sont empressés de retomber dans le commun. Ils offrent cependant
une originalité très grande, leur organisation témoignant d'un
mélange bizarre de caractères de spécialisation prononcée et de par-
ticularités plus archaïques parfois que celles des Ghitons.
Aux Amphineures nous pouvons opposer l'ensemble de tous les
autres Mollusques, groupement auquel Hatschek a donné le nom de
Conchifères.
Le second descendant du Mollusque primordial diffère de l'Amphi-
neure en ce qu'il n'a plus l'anus à l'extrémité du corps : l'anus s'est
rapproché de la bouche, le dos s'étant bombé pour permettre à l'ani-
XXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
mal de se loger dans une coquille qui est d'une seule pièce. Qu'est-ce
que cette coquille du Conchifère? Est-ce une néo-formation, ou bien
est-ce, comme le supposait Gray, la plaque pygidiale du Polyplaco-
phore primitif qui aurait subsisté seule? Nous l'ignorons.
Le système nerveux s'est perfectionné : sur le trajet des troncs
palléaux et pédieux les cellules se sont concentrées en ganglions
pédieux et pleuraux ; les anciennes commissures transversales ont
disparu, à l'exception d'un petit nombre qui ont pris une grande
importance : une commissure postérieure réunissant les troncs pal-
léaux et renflée en ganglions viscéraux, une commissure s'étendant du
ganglion pleural au ganglion pédieux, enfin une commissure partant
des troncs labiaux, se dirigeant en arrière en dessous du tube diges-
tif et constituant la commissure stomato-gastrique.
A son tour, ce Conchifère primordial a donné deux descendants,
l'un qui est resté rampant, l'autre qui est devenu pélagique, le
Céphalopode.
Nous l'avons, le Céphalopode, dans la nature actuelle, sous une
forme vraisemblablement peu différente de sa structure première,
avec ce merveilleux Nautile qui a traversé tous les âges. Il a conservé
deux paires de cgecums hépatiques, deux paires de branchies, deux
paires d'oreillettes, deux paires de reins; son péricarde communique
encore avec la poche génitale, et celle-ci est toujours en relation avec
le dehors par la paire d'organes segmentaires primitifs. Mais le pied
ne servant plus à la reptation, a entouré la bouche et s'est découpé en
une couronne tentaculaire préhensile; la coquille, qui s'est enroulée
sur le dos, est devenue une nacelle dans laquelle l'animal s'est
avancé au fur et à mesure de sa croissance de manière à laisser der-
rière lui des chambres pleines de gaz facilitant la flottaison ; l'accou-
plement n'étant plus possible qu'à distance, une partie du pied s'est
modifiée chez le mâle en spadice de manière à pouvoir atteindre
quand même la femelle.
C'est avec ces caractères que le Céphalopode a envahi le monde du
passé, laissant dans tous les terrains des traces de son existence et
témoignant par les Ammonites d'une splendeur inouïe. Mais les temps
changent et avec eux les organismes : le Céphalopode à coquille cloi-
sonnée était une adaptation admirable aux mers tranquilles de l'ère
primaire et de l'ère secondaire; il est devenu un anachronisme à
l'époque tertiaire : des animaux plus mobiles, plus actifs, devaient
l'emporter dans la résistance à la mort sur des êtres passifs, jouets
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XXXIX
des tempêtes, jetés sur les côtes par le soulèvement des vagues. De
même que les Ganoïdes cuirassés ont fait place à des Poissons à
écailles minces, plus adroits, plus agiles, de même les Céphalopodes
qui ont pu se débarrasser de • leur coquille, ont éliminé leurs
puissants voisins qui avaient conservé leur barque encombrante et
somptueuse.
La coquille a été recouverte par le manteau, ainsi qu'on le voit
chez Spirula; elle est devenue peu à peu interne et a dégénéré,
comme chez les Bélemnites, en phragmocône auquel une sécrétion
du manteau a ajouté en arrière un rostre et en avant une garde;
l'ensemble est devenu une sorte de squelette intérieur dans lequel la
garde a pris le dessus, constituant l'os de la Seiche, pour finir par
disparaître à son tour chez le Poulpe.
En même temps, le Céphalopode, de Tétrabranche qu'il était, est
devenu Dibranche, perdant une paire de branchies, une paire d'oreil-
lettes, une paire de reins. Par compensation, bien des organes se sont
perfectionnés; les lobes du pied notamment se sont modifiés en bras
couverls de ventouses, appareils de préhension bien plus puissants;
ces bras, d'abord au nombre de dix, chez les Décapodes, ont fini par
ne plus être qu'au nombre de huit, chez les Octopodes, deux d'entre
eux, rétractiles, les bras tentaculaires, différents des autres et pri-
mitivement plus développés, ayant subi une atrophie progressive.
Ajoutons encore que le mode d'accouplement s'est aussi perfec-
tionné : le spadice du Nautile a fait place à l'hectocotyle, bras
spécialisé, qui dans les formes supérieures d'Octopodes est devenu
autotome ; il se détache du mâle et nage seul vers la femelle, empor-
tant avec lui des spermatophores qui peuvent atteindre un demi-
mètre de longueur.
Pievenons-en maintenant à celui des Conchifères qui n'est pas
devenu pélagique comme le Céphalopode, qui a continué à ramper
sur sa sole ventrale, celui des Mollusques qui est l'ancêtre commun
des Lamellibranches, des Scaphopodes et des Gastropodes : Pelse-
neer lui a donné le nom de Prorhipidoglosse.
Cet animal a, comme les Céphalopodes Dibranches, comme aussi
les Amphineures actuels, perdu une paire de cténidies, une paire
d'oreillettes et une paire de reins. Son sac génital ne communique
plus avec la péricarde, ses conduits génitaux primitifs ont disparu,
les œufs ou les spermatozoïdes étant expulsés par la seule paire de
néphridies qui subsiste; mais, dans la suite de l'évolution, de nou-
XL SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
veaux conduits vecteurs des produits sexuels se détacheront des reins
et s'individualiseront.
Le Prorhipidoglosse a donné naissance d'une part à l'ancêtre
commun des Scaphopodes et des Gastropodes, lequel est resté mono-
valve, d'autre part à l'ancêtre des Lamellibranches.
L'Acéphale est un Mollusque qui s'est mis à labourer le sol pour
y trouver sa nourriture; il a pu s'adapter à ces mœurs nouvelles et
se perfectionner en ce sens, son corps s'étant comprimé latéralement,
le manteau ayant débordé fortement le corps sur les côtés; la
coquille a continué à couvrir le manteau et elle s'est scindée en deux
valves qui sont restées réunies par un ligament élastique. Le pied a
peu à peu perdu sa sole ventrale, il a pris l'aspect d'un soc de char-
rue ou d'une hache, il a même disparu chez les formes qui se sont
fixées, ont renoncé au labourage du fond des mers et se contentent de
filtrer entre leurs valves les eaux riches en matières organiques. Bien
abritée dans la coquille, l'unique cténidie de chaque côté a subi un
singulier perfectionnement; elle a encore l'aspect dune branchie
ordinaire de Mollusque chez les Protobranchiés, mais, chez les
Mésobranchiés, déjà, les dénis du double peigne qu'elle constitue
se sont allongées en filaments plies en deux au milieu de leur trajet
et peu ou point anastomosés. Chez les Métabranchiés, tous les fila-
ments se sont soudés de part et d'autre en cette double lamelle
caractéristique des Kulamellibranchiés; déplus, les feuillets internes
des branchies s'unissent entre eux de manière à diviser la cavité
palléale en deux chambres, l'eau filtrant à travers la cloison ainsi
constituée. Chez les Septibranchiés, qui ont été trouvés dans les
abysses, la cloison devient musculaire, elle est percée de trous mais
ne fonctionne plus comme branchie; ses contractions font passer dans
la cavité palléale un puissant courant d'eau d'où l'oxygène est extrait
par la surface interne du manteau.
Nous retournerons au Prorhipidoglosse toujours monovalve, tou-
jours rampant, possédant encore la différenciation antérieure et les
organes qui se sont perdus chez les Acéphales, et une dernière fois
nous le voyons évoluer en deux sens différents pour donner d'une
part le Scaphopode, d'autre part, le Gastropode.
Le Scaphopode est un Prorhipidoglosse fouisseur : il s'est allongé
en ver, les bords du manteau sont venus se souder sur la ligne
médiane en dessous, et la coquille a fait de même, se transformant en
un tube ouvert aux deux bouts. L'eau entre par la grande extrémité,
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNËE 190.3. XLI
passe entre le corps et le manteau, et sort par le petit orifice termi-
nal sans avoir rencontré les cténidies qui ont disparu. Le pied est
dirigé en avant, il est allongé et constitue un appareil adapté au
creusement; la tête est devenue assez rudimentaire et la glande géni-
tale est allée se loger au bout du corps, en arrière de la courbure
que fait le tube digestif.
Jusqu'ici tous les Mollusques que nous avons vus évoluer ont
conservé la symétrie bilatérale primitive du Mollusque primordial,
mais au moment où le Prorhipidoglosse rampant va passer au type
Gastropode, un grand bouleversement se produit dans sa structure :
il va acquérir cette asymétrie caractéristique qui a fait donner à la
classe des Gastropodes le nom d'Anisopleures par Ray Lankester.
Déjà le Gonchifère, et par conséquent son descendant direct le
Prorhipidoglosse, a subi une torsion ventrale qui a rapproché l'anus
de la bouche, le dos s'étant bombé de manière à donner au tube
digestif l'aspect d'un U, la coquille ayant pris la forme d'un dé à
coudre, afin de recevoir l'animal au repos. Mais la coquille, pendant
la croissance a, par la traction du muscle columellaire, commencé
à s'enrouler sur le dos comme pour le Nautile. Chez ce dernier, le
pied s'est avancé vers la bouche pour l'entourer, et aucun obstacle
n'existe donc pour le rapprochement de l'anus et pour la continuation
de l'enroulement de la coquille dans le même sens; chez le Gastro-
pode au contraire, le pied, pour faciliter la reptation, s'allonge
plutôt en arrière : il en résulte que sa croissance tend à écarter de
nouveau l'anus de la bouche et par conséquent à venir contrecarrer
l'évolution première. Celle-ci persiste cependant parcequ'il se produit
une torsion latérale qui, tout en amenant l'anus en avant, le déplace
vers la droite, et le sac viscéral, avec la coquille qui le recouvre et
qui, par contrecoup, suit toutes ses transformations, s'enroule mainte-
nant dans un sens opposé, c'est-à-dire ventralement ; mais l'enroule-
ment ne pouvant se maintenir dans un même plan, la spire fait peu à
peu saillie du côté originairement gauche qui est devenu topographi-
quement droit.
Seulement, il n'y a pas que l'anus qui passe ainsi à droite dans les
formes dites dextres ou à gauche dans les formes dites sénestres ; tous
les organes, 'cténidies, cœur, reins et ganglions viscéraux qui se
trouvent dans son voisinage, tout ce que l'on appelle le complexe
palléal, conservent leurs rapports primitifs et voyagent avec lui;
il en résulte un Mollusque qui a maintenant le complexe palléal en
XLII SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE.
avant du corps, la cténidie, l'oreillette, le rein situés morphologique-
ment à droite sont devenus topographiquement gauches et vice versa.
Ce n'est pas tout, car cette révolution a amené forcément une torsion
de la commissure viscérale qui est restée autour du tube digestif :
sa moitié droite a passé au-dessus de l'intestin et son ganglion
est venu se placer à gauche, tandis que sa moitié gauche a passé
au-dessous du tube digestif et son ganglion est venu se placer à
droite; c'est cette disposition, amenant un croisement des nerfs
réunissant les ganglions pleuraux aux ganglions viscéraux, qui a
reçu le nom de chiastoneurie.
Cet organisme, si étrangement bâti, a eu, on peut le dire, un
succès énorme dans la lutte pour la vie, car il a, depuis bien des
temps, envahi le globe entier, s'étant adapté à tous les genres de vie,
étant devenu aussi bien pélagique que terrestre.
Nous le voyons, avec les caractères que nous venons de décrire,
sous forme d'Aspidobranches, Docoglosses ou Rhipidoglosses, qui
le plus souvent ont conservé des caractères primitifs, tout en
étant parfois fortement teintés de cœnogenèse ; mais chez les Pectini-
branches, une spécialisation prononcée de l'animal s'est produite :
tous les organes morphologiquement gauches du complexe palléal
et devenus topographiquement droits ont disparu, cela probablement
à cause du développement de l'organe génital qui offre un orifice
propre situé à droite. Le rein unique est donc à gauche, de même
que l'unique oreillette et l'unique cténidie : celle-ci est placée natu-
rellement en avant du cœur, mais elle n'est plus libre, elle s'est
soudée au manteau sur toute sa longueur, et elle n'est plus par con-
séquent bipectinée.
Presque tous les Streptoneures sont marins et presque tous aussi
ont conservé les sexes séparés du Mollusque primordial; il y en a
cependant quelques-uns qui sont hermaphrodites, et l'on trouve
même chez certaines espèces normalement des individus hermaphro-
dites à côté d'individus sexués. L'hermaphodisme existe au contraire
toujours chez les Euthyneures.
L'Euthyneureest un Rhipidoglosse hermaphrodite qui a perdu la
cténidie, l'oreillette et le rein situés à droite, mais sa branchie qui
est restée bipectinée, est plissée. Tels sont les caractères à'Actœon,
le plus inférieur des Opisthobranches et en même temps une forme
de transition vers les Auriculides, type très rapproché de la souche
des Pulmonés. Aclœon, comme Chilina parmi les Pulmonés, a con-
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 190 3. XLIII
serve la chiastoneurie ; chez les autres Euthyneures ce caractère s'est
perdu, une détorsion s'étant produite en même temps qu'un élargis-
sement de la cavité palléale qui a ramené l'anus et les organes qui
l'avoisinent un peu en arrière; c'est à Bouvier et à Pelseneer que
l'on doit d'avoir démontré que les Euthyneures descendent des Strep-
toneures et que par conséquent il n'y a pas de Gastropodes ortho-
neures, comme on se l'imaginait jadis.
Chez les Opisthobranches, qui tous sont restés marins, la cténidie,
par suite de la détorsion, est allée se placer en arrière du cœur;
elle n'existe plus chez les Nudibranches, ces ravissantes limaces
marines à couleurs chatoyantes dont le manteau et la coquille ont
disparu, qui ont acquis des branchies nouvelles et qui ont récupéré
parfois une symétrie bilatérale secondaire apparente.
Chez les Pulmonés, la cténidie a également disparu et l'organisme
a le plafond de la cavité palléale transformé en poumon. 11 semble,
par l'exemple des Sangsues et des Oligochètes, que l'hermaphrodisme
soit particulièrement favorable à l'habitat terrestre, qui est celui des
formes primitives des Pulmonés. Beaucoup de ces derniers ont envahi
les eaux douces et ont parfois acquis, comme les Planorbes et les
Ancyles, une branchie nouvelle; par un phénomène d'adaptation
extrêmement remarquable, aussi, il y a des Pulmonés, tant Basom-
matophores que Stylommatophores qui sont redevenus marins, comme
les Cétacés sont des Mammifères terrestres retournés à la vie des
Poissons; par une modification anatomique tout aussi curieuse, il y a
une Limace terrestre, Janella Schauinslandi , dont la cavité palléale
émet des diverticules ramifiés qui rappellent jusqu'à un certain point
les trachées des Insectes.
Arrivés, avec ce Trachéopulmoné, à celui de tous les Mollusques
qui est allé le plus loin dans l'évolution morphologique, nous pou-
vons contempler celle-ci dans son ensemble; nous voyons se dérouler
sans hiatus la succession harmonieuse des ordres, et nous avons la
satisfaction de constater que les classes, jadis considérées comme
isolées, et que d'aucuns avaient même prétendu être sans liens les
unes avec les autres, sont aujourd'hui parfaitement réunies : l'Amphi-
neure, le Céphalopode, le Lamellibranche, le Scaphopode et le
Gastropode ne sont que les physionomies diverses d'un seul et même
organisme dont nous avons pu suivre les transformations, et dont
nous allons rechercher maintenant l'origine.
Il n'est pas nécessaire d'insister davantage sur le fait que cette
XL1V SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUË DE BELGIQUE.
origine ne peut être que monophylétique, et par conséquent je ne
ferai que citer pour mémoire l'opinion de von Ihering qui fait dériver
les Mollusques, les uns des Turbellariés, les autres des Annélides. Il
n'y a qu'un seul Mollusque, mais il y a des naturalistes qui le font
descendre des Turbellariés, c'est l'opinion la plus répandue en Alle-
magne, tandis qu'en France et en Angleterre on tend plutôt à le
considérer comme une forme d'Annélide.
C'est cette dernière opinion qui doit prévaloir : elle a été exposée
par Pelseneer qui a fourni de tels arguments en sa faveur que je
m'étonne de voir Hescheler admettre encore la descendance d'avec les
Plathelminthes.
Pour moi, il y a une question qui domine tout le débat et qui doit
entraîner la conviction, c'est celle de l'origine du cœlome.
On se plaît en général à considérer la cavité secondaire du corps
comme ayant pris peu à peu naissance chez les animaux bilatéraux,
les Turbellariés en étant dépourvus et étant par conséquent des formes
inférieures, les Mollusques ayant un cœlome encore peu développé
et représenté par la péricarde, les Annélides au contraire ayant un
cœlome complet. 11 y aurait donc eu gradation ascendante des pre-
miers aux derniers et par conséquent évolution progressive du
cœlome.
Ou bien, comme l'ont supposé les frères Hertwig, il y aurait des
animaux bilatéraux qui se rattacheraient aux Anthozoaires et qui
auraient un cœlome produit par entérocœlie, comme les Annélides
et les Vertébrés, ce sont les Ëntérocœliens, et il y aurait des animaux
bilatéraux qui se rattacheraient aux Gténophores, qui n'auraient pas
de cœlome en principe, comme les Turbellariés, et qui auraient pu,
comme les Mollusques, en acquérir un dans la suite, par creusement
de leur masse mésodermique, ce sont les Pseudocœliens.
L'une et l'autre de ces opinions sont également inexactes.
Edouard Van Beneden a démontré par l'étude des Tuniciers, que
les Pseudocœliens peuvent dériver des Ëntérocœliens; il a également
donné une base positive, par les admirables recherches qu'il a faites
sur les Gérianthides, à l'hypothès3 de Sedgwick, dont on peut trouver
des traces dans Balfour et même dans Leuckart, que les animaux
cœlomates descendent d'Anthozoaires chez lesquels les loges mésen-
tériques se sont séparées de la cavité digestive pour constituer le
cœlome. Le cœlome, formé d'abord de loges diposées par paires, a
fini par ne plus constituer, par fusionnement, qu'une seule cavité;
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XLV
celle-ci a pu être réduite dans la suite et même disparaître; les
animaux qui, comme les Turbellariés, ne montrent pas de cœlome,
sont des formes supérieures qui ont perdu le cœlome, et non des
formes inférieures qui n'en ont jamais eu. ïl y a eu évolution régres-
sive du cœlome et, par conséquent, comme les Mollusques en pos-
sèdent un, quoique réduit, ils ne peuvent descendre que de formes
chez lesquelles le cœlome était complet.
Les Annélides se présentent dans ces conditions et seules elles
peuvent avoir donné naissance au type Mollusque : Pelseneer a même
pu démontrer que la forme d'Annélides la plus rapprochée des
Mollusques se trouve chez les Eunice, qui seules d'entre toutes les
Annélides, seules de tous les animaux, offrent les homologues des
troncs labiaux des Mollusques.
Le Mollusque primordial, dont j'esquissais la structure tout à
l'heure, qu'est-ce, sinon une Annélide chez laquelle se sont déve-.
loppés le pied, le manteau et les plaques coquillères dorsales, chez
laquelle les troncs nerveux ventraux se sont partagés longitudinale-
ment en troncs pédieux et en troncs palléaux, chez laquelle il y a
eu, comme pour le Péripafe et pour les Arthropodes, réduction du
cœlome, celui-ci ayant même disparu dans toute la région antérieure
avec les néphridies, les oreillettes et les branchies, par suite d'un
développement prépondérantdes pairesde caecums hépatiques; dans la
région postérieure, au contraire, la segmentation n'est plus indiquée
par les csecums hépatiques qui ont laissé la place au cœlome réduit
au sac génital et au péricarde, mais bien par les néphridies, par les
oreillettes, par les branchies, le segment génital n'ayant même con-
servé que la paire de néphridies qui sert de conduits vecteurs aux
produits sexuels et ayant perdu les oreillettes et les cténidies con-
servées dans les segments cardiaques suivants.
Les Mollusques sont donc une forme spécialisée d'Annélides dont
ils possèdent même la larve trochosphère caractéristique : il en résulte
qu'ils ne constituent plus un embranchement primaire du règne ani-
mal, mais bien, comme l'a proposé avec infiniment de raison Giard,
une division de l'ensemble constitué par les Annélides, les Rotifères
et quelques autres Vers, ensemble qui peut porter le nom de Tro-
chophores, par opposition aux Plathelminthes et aux Arthropodes
dans l'embranchement des animaux articulés ou Helminthozoaires.
Ainsi, nous avons vu la science trouver les relations entre les
ordres, établir les rapports entre les classes, finalement rattacher
XLY1 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
les Mollusques à une catégorie supérieure du système : notre hori-
zon s'est élargi.
Lors de la création de la Société Malacologique de Belgique, les
fondateurs ont eu la sagesse d'entendre la Malacologie dans une
acception très large, embrassant tous les animaux inférieurs; ils ne
pouvaient prévoir que les Mollusques seraient un jour considérés
comme se rattachant directement à ces animaux inférieurs à titre de
rameau particulièrement florissant, mais ils ne prévoyaient pas non
plus que des animaux, comme les Tuniciers, qu'ils considéraient
comme des Mollusques, étaient destinés à aller rejoindre un jour
dans la classification les Vertébrés.
Je suis persuadé qu'aujourd'hui nos membres fondateurs n'hésite-
raient pas à mettre le cadre des études de la Société en rapport avec
les progrès de la science, et ils seraient certainement avec nous pour
vous proposer d'ajouter le terme de Zoologique au titre de la Société
Royale Malacologique de Belgique. (Applaudissements .)
Messieurs,
Conformément à l'article 10 des Statuts, j'ai à vous entretenir de la
situation actuelle de la Société.
Le nombre de nos membres est resté stationnaire depuis l'année
dernière; il est de 98 et se décompose comme suit :
10 membres honoraires;
3 — protecteurs;
63 — effectifs;
3 — — à vie;
19 — correspondants.
Nous avons perdu un collègue éminent en la personne du général
Hennequin. D'autre part, un conchyliologiste, M. Geret, s'est associé
à nos travaux.
Cette absence de progression a décidé le Conseil à se rallier à une
proposition introduite à diverses reprises déjà par un certain nombre
de nos collègues et à chercher à donner une vitalité nouvelle à notre
association en élargissant le cadre que nos Statuts assignent à ses
travaux.
Cette modification aux Statuts sera discutée tantôt.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XLVII
Nos publications ont suivi leur cours : ont paru les Mémoires du
tome XXXVI (1901), feuilles 1 à 8, accompagnés de sept planches,
ainsi que les feuilles 3 à 8 des Bulletins des séances, complétant le
tome XXXVI des Annales. Ont également été distribuées les feuilles 1
à 3 des Bulletins des séances de 1902.
Notre bibliothèque, mise en ordre par M. de Gort, s'accroît sans
cesse. Plusieurs donateurs y ont contribué et de nouveaux échanges
de publications ont été consentis.
Le Département de l'Intérieur et le Gouvernement provincial du
Brabant ont continué à la Société l'assistance pécuniaire habituelle.
Nous remercions ici M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction
publique et M. le Gouverneur du Brabant pour les subsides qu'ils
nous ont accordés. Nous remercions de même le Conseil d'adminis-
tration de l'Université pour la jouissance de la salle où se trouve
installée notre bibliothèque et pour celle du local où nous sommes
autorisés à tenir nos séances.
Je termine, Messieurs, en remerciant encore en votre nom
M. H. de Gort et M. Fologne pour le dévouement qu'ils ont témoigné
à la Société dans l'exercice de leurs fonctions respectives de Secré-
taire général et de Trésorier. [Applaudissements.)
Rapport du Trésorier.
M. Fologne rend compte de la situation financière favorable de la
Société, puis il soumet à l'Assemblée le projet de budget élaboré
pour 1903 et que la Commission des comptes et le Conseil ont préa-
lablement approuvés. L'Assemblée ratifie cette approbation.
La cotisation annuelle des membres effectifs est maintenue à
15 francs pour l'année 1903.
Modifications aux Statuts.
L'ordre du jour de l'Assemblée porte :
Proposition de modification de l'article i er et modifications corol^
laires éventuelles de l'article 2.
Fusion des Statuts et des Dispositions adoptées postérieurement, si
elle est jugée utile.
XLYIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Et la circulaire explicative envoyée à tous les membres, le 2 février,
donnait le texte des articles 1 et 2 :
Article premier. — La Société prend pour titre SOCIÉTÉ MALA-
COLOGIQUE DE BELGIQUE (par autorisation du Roi, en date du
28 décembre 1880, ce titre est devenu SOCIÉTÉ ROYALE MALA-
COLOGIQUE DE BELGIQUE).
Art. 2. — Le but de la Société est de propager le goût des études
malacologiques, d'en faire apprécier V utilité et de concourir aux pro-
grès de la science, en formant des collections et une bibliothèque, en
publiant des Annales et en prenant telle autre mesure qui peut être
jugée utile. Elle entend la malacologie dans son acception la plus
étendue, embrassant tous les animaux inférieurs, Mollusques et Ra-
diaires, etc., soit vivants, soit fossiles.
Le Conseil, afin de réserver le titre sous lequel la Société a pros-
péré depuis quarante ans, proposait de donner à l'article 1 er la rédac-
tion ci-après : Société royale Malacologique et Zoologique de Bel-
gique, et de modifier l'article 2 de manière à comprendre dans les
études de la Société les groupes d'animaux exclus par la rédaction
primitive.
Aucune opposition au principe de la modification du titre de la
Société n'ayant été présentée et les membres fondateurs survivants s'y
étant ralliés, l'Assemblée discute la rédaction qui lui est soumise et
après examen des diverses propositions, elle adopte à l'unanimité la
rédaction suivante :
SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE
sous la réserve de l'autorisation du maintien de l'appellation royale
qui sera sollicitée.
L'article 2 est modifié comme suit :
Son but est de propager le goût des études zoologiques et tout spé-
cialement des études malacologiques, d'en faire apprécier l'utilité et
de concourir aux progrès de la science, en formant des collections et
une bibliothèque, en publiant des Annales et en prenant telle autre
mesure qui peut être jugée utile.
Le second alinéa de l'article 2 primitif est supprimé.
BULLETINS DES SÉANCES.. — ANNÉE 1903. XLIX
L'article 5 s'opposant par sa rédaction à toute amélioration éven-
tuelle des quatre premiers articles des Statuts, et les modifications
qui viennent d'être adoptées l'ayant du reste été contrairement aux
stipulations dudit article 5, l'Assemblée décide, à l'unanimité, qu'il y
a lieu de le reviser.
Rédaction primitive de l'article 5 :
Aucune modification ne peut être apportée au présent chapitre des
Statuts.
Les chapitres suivants peuvent être modifiés par une assemblée
générale y spécialement convoquée à cet effet par le Conseil, et du con-
sentement des trois quarts des membres effectifs de la Société.
Rédaction nouvelle :
Aucune modification ne peut être apportée aux Statuts, sauf par
une assemblée générale, spécialement convoquée à cet effet par le
Conseil, et du consentement des trois quarts des membres effectifs de
la Société.
Cette rédaction est adoptée à l'unanimité.
L'Assemblée décide ensuite de remanier l'ensemble des Statuts
pour y intercaler les diverses modifications et additions adoptées
postérieurement au 6 avril 4863. Elle délègue à l'Assemblée men-
suelle prochaine le soin d'approuver les nouveaux Statuts qui seront
élaborés conformément à cette décision.
Il est procédé à la nomination du Président pour les années
1903-1904.
Le choix unanime de l'Assemblée se porte sur M. Ph. Dautzenberg.
Le scrutin pour la désignation de trois membres du Conseil pour
les années 1903-1904, en remplacement de MM. le baron van Ert-
born et É. Vincent, sortants, et de feu le général Hennequin, donne
les résultats suivants :
MM. Lameere 11 voix.
Van den Broeck 2 —
le baron van Ertborn .... 11 —
Vincent 11 —
T. XXXVIII, 1903 4
Mars 1<J03.
L SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
MM. Lameere, van Ërlborn et Vincent sont donc proclamés mem-
bres du Conseil pour la période biennale 1903-1904.
Les mandats des trois membres sortants de la Commission des
comptes, MM. Carletti, Delheid et Kruseman, sont confirmés pour
l'année 1903.
Les séances mensuelles continueront à se tenir le premier samedi
de chaque mois, sauf en août et septembre, à 4 1 / 2 heures précises de
relevée.
L'Assemblée générale annuelle se tiendra en janvier 1904.
A l'ordre du jour de l'Assemblée figuraient encore les deux objets
suivants :
Désignation du lieu et de la date de l'excursion annuelle. Nomi-
nation de membres honoraires.
Pour le premier point, M. Van den Broeck annonce que la Société
belge de Géologie se propose de visiter cette année les gites fossilifères
de l'île de Wight et il invite la Société à se joindre à cette excursion
qui ne manquera pas d'offrir de nombreux attraits, tant pour les zoo-
logistes que pour les géologues.
L'Assemblée autorise une assemblée mensuelle à venir à décider s'il
y a lieu d'accepter cette proposition, pour laquelle des remerciements
sont votés à M. Van den Broeck.
Dans le cas où cette assemblée mensuelle déciderait de ne pas se
joindre à l'excursion en Angleterre, elle aurait à désigner un autre
but d'excursion.
Pour le second point, le Conseil avait fait choix de plusieurs mala-
cologues étrangers et proposait de leur décerner le titre de membres
honoraires ; mais afin de ne pas limiter les membres de cette caté-
gorie aux conchyliologues seulement, il est décidé de surseoir à ces
nominations.
L'ordre du jour de l'Assemblée étant épuisé, M. Dautzenberg re-
mercie ses collègues qui l'ont appelé à la présidence, puis il exprime à
M. Lameere les remerciements de la Société pour les services qu'il lui
a rendus au cours de ces deux dernières années. (Applaudissements .)
La séance est levée à 5 l l 2 heures.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. Lî
Séance du 7 mars.
Présidence de M. van Ertborn, vice-président.
La séance est ouverte à 4 l / 2 heures.
Le Secrétaire général donne lecture des Statuts remaniés selon
les décisions prises par l'Assemblée générale du 8 février et que
l'Assemblée mensuelle de ce jour a charge d'approuver, en vertu de
la délégation que lui a donnée l'Assemblée générale précitée.
Le texte des statuts de la nouvelle Société ayant été approuvé il
est décidé que l'impression s'en fera sans retard de façon à en
permettre la distribution aux membres avant la séance mensuelle
prochaine.
Correspondance.
M. Dautzenberg éprouvé par la perte d'un de ses enfants n'assiste
pas à la séance.
M. Carletti annonce le décès de son frère M. Louis Gonstantine
Garletti.
La Société prend part aux deuils qui viennent d'affliger son
Président et M. Carletti.
M. D. P. Oehlert a fait parvenir à la Société quelques types de
fiches et le bulletin de souscription à la Palœontologia universalisa
la publication consacrée à la réédition des types des espèces fossiles,
adoptée en principe par le Congrès géologique international de Paris
en 1900 et élaborée selon le programme fixé par la Commission
internationale et les vœux émis par les diverses associations savantes
auxquelles la question fut soumise il y a quelques mois.
Le prix de l'abonnement annuel est de 40 francs. De 150 à
160 tiches seront fournies chaque année, comportant environ quatre-
vingts espèces.
M. Van den Broeck, membre de la Commission internationale, se
félicite d'avoir fait adopter certaines des améliorations qu'il avait
préconisées, mais regrette que l'on n'ait pas permis l'abonnement à
des séries déterminées de fiches, l'obligation de souscrire à la totalité
de l'ouvrage devant, lui semble-t-il, nuire à l'œuvre elle-même en
LU SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE*
empêchant ceux qui s'occupent d'un groupe limité d'animaux de se
procurer les fiches qui les intéressent à l'exclusion des autres.
A la suite d'une discussion à laquelle prennent part MM. Kemna,
Mourlon et Van den Broeck, ce dernier se charge de transmettre à
M. Oehlert l'observation qui vient d'être présentée,
Bibliothèque.
DO.NS DES AUTEURS :
René d'Andrimont : Notes sur l'hydrologie du littoral belge. —
Contribution à l'étude de l'hydrologie du littoral belge (Ex : Ann. Soc.
Géol. de Belg.; Liège, 4903).
G. F. Doilfus et Ph. Dautzenberg : Conchyliologie du Miocène
moyen du Bassin de la Loire. l re partie : Description des gisements
fossilifères, — Pélécypodes, pi. I à V (Ex : Mém. Soc. Géol. de
France; Paris, 1902, in-4°).
Ph. Dautzenberg : Révision des Cyprœidés de la Nouvelle-Calé-
donie (Ex : Journal de Conchyl.; Paris, 1902). — Description de
Mollusques nouveaux provenant de Vile Obi (Moluques) (Ex : Le
Naturaliste; Paris, 1902). — Observations sur quelques Mollusques
rapportés par M. Ch. Alluaud du Sud de Madagascar (Ex : Bull.
Soc. Zool. de France; Paris, 1902).
Des remerciements sont votés aux donateurs.
Dépôt :
Lucina Volderi, Nyst, par É. Vincent, tiré à part des Bulletins
des séances, 1902.
Communications du Conseil.
Composition du bureau pour l'année 1903 :
MM. Dautzenberg, président;
le baron van Ertborn, vice-président ;
FoJogne, trésorier;
Daimeries, membre;
Lameere, —
Vincent, —
de Gort, secrétaire général.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LUI
M. Vincent continuera à remplir les fonctions de conservateur des
collections, M. de Cort celles de bibliothécaire, et M. Garletti celles
de bibliothécaire adjoint.
Réception de membres effectifs :
Ont été reçus en séance du Conseil de ce jour :
MM. Desneux, Jules, à Bruxelles ;
Masay, Fernand, à Glabecq;
Schouteden, Henri, à Bruxelles;
Severin, Guillaume, à Bruxelles;
présentés par MM. Lameere et Rousseau.
M. le D r Quinet, à Bruxelles;
présenté par MM. De Pauw et Lameere.
Communications.
VESTIGES DE SÉPULTURES FRANQUES? A L'AVENUE DEFRÊ, A UCCLE,
Par Éd. DELHEID.
Les sablières exploitées dans la commune d'Uccle-lez-Bruxelles
deviennent des plus intéressantes par les découvertes successives
faites, depuis quelques années, dans les divers dépôts géologiques
mis à jour pour l'extraction des grès et des sables qui les constituent.
Ces trouvailles furent l'objet de communications à la Société, où elles
ont reçu un bienveillant accueil.
Aujourd'hui il s'agit de vestiges d'un cimetière franc. Cette trou-
vaille, consistant en ossements humains et en débris de Mammifères,
parfois entaillés, paraît offrir un certain intérêt et il serait regret-
table de la laisser dans l'oubli.
Avant d'aborder le sujet, il ne serait pas superflu de rappeler
brièvement les découvertes antérieures auxquelles il vient d'être fait
allusion, car leur fréquence est un indice de la richesse du sous-sol
de cette commune privilégiée en témoins du passé, soit qu'ils reposent
dans les sables éocènes, soit qu'ils gisent dans nos dépôts quaternaires
et, conséquemment, engage le chercheur à y porter ses investigations.
On se souvient encore du beau Squale extrait des sables bruxel-
liens exploités avenue Brugmann, et dont la découverte a été signalée
L1V SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
dans la séance du 6 mai 1899. Ce Requin, dont la taille pouvait
atteindre environ 8 mètres de longueur, a été étudié, depuis lors, par
le regretté Raymond Storms qui le rapportait à l'espèce décrite par
de Blainville sous le nom de Carcharodm auriculatus. Toutefois,
M. le professeur Jaekel de l'Université de Berlin, qui récemment a
repris cette étude parallèlement à celle des Squales appartenant à
notre Musée d'Histoire naturelle, n'admet pas cette détermination.
Ce savant publiera sous peu son travail dans le Bulletin de cet
établissement scientifique, et nous pourrons alors connaître les
raisons pour lesquelles réminent professeur de Berlin assimile ce
Squale au Car char odon megalotis d'Agassiz.
Les dépôts bruxelliens de la sablière de l'avenue Brugmann ren-
ferment également de beaux restes de Myliobates et d'assez nom-
breuses valves à'Ostrea gigantica, si rares ailleurs. (J'en ai recueilli
depuis quelque temps six valves.) Alors que ces Huîtres sont cepen-
dant peu abondantes dans le Bruxellien, elles sont excessivement
communes dans le gravier de base du Laekenien et particulièrement
à Saint-Gilles où Ton en a rencontré de grandes quantités.
C'est aussi dans cette même sablière que furent extraits des sables
bruxelliens les ossements de Marmotte dont il a été fait mention à la
Société dans la séance du 3 novembre 4900. Ce Rongeur quaternaire
se trouvait probablement là dans son terrier, car j'ai appris depuis
que des débris d'autres individus gisaient également au même endroit.
Plus récemment enfin, dans le flanc d'une colline du hameau du
Chat, sous-Uccle, des fouilles pratiquées dans des centaines de ter-
riers de blaireaux et de renards révélaient l'existence d'une station
préhistorique qui s'était établie sur le plateau de cette colline, vers
l'âge du Fer.
Ceci exposé, arrivons à la trouvaille faite il y a quelques mois
dans une sablière de l'avenue Defré, où, comme il est dit plus haut,
des vestiges de sépultures franques viennent d'être exhumés.
Ouverte dans le versant d'une des nombreuses petites collines qui
accidentent le sol de la commune d'Uccle, cette sablière est limitée
vers l'ouest par un sentier appelé « Zee Crabbe Weg » (chemin du
Crabe de mer); ce nom bizarre est aussi celui du château contigu. Elle
est exploitée par M. H. Van der Eecken qui a bien voulu m'autoriser
à y effectuer quelques fouilles; malheureusement, l'extraction des
sables étant terminée de ce côté de la carrière, les recherches se sont
bornées à la partie de terrain nécessaire à la formation des talus. Cet
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LV
emplacement établi, voyons tout d'abord quelles sont les circonstances
dans lesquelles les trouvailles se sont faites et en quoi elles con-
sistent.
En octobre dernier, lors d'une visite paléontologique à l'endroit
susdit, je trouvais au contact des sables bruxelliens un os iliaque
humain accompagné d'un métacarpien de Chèvre. Le patron de la
sablière, questionné à ce sujet, me disait qu'à une distance d'une
vingtaine de mètres il avait rencontré une certaine quantité d'osse-
ments qu'il s'était empressé d'enfouir et que je reconnus, d'après ses
indications, comme étant également humains. Ces ossements, ainsi
que beaucoup d'autres dont il sera donné plus loin rénumération,
reposaient comme l'os iliaque entre les dépôts bruxelliens à tubula-
tions d'Annélides et des sables plus ou moins argileux ayant beaucoup
d'analogie avec l'ergeron. Ils étaient disséminés dans une sorte de
poche de 5 mètres sur 12 d'étendue et à une profondeur d'environ
3 mètres (*).
A première vue, je croyais avoir affaire à des restes de l'âge du
Renne, la base de l'ergeron étant un niveau anthropologique: il y
avait lieu de le supposer d'autant plus que quelques grattoirs en silex
de Spiennes, un fragment de silex d'Obourg et un débris de poterie
accompagnaient ces ossements humains ; mais il faudra en rabattre de
leur antiquité, les silex étant néolithiques et le fragment de poterie
beaucoup plus récent puisqu'il dénote une poterie faite au tour.
Les ossements en question étaient mêlés à des restes de Mammi-
fères, parfois brisés ou entaillés intentionnellement; ils apparte-
naient à plusieurs squelettes d'adultes et d'enfants, mais ces débris
ne se présentaient jamais alignés ou dans leurs connexions anato-
miques comme ils devraient se retrouver dans une sépulture. Bien
au contraire, on les rencontraient souvent brisés, soit au-dessus,
soit au-dessous de grands grès calcarifères bruxelliens et de cailloux
roulés; et, quoique les sections des os brisés fussent bien nettes, les
parties correspondantes manquaient invariablement, ce qui est fort
étrange et ferait supposer que ces prétendues sépultures auraient été
violées.
Le limon sableux, d'une épaisseur d'environ 50 centimètres, sous
lequel reposaient les ossements, était surmonté d'une argile (terre à
(') Les ossements ne se rencontraient cependant que sur un espace de 5 mètres de
côté.
LVI
SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
briques) au milieu de laquelle on observait de grandes quantités de
coquilles de Mollusques terrestres : Hélix pomatia, H. nemoralis, etc.,
dont on verra d'autre part la signification présumée.
Très intrigué par la découverte de cet ossuaire et ne pouvant me
rendre un compte exact du mode d'introduction de ces débris à ce
niveau, je priai notre confrère M. De Pauw, dont l'obligeance égale
le savoir, de jeter un coup d'œil sur tous ces restes, afin de connaître
son opinion sur leur origine. Il résulte de cet examen que notre
confrère, si versé dans les questions relatives à la préhistoire et dont
la compétence en anthropologie fait également autorité, croit qu'il
s'agit ici de sépultures franques, bien qu'à la vérité il n'y ait qu'un
seul ossement (un fémur) qui soit du type rencontré dans ces sépul-
tures. Cependant, M. De Pauw n'hésite pas à reconnaître que cet
amas d'ossements pourrait aussi bien provenir de l'âge du Fer, voire
même de l'âge du Bronze.
Quoi qu'il en soit, voici quels sont les ossements recueillis jusqu'à
présent dans la colline de l'avenue Defré :
Nombreux débris dont
Fémurs . . . .
Trois D., sept G.
trois pariétaux.
Tibias
Douze D., huit G. '
Maxillaire. . .
Un inférieur G.
Péronés . . . .
Douze diaphyses dont
Vertèbres . . .
Un fragment de sa-
une fracturée et sur
crum.
laquelle on remarque
Os iliaques . .
Trois D., quatre G.
le cal osseux ; en
Clavicules . . .
Deux G.
outre, une malléole
Fragments divers.
de péroné.
Humérus . . .
Sept D., six G.
Métatarsiens.
Deux..
Radius . . . .
Un D., quatre G.
Astragale . . .
Un D.
Cubitus . . . .
Trois D., trois G.
Scaphoïde . . .
Un D.
Métacarpiens .
Trois.
OSSEMENTS DE MAMMIFERES RENCONTRES PARMI LES RESTES HUMAINS.
Bœuf :
Un radius;
Un fragment de radius avec entailles
faites au fer;
Un fémur ;
Un fragment d'os iliaque ;
Deux fragments de métatarsiens dont
l'un avec entaille ;
Un calcanéum avec entailles au fer.
Chèvre
Un radius (fragment);
Un métacarpien;
Un scaphoïde.
Un métacarpien ;
Un métatarsien ;
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LVII
Sanglier :
Une phalange ;
Un sésamoïde.
D'autres ossements, de Chien, de Bœuf, de Chèvre et de Lièvre,
dont quelques-uns entaillés, ont encore été trouvés dans une couche
de sable traversant la terre à brique, et M. De Pauw a reconnu
un fragment de sacrum humain au milieu d'ossements de Bœuf
recueillis, il y a quelque dix ans, au bas de la colline en question et à
une centaine de mètres de l'ossuaire. Parmi ces débris, on remar-
quait un os iliaque montrant une section faite au fer. Je ferai observer
à ce propos que, quel que soit l'endroit de la colline où l'on a constaté
la présence d'ossements humains et, quelle que soit l'importance des
terrains sous lesquels ils reposaient, ils se rencontraient invariable-
ment au contact des sables bruxelliens, ce qui me paraît singulier s'il
s'agit réellement de sépultures.
Un dernier mot encore au sujet des nombreuses Hélices trouvées
au-dessus des ossements : M. De Pauw voit dans ces Mollusques jetés
çà et là dans les sépultures une espèce d'emblème religieux se rap-
portant à la chimérique croyance en la résurrection des morts. On
sait, en effet, que ces Mollusques, après un engourdissement passager,
semblent renaître à la vie, ce qui aurait développé chez les Francs
l'idée d'en parsemer leurs tombes. Il paraît, d'ailleurs, que pendant
l'exploration d'un cimetière franc à Ciply, près de Mons, on a
remarqué dans les sépultures de grandes quantités de coquilles de
ces Mollusques.
Il est possible que ces coutumes aient eu cours chez les Francs,
mais il est hors de doute que lors de la découverte d'une station pré-
historique à Saint-Gilles et, plus tard, lors de celle du hameau du
Chat, d'innombrables de ces prétendus emblèmes se rencontraient
dans le limon où ne gisaient, cependant, que de modestes Mammifères
dont les prétentions à l'immortalité ne devaient guère être excessives.
Il semble donc que, dans le cas présent, il faudrait plutôt voir dans
cette accumulation de coquilles des restes de repas, ou, ce qui est plus
vraisemblable encore, étant donnée la petite taille de certains de ces
Mollusques, qui n'avaient certes pu servir de nourriture, c'est que leur
présence dans ces dépôts serait due à une cause toute naturelle.
Il se pourrait que, grâce aux travaux ultérieurs à effectuer pour
la continuation des talus de la sablière en question, des documents
LVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
plus probants soient mis au jour et aideront à déterminer avec plus
de certitude l'origine des ossements trouvés au « Zee Grabbe weg ».
LA CLASSIFICATION DES LAMELLIBRANCHES D'APRÈS LES BRANCHIES,
Par Paul PELSENEER.
Ce groupe très homogène a été longtemps difficile à subdiviser;
les divers organes employés comme base de classification n'ont pas
donné de résultats satisfaisants.
Ray Lankester ( l ) a le premier suggéré que les branchies pourraient
fournir, par leur structure, des caractères de classification pratiques,
et j'ai tenté le premier essai de classification phylogénétique dans ce
sens ( 2 > 3 ' 4 ). L'emploi de ce caractère, qui permit notamment de
déterminer les affinités de diverses familles (Trigoniidœ, Anomiidœ,
Dreissensiidœ), se traduisait par une division en cinq groupes de
valeur égale.
Des objections y ont été présentées, par Neumayr ( 5 ), Grobben ( 6 ),
Rice ( 7 ), Plate ( 8 ), etc., et, assez récemment, par Dali ( 9 ), ce dernier
auteur se basant sur le fait que les genres Euciroa (Anatinacé) et
Gallocardia (= Vesicomya [CyprinideJ) auraient des branchies du
(!) Ray Lankester, « Mollusca » [Encyclopœdia Britannica), ninth édition,
vol. XVI, 1883, p. 691).
( 2 ) Pelseneer, Report on the Anatomy of the Deep-Sea Mollusca, Challenger
Reports, part LXXIV, 1888, p. 34 à 40.
( 3 ) Pelseneer, « Sur la classification phylogénétique des Pélécypodes » {Bulletin
scientifique de la France et de la Belgique, vol. XX, 1889, p. 42 à 52).
( 4 ) Pelseneer, « Contribution à l'étude des Lamellibranches » [ArcJi. de Biol.,
vol. XI, 1891, p. 271. à 279).=-.
( 5 ) Neumayr, « Beitrage zu einer morphologischen Eintheilung der Bivalven »
{Benhschr. k. Akad. der Wiss. [Math.-Naturw. KL], Bd. LVIII, 1891, p. 3).
( G ) Grobben, « Beitrâge zur Kenntniss des Baues von Cuspidaria (Neaera), cuspi-
data Olivi, nebst Betrachtungen ùber das System der Lamellibranchiaten « (Arb.
Zool. Inst. Wien, Bd. X, 1892, p. 31).
( 7 ) Rice, « Die systematische Verwertbarkeit der Kiemen bei den Lamelli-
branchiaten » (Jen'aische Zeitschr. f. Naturw., Bd. XXXI, 1897, pp. 81, 82).
( 8 ) Plate, « Giebt es septibranchiate Muscheln? » (Sitzungs-Ber. Gesellsch.
Naturforsch. Fr. Berlin, 1897, p. 24).
( 9 ) Dall, « Contributions to the Tertiary Fauna of Florida », part III (A new
Classification of the Pelecypoda) (Trans, Wagner Free Institute of Science of Phila-
delphia, vol. III, 1895, pp. 504, 505).
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LIX
type Protobranche : ce qui montrerait que le système de classification
d'après les branchies serait sans base solide.
Mais les nouvelles investigations de Ridewood (entreprises à l'inspi-
ration de Ray Lankester) ( l ) ont montré que c'étaient les objections
qui n'étaient pas fondées, Euciroa et Callocardia (= Vesicomya)
ayant des branchies typiques d'Eulamellibranche.
Grâce au progrès de nos connaissances, la classification basée sur
les branchies peut être améliorée par la suppression du groupe Pseu-
dolamellibranches, dont les deux sous-ordres polyphylétiques, Pecti-
naeea et Ostreacea, peuvent être versés respectivement dans les
Filibranches et les Eulameilibranches, ces deux anciennes divisions
correspondant ainsi à celles que propose Ridewood, sous les noms
respectifs de Eleutherorhabda et Synaptorhabda.
D'autre part, la coquille (et surtout la charnière), est demeurée le
seul autre appareil dont les caractères sont employés dans la classi-
fication des Lamellibranches, surtout par les paléontologistes : Neu-
mayr ( 2 ), Dali ( 3 ), Bernard ( 4 ), etc., et les subdivisions le plus com-
munément usitées, correspondent plus ou moins à celles tirées de la
structure des organes respiratoires :
Prionodesmacea = Protobranchia -\- Filibranchia -f- (Najades et
Ostreacea).
Teleodesmacea =■ Eulamellibranchia — (Anatinacea et Najades^.
Anomalodesmacea = Anatinacea -\- Septibranchia.
Pour ce qui est de la valeur de ce dernier groupe Septibranchia,
l'organe si caractéristique, dont l'aspect a donné le nom à la classe
entière (« Lamellibranches »), y est profondément transformé, au
point d'être beaucoup plus différent de toutes les autres sortes de
branchies que celles ci ne diffèrent entre elles. Et si le groupe Septi-
( l / Ridewood, « On the structure of the Gills of the Lamellibranohia » (Phil.
Tram. Roy. Soc. London, B, vol 195, 1903, pp. 224, 270).
( 2 ) Neumayr, loc. cit.
( 5 ) Dall, loc. cit.
if) Bernard, « Recherches ontogéniques et morphologiques sur la coquille des
Lamellibranches » (Ann. Sci. nat. [Zool.], sér. 8, t. VIII).
LX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
branchia n'est pas opposé à tous les autres Lamellibranches, il
constitue au moins un groupe équivalent aux trois autres subdivisions
des Lamellibranches : Protobranchia, Filïbranchia et Eulamelli-
branchia.
Et quant à la validité même du caractère spécial des Septibranchia,
la série Lyonsiella (Anatinacé), Poromya, Silenia — Cetoconcha et
Cuspidaria ( l ) montre un accroissement graduel de fibres musculaires
dans le bord intérieur des filaments branchiaux ou de leurs équiva-
lents, de sorte que toute objection relativement à l'origine branchiale
du septum, à cause de sa nature musculaire, n'est pas fondée ( 2 ).
Enfin, l'origine de l'extension antérieure et postérieure du septum
et de ses attaches musculaires, vers les deux extrémités, à la
coquille, se trouve dans les contractions physiologiques de l'organe,
ayant pour but d'assurer un courant d'eau sur la surface respiratoire
de la chambre supra-septale.
LES DÉPÔTS QUATERNAIRES ET LEURS FAUNES.
CAUSERIE GÉOLOGICO-PALÉONTOLOGIQUE,
Par le baron VAN ERTBORN.
Pendant longtemps, comme on l'a fait remarquer bien souvent,
l'étude des terrains quaternaires fut complètement négligée. D'Oma-
lius et Dumont n'en disent que quelques mots et rien n'est plus vague
que leurs trois termes quaternaires : Silex et cailloux, Limon hes-
bayen, Sable campinien.
Lors de la publication du Prodrome d'une description géologique
de la Belgique, en 1868, M. G. Dewalque résuma avec beaucoup de
précision l'état des connaissances au sujet de ces dépôts. Il rappelle
que dès 1833, Schmerling avait fouillé les cavernes de la province
de Liège et découvert un grand nombre d'espèces d'animaux, dont les
unes sont éteintes, les autres émigrées et dont quelques-unes habitent
encore le pays.
En 1864, lé Gouvernement chargea M. Ed. Dupont de l'explo-
ration des cavernes de la vallée de la Lesse. L'année suivante,
(*) Série dont, j'ai établi les affinités en 1888 (loc. cit.).
( 2 ) Mon interprétation de ce septum a été confirmée par les études de Grobren et
de Ridewood (Joe. cit.).
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXJ
M. Dupont tenta d'établir le parallélisme entre les dépôts des cavernes
et ceux de lexiérieur. Il divisa les premiers en trois étages :
Etage supérieur à Cervus tarandus,
— moyen à Ursus spœlœus,
— inférieur à Elephas primigenius,
comme suite de la prédominance de chacune de ces espèces.
M. Éd. Dupont modifia plus tard cette classification, en fondant
en un seul les deux étages inférieurs. Ceux-ci sont à l'extérieur les
équivalents du Gampinien actuel Q2. L'étage à Cervus tarandus ne
peut être que l'équivalent du Flandrien Q4, toutefois le manque
absolu de fossiles dans cette dernière assise ne permet pas d'établir un
parallélisme bien rigoureux.
L'assise inférieure de l'échelle stratigraphique actuelle, à faune de
YElephas antiquus, n'est pas représentée dans les cavernes; le peu de
progrès qu'avait fait le creusement des vallées à cette époque et leur
peu de profondeur au-dessous des plateaux n'aura guère rendu habi-
tables les cavernes des hauts niveaux, si déjà il y en avait.
Dumont divisa donc les dépôls quaternaires de la Belgique en Silex
et cailloux, Limon hesbayen et Sable campinien.
S'il est un terme vague, c'est celui de « silex et cailloux », car il
en est de tous les temps et beaucoup d'entre eux sur les hauts plateaux
sont d'âge préquaternaire, d'autres ont été remaniés, peut-être plu-
sieurs fois, derniers vestiges d'étages tertiaires disparus; ils se
retrouvent sur les plateaux, les terrasses et les flancs des vallées, ou
se sont accumulés au fond de celles-ci à l'époque de leur creusement
maximum.
A ce niveau, leur gisement date de la fin du Quaternaire moyen
campinien, car c'est dans ce niveau à gros éléments qu'on avait déjà
trouvé des molaires et des ossements de Mammouth, des dents et des
ossements de Rhinocéros ( l ).
Les amas de silex de dénudation paraissent aussi avoir été rangés
dans le Diluvium, quoique ces amas se soient formés fort paisiblement
par suite de la dissolution de la craie par les eaux météoriques. Dans
ce cas, ils sont souvent brisés par suite de leur tassement irrégulier.
Ayant eu l'occasion de faire des fouilles dans le bois de Ghlin, nous
v
(!) G. DewalqUe, Prodrome, p. 239.
LXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
trouvâmes les silex de Saint-Denis empâtés dans une argile rougeâtre
de résidu, tout le calcaire ayant été éliminé. Ces gros rognons étaient
d'une fragilité telle qu'au moindre choc, ils tombaient en débris angu-
leux.
Les dépôts diluviens, nous dit encore M. G. Dewalque (*), sont fort
restreints sur le versant méridional de l'Ardenne; on y a trouvé
cependant des débris û'Elephas primigenius et de Rhinocéros ticho-
rinus, etc., dans une assise de cailloux roulés.
Enfin, comme nous l'avons dit précédemment, tous les sables
étaient désignés comme Campinien et tous les limons comme
Hesbayen. Cette classification offrait l'avantage de se faire en un
tour de main.
La limite entre ces deux dépôts courait de l'ouest à l'est; de
Dixmude à Maestricht en passant par Ypres, Courtrai, Audenarde,
Alost, Malines, Louvain et Hasselt. Cette limite est bien vague,
et l'on peut s'étonner que, plusieurs années après Schmerling, qui
avait démontré victorieusement bien auparavant la contempora-
néité de l'homme et des grands animaux éteints, on ait attaché si
peu d'importance aux couches contemporaines de nos ancêtres et
si intimement liées à l'existence des premiers hommes dans nos pro-
vinces.
On a longtemps discuté sur l'âge relatif du sable campinien et du
limon hesbayen. Chaque opinion avait ses partisans et ses adver-
saires et, comme il arrive toujours, faute de connaissance de cause,
tout le monde avait tort et raison. A première vue, cela paraît
paradoxal, mais en réalité c'est vrai : en Campine, il y a deux
grandes formations sableuses, identifiées à tort.
En effet, si les partisans du sable campinien junior n'avaient en
vue que le Flandrien, ils étaient dans le vrai; si, d'autre part, les
Hesbigneux, partisans du limon junior, le comparaient au sable du
haut plateau du Limbourg, peut-être même au Diestien blanc ( 2 ), in
situ bien entendu, ils avaient de leur côté parfaitement raison et
à fortiori quand ils avaient pour arme offensive un sable d'âge
tertaire. On tournoyait dans un cercle vicieux; il s'agissait donc
de s'entendre et ce ne fut pas chose facile.
( r G. Dewalque, Prodrome, p. 240.
( â ) Région dunnle des sables à Isocardia cor, le blanc, t le belge, en opposition uvec
le noir de Diest, le congolais.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXI1I
Quand on manque de lumière chez soi, on fait bien de s'éclairer de
celle du voisin; l'étage sparnacien vient encore de l'apprendre à nos
dépens. En Gampine, cette lumière se trouvait dans l'ouvrage mémo-
rable de Staring, De Bodem van Nederland; sa lecture aurait jeté
beaucoup de lumière dans le chaos. Malheureusement, il est écrit en
néerlandais, langue peu familière aux géologues, et sa traduction, vu
son étendue, aurait été un travail de bénédictin, auquel nous ne
pouvions songer.
Après lecture de l'ouvrage de Staring, un géologue en excursion
en Limbourg constatait sur le plateau, situé au nord du Démer,
que dans cette région se trouvait l'estuaire de la Meuse à l'aurore
des temps quaternaires ( 1 ). Il reconnaissait que les cailloux des
ballastières de Genck et les sables du plateau avaient été amenés
par la Meuse, les derniers partim remaniés du Pliocène sous-
jacent et qu'il avait devers lui le Diluvium de la Meuse, de Staring
(1853).
Notre géologue, à la suite de sa prospection, en arrivait aux
conclusions suivantes :
1° Que dans cette région, les dépôts quaternaires étaient d'origine
fluviale ;
2° Que depuis la sédimentation de ces dépôts, le sol s'était relevé
d'au moins 80 mètres et que le fleuve s'étant déplacé vers l'est, s'était
creusé depuis lors une profonde vallée.
Il en arrivait donc infailliblement à la conclusion qu'un temps très
long s'était écoulé depuis la sédimentation de ces dépôts, datant de
l'aurore de l'ère quaternaire ( 2 ).
Notre géologue, à qui la série stratigraphique du Tongrien infé-
rieur devait être bien connue, faisant ensuite une exploration dans les
briqueteries des rives de l'Escaut et du Rupel, ouvertes depuis plu-
(*) Et peut-être, même probablement plus tôt.
( 2 ) Les sables à Corbula striata, que l'on croyait cantonnés dans la banlieue
d'Anvers, ont gagné du terrain. Notre ami M. E. Van den Broeck leur avait déjà
concédé un coin dans l'angle nord-ouest du Limbourg ; depuis lors, ils ont envahi le
plateau campinois de cette province et selon toutes probabilités, ils se sont étendus
beaucoup plus loin vers le Sud. L'embouchure de la Meuse tertiaire, au moins
pendant le Pliocène, devait se trouver encore bien plus loin vers le Sud.
LXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
sieurs siècles, et aurait observé au-dessus de l'argile rupelienne une
série de dépôts, absolument semblables à ceux du Tongrien inférieur et
appelée depuis avec beaucoup de justesse le « cycle sédimentaire » l 1 ).
Il devait en conclure que puisque le Tongrien inférieur est de forma-
tion marine, une sédimention absolument semblable devait son
origine aux mêmes causes et qu'à ce point de vue ces dépôts étaient
absolument différents de ceux du Limbourg, de formation fluviale.
Toutefois, la différence d'âge n'était pas établie.
Les Éléphants apparaissant toujours au bon moment et leurs
squelettes venant mettre un terme aux discussions humaines, la solu-
tion complète de la question ne devait pas se faire attendre; en effet,
le 28 février 1860, au creusement de la dérivation de la Nèthe à
Lierre, on découvrit le squelette entier de Mammouth, qui figure au
Musée royal d'histoire -naturelle de Bruxelles. Il aurait été facile de
constater alors, comme nous l'avons fait plus tard, qu'il gisait à
l'extrême limite du creusement de la vallée de la Nèthe, en dessous du
petit cycle sédimentaire flandrien.
On avait donc d'une part, sur le plateau du Limbourg, des dépôts
datant du commencement du creusement des vallées et, à Lierre,
d'autres dépôls datant de leur remplissage et dominés au nord
par les argiles polderiennes de la Meuse, argiles occupant le
faîte de partage des deux bassins Escaut-Meuse et donc strati-
graphiquement plus anciennes que le Flandrien, qui les recouvre
d'ailleurs.
Le gisement du squelette d'Elephas primigenius de Lierre est donc
la clef de voûte des assises quaternaires moyenne et supérieure,
comme celui de YElephas antiquus du fort d'Hoboken est la clef de
voûte de l'assise inférieure.
Décidément la banlieue d'Anvers est une région favorisée au point
de vue paléontologique ; que de fossiles rupeliens, bolderiens, scaldi-
(') L'origine marine du Flandrien ne nous avait pas échappé, car en collaboration
de feu Petit, lieutenant de vaisseau et ingénieur hydrographe de la marine, nous
avions fait une étude comparative du fond de la mer du Nord et du relief de la
Campine anversoise et nous avions établi que ce relief est dû à une érosion marine
{Bulletin de la Société de Géographie d'Anvers^ t. IV, 1879), et P. Cogels et 0. van
Ertbokn [Texte explicatif du levé géologique de la planchette de Lierre, 1880). Nous
avons déjà mis en regard d'ailleurs la série de ses sédiments comparée à celle du
Tongrien inférieur.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXV
siens et poederlieos ne renferme- telle pas, que de débris de Cétacés
et de Poissons et, pour couronner l'édifice, voici les Éléphants, non
pas à l'état de débris roulés et épars, mais in situ. Enfin, la houille
et les eaux sulfureuses en grande profondeur (Santhoven, 18 kilo-
mètres à l'est d'Anvers). Calmphout-les'-Bains ne sera bientôt plus
une invraisemblable antinomie!
Un obstacle singulier s'est opposé, semble-t-il, aux progrès de
nos connaissances au sujet des terrains quaternaires. Les couches
tertiaires s'explorent de bas en haut et les couches quater-
naires s'explorent de haut en bas, toutefois un peu obliquement.
Le Quaternaire supérieur seul se relève légèrement et peut
atteindre la cote 40. A Hoboken et à Anvers, le Flandrien recouvre
le Quaternaire inférieur Ql, à Lierre le gisement du Mam-
mouth Q2 et dans le nord de la Gampine anversoise les argiles (Ql)
moséennes.
Tel était d'une manière générale l'état de nos connaissances au
sujet des terrains quaternaires en Belgique, lorsqu'à la fin de
l'année 1878, M. P. Gogels et moi, nous commençâmes le levé
géologique au 20,000 e des planchettes de Gontich et d'Hoboken l 1 ).
Les étages tertiaires nous étaient bien connus. Us étaient repré-
sentés par le Rupelien et l'Anversien ( 2 ). Nous fîmes erreur en dési-
gnant sous le nom de Wemmelien le sable sous-jacent à l'argile de
Boom et affleurant en sous-sol sur une étendue restreinte; la vogue
était à cette époque à l'Èocène supérieur, et toutes preuves paîéonto-
logiques faisaient complètement défaut. La découverte due à l'un de
nous du Pecten stettinensis et plus tard d'une faune nombreuse,
racheta au moins partiellement notre faute.
L'échelle stratigraphique des couches qualernaires constituait la
grosse difficulté.
(*) M. M. Mourlon n'a publiera Géologie delà Belgique qu : en 1880. Le rapport
de M. de la Vallée-Poussin concluant à l'acceptation de nos travaux est daté du
30 septembre 1879. Les textes explicatifs des levés des feuilles de Bruxelles et de
Bilsen sont l'un et l'autre de 1883.
( 2 ) Désigné à présent sous le nom de Bolderien. On aurait pu conserver le terme
Anversien comme suit :
Assise anversienne.
Etage Bolderien. ,
( — bolderienne.
Division très rationnelle et qui aurait permis d'éviter le Cap des Tempêtes.
T. XXXVIII, 1903 5
Mai 10) 03.
LXVI
SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
'
Nous en arrivâmes à la rédaction suivante :
Échelle stratigraphique des dépots quaternaires
Epoque
quaternaire.
/ Càmpinien supérieur.'
Campinien inférieur .
Quaternaire fluviatile
Quaternaire inférieur.
Sables.
Sables plus ou moins argileux, argiles,
sables et graviers.
Argile noire tourbeuse, sables rema-
niés et transportés, dépôts argilo-
sableux avec coquilles d'eau douce et
terrestres, ossements de grands ani-
maux éteints et fossiles remaniés :
graviers et cailloux.
Sable argileux, coquilles marines rema-
niées, gros éléments roulés, cailloux
et graviers.
Cette échelle renferme une défectuosité, facilement explicable.
Nous avions à faire également la carte du sol. Le Campinien supé-
rieur désignait les sables peu fertiles; il aurait été inconséquent de
les assimiler comme sol aux couches argilo-sableuses du Campinien
inférieur, qui constituent une terre arable de première qualité.
Le Limon hesbayen n'étant pas représenté sur le territoire de ces
planchettes, nous n'avions pas à nous en occuper, lorsque par un
heureux hasard, des sondages exécutés à Menin et à Courtrai, et
n'ayant aucun rapport avec nos levés géologiques, nous firent décou-
vrir la superposition du Campinien (Flandrien actuel) sur le Limon
hesbayen f). Le fait fut parfaitement confirmé depuis.
Nous pouvions donc intercaler, en 1880, le Hesbayen à son niveau
découvert par nous, dans notre légende de 1879, pour avoir absolu-
ment la légende adoptée bien postérieurement pour le levé de la carte
géologique au 40,000 e ( 3 ). Les voici en regard :
Légende
Légende
de Cogels et van Ertborn (1879).
de la carte géologique.
Q4 Campinien.
Q4
■ Flandrien.
Q3 Hesbayen.
Q3
Hesbayen.
Q2 Quaternaire fluviatile.
Q2
Campinien.
QI Quaternaire inférieur.
Ql
Moséen.
( 1 ) Texte explicatif du Levé géologique des planchettes d'Hoboken et de Contich,
p. 10.
( 2 ) P. CoGEr.s et O. van Ertborn, Mélanges géologiques, p. 2. Anvers, le
22 janvier 1880.
(?) Ce qui fut fait dans le Texte explicatif du Levé géologique de la planchette de
Lierre, 1880.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LXVII
Quoique ne voulant point imiter le hibou de la fable, qui prisait sa
progéniture au-dessus de toutes autres, nous préférons nos dénomi-
nations à celles employées par le Service officiel.
Notre Gampinien Q4 est vraiment campinois, car il s'étend sur la
plus grande partie de la Gampine, tandis que le Gampinien Q2 y fait
presque défaut ; on évitait ainsi les justes foudres de notre savant
confrère, M. G. Dollfus, qui trouve le nom donné à Q2 détestable ( T ).
Il n'est pas le seul.
Notre Quaternaire fluviatile comprenait tous les dépôts d'eau douce
de l'âge du Mammouth. Enfin, dans notre Quaternaire inférieur,
nous avions eu bien soin de noter les fossiles marins comme remaniés.
On évitait ainsi le malheureux Moséen marin, qui n'existe pas en
Belgique, comme nous l'avons démontré ( 2 ). Le Diluvium de la Meuse
est entièrement d'origine continentale. A Anvers-Stuyvenberg et dans
la partie basse d'Hoboken, il y a certainement des traces d'action
marine, mais n'oublions pas qu'à Anvers le niveau du sol n'a guère
varié, que le cordon littoral ou Étage scaldisien occupe très approxi-
mativement son niveau de formation. Il se peut donc qu'au moment
du retrait de la mer vers le nord à l'aurore des temps quaternaires,
il se soit produit quelque action dénudatrice dans cette région.
Nous avons souligné le mot remaniés employé par nous pour
désigner les fossiles trouvés dans le gisement quaternaire ancien
du fort d'Hoboken. On pouvait nous objecter la pureté de la faune
découverte en ce point ( 3 ), lorsqu'un éboulement heureux mit à
jour le restant du squelette iïElephas antiquus, dont une partie
n'avait pas été recueillie lors de la construction du fort. Mantiquus
fit donc aussi son apparition au moment opportun; il démontra à
l'évidence que nous avions bien interprété les dépôts quaternaires
d'Hoboken. Ces mêmes dépôts sur la rive gauche de l'Escaut (terri-
toires des planchettes de Saint-Nicolas et de Beveren), que nous
avions également rangés dans le Quaternaire inférieur ( 4 ), sont figurés
comme Pôederlien, Pliocène supérieur marin sur la Carte géologique
au 40,000 e . Du Pliocène marin à Elephas antiquus in situ, cest
La Feuille des Jeunes naturalistes, n° 386, p. 10.
Société belge de Géologie et d'Hydrologie, t. XVI, p. 46. Mémoires.
( 3 ) P. Cogels et O. van Ertborn, Texte explicatif du Levé géologique des
planchettes d'Hoboken et de Contich, p. 29.
(*) M. Rutot range également ces dépôts dans le Quaternaire (voir Société belge de
Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie, t. IX, 1896, pp. 305 et 306),
(i\
LXYIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
quelque chose d'inédit; quelle chance que M. G. Dollfus ne soit pas
tombé sur cette piste : il aurait frappé d'estoc et de taille sur ce
singulier Cétacé !
Nous ne pouvons faire ici un examen critique complet de la partie
de la Légende de la Carte géologique relative aux dépôts quater-
naires. Nous dirons seulement que nous ne pouvons admettre dans le
Hesbayen le niveau à gros éléments Q3#, cailloux, gravier, sable et
tourbe du fond des vallées principales (*), placé dans la série quater-
naire bien au-dessus du limon hesbayen et de l'assise Q2, caractérisée
par la faune du Mammouth.
Ce niveau à gros éléments est la base de Q2, car, à Lierre, le
squelette de Mammouth se trouvait à la cote 0, soit à la limite
extrême d'érosion de la vallée de la Nèthe qui, si elle n'est pas l'une
des deux vallées fluviales, est l'une des principales vallées secondaires
en Belgique. VElephas primigenius se trouvait là in situ, dans son
gisement type, au niveau donc de la couche à gros éléments, dont
nous venons de parler. La preuve paléontologique est donc indis-
cutable.
Le limon hesbayen est pour nous d'origine fluvio -glaciaire, presque
lacustre, remanié peut-être en quelques points par l'action éolienne,
dont nous parlerons plus loin.
Avant de traiter du mode de sédimentation du limon, nous ferons
une excursion dans la plaine maritime. Personne n'ignore que le
cordon dunal de la mer du Nord en Belgique sert de limite à
une zone polderienne d'environ 15 kilomètres de largeur. On se
demandera peut-être, non sans étonnement, comment les alluvions de
l'Escaut ont pu se confondre avec celles de l'Yser et former ainsi une
large bande en arrière des dunes. Il est évident que, si de nos jours,
les digues du fleuve étaient supprimées, les eaux ne pourraient à
chaque marée parcourir des distances aussi grandes et que rapide-
ment des chenaux profonds se creuseraient dans les parties les plus
basses. Tel ne paraît pas avoir été le cas. Il semble plus probable
qu'un ancien bras de l'Escaut, aujourd'hui comblé et dont feu le lieu-
( d ) Dans l'interprétation des coupes de Menin et de Courtrai (P. Cogels et 0. van
Erthorn, Mélanges géologiques, p. 5), nous avons mis cette couche à la base du Qua-
ternaire inférieur. C'est une erreur : elle est à la base du Quaternaire moyen.
A Courtrai, les érosions n'ont pu atteindre la cote à la fin de la période contem-
poraine de la faune à VElephas antiquus.
BULLETINS DES SËANGES. — ANNÉE 1903. LXIX
tenant- général du génie Wauvermans, ancien président fondateur de
la Société de géographie d'Anvers, croyait retrouver les traces dans
certaines dépressions des polders, coulait à quelques kilomètres au
sud et parallèlement au Hont ou Escaut occidental actuel. Le Zwyn,
ancien port de Bruges, en aurait été le dernier vestige sur le
littoral ( ! ); dans les environs d'Anvers, le fleuve se serait bifurqué un
peu en aval du site occupé par la ville. Le bras méridional aurait
passé non loin du village de Zwyndrecht, dont le nom flamand est
identique à celui de Maestricht : le passage du Zwyn et le passage de
la Meuse (Mosce trajectum).
Le Hont, d'ailleurs, paraît être fort récent, tout au moins comme
bras principal du fleuve et naurait été qu'un cours d'eau d'importance
toute secondaire entre le Zwyn et l'Escaut oriental pendant les pre-
miers siècles de notre ère.
Il est donc très possible, même probable, que Fembouchure du
Zwyn ait été barrée à l'époque de la sédimentation du limon polde-
rien, comme le fut celle du Rhin, non loin de Leyde, au commence-
ment du xix e siècle.
Les eaux limoneuses auraient submergé toute la région, basse en
arrière des dunes, la transformant en un vaste lac marécageux, où le
limon polderien se déposa.
De cette manière, le jeu des marées n'aurait pu se faire sentir, car
si deux fois par jour, le flot avait dû inonder la plaine, il y aurait
laissé de nombreuses traces de son passage.
Aucun argument sérieux ne saurait être opposé à cette hypothèse;
elle seule peut expliquer l'état des choses dont nous venons de
parler.
Ceci exposé, revenons- en au Limon hesbayen, que nous considé-
rons absolument comme un dépôt fluvio-lacustre s'étant déposé
identiquement dans les mêmes conditions que le Limon polderien de
la région polderienne côtière. Le barage n'aurait pas été le sable
f 1 ) Son tracé n'est pas bien difficile à rétablir : sur une très vieille carte de l'Escaut
maritime, comprenant les dates d'endiguement des polders, avec leur contenance en
gemeeten, nous voyons le Zwyn ou Zwin ; au fond de celui-ci, un petit polder de
300 hectares, le Sophia, endigué en 1807, puis le Nieuioe Passagcn (un nom
typique) conduisant les eaux dans le Brackman; on suit ensuite les grandes eaux
intérieures jusqu'au petit Fcrdinandus P., au sud de Hulst. A très petite distance à
l'ouest, commence le Melkader, dont l'issue est actuellement à Calloo, mais qui, visi-
blement, a eu un bras venant de Zwyndrecht.
LXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
dunal, mais le grand glacier du Nord. J. Geikie la dit il y a déjà
longtemps ( ! ).
« Le grand glacier, en s'étendant sur la plaine basse de l'Eu-
« rope centrale, barra tous les fleuves qui avaient leur débouché
« vers le nord. Il dut alors se former au sud de la banquise une
« région fluvio-lagunaire sur laquelle les courants, à la suite des
« embâcles de vallées, s'étalèrent sur d'immenses surfaces et ame-
« nèrent la sédimentation du limon hesbayen d'origine fïuvio-gla-
« ciale. »
Nous pourrions étayer cette opinion par un grand nombre de
preuves stratigraphiques, ce qui nous ferait sortir du cadre que nous
impose cette causerie. Passons. Il nous a suffi d'établir la similitude
qui existe entre le mode de sédimentation de l'argile polderienne de
la plaine maritime et celui du limon hesbayen.
La période glaciaire a donné lieu à de longues controverses. On
a même fait intervenir plusieurs périodes glaciaires. Nous n'en
admettons qu'une seule, parce qu'elle suffit à expliquer tous les phé-
nomènes qui se sont produits à cette époque. Une seconde période
glaciaire serait pour nous absolument inadmissible, de plus matériel-
lement impossible. En effet, pour que les phénomènes glaciaires
puissent se produire, il faut a priori un grand massif montagneux.
Les mers de glace ne peuvent se former qu'à un niveau, celui des
neiges éternelles. Si l'on pouvait abaisser le niveau des Alpes, les
glaciers, faute d'alimentation, disparaîtraient rapidement. Ces faits
sont admis par tout le monde. Il a dû exister dans l'extrême Nord
un massif montagneux énorme, dont les montagnes aujourd'hui
rabotées de la presqu'île Scandinave sont les derniers vestiges.
Le mouvement alternatif d'avancement et de retrait des glaciers,
qui, de nos jours, ne se produit plus que sur une échelle réduite,
a dû, à l'époque, quaternaire, avoir des proportions énormes, par
suite de l'importance du massif montagneux et de sa situation dans
la partie septentrionale du globe. Il en résulte qu'en apparence, il y
a eu plusieurs périodes glaciaires.
En apparence donc, le fait est possible, en réalité il ne l'est pas.
Le grand glacier du Nord disparut lorsque le massif, où il avait son
( 1 ) Address lue à la séance de la Société Géologique d'Edimbourg, le 20 no
vembre 1884.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXXÏ
origine, fut raboté au point que toute alimentation supérieure devint
impossible.
Pour qu'une seconde période glaciaire puisse se produire, il fau-
drait que les montagnes repoussent et reprennent leur ancienne alti-
tude, ce qui nous semble absolument invraisemblable.
Les glaciers ont disparu dans les Vosges devenues trop basses; ils
ont diminué dans les Alpes, dont le relief s'est beaucoup atténué
depuis les temps quaternaires; plus hautes de 2,000 ou 3,000 mètres,
les phénomènes glaciaires reprendraient leur ancienne intensité.
°Le limon hesbayen s'est donc déposé dans le lac fluvio-lagunaire
formé par le barrage de glace, interceptant l'issue des fleuves vers
le Nord.
Les retraits et les avancements de la masse de glace ont amené
probablement des assèchements, suivis d'inondations nouvelles, dont
les dépôts successifs ont fait croire à plusieurs limons d'âge différent.
Pour nous, ils datent tous de la période hesbayenne; ils se sont
déposés comme un manteau sur les reliefs du sol, peu différents de
ceux de nos jours. Plus tard, sous l'action des eaux météoriques, une
grande partie de ces limons fut remaniée et même entraînée par
les rivières, pour former les régions polderiennes des fleuves.
A l'assise hesbayenne appartient aussi un dépôt d'origine éolienne,
désigné sous le nom de Brabantien. Depuis longtemps la question
des limons éoliens a attiré l'attention des çéolo^ues. Richthofen a
décrit ceux de la Chine, où ils atteignent une puissance énorme.
Désireux d'avoir une explication complète de ces phénomènes, feu
A. Briart et moi nous nous rendîmes à Scheut, pour consulter le
R. P. De Deken (*) à leur sujet.
Mon compatriote, car nous sommes nés l'un et l'autre au même
lieu, nous donna les détails les plus complets, confirmés par ses
confrères, tous vétérans de l'Asie centrale.
Il nous dit que de violentes tempêtes du Nord-Ouest amenaient des
nuées de poussière jaunâtre, impalpable, pénétrant tout, et que la
quantité était telle qu'après chaque tempête elle formait une couche
(*) Né à Wilryck, près d'Anvers, il avait séjourné onze ans en Mandchourie avant
d'entreprendre son grand voyage transcontinental avec le Prince Henri d'Orléans
et M. Bonvalot. « Sans lui nous ne serions jamais arrivés », nous disait M. Bonvalot.
Il mourût pendant son second séjour au Congo. Rendons un respectueux hommage
à cet intrépide explorateur. (O. v. E.).
LXXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
de 3 à 5 centimètres d'épaisseur. Le point de départ de ces nuages
poussiéreux devait être très éloigné, car personne ne put éclairer les
missionnaires à ce sujet.
Il en résulte qu'en Mandchourie, il y a apport de matériaux venant
de très loin. Tel est-il le cas en Belgique? Nous ne le croyons pas.
Les dépôts de l'espèce, si localisés en Belgique, paraissent être plutôt
le résultat de remaniements sur place par l'action des vents. Il fau-
drait donc les assimiler, comme mode de formation, aux dunes
terrestres ou maritimes, et, dans ce cas, il nous est impossible de les
ranger dans une assise spéciale. Le Brabantien, jusqu'à preuve au
contraire, doit donc être considéré comme un faciès hesbayen et non
comme une assise spéciale. Il n'y a pas eu probablement apport de
matériaux, à peine transport local.
Les grandes lignes de démarcation des assises quaternaires ne sont
pas aussi difficiles à établir qu'on pourrait le croire.
L'extension de la mer pliocène vers le Sud fut considérable, car les
sables diestiens se retrouvent jusque sur les sommets des collines du
nord de la France et du sud de l'Angleterre. Un mouvement de bas-
cule fit plonger une partie de ce fond de mer vers le Nord et releva
l'autre partie vers le Sud. Le fait est bien connu.
Il se forma ainsi un grand plan incliné, dont quelques pentes vers
le Nord et les sommets de quelques collines sont les derniers vestiges.
Tous les versants inclinés dans d'autres directions sont l'œuvre d'éro-
sions postérieures.
C'est sur les lambeaux de la grande pente primitive que se trouvent
les dépôts du Quaternaire inférieur ou Moséen, à Hoboken avec
YElephns antiquus in situ, sur le sommet de la colline d'Àdeghem et
dans les environs de Saint-Nicolas en Flandre, à Anvers-Stuyvenberg,
à Ânvers-Zurenborg, à Deurne, etc. Enfin, sur le plateau du Lim-
bourg et sur la crête de partage entre les bassins de la Meuse et de
l'Escaut, dans la partie septentrionale de la province d'Anvers.
De Genck jusqu'au nord d'Anvers, on peut suivre le Moséen, repo-
sant sur l'étage pliocène poederlien, toujours sur le faîte de partage.
Le caractère stratigraphique fondamental du Quaternaire ancien
moséen est donc de reposer sur le sommet des couches tertiaires et
iamais dans leurs érosions.
Si, dans la Belgique centrale, nous traçons deux lignes méri-
diennes (planche I) : la première partant du Nord à la cote 0, puis
tangente au vif fond des vallées dans la direction du Sud, cette ligne
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXX11I
sera voisine de l'horizontale, la seconde partant du même point et
suivant l'ancien plan incliné formé par le fond de la mer pliocène ;
celle-ci atteindra la frontière française vers la cote +175 mètres
environ, — tout ce qui se trouvera au-dessus de la seconde ligne
sera d'âge moséen, et tout ce qui se trouvera compris entre les deux
lignes sera d'âge campinien ou hesbayen, sauf dans la basse plaine
et quelques vallées inférieures, où le Flandrien recouvre le Quater-
naire moyen.
En effet, c'est pendant l'âge du Mammouth que se firent les grandes
érosions des couches tertiaires et l'ablation de la plupart d'entre elles
dans la moyenne et la basse Belgique.
Notre ligne n° 2 passera donc entre autres à la cote -{-450 mètres
environ au-dessus de la grande érosion du Hainaut. Il s'ensuit que
dans cette vaste dépression, il n'y a pas de vrai Moséen et toutes les
couches qui y sont rapportées le sont par erreur. Elles se trouvent
non pas seulement de beaucoup au-dessous de la ligne n° 2, mais de
50 à 400 mètres sous la base du Diestien des collines.
Il est donc matériellement impossible qu'elles soient d'âge moséen.
Nous n'avons pas à en fournir la preuve négative au point de vue
paléontologique; la preuve positive incombe à ceux qui ne partage-
raient pas notre opinion. Toutefois, nous exigerons une preuve
paléontologique sérieuse, probante, et nous ne nous contenterons pas
d'un débris roulé, informe, remanié, un voyageur vertical. Cette
preuve se fera attendre, nous en avons la conviction.
Les limites en hauteur et en profondeur sont donc bien nettes pour
le Moséen et le Campinien. Nous avons sur la pente nord à Hoboken
YElephas antiquus in situ, et à vif fond de la vallée de la Nèthe, à
Lierre, YElephas primigenius in situ également. Ces preuves paléon-
tologiques sont absolument indiscutables.
Nous avons exposé précédemment le mode de sédimentation du
limon hesbayen. A cette époque, la faune du Mammouth fut détruite
ou chassée par le froid et les inondations.
I 3 lus tard, après le retrait du glacier, la mer envahit la plaine
basse et les vallées inférieures, la nivela complètement, modela les
collines de la basse Campine. Ses sédiments, remaniés probablement
des couches sous jacentes, sont de peu d'épaisseur, toujours, sauf
vers le littoral, dépourvues de matières organiques ( l ).
On pourrait croire que le test des coquilles fut détruit par l'action dissolvante
LXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Le Moséen est donc caractérisé par la faune de YElephas antiquus,
le Campinien par celle du Mammouth, le Hesbayen par quelques
espèces de Mollusques d'eau douce et terrestres, le Flandrien, près
du littoral, par des coquilles marines récentes, dont une espèce
cependant serait éteinte.
Telles sont, d'après nous, au point de vue stratigraphique et
paléontologique, nos assises quaternaires. On aura constaté que nos
subdivisions furent adoptées pour le levé de la Carte géologique. On
les démarqua assez maladroitement, nous semble-t-il; notre Campi-
nien est bien campinois, tandis que celui de la Légende officielle est
très rare dans cette partie du pays; aussi M. C. Dollfus trouve-t-il
le nom détestable (*) appliqué aux dépôts de l'âge du Mammouth;
objet des quolibets des autres, il devrait être remplacé par le mot
fluviatile.
Nous avons voulu tirer quelques souvenirs de la poussière des
bibliothèques; ils sont vieux déjà d'un quart de siècle et peu
connus.
Nous avons rangé l'Hesbayen dans notre légende du Levé géolo-
gique des planchettes d'Hoboken et de Contich, parce qu'ayant
découvert à Courtrai la superposition du Flandrien et du Hesbayen,
nous pouvions nous accorder ce droit.
Ces considérations nous amènent à remplir un devoir : à rendre
hommage au coup d'œil sûr et perspicace de notre ami et ancien col-
laborateur P. Cogels, qui fonda cette échelle stratigraphique sur un
rocher solide; dans la légende du Quaternaire inférieur on lit les mots
fatidiques : « coquilles marines remaniées ». Ils y brillent comme un
phare lumineux et n'ont pas empêché le Quaternaire moséen marin
de naître, de s'y heurter et de sombrer.
Si nous avons fait erreur en quelques points, nous nous empres-
serons de le reconnaître; loin de nous le mode de parler dogmati-
quement, ex cathedra. Jamais nous ne nous entêterons dans l'erreur,
des eaux d'infiltration, il n'en est rien. Dans la célèbre briqueterie d'Edegiiem, on
pouvait observer au contact immédiat avec la base de petits cailloux (silex et quartz)
du Flandrien des milliers de fossiles parmi les plus délicats et les plus fragiles de
l'étage boldcrien. Dans la Légende de la carte le faciès limoneux du Quaternaire
supérieur, notre Leem bigarré n'est pas indiqué ; il pourrait être du limon hesbayen
remanié.
(*) La Feuille des Jeunes naturalistes, n° 38G, décembre 1892, p. 19, ligne 4.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXXY
nous avons déjà démontré, on le sait, que ce mode d'agir mène
tout droit du Capitole, non pas à la roche Tarpéienne, mais dans le
fond d'un puits naturel.
Au sujet du Quaternaire encore, nous ne pouvons admettre que les
couches à gros éléments soient le toit des assises et non leur base.
Il s'ensuivrait que toute la Belgique devrait être couverte à la sur-
face d'une nappe de cailloux, une vraie plaine de la Grau — horizon
infini de cailloux et de galets, voisin d'Arles (France).
Les dépôts d'origine fluviale, occupant le faîte de partage des
bassins actuels de l'Escaut et de la Meuse, reposent toujours en
stratification concordante sur le Poederlien. Ils n'ont pu se disposer
à ce niveau, qu'antérieurement au mouvement de bascule, qui releva
le sol de la Belgique et produisit l'affaissement de la région néerlan-
daise. La sédimentation de ces argiles et de ces sables est sans con-
teste antérieure au creusement des vallées.
Il s'en suit que ces dépôts pourraient dater de la période pliocène et
être contemporains des crags anglais plus récents que le Poederlien.
Nous étudions cette question et nous ne disons ces quelques mots que
pour prendre date, l'idée étant émise.
La séance est levée à 6 1 L heures.
Séance du 4 avril.
Présidence de M. Dautzenberg.
La séance est ouverte à 4 l / 2 heures.
Les procès-verbaux des séances de janvier à mars, compris dans
les feuilles 1 à 4 des Bulletins de 1903, sont déclarés adoptés.
Correspondance.
L'assemblée décide d'échanger les Bulletins de la Société contre les
publications suivantes :
1° « Broteria », Revis ta de Sciencias naturaes do Collegio de
S. Fiel, à Soalheira (Portugal) ;
LXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
2° Boletin de la Sociedad Aragonesa de Ciencias naturales, à
Saragosse (Espagne).
Bibliothèque.
Dons :
J. Gosselet : Les galets glaciaires d'Ëtaples et les dunes de Camiers.
(Ex : Ann. Soc. géol. du Nord, t. XXXI; Lille, 4902.)
Esquisse géologique du Nord de la France et des contrées voisines;
IV Terrains quaternaires. (Ex : Id., t, XXII, 1903.)
Des remerciements sont votés au donateur.
Dépôts :
Bulletins des séances, t. XXXVIII, 1903, feuilles 1 à 4.
Les Bulletins ayant commencé à paraître sous l'ancien titre de la
Société continueront de même jusqu'à la fin de l'année courante. Les
Mémoires porteront la nouvelle dénomination.
Tirés à part [Bulletins, 1903) :
Baron yan Ertborn : Le système éocène. L étage sparnacien et sa
faune en Belgique. — Les dépôts quaternaires de la Belgique et leurs
faunes.
A. Lameere : L'évolution des Mollusques.
Éd. Delheid : Vestiges de sépultures franques (?) à V avenue Defre,
à Uccle.
Statuts de la Société royale zoologique et malacologique de Bel-
gique (mars 1903).
Communication du Conseil.
Ont été reçus membres effectifs :
MM. Arndt, Adolphe, professeur à l'École normale de Bruxelles;
le baron Raoul de Vrière, à Zedelghem;
Willem, Victor, chef des travaux zoologiques à l'Univer-
sité de Gand,
présentés par MM. Lameere et Rousseau.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LXXVII
Communications.
M. le D r Rousseau propose à la Société de publier dans ses
Mémoires un travail du D r Lendenfeld, de Prague, sur des Spon-
giaires appartenant au Musée de Bruxelles.
M. Rousseau signale quelques captures intéressantes faites récem-
ment en Belgique et qui augmentent le nombre des espèces de Vers
signalés dans notre pays :
Clepsine tessellata, Muller, à Postel;
Dero obtusa, Udek., à Postel;
Hydalina scuta, Ehrenb., à Corbeek.
Gomme espèces nouvelles pour la faune belge, M. Lameere annonce
la capture d'un Oligochète :
Hertwigia menkeanus, à Namur
et d'un Rotifère :
Pheoryctes volvoricola, à Coxyde.
M. Dautzenberg vient d'enrichir sa collection spéciale de mons-
truosités conchyliologiques d'un Buccinum undatum à deux oper-
cules.
M. Lameere montre une série de dessins représentant l'Okapi et le
dieu égyptien Sel h, avec lequel le profil du nouveau Camélopar-
dalide offre une grande ressemblance.
La séance est levée à 5 l / 2 heures.
Séance du 2 mai.
Présidence de M. le baron van Ertborn, vice-président.
La séance est ouverte à 4 1 / 2 heures.
Correspondance.
M. Dautzenberg fait excuser son absence.
M. Séverin remercie pour sa nomination de membre effectif.
LXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
La République du Salvador vient de fonder un Musée scientifique,
agricole et industriel.
L'assemblée décide d'échanger les Bulletins de la Société contre le
Bulletin du Corps des Ingénieurs des Mines du Pérou, à Lima, et les
Annales contre les Bulletins du Musée de Tiflis. •
La Société belge d'Astronomie ayant pris l'initiative de grouper
dans un même local les bibliothèques des diverses sociétés savantes
de Bruxelles adresse à la Société une lettre circulaire accompagnée
d'un questionnaire sur la situation actuelle des bibliothèques des
sociétés et des locaux qu'elles occupent.
Le Secrétaire général est chargé du soin de fournir les renseigne-
ments demandés.
Bibliothèque.
Dons :
De S. A. S. le Prince de Monaco :
La quatrième campagne scientifique de la « Princesse Alice II »,
(Ex : Comptes rendus des séances de l'Acad. des Se; Paris, 1903.)
De M. Gossmann :
Faune éocénique du Cotentin (Mollusques), par M. Cossmann et
G. Pissarro, tome I, fasc. 3. (Ex Bull. Soc. géol. de Normandie;
Le Havre, 1902.) — Note sur ïlnfralias de la Vendée et spéciale-
ment sur un gisement situé dans la commune de Simon-la- Vineuse
par G. Chartron (Stratigraphie) et M.. Gossmann (Paléontologie). (Ex :
Bull. Soc. géol. de France; Paris, 1902.) — Faune pliocénique
de Karikal (Inde française). (Ex : Journal de Conchyliologie;
Paris, 1900.) — Observations sur quelques coquilles crétaciques
recueillies en France (3 e article). (Ex : Comptes rendus de l'Assoc.
française pour l'Avanc. des Se; Congrès de Bouiogne-sur-Mer, 1899.)
— Observations sur quelques coquilles crétaciques recueillies en
France (3 e article) précédé d'une note stratigraphique par M. Pellat.
(Ex : Comptes rendus de l'Assoc. française pour l'Avanc. des Se;
Congrès de Paris, 1900.) — Revue critique de Paléozoologie :
VII, 1903, 1-2; Paris, 1903.
De M. le Ministre de l'intérieur et de l'instruction publique :
Carte géologique internationale de l'Europe à l'échelle du
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LXXIX
1 : 1,500,000, 4 e livraison, feuilles Ci, Gn, Cm, Du, Dm, Em,
Eiv. (Berlin, 1903, piano.)
Des remerciements sont votés aux donateurs.
Travaux pour les Mémoires.
L'assemblée décide l'impression aux Mémoires de 1903, du travail
fait par M. Thum, à la demande du Professeur Lendenfeld, sur
quelques Spongiaires du Musée de Bruxelles. Ce travail, rédigé en
allemand, est intitulé : Bericht tiber eine Sammlung trockener Cha-
lineen Skelete ans dem Brïcsseler Muséum, et est accompagné de
figures.
Aux Mémoires de 1903 paraîtra également un travail de M. Daut-
zenberg consacré aux Récoltes malacologiques de M. Weyers dans le
sultanat de Sambas (Bornéo).
Communications. .
SUR LES RAPPORTS ENTRE CTÉNAIRES ET POLYCLADES,
Par Ad. KEMNA.
1. Diverses théories phylogéniques. — Dans l'intéressant et sug-
gestif discours par lequel M. Lameere inaugurait ses fonctions prési-
dentielles pour 1902 (9 février 1902, ce Bulletin, p. vi), il cite les
Cténophores ou Cténaires comme devant être réunis aux Plathel-
minthes. Il se rallie à une opinion exprimée en 1897 par Éd. Van
Beneden (Anthozoaires du Plankton, p. 182), considérant les Cté-
naires comme des Planaires adaptées à la vie pélagique. Le savant
professeur de Liège dit enseigner ces vues depuis une dizaine
d'années,
Des affinités étroites entre ces deux groupes ont été signalées
depuis longtemps, surtout par Lang(1881 et 1884), mais les relations
étaient interprétées en sens inverse : les Polyclades étaient des
Cténaires rampants.
A. Willey (Quart. J. Micr. Se., 1897) fait dériver Cténaires et
Plathelminthes, des formes primitives Cœloplana et Ctenoplana,
constituées en un groupe des Archiplanoid.es.
Ilœckel (Sysl. Phylogeiiie, II, 1896) est le seul auteur niant des
LXXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
rapports de parenté. Les Platodes descendraient directement des
Gastréades; les ressemblances sont de simples convergences; les
caractères cténaires de la larve de Mùller des Polyclades sont céno-
géniques.
2. Interprétation nouvelle de la larve de Millier. — La larve des
Polyclades a huit appendices ou bras, soit le même nombre qu'il y a
de côtes ciliées chez les Cténaires. Sur ces bras, les cils sont implantés
en rangées transversales et tous les cils d'une même rangée sont
synchrones dans leurs battements; les cils de la larve sont isolés; les
cils des Cténaires sont réunis en palettes ; cette différence n'est pas
suffisamment importantés Stylochus pilidium (fig. 5, pi. 1) et St. neapolitanus
(fig. 7, pi. 1), Cryptocelis alba (fig. 6, pi. 3) et Gr. compacta (fig. 4,
pi. 4) sont tous anormaux pour la forme. Mais ces quatre espèces
sont spécialement mentionnées dans le chapitre sur les mœurs
(p. 635) comme lentes et lourdes dans leurs mouvements. En outre,
Cryptocelis est arénicole et fouisseur.
Les lobes latéraux de Stylochoplana servent de nageoires et l'animal
se meut comme un Ptéropode. Nous avons ici le cas intéressant d'un
dispositif, primitivement utilisé pour l'adhérence, utilisé secondaire-
ment pour tout autre chose, pour la natation mobile. Ce cas n'est
pas isolé; quelque paradoxale que puisse paraître l'affirmation, tous
les caractères spéciaux des Céphalopodes parmi les Mollusques,
caractères qui semblent tous des adaptations directes de la natation,
peuvent, au contraire, se concevoir comme des adaptations directes
à la vie rampante, utilisées secondairement pour la natation.
Dans le groupe des Cotylés, l'étalement antérieur de Anonymus
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1905. LXXXV1I
est une anomalie; mais Lang mentionne l'animal comme doué d'une
reptation très rapide.
Autant tout cela est simple et logique, d'autant plus anormal doit
paraître le déplacement en avant qui caractérise le groupe des
Cotylés. Le relèvement de la partie antérieure pour la défécation a été
observé. Cette partie portant les orifices du complexe bucco-génital
ne peut plus s'adapter uniquement à la locomotion. Et les contours
sont encore une fois en conformité avec cette conclusion ; il n'y a plus
aucune tendance à l'élargissement, au contraire, plutôt à l'atté-
nuation.
Ce qui a permis le déplacement en avant, et par conséquent la for-
mation du complexe céphalique, c'est la fixation par la ventouse. On
ne doit pas se figurer cet organe comme s'étant formé chez un Poly-
clade primitif encore à peu près circulaire, en prévision du déplace-
ment ultérieur du complexe bucco génital et de l'évolution future du
groupe des Cotylés ; ce serait de la téléologie et non de la phylogénie
scientifique. Les ventouses, organes de fixation physiologiquement
très efficaces, sont pourtant anatomiquement très simples et faciles à
se former; c'est ce que démontre leur répartition dans plusieurs
groupes zoologiques et dans des endroits très divers du corps. Comme
dans plusieurs autres cas> la ventouse des Col y lés servait primitive-
ment à maintenir les animaux unis pendant la copulation ou pour
faciliter la ponte; mais elle permettait chez les Polyclades qui en
étaient munis, le déplacement de la bouche en avant, et le groupe a
évolué dans ce sens.
Toutes ces considérations sont purement spéculatives et leur degré
de certitude est fort aléatoire. Du moment qu'on ne s'illusionne pas
sur leur caractère d'hypothèse, il n'y a pas grand mal. Et il reste
toujours le très grand avantage d'établir, même temporairement, un
lien logique entre des faits sans cela isolés et discordants.
L'ORIGINE DES CTÉNOPHORES,
Par Aug. LAMEERE.
Les Méduses vibrantes du poète Chamisso, appelées Cténophores
par Eschscholtz,sont considérées universellement comme des animaux
dépourvus de cœlome à ranger parmi les Cœlentérés.
Cependant, tous les zoologistes sont d'accord pour reconnaître qu'il
y a entre les Cténophores d'une part, les Polypes et Méduses d'autre
LXXXVlIt SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
part, des différences profondes : R. Hertwig a mis en lumière une
discordance histologique considérable, et A. Agassiz a découvert des
caractères embryogéniques complètement distincts.
Seul, Hseckel a soutenu que les Cténophores peuvent être consi-
dérés comme dérivant directement des Méduses : il voit dans une
Anthoméduse, Ctenaria ctenophora, le lien entre les deux groupes,
mais Yves Delage et Hérouard ont fait complètement justice de cette
opinion très hasardée.
Les Cténophores sont donc envisagés comme ne se rattachant à
aucun autre Gœlentéré : ils auraient simplement un ancêtre commun
avec les Cnidaires et devraient être opposés à ceux-ci dans la classifi-
cation; personne n'a cherché à expliquer l'origine des différences
qu'ils présentent d'avec les autres Gnidozoaires.
D'autre part, sauf encore Hseckel, presque tous les zoologistes sont
d'accord pour reconnaître entre les Cténophores et les Polyclades des
liens étroits de parenté, soit qu'avec Lang ils considèrent les Cténo-
phores comme intermédiaires entre les Cnidaires et les Polyclades,
soit qu'avec Rorschelt et Heider ils admettent simplement pour les
Cténophores et pour les Polyclades un ancêtre commun.
Edouard Van Beneden voit dans les Cténophores des formes péla-
giques des Polyclades, mais cette conception est en rapport avec une
manière d'envisager les Turbellariés, absolument opposée à celle de
tous les autres zoologistes.
Les Plathelminthes sont considérés sans exception comme étant
des Vers inférieurs, des formes simples non segmentées; on se plaît
à y voir un lien entre les Vers supérieurs et les Cœlentérés, sans
qu'on puisse cependant expliquer leur structure par cette hypothèse.
Cette assertion est en rapport avec l'opinion que ces animaux sont
dépourvus de cœlome et n'en ont jamais eu.
La plupart des zoologistes, en effet, admettent une évolution pro-
gressive du cœlome : ils supposent que des cavités se sont creusées
peu à peu dans la masse du mésoderme, et lorsqu'ils voient dans
l'ontogenèse le cœlome apparaîlre par entérocœtie, ils parlent de
cœnogenèse, ou bien ils imaginent avec les frères Hertwig deux sortes
d'animaux bilatéraux : des types issus des Anthozoaires et offrant un
entérocœle détaché de la cavité digestive, et des types issus des Cténo-
phores acquérant peu à peu un schizocœle creusé dans le mésoderme.
Les Plathelminthes seraient des animaux de cette dernière catégorie
qui n'auraient pas encore de schizocœle.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LXXXIX
Mais il existe' une autre hypothèse relative à la signification du
cœlome, hypothèse trop peu connue des zoologistes; elle est due à
A. Sedgwick, et j'y ai été initié par mon maître Edouard Van Bene-
den, qui a apporté maints arguments en sa faveur, notamment dans
son travail sur les Anthozoaires de la « Plankton-Exp édition ».
J'ai fait allusion à cette hypothèse dans mon récent discours sur
l'évolution des Mollusques, ainsi que dans mes Prolégomènes de Zoo-
génie [Bulletin scientifique de la France et de la Belgique, XXIII ,
4891, p. 399); elle est la base de la classification zoologique que
j'ai adoptée dans mes cours et dans mon Manuel de la Faune de Bel-
gique. Il serait trop long et oiseux de la discuter ici ; je vais me con-
tenter de l'exposer, afin de pouvoir en tirer les conséquences relatives
aux Plathelminthes et aux Gténophores.
Tous les animaux qui ne sont pas des Cœlentérés descendent d'An-
thozoaires : les loges mésentériques détachées de la cavité digestive
centrale ont formé par leur ensemble le cœlome, leurs parois con-
stituent le mésoderme, leur disposition détermine l'antimérie des
Échinodermes ou la métamérie des autres Métazoaires supérieurs,
chacun des segments de ces derniers étant formé d'un couple de loges
se faisant vis-à-vis.
La segmentation et l'entérocœlie sont donc primitives, et elles
peuvent disparaître dans l'évolution. Par altération embryonnaire,
l'entérocœlie dégénère en schizocœlie et le cœlome peut même s'atro-
phier, en tant que cavité, entièrement; le mésoderme subsiste, mésen-
chymatisé en tout ou en partie. Les animaux qui ne sont pas des
Cœlentérés et qui n'ont pas de cœlome ne sont pas acœlomates, mais
bien apocœlomates : ils ont perdu le cœlome.
Celte hypothèse explique à la fois l'origine du cœlome, l'origine du
mésoderme, l'origine de la segmentation; elle jette sur les faits une
lumière beaucoup plus vive que les autres théories, et elle nous
permet de concevoir comment se sont constitués les embranchements
des animaux supérieurs : les Astérozaires (Échinodermes et leurs
descendants, Entéropneustes, Ptérobranches, Phoronidiens, Bryo-
zoaires ectoproctes, Brachiopodes et Chétognathes), à mon avis, des-
cendent d'Anthozoaires fixés, les Helminthozoaires (Onychophores,
Arthropodes, Vers et Mollusques) d'Anthozoaires rampant sur la
face buccale, les Chordozoaires d'Anthozoaires pélagiques.
L'hypothèse de A. Sedgwick nous permet de retourner la grada-
tion établie par Lang (Arch. de Biologie, II, 1881) des Cténophores
XG SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
aux Polyclades, de ceux-ci aux Triclades et de ces derniers aux
Hirudinées, de considérer les Cténophores comme les formes supé-
rieures de cette série au lieu d'y voir un type primitif dont l'origine
est inexplicable.
Des Anthozoaires (et d'après les recherches d'Edouard Van Bene-
den nous pouvons préciser et dire : des Gérianthides) nous passons
directement à une forme annélidienne qui aurait conservé des tenta-
cules comme Peripatus, mais dont la structure générale serait celle
d'un Polychète. L'organisme offre des « métanéphridies », simple
perfectionnement des orifices faisant communiquer les loges de l'An-
thozoaire ancestral avec l'extérieur. Cet Annélide est devenue Hiru-
dinée hermaphrodite, à cœlome oblitéré et envahi par le mésoderme
transformé en mésenchyme; les métanéphridies sont modifiées en
« protonéphridies », leur orifice interne étant bouché par une des
cellules du mésenchyme spécialisée.
Gunda segmentata nous montre le passage non pas des Triclades
aux Hirudinées, comme le suppose Lang, mais, au contraire, la tran-
sition entre les Hirudinées et les Triclades, et de la même manière
que Lang admet que les Triclades proviennent des Polyclades, nous
pouvons admettre aussi l'inverse, c'est-à-dire que les Triclades sont
les ancêtres des Polyclades.
L'hypothèse de Lang est hérissée de difficultés majeures; elle
réclame l'explication d'un perfectionnement progressif singulier,
explication qu'on ne nous donne pas : multiplication des néphridies,
apparition de la segmentation et du cœlome, par exemple. Notre
hypothèse ne se heurte pas à ces obstacles : il est infiniment plus
naturel de supposer une simplification graduelle de l'organisme allant
de l'Hirudinée au Polyclade que le phénomène opposé.
Si nous admettons ces conséquences de la théorie de A. Sedgwick,
le problème de l'origine des Cténophores nous apparaît aisé à
résoudre, et la manière même dont il peut être résolu vient con-
confirmer la vraisemblance de l'idée que nous nous faisons de l'ori-
gine des Polyclades.
La supposition que les Cténophores sont les ancêtres des Poly-
clades se trouve maintenant écartée d'emblée : cette hypothèse aurait
d'abord cette conséquence de nous acculer à une apparition quasi
soudaine d'une paire de néphridies et d'organes génitaux compli-
qués.
Ou bien les Cténophores sont des Cœlentérés, et ils constituent un
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XCI
groupe terminus absolument étranger aux Polyclades, ou bien ce sont
des Polyclades supérieurs pélagiques.
Dans la première alternative, il faudrait expliquer d'abord pour-
quoi les Gténophores offrent une anatomie, une histologie et une
embryologie très différentes de celles des Cnidaires, et ensuite pour-
quoi cette anatomie, cette histologie et cette embryologie ressemblent
singulièrement à celles des Polyclades.
Dans la seconde alternative, il faut et il suffît d'expliquer la dispa-
rition des conduits génitaux et des organes segmentaires, ainsi que
la symétrie rayonnée.
Or, le Gténophore se trouve dans les conditions éthologiques d'une
Méduse; il n'y a rien d'étonnant à ce que, par convergence, étant
donnée la structure simplifiée du Polyclade ancestral, il devienne
physiologiquement et même jusqu'à un certain point morphologique-
ment une Méduse.
Une Méduse vit sans organes excréteurs propres et sans conduits
génitaux particuliers, son système gastrovasculaire remplissant l'office
des uns et des autres; le Polyclade a un appareil digestif qui offre
une disposition comparable à celle du système gastrovasculaire des
Méduses : transporté dans les conditions éthologiques et soumis au
régime d'une Méduse, le Polyclade, transformé en Cténophore péla-
gique, peut perdre les organes segmentaires et les conduits génitaux.
Il est à remarquer d'ailleurs que le système gastrovasculaire des
Cténophores présente, comme celui des Méduses, des pores excré-
teurs qui n'existent pas chez les Polyclades, et qui suppléent très pro-
bablement à la disparition des organes segmentaires devenus inutiles.
En outre, les produits génitaux sont situés chez 'les Polyclades à
proximité immédiate des ramifications intestinales : il n'y a rien
d'extraordinaire à ce que chez les Gténophores ils tombent directe-
ment dans ces dernières et que leurs conduits vecteurs se soient atro-
phiés, puisque chez les Méduses, qui se trouvent dans des conditions
éthologiques identiques, les produits génitaux tombent aussi directe-
ment dans l'appareil gastrovasculaire.
Enfin, en ce qui concerne la symétrie rayonnée, notons d'abord
que tous les auteurs s'accordent à considérer les Cténophores comme
des Méduses à deux rayons, ce qui, au fond, veut dire que ce sont
des animaux à symétrie bilatérale. Les cœcums intestinaux et les
méridiens vibratiles sont disposés radiairement, encore une fois à
cause de l'identité que présente l'habitat avec celui des Méduses :
XCII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
chez celles-ci, le système gastrovasculaire est également rayonné,
et lorsque, comme chez Ctenaria ctenophora, des nématocystes
s'étendent sur l'ombrelle, ils forment aussi des bandes méridiennes.
Cœloplana et Ctenoplana ont embarrassé les zoologistes : la signi-
fication de ces animaux comme formes de transition entre les Poly-
clades et les Cténophores n'est guère douteuse.
Codoplana est un Gténophore plat, rampant, entièrement couvert
de cils vibratiles, à système digestif semblable à celui des Polyclades,
ou, si l'on veut, c'est un Polyclade à système nerveux central et
opposé à la bouche, à tentacules développés en longs filaments
pêcheurs.
Ctenoplana est un Cténophore plat, rampant, à canaux gastrovas-
culaires et à méridiens vibratiles disposés radiairement comme chez
les Cténophores normaux.
Ctenoplana et aussi Cœloplana, d'après les observations nouvelles
faites au Japon par Abbott [Annotationes Zoologicœ Japonenses, vol .IV .
part IV, December 1902), peuvent flotter à la surface de l'eau et s'y
promener en laissant pendre leurs longs tentacules pêcheurs.
Voilà comment s'est fait le passage des Polyclades aux Cténo-
phores !
Ce n'est pas la larve de Mùller qui aurait persisté dans son exis-
tence pélagique, c'est le Polyclade lui-même qui, en venant flotter à
la surface de l'eau, est devenu le Cténophore.
La larve de Mùller, adaptation pélagique temporaire du Poly-
clade servant à la dissémination de l'espèce, ne peut être comparée au
Cténophore : ses appendices, manifestation de l'augmentation de sur-
face caractéristique d'un grand nombre d'organismes du plancton, ne
sauraient être homologués ni aux méridiens vibratiles des Cténo-
phores primitifs ni aux auricules des Cténophores lobés, qui sont
certainement des formes supérieures. La larve de Mùller a disparu
chez le Cténophore, pour l'excellente raison qu'elle faisait double
emploi comme forme disséminante avec le Cténophore adulte.
M. Kemna. — Le désaccord entre les idées exposées par
M. Lameere et par moi, gît dans la conception des formes larvaires. Je
les considère en général comme normales, à signification phylogé-
nique, sauf quand il y a-des raisons contraires suffisantes. M. Lameere
me semble considérer comme règle leur caractère cénogénique ; je
suppose qu'il admet certaines formes larvaires comme primitives, par
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XCIII
exemple le stade Mertensia des Cténaires lobés; mais ce seraient des
exceptions assez rares. Les ressemblances de beaucoup de ces larves
entre elles et avec des formes adultes de groupes inférieurs sont pure-
ment fortuites, et résultent d'adaptations au même genre de vie, le
planctonique. Les protubérances des larves brachiées n'auraient pas
plus de signification pour l'anatomie comparée que les piquants des
Diatomées et des Péridiniens.
Admettons un moment cette thèse. Un peu partout chez les ani-
maux marins fixés ou peu mobiles, un stade larvaire a été intercalé
secondairement dans l'ontogénie. Dans les diverses espèces ou genres,
ces modifications secondaires se sont produites d'une façon indépen-
dante, sans connexion entre elles. Nous devons donc nous attendre à
une grande diversité de types larvaires, répartis sans aucune régula-
rité chez les divers types zoologiques. Un même groupe d'êtres aura
des larves fort diverses; un même type larvaire se rencontrera dans
plusieurs groupes zoologiques.
Or, cela n'est certainement pas le cas. Malgré l'infinie variété des
formes extérieures, les types larvaires sont en nombre fort réduit;
leur répartition est régulière et conforme aux grandes coupes systé-
matiques (ex. planula des Cœlentérés) ; leurs ressemblances entre elles
montrent une évolution graduelle conforme à la série zoologique (ex.
larve de Goette et Pilidium). Tous ces faits, groupés par Balfour
(Compar. Embr., 1881, t. I, p. 305), l'ont amené à conclure à l'exis-
tence d'un ancêtre commun pour toutes les formes à larves brachiées
et cet ancêtre répond parfaitement à un Cténophore. On peut donc
dire que Balfour et Lang sont arrivés d'une façon indépendante à des
conclusions identiques.
M. Lameere nous dit que le Cténaire est bien la modification du
Polyclade adulte et non de sa larve. Je n'avais considéré cette dernière
hypothèse que comme pouvant être éventuellement soutenue et parce
qu'elle me semblait plus logique; par impartialité, je voulais faire la
part la plus belle possible à l'opinion que je combattais. Donc, la
larve de Muller n'aurait rien à faire avec le Cténaire; elle aurait
même été éliminée de son ontogénie comme inutile. Que deviennent
alors les ressemblances si étroites entre les deux? Le hasard aurait
produit une forme très caractéristique de larves, simulant une orga-
nisation cténaire, précisément dans ce petit groupe des Polyclades,
allié aux Cténaires, et uniquement là. Ces ressemblances sont telle-
ment étroites qu'elles simulent un des deux groupes de Cténaires,
XCIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
précisément celui avec lequel une évolution aux dépens du Polyclade
deviendrait impossible. Tout cela serait l'effet du hasard? Il me
semble que c'est beaucoup exiger.
Ces ressemblances sont donc considérées comme superficielles par
M. Lameere; je me serais fait illusion en les regardant comme des
homologies véritables et en leur accordant une portée phylogénique.
Pour d'autres ressemblances, nous sommes d'accord pour les consi-
dérer comme des homologies. Mais cela ne fait qu'accentuer notre
désaccord fondamental, car chacun de nous cite ces faits comme
arguments. Dans ces conditions, il est clair que la discussion ne peut
aboutir. Je me bornerai donc à quelques remarques.
La complexité histologique des Gténaires rappelle plutôt le Poly-
clade que le Gœlentéré. Le fait est exact. Du reste, ce n'est jamais
sur un fait matériel qu'il peut y avoir désaccord, mais bien sur son
interprétation. M. Lameere nous dit que cette complexité histolo-
gique est incompatible avec le type Cœlentéré. Cette conclusion ne me
semble nullement nécessaire. Les Infusoires unicellulaires présentent
des spécialisations anatomiques qui semblent étonnantes ; la marge de
variation histologique est énorme chez les Vertébrés, avec YAm-
phioxus aux organes épithéliaux et à squelette anhiste sécrété, et ce
caractère anhiste est normal, n'est pas de la dégénérescence, car il
caractérise aussi les Hétérostracés fossiles.
La série de dégénérescence Sangsue-Cténaire est fort bien graduée,
parce qu'au stade Polyclade, c'est un Acotylé, à bouche posté-
rieure, qui a été utilisé. C'est la série de Lang, en sens inverse,
mais celle du travail de 1881. En 1884, Lang a donné une inter-
prétation assez différente, en considérant comme primitives les formes
à bouche centrale. La division des Polyclades en deux séries diver-
gentes se comprend alors admirablement, et j'ai montré que non
seulement l'organisation interne, mais aussi les détails de la forme
extérieure, à laquelle Lang n'avait pas songé, rentrent tout naturel-
lement dans le cadre de l'explication. Avec le sens d'évolution inverse,
Polyclade-Cténaire,. cela ne va plus. Un chemin tout droit peut se
parcourir dans un sens ou dans l'autre, et te choix de la direction est
difficile, car on n'a pas de point de repère; mais les bifurcations ne
concordent qu'avec une seule direction de marche, et cetle direction
n'est pas celle indiquée par M. Lameere.
Je me suis tenu, dans ma note, étroitement à la question des rela-
tions entre deux groupes, Cténaires et Polyclades, sans me préoc-
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XCV
cuper des conséquences pour des conceptions plus vastes. Je l'ai fait
de propos délibéré, d'abord pour limiter le débat, et, ensuite, pour
une raison de méthode, de logique. Je crois qu'une conception géné-
rale doit être le résultat de la combinaison de toute une série de
théories particulières s'appliquant à des groupes plus restreints de
faits. Une théorie générale doit résulter pour ainsi dire spontanément
de la concordance de ces théories particulières. Celles-ci peuvent et
doivent influencer la théorie générale, laquelle, à son tour, peut
servir à inciter à des recherches, à servir de guide, mais beaucoup
moins à modifier l'interprétation acquise de faits fort clairs.
Or, M. Lameere a suivi une méthode inverse de la mienne. Les
rapports entre Clénaires et Polyclades sont considérés par lui, non en
eux-mêmes, mais en fonction de leur rôle dans une conception plus
générale, portant sur un vaste ensemble de formes animales. Son
interprétation n'est qu'un cas particulier de cette conception générale
posée comme prémices. Avec le courage d'une logique inflexible, il
écarte tout ce qui ne rentre pas dans le cadre; mon interprétation de
la larve de Mûller partage le sort des formes larvaires en général,
qui sont toutes récusées. C'est une chose grave pour une théorie
générale que d'aboutir à de pareilles conséquences.
L'hypothèse de Lang peut à son tour donner lieu à certains déve-
loppements. Un organisme pélagique s'est transformé en un orga-
nisme rampant, mais dans l'ontogénie de ce dernier, le stade péla-
gique est conservé avec toutes sortes de particularités spéciales quant
à la nature et à la disposition de l'appareil de locomotion, qui ne se
retrouvent que dans ces deux seuls groupes; les modifications sont
aisément explicables et en rapport avec le changement de mœurs.
Voilà donc tout naturellement un stade mobile dans l'ontogénie du
premier être côtier.
Dans le cours ultérieur de l'évolution phylogénique, l'adulte change
mais le stade larvaire subit également des modifications. Ainsi
s'expliquent à la fois et les ressemblances des larves entre elles et
leurs différences. Tout cela est la simplicité même et bien en con-
traste avec la théorie qui fait de chaque forme larvaire une création
autonome inexpliquée.
La larve Polyclade est caractérisée par rapport au Cténaire par
un développement plus précoce et plus marqué de l'appendice ou lobe
devenu antérieur et qui a donné le complexe supra-buccal. Or, ce
sont exactement les deux mêmes principes qui permettent de com-
XCYI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
prendre la larve Pilidium, comme une modification de la larve de
Mûller, dans la même direction d'évolution. Cette série Gténaire lobé,
larve de Mûller, larve Pilidium me semble naturelle et devoir être
regardée, par conséquent, quasi comme un fait, que des considéra-
tions théoriques ne pourraient modifier, mais avec lequel, au con-
traire, elles ont à s'arranger.
Cette série peut-elle se poursuivre plus loin? Des rapprochements
avec les larves d'Echinodermes ne me semblent pas impossibles.
Bal four était déjà tenté de les admettre dans une certaine mesure.
Mais je ne veux pas aborder toutes ces questions, qui finiraient par
englober la phylogénie du règne animal tout entier. J'y ai été
quelque peu entraîné, à la suite des intéressantes considérations que
M. Lameere a fait valoir.
La séance est levée à 7 heures.
Séance du 6 juin.
Présidence de M. le baron van Ertborn, vice-président.
La séance est ouverte à 4 ] / 2 heures.
Les procès-verbaux des séances d'avril et de mai compris dans la
feuille 5 des Bulletins de 1903 sont déclarés adoptés.
Correspondance.
M, Dautzenberg fait excuser son absence.
La Société enregistre le décès de M. Fr. Crépin, directeur hono-
raire du Jardin botanique de l'État à Bruxelles, membre de l'Académie
royale de Belgique, etc.
Le défunt, qui fut notre président en 1888-1890, s'était acquis
une réputation universelle par ses travaux sur les plantes du genre
Rosa. Il s'était consacré également à la paléontologie végétale et il
occupa pendant plusieurs années le poste de conservateur au Musée
d'Histoire naturelle.
La Société perd en lui un confrère auquel sa grande bonté, son
esprit méthodique et réfléchi avaient créé de vives sympathies et
qu'elle regrettera longtemps.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XGVII
Bibliothèque.
Dons :
De M. le Ministre de l'Industrie et du Travail : huit feuilles de la
Carte géologique de Belgique au 40,000 e (Heers-Looz, Quiévrain-
Saint-Ghislain, Modave-Clavier, Hamoir-Ferrières, Merbes-le-Châ-
teau-Thuin, Durbuy-Mormont, Sivry-Rance, Froidchapelle-Senzeille.
Dépôt :
Bulletins des séances, t. XXXV11I, feuille 5, parue le 30 mai.
Communication.
LES CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES VERTÉBRÉS,
Par Ad. KEMNA.
Les caractères distinctifs du plus important des embranchements
du règne animal sont si bien connus, qu'une communication sur cette
question semble ne pouvoir consister qu'en des redites. La diagnose
des Vertébrés est inaltérable; il n'y a rien à y ajouter, rien à en
retrancher.
Mais il y a peut-être encore à coordonner. Les diverses particula-
rités anatomiques qui constituent ces caractères généraux sont d'or-
dinaire énumérées comme autant de faits distincts et isolés; il est
pourtant plus que probable qu'il y a entre eux connexité, qu'ils
forment un groupe rationnel, unis par un lien logique. Il serait inté-
ressant de rechercher ce lien.
Comment aborder cette question? Les caractères généraux d'un
groupe sont évidemment ces dispositions structurales que l'on ren-
contre d'une façon constante, que présentent tous les représentants
de ce groupe. Déjà l'ancienne anatomie comparée avait fort claire-
ment dégagé, de la multiplicité et de la variété des réalisations
particulières, ce qui est commun à toutes, et l'ensemble de ces res-
semblances constituait le « type » du groupe, ordre, classe ou
embranchement. Tant que ce type a été considéré comme une concep-
tion idéale, comme une abstraction, le rôle de la science ne pouvait
pas aller plus loin. Mais avec la notion d'évolution et de descendance,
ce type s'est matérialisé en un ancêtre concret; c'est un progénileur,
T. X3CXV1II, 1903 7
Octobre 1903.
XCVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
un pro-quelque chose, qui a vécu, et d'une certaine façon, dans un
certain habitat, qui faisait partie d'un ensemble d'animaux constituant
une faune, au milieu d'un ensemble de plantes constituant une flore.
Dans ce monde organique, il cherchait sa nourriture; il y rencon-
trait des concurrents et des ennemis. Est-ce bien une hypothèse, ou
n'est-ce pas plutôt une certitude, d'affirmer une adaptation de l'orga-
nisme à ses conditions d'existence? Dès lors, par voie de conséquence,
les caractères généraux des Vertébrés, caractères généraux du groupe
parce que possédés par l'ancêtre, par le progéniteur commun, doivent
avoir été en relation logique avec son mode d'existence, son genre
de vie. La question se présente donc comme suit : les divers carac-
tères généraux des Vertébrés peuvent-ils, en tout ou en partie, se
rattacher comme des adaptations à un genre de vie déterminé?
La réponse s'obtiendrait d'une façon fort simple, par l'observation
directe du mode d'existence du Vertébré primitif. Malheureusement
les Vertébrés ne datent pas d'aujourd'hui ; ils existaient déjà dans le
Silurien supérieur et même beaucoup plus bas, s'il fallait en croire
Rohon pour la Russie, Walcott pour l'Amérique. L'observation
directe des mœurs est évidemment impossible pour les fossiles.
Mais la géologie est pourtant à même de nous fournir quelques
renseignements. Elle peut établir, et d'ordinaire avec beaucoup de
certitude, si une couche est d'origine marine ou a été déposée dans
l'eau douce, et, dans les couches marines, elle peut souvent nous
renseigner approximativement sur la profondeur. Pour montrer tout
le parti qu'un esprit ingénieux peut tirer de ces données, il suffira de
citer un travail de Max Lohest sur l'habitat côtier et les migrations
des Poissons dévoniens (Soc. géol. de Belgique, Liège, 1887-88, XV).
Certains rapprochements paléontologiques sont également fort
suggestifs. Quelques-uns des Poissons les plus primitifs ont des
formes étranges : Cephalaspis, Pterichthys. Ils ressemblent aux
grands Crustacés qui étaient les formes dominantes dans les mêmes
couches, Trilobites, Euryptérides, Mérostomes; quelques-uns ont
voulu voir dans ces ressemblances de véritables homologies (Patten,
Gaskell); mais il est plus raisonnable d'y voir un cas de mimétisme
(Dean), certainement le premier en date, puisqu'il remonte au Silu-
rien; quand les Vertébrés se sont adaptés à la région tout à fait
côtière, ils ont adopté la livrée du groupe qui dominait à cette époque
dans cette région.
Somme toute, la géologie ne nous fournit que peu d'indications.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNEE 1903. XCIX
Mais ces Vertébrés primitifs ne sont pas tous éteints. L'embranche-
ment présente une grande marge de variations, des différences consi-
dérables dans la perfection d'organisation d'une classe à l'autre. Ces
différences sont beaucoup plus grandes qu'on ne l'avait cru d'abord ;
les Cyclostomes, primitivement confondus avec les Poissons ordi-
naires, forment à eux seuls un groupe ayant la valeur d'un sous-
embranchement, en tout cas plus qu'une classe, en-dessous de tous les
autres Vertébrés. Et plus bas encore, YAmphioxus montre une telle
simplification de structure, qu'on a eu beaucoup de peine à la com-
prendre compatible avec le type vertébré. Interrogeons donc, au
point de vue des rapports entre les mœurs et la structure, ces repré-
sentants actuels des Vertébrés primitifs, ces fossiles vivants.
VAmphioxus est arénicole et fouisseur; les Cyclostomes sont plus
ou moins parasites. Ce dernier cas est unique dans tout l'embranche-
ment. L'habitat arénicole et les habitudes fouisseuses ne sont pas si
exceptionnels, quoique assez rares ; mais aucun Poisson ne les pré-
sente à un degré aussi marqué que YAmphioxus. Ainsi les deux
représentants les plus primitifs des Vertébrés dans la faune actuelle
sont très exceptionnels quant à leur genre de vie.
Les grands embranchements ne sont pas limités dans un seul et
même habitat. Sous la pression de la lutte pour l'existence, le type
envahit les cantonnements les plus variés et se diversifie par adapta-
tion aux genres de vie les plus différents. Nous trouvons un peu
partout des arénicoles fouisseurs et des parasites ; mais dans tous les
cas, nous avons des raisons péremptoires pour considérer ces deux
genres de vie non comme primitifs, mais comme acquis secondaire-
ment. En outre, ces deux genres de vie sont connus pour amener
des modifications régressives dans l'organisme, notamment la dispa-
rition des organes du mouvement et des organes des sens. Il en
résulte que nous n'avons pas, dans YAmphioxus et les Cyclostomes,
des Vertébrés dans leur habitat normal, et même que, au point de
vue anatomique, tout n'est pas primitif, mais une partie de leur
simplicité pourrait être secondaire, un résultat de dégénérescence et
par conséquent sans portée phylogénique. Par exemple, l'absence
de cerveau chez Y Amphioxus peut difficilement être une structure
primitive et normale, étant donné qu'il y a un cerveau et des organes
des sens chez les larves de Tuniciers ; la dénomination d'Acrânien
rappelle certes un caractère très frappant, mais ce serait un carac-
tère secondaire.
C SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Il est très important de déterminer l'étendue des modifications
régressives. Si, comme le veut Dohrn, nous avons tout simple-
ment affaire à des Poissons ordinaires modifiés, si l'absence de
mâchoires et de membres pairs est due à une atrophie secondaire, il
faudrait douer de ces organes le Vertébré primitif; tandis que si
nous admettons une dégénérescence plus limitée, cette absence serait
primitive; les mâchoires et les membres pairs ne pourraient plus
figurer parmi les caractères généraux des Vertébrés.
Les progrès récents de la paléontologie portent précisément sur
cette question, sans que leur signification spéciale ait toujours été
mise suffisamment en lumière. Depuis longtemps on connaissait,
dans le Silurien supérieur et dans le Dévonien, des Poissons comme
Cephalaspis, Pteraspis, que l'on rangeait parmi les Ganoïdes. Chez
tous les exemplaires, il y a absence constante de mâchoires et de
membres pairs et pour cette raison, on les" a rapprochés des Cyclo-
stomes. En 1898, Traquair a décrit plusieurs formes nouvelles du plus
haut intérêt. On s'est assez peu préoccupé du genre de vie probable,
de l'habitat de ces fossiles primitifs; mais il ne viendra, je crois, à
l'esprit de personne, de considérer l'une quelconque d'elles comme
parasite. A juger d'après le contour et l'aspect général, il j a fort
nettement deux groupes : les aplatis (Cephalaspis, Theïodus), qui
auront probablement occupé le fond de la zone côtière, — et ceux à
profil vertical élevé (P ter aspis, Palœaspis, Birkenia) nageurs en
pleine eau. Nous connaissons donc des Agnathes à allures et à habitat
plus normal ; mais tous ont disparu. Dans un groupe qui évolue avec
rapidité — et tel doit avoir été le cas quand ces Agnathes se sont
transformés en Gnathostomes et ont acquis des membres pairs —,
la concurrence est particulièrement intense. Les formes anciennes
sont refoulées par les formes nouvelles constamment produites ; non
seulement elles disparaissent de la faune, mais elles sont rares
comme fossiles, car elles n'ont pas le temps de se répandre ni hori-
zontalement ni verticalement. C'est ainsi qu'on peut expliquer
l'absence si frappante de formes de transition et le changement de
toute une faune. Ne persistent que ces formes qui se sont soustraites
à la lutte en se retirant dans un habitat très spécial. UAmpluoxus
nous reste comme un rappel des Vertébrés primitifs, parce qu'il a
pris l'habitat arénicole, et les Cyclostomes se sont maintenus grâce
à leur parasitisme. Malgré les modifications subies par l'organisa-
tion comme des adaptations à ces genres de vie aberrants, ils nous
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CI
donnent un renseignement des plus précieux, confirmé par la
paléontologie : les mâchoires et les membres pairs ne font pas
partie intégrante du type vertébré.
Un autre fait connu est l'habitat primitif aquatique. Tous les
groupes inférieurs, confondus sous la dénomination vulgaire de Pois-
sons, sont aquatiques. Quelle que soit l'interprétation donnée aux
larves aquatiques des Batraciens, il semble difficile de leur dénier la
valeur d'un argument dans cette question. Les fentes branchiales
temporaires dans les embryons des trois classes supérieures prouvent
que la respiration aérienne est une modification secondaire de la
respiration aquatique. Il n'y a jamais eu qu'une voix discordante :
Simroth (Entstehung de?' Landthiere, 1891) considère les Vertébrés
comme provenant d'Articulés aériens; Pterichthys ferait la transition
aux Poissons.
Quand on considère la forme extérieure d'un poisson ordinaire, ce
qui frappe, c'est l'aplatissement latéral. Le diamètre transversal est
plus petit que le diamètre vertical; l'animal est élevé dorso-ventrale-
ment et cette élévation est encore intensifiée par le développement de
membranes médianes; l'animal paraît en équilibre instable. Willey
(Amphioxus and the ancestry of the Vertebrates, p. 43) considère
cette forme comme très importante et n'ayant pas suffisamment attiré
l'attention. « Cette compression bilatérale du corps primitif du Ver-
ce tébré n'est pas apparue comme une adaptation spéciale à un mode
« de vie particulier, mais plutôt en corrélation avec d'autres carac-
« tères de l'organisation. Le développement du tube médullaire dor-
« sal et de la notoehorde au-dessus du tube digestif et la concentra-
« tion des myotomes devaient nécessairement mener à une forme
« bilatéralement comprimée du corps. »
Ainsi, la forme élevée résulterait du type de structure même du
Vertébré, qui accumule dans le plan médian longitudinal, l'un
au-dessus de l'autre, le tube digestif, la corde, la moelle ; cette forme
élevée n'a pas apparu, parce qu'elle pourrait être utile plus tard.
Cela rappellerait la sage et prévoyante Nature de Bernardin de Saint-
Pierre, avec ses harmonies préétablies. La phylogénie n'a pas de ces
sollicitudes anticipées. Mais cela n'empêche pas qu'un caractère, une
fois donné, peut être utilisé et, par suite, anatomiquement intensifié.
Tel semble bien le cas pour l'élévation du diamètre vertical. Les
Poissons nagent par des oscillations du corps dans un plan horizontal ;
l'augmentation du plan vertical médian donne donc une plus grande
Cil SOCIÉTÉ ROYALE MALAC0L0G1QUE DE BELGIQUE.
surface d'impact et permet l'insertion de plus nombreuses fibres
musculaires. Ce dispositif est donc nettement en rapport avec le mode
de locomotion du Poisson, qui est la natation énergique, la transla-
tion rapide, — aussi avec son habitat, qui est la pleine eau, la masse
même du liquide.
Une telle utilisation doit s'être produite très tôt, puisqu'on la trouve
chez les Tuniciers, larves d'Ascidies et Appendiculaires; la queue est
très fortement aplatie latéralement et très élevée. Elle est l'organe
du mouvement. Chez les Appendiculaires, elle doit jouer un rôle
important, comme le prouvent deux adaptations très spéciales et tout
à fait uniques dans le groupe des Chordés : son infléchissement en
avant, contre le ventre, et sa torsion de 90 degrés vers la gauche
autour de son axe longitudinal, torsion qui, de verticale, rend la
queue horizontale. Quelles peuvent être les raisons de ces deux modi-
fications? On n'a jamais tenté, que je sache, une explication. Quand
l'animal est dans sa capsule gélatineuse, la queue fonctionne comme
un énorme flagellum pour produire un courant d'eau ; la présence de
cette capsule, son mode et son endroit d'attache à l'animal, pourraient
peut être donner la raison. Nous savons par Lohmann (Plankton
Exped. de V. Eensen, vol. Ia, p. 139, 4892) que l'animal libre est
souvent immobile, inerte; alors il coule au fond, la partie posté-
rieure du corps, alourdie par les organes génitaux, en bas; la queue
verticale traîne (wird nachgeschleppft). Quand l'animal se remet en
mouvement, il commence par se relever; « le tronc est porté en
haut ». La queue agit donc comme releveur. Or, l'horizontalité de la
queue des Cétacés a aussi été mise en rapport, à tort ou à raison,
avec la remonte fréquente à la surface pour respirer.
Les observations de Lohmann ont donné encore un autre détail :
la vivacité extrême des mouvements, l'énergie extraordinaire des
contractions. L'auteur insiste tout particulièrement sur ce point.
Pendant les périodes de mouvement, la queue s'agite violemment pour
relever l'animal puis pour le propulser en avant; puis survient une
période de repos, comme d'atonie musculaire. Deux détails de la
structure histologique peuvent, avec beaucoup de probabilité, être mis
en rapport avec cette énergie des contractions musculaires : en tout
premier lieu, la striation de la fibre; en second lieu, le volume con-
sidérable et la forme dendritique des noyaux, regardé comme signe
de grande activité fonctionnelle, au moins chez les cellules glandu-
laires. Le noyau des cellules musculaires dans la queue des Appendi-
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. GUI
culaires ressemble beaucoup à certains noyaux glandulaires; cela
pourrait même suggérer une autre explication que l'activité contrac-
tile : l'activité sécrétoire, également fort considérable, puisque la
capsule gélatineuse ne persiste que pendant quelques heures, est
alors abandonnée et formée à nouveau en fort peu de temps ; il n'est
peut-être pas impossible que plusieurs tissus différents contribuent à
cette sécrétion.
Chez les Tuniciers, la queue est un appendice nettement distinct
du tronc. Nous laissons de côté la question de savoir si cet arrange-
ment est primitif ou secondaire. Chez tous les Vertébrés, la queue
fait partie du tronc; c'est comme si l'appendice caudal avait envahi le
corps lui-même, poussant jusqu'à l'extrémité antérieure sa corde dor-
sale avec ses masses musculaires. Ceci n'est pas donné comme un
processus phylogénique, mais simplement comme une comparaison
pour bien faire ressortir que dans les Vertébrés, l'appareil locomo-
teur est le tronc lui-même, le corps tout entier. On peut dès lors
comprendre l'absence d'appareils spéciaux du mouvement, sous forme I
de membres proéminents.
La translation rapide dans un milieu aussi dense et aussi résistant
que l'eau, ne peut se réaliser que moyennant certaines conditions de
forme et de contour. C'est une partie importante de l'art des con-
structions navales. Un ingénieur maritime a eu l'idée d'étudier à ce
point de vue les Poissons, et il a constaté une ressemblance remar-
quable entre leurs contours et ce qu'on nomme les « lignes » des
navires. La forme en fuseau donne même au vulgaire, l'impression
d'un mobile rapide. Les lignes de contour sont des courbes régulières
et doucement graduées, sans heurt, saillie, ni creux, pour offrir la
moindre résistance au passage à travers le liquide.
Ce qui démontre le caractère adaptif, c'est le changement de forme
qu'amène un changement dans l'habitat. Du moment que le Poisson
quitte la pleine eau pour vivre en contact avec le fond, il y a apla-
tissement dorso-ventral, étalement horizontal. Chose curieuse et à
première vue paradoxale, le séjour habituel dans la vase comporte
beaucoup moins de modification dans la forme (Anguilles, Dip-
neustes); c'est que, plongé dans la vase, l'animal est en somme dans
un milieu unique homogène, tandis que sur le fond il est en contact
avec deux milieux différents.
La preuve inverse est fournie par les représentants aquatiques des
Vertébrés aériens. Les vrais Thalassicoles (Ichthyosaures et Cétacés)
CIV SOCIÉTÉ ROYALE MALÀCOLOGIQUE DE BELGIQUE.
reprennent la forme du Poisson, surtout par la réduction de la région
cervicale. Les divers Pinnipèdes sont à ce point de vue assez diffé-
rents, les Phoques étant les plus pisciformes.
En résumé, la forme élevée des Poissons est en rapport avec leur
mode de natation rapide; il faut admettre que ce rapport s'est établi
très tôt, puisque la queue des Tuniciers et le corps de YAmphioxus
sont fortement aplatis.
S'il est une structure caractéristique, c'est à coup sûr la corde dor-
sale. Son origine est inconnue, car on peut douter que le mode de
formation embryologique reproduise fidèlement le mode de formation
phylogénique. Des structures qui y ressemblent ont été signalées chez
plusieurs Invertébrés (Balanoglossus, Cephalodiscus) ; même chez les
Cœlentérés, la rigidité des tentacules est parfois produite par l'em-
pilement et la vacuolisation des cellules endodermiques. Nous laissons
de côté la question de savoir jusqu'à quel point nous avons ici des
homologies ou de simples analogies. Mais il est certain que entre les
Tuniciers et les Vertébrés, il y a pour cette structure homologie réelle.
La corde est une tige à la fois rigide et élastique, occupant l'axe
longitudinal du corps. L'action des muscles pendant la natation l'in-
fléchit de côté et d'autre, en une courbe graduée : la corde régula-
rise l'action des muscles. Déviée, elle est en état de tension et revient
spontanément à sa position d'équilibre; dans chaque moitié d'une
oscillation simple, elle sert d'accumulateur de force ; l'énergie accu-
mulée se dépense pendant la première moitié de l'oscillation simple
suivante. 11 y a là une adaptation très nette et des plus importantes
au mode spécial de locomotion des Poissons.
La musculature des Vertébrés est caractérisée histologiquement
par la striation de ses fibres et anatomiquement par sa situation en
deux masses latérales, métamériquement segmentées.
La striation est, comme nous l'avons vu, en rapport avec l'énergie
et la rapidité des contractions.
La segmenlation métamérique, quelle que soit son importance et
sa signification morphologiques, a permis des adaptations spéciales
au mouvement de natation. Supposons la fibre musculaire d'une
seule longueur, de la racine jusqu'au bout de la queue : lors de la
contraction, la fibre soustendra l'arc formé par la notocorde comme
une corde géométrique, formant une surface d'impact plane, au lieu
de concave. En outre, la segmentation permet aux paquets muscu-
laires d'entrer successivement en action.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CV
Les masses musculaires doivent être disposées symétriquement par
rapport à la corde, parce que, dans les oscillations successives, les
écarts de l'un côté et de l'autre de la position d'équilibre sont égaux.
Or, il n'y a que les côtés latéraux, droit et gauche, qui soient homo-
logues. Une symétrie par rapport au plan horizontal, les organes
étant ventral et dorsal, ne serait pas parfaite. Il y aurait un autre
inconvénient. Les organes digestifs et reproducteurs occupent des
positions dans le plan médian ou tout près, de façon que les flexions
latérales les affectent au minimum ; avec des flexions dans le sens
vertical, ils seraient soumis à un massage, à des compressions. Aussi,
chez les Poissons aplatis dorso ventralement, les mouvements nata-
toires consistent surtout en ondulations des nageoires latérales et
généralement la portion caudale n'est pas aplatie.
L'activité musculaire pour une natation énergique entraîne comme
corollaire inéluctable une grande activité respiratoire. Les Vertébrés
présentent deux particularités caractéristiques : le sang renferme des
globules rouges, les organes respiratoires sont des branchies internes.
Toutes choses égales d'ailleurs, l'intensité de la respiration sera
proportionnelle à la quantité d'oxygène que le sang peut dissoudre.
Pour le sang blanc ordinaire des Invertébrés, la donnée physique de
la solubilité du gaz entre seule en jeu. Il n'en est plus de même pour
l'hémoglobine, avec laquelle l'oxygène contracte une union chimique,
ce qui probablement permet l'absorption d'une quantité d'oxygène
beaucoup plus considérable que par simple dissolution ; pratique-
ment, l'intensité de la respiration est limitée, non par la solubilité
du gaz, mais par celle de l'hémoglobine, les liquides organiques ne
pouvant pas dépasser une certaine concentration. Mais, dans le sang
à globules des Vertébrés, l'hémoglobine n'est pas dissoute; elle est
condensée dans les globules par une action d'adhérence probablement
analogue à ce qu'en physico-chimie Ostwald a nommé « adsorp-
tion » ; la quantité d'hémoglobine peut augmenter sans une augmen-
tation proportionnelle de la concentration.
L'hémoglobine n'est pas tout à fait spéciale aux Vertébrés. Quel-
ques Invertébrés ont une solution d'hémoglobine. Elle est absente
chez les Tuniciers. VAmphioxus aurait quelques rares globules ellip-
tiques rouges, en nombre insuffisant pour donner une couleur
(Rohon). Ce fait, assez indifférent au point de vue physiologique,
aurait une importance plus grande au point de vue morphologique
(dégénérescence?). À partir des Cyclostomes, le sang rouge globu-
CVi SOCIÉTÉ ROYALE MALAC0L0G1QLE DE BELGIQUE.
laire est caractéristique des Vertébrés. Les Tuniciers, du moins les
Appendiculaires, l' A mphioxus , ne sont pas de vrais nageurs; ils
peuvent déployer une énergie considérable, mais pendant peu de
temps seulement ; ils sont de suite hors d'haleine. L'endurance est
la suite d'une réserve plus considérable d'oxygène.
Généralement, dans le règne animal, les organes de la respiration
aquatique, les branchies, sont des appendices extérieurs du corps. Ils
ont donc l'inconvénient des membres proéminents, de donner facile-
ment prise à l'ennemi, et, pour des organes nécessairement toujours
gorgés de sang et d'une telle importance physiologique, cet inconvé-
nient ne peut pas être compensé par la faculté d'autotomie. La nature
a recours à d'autres moyens. Le plus radical est la suppression des
branchies et l'établissement d'une respiration purement cutanée
(Hétéropodes, Nudibranches) ; mais cela entraîne comme conséquence
une diminution de taille, une dégradation de l'organisme ; l'évolution
s'est engagée dans une impasse et ces groupes sont phylogéniquement
stériles. Le plus généralement, il y a tendance à protéger les bran-
chies ; anatomiquement externes, elles deviennent topographiquement
internes (Décapodes et Céphalopodes, les deux classes supérieures
des Arthropodes et des Mollusques). Chez les Vertébrés, les organes
respiratoires sont morphologiquement internes, et les Vertébrés sont
devenus l'embranchement supérieur du règne animal. Leur taille est
énorme, comparativement à celle des Invertébrés. Les grands Cépha-
lopodes sont des nains à côté d'une Baleine. Cette grande taille est
devenue possible à cause de la perfection de l'appareil respiratoire et
aussi de l'appareil circulatoire. La formation du cœur chez les Pois-
sons est évidemment en rapport avec les branchies.
Outre ces considérations physiologiques, il y a des raisons pure-
ment mécaniques. Des branchies externes, saillantes, flottant dans le
liquide, sont incompatibles avec une translation rapide ; elles offrent
trop de résistance au mouvement.
En résumé, nous trouvons des rapports entre la natation rapide et
l'habitat de pleine eau qu'elle comporte, avec les caractères suivants :
la forme élevée du corps, son aplatissement latéral, ses contours, la
corde dorsale, la striation de la fibre musculaire, la segmentation
mélamérique des masses musculaires, leur situation latérale, l'hémo-
globine du sang et sa fixation sur des globules, la situation interne
des organes respiratoires, la perfection de l'appareil circulatoire,
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CVII
l'absence primitive de membres pairs. Ce sont à peu près tous les
caractères distinctifs des Vertébrés. Il en manque un pourtant et des
plus importants : la situation dorsale du système nerveux, l'inverse
de la disposition des Invertébrés. Je ne vois pas de rapport logique
entre lui et les autres caractères. C'est donc encore un problème à
résoudre.
La séance est levée à 6 heures.
Séance du 4 juillet.
Présidence de M. le baron van Ertborn, vice-président.
La séance est ouverte à 4 l / 2 heures.
Correspondance.
M. Dautzenberg fait excuser son absence.
M. Kemna annonce le décès de Gegenbaur.
M. le D r Richard, directeur du Musée de Monaco, appelle l'atten-
tion de la Société sur l'œuvre de la Délégation pou?' V adoption d'une
langue internationale, dont le but est la recherche d'une langue
auxiliaire destinée à servir aux relations écrites et orales entre per-
sonnes et particulièrement entre savants de langues maternelles diffé-
rentes.
Après examen des conditions imposées par la Délégation à la
langue auxiliaire à l'étude, la Société estime que, contrairement à la
troisième condition, qui exclut toute langue actuellement parlée, un
système du genre de celui de Bréal est le plus désirable, c'est-à-dire
qu'en outre de leur langue nationale, il suffirait aux savants de tous
les pays d'adopter l'anglais comme seconde langue et de s'en servir
exclusivement pour la rédaction de leurs travaux.
La Fédération Archéologique et Historique de Belgique annonce
qu'elle tiendra sa XVII e session à Dinant, du 9 au 13 août pro-
chain.
CVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Bibliothèque.
Dons des auteurs :
R. d'Andrimont : Contribution à V étude hydrologique de certains
dépôts iïalluvion de vallées. Quelques réflexions au sujet des puits
filtrants (Ex : Ann. [Mém.] Soc. géol. de Belg., t. XXX; Liège,
1903). — Étude hydrologique du littoral belge envisagée au point
de vue de V alimentation en eau potable (Ex : Rey. uniy. des Mines,
Métall., Trav. publ., Sciences et Arts appliq. a l'Industrie; Liège,
1903).
Ch. Lejeune de Schiervel et M. De Brouwer : Compte rendu de la
Session extraordinaire tenue à Paris en août 1900 par la Société
belge de Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie (Ex : Bull. Soc.
belge de Géol., t. XIV, 1900; Bruxelles, 1901).
M. Mourlon : Réflexions au sujet de V appréciation par M. G. Doll-
fus de l'œuvre d'André Du mont (Ex : Bull. Soc. belge de Géol.,
t. XVII, 1903; Bruxelles, 1903). — Référendum bibliographique
précédé de C exposé des principaux résultats scientifiques et écono-
miques du Service géologique de Belgique (Ex : Ann. Soc. Géol. de
Belg., t. XXX; Liège, 1903).
Des remerciements sont votés aux donateurs.
Dépôts :
Bulletins des séances : t. XXXVIII, 1903, feuille 6, parue le
10 juin.
Ad. Kemna et Aug. Lameere : Discussion sur la position systé-
matique des Cténophores (Ex : Bull, des Séances, 1903).
Communication du Conseil.
M. le D r Ch. Vande Wiele, à Bruxelles, présenté par MM. Kemna
et van Ertborn, a été reçu membre effectif.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CIX
Communications.
LES CARACTÈRES STRUCTURAUX DE LA COQUILLE
DES FORAMINIFÈRES FLOTTANTS,
Par Ad. KEMNA.
1 Adaptation des Foraminifères à la vie benlhonique. — Habitat marin et
habitat d'eau douée; allure des pseudopodes. — Héliozoaires. — Radiolaires.
— Foraminifères. — Adaptations structurales pélagiques. — Caractères
structuraux benthoniques.
2. Foraminifères planktoniques. — Hastigerina. — Épines. — Caractères
de flottaison. — Nombre minime des formes flottantes.
3. Répartition zoologique de la faculté de flottaison. — Liste des formes
flottantes. — Individus planktoniques et individus benthoniques dans une
même espèce. — Divers genres. — Formes exclues.
I. Caractères structuraux favorables à la flottaison. — Diminution du poids
de la coquille. — Amincissement des parois. — Boursouflement des loges.
— Sphéricité de l'ensemble. — Diamètre des perforations. — Grandeur du
pylome. — Multiplicité des pylomes. — Ouvertures accessoires et apylomie.
— Rainures superficielles. — Cavité ombilicale.
5. Développement de la faculté de flottaison. — Cymbalopora bulloides.
6. Remarques particulières sur certaines espèces. — Globigerina et Pulvi-
nulina. — Loges anormales de Pulvinulina — Cymbalopora.
1. — Adaptation des Foraminifères a la vie renthonique.
Les Foraminifères comprennent environ deux mille espèces, toutes
marines, presque toutes benthoniques; il y a une vingtaine d'espèces
flottantes, dans huit genres. Le groupe est donc très homogène dans
son habitat, auquel on peut a priori le considérer comme très étroi-
tement adapté. Une telle adaptation est généralement affirmée, mais
d'une façon vague et générale; on ne spécifie pas lesquels, parmi les
divers caractères structuraux, seraient des caractères d'adaptation;
on n'indique ni leur utilité, ni leur rôle physiologique. Des idées pré-
cises à ce sujet sont pourtant indispensables quand on veut un peu
s'élever au-dessus des faits et arriver à une compréhension rationnelle
de l'organisme; elles peuvent résulter de la comparaison avec des
organismes similaires, occupant d'autres habitats.
Les Protozoaires à organes locomoteurs non différenciés en organes
permanents, fouets ou cils vibratiles, constituent le groupe primitif et
plus simple des Sarcodiaires. Il comprend, outre les Foraminifères
CX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
marins bentboniques, les Radiolaires étroitement marins plankto-
niques et toute une série de formes d'eau douce à pseudopodes en
gros lobes. Ces trois groupes zoologiquement différents occupent
donc des habitats différents ; parmi les particularités de structure, il
y en aura certainement qui seront une conséquence de l'habitat. 11
s'agit de les trouver et de les mettre en rapport avec l'une ou l'autre
circonstance du genre de vie.
Habitat marin et habitat d'eau douce; allure des pseudopodes. —
La grande majorité des formes d'eau douce a des pseudopodes en gros
lobes ; les Foraminifères et Radiolaires marins ont au contraire des
pseudopodes filiformes, énormément allongés et s'anastomosant en
un réseau. On a expliqué cette différence par la répartition de la
nourriture. La vase des eaux douces contiendrait plus de débris
organiques que les dépôts du fond de la mer; une extension de la
zone d'action par l'allongement des pseudopodes chez les orga-
nismes marins compenserait cette rareté relative de la nourriture.
(F. E. Schulze, Arehiv. mïk. Anat., XIII, p. 23, 1877.)
Héliozoaires. — Ce petit groupe de Sarcodiaires d'eau douce pré-
sente des caractères particuliers, par son genre de vie plus flottant
et par diverses structures. La couche externe du protoplasme est
fortement vacuolisée. Les allures des pseudopodes sont toutes autres;
ils sont filamenteux, très permanents, fort peu confluents, assez
rigides et forment dans leur intérieur un filament axial squelettique
temporaire. Tous ces caractères ne semblent pas bien adaptés à la
préhension des aliments ; les pseudopodes se bornent à arrêter la
proie et l'englobement est exécuté par d'autres pseudopodes plus
courts et plus gros, des pseudopodes « amoeboïdes » (Vogt et Yung,
Anal, comp., I, p. 69, 1888). Les pseudopodes sont disposés sur
toute la surface du corps, comme des rayons autour d'un astre;
l'homaxonie est en rapport avec l'homogénéité du milieu aquatique.
Radiolaires. — Il y a une enveloppe gélatineuse fortement vacuo-
lisée. Cette gélatine aurait une densité inférieure à celle de l'eau
de mer et le liquide des vacuoles contiendrait moins de sel. Une dif-
férence dans la densité de une ou deux unités à la quatrième déci-
male suffit pour amener la flottaison (Rrandt). Le squelette, composé
de matière organique (acanthine) ou de silice, est morphologiquement
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXI
constitué par des pièces radiaires allongées, supposées formées dans
les pseudopodes comme chez les Héliozoaires (Dreyer, Principien der
Gerùstbildung [Iena. Zeitschrift, 1892]). Ces pièces radiaires peuvent
se mettre en rapport les unes avec les autres par des excroissances
tangentielles à la surface du corps et constituent ainsi une coquille à
très larges mailles. Une capsule membraneuse perforée ou pylomée
se trouve au milieu du protoplasme et le divise en une partie intra-
capsulaire et une partie extracapsuiaire. Les allures des pseudopodes
rappellent les Héliozoaires, par leur allongement filiforme et la
rareté des anastomoses.
Foraminifères. — Il n'y a pas d'enveloppe gélatineuse vacuolisée;
les pseudopodes, étalés sur le sol, ne présentent aucune régularité et
de fréquentes anastomoses constituent des îlots protoplasmiques. La
coquille calcaire est une enveloppe continue, tangentielle (morpholo-
giquement non formée de parties radiaires), pylomée, perforée ou
imperforée; elle n'est pas homologue à la coquille siliceuse treillissée
des Radiolaires, mais bien avec leur capsule centrale (Dreyer) ; le
protoplasme extra-capsulaire est fort réduit. Bon nombre de Forami-
nifères constituent leur coquille par agglutination de matériaux
arénacés, ce qui met hors de doule leur habitat exclusivement bentho-
nique ; or, précisément ces formes arénacées ont été considérées
comme les plus primitives (Neumayr).
Adaptations structurales pélagiques. — L'homaxonie primitive
des Radiolaires est en rapport avec l'homogénéité du milieu liquide.
Les allures des pseudopodes (leur individualisation, leur rigidité
relatives) en font des moyens adjuvants de la flottaison. La quantité
considérable de protoplasme extra-capsulaire est en rapport avec
l'importance de son rôle pour la sécrétion de l'enveloppe gélatineuse,
la vacuolisation, la formation du squelette siliceux.
Caractères structuraux benthoniques . — La forte réticulation des
pseudopodes se comprend comme une conséquence du contact avec
le sol. La calcification de la coquille se comprend jusqu'à un certain
point par l'absence de toutes les autres enveloppes des Radiolaires.
Les autres caractères distinctifs d'avec les Radiolaires sont plutôt
négatifs et consistent dans l'absence des caractères déterminant la
flottaison.
CXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Le système squelettique des Radiolaires n'est pas de nature à pro-
téger le corps, car son ensemble constitue un réseau de trabécules
minces délimitant de larges mailles; sa fonction est plutôt celle de
support. La coquille des Foraminifères sert au contraire à la protec-
tion et évolue phylogéniquement dans le sens d'une plus grande
résistance (Rhumbler, Entwurf naturl. Syst. Thalamophoren [Nachr.
Goettingen, 1895]). La question de poids du squelette, très impor-
tante pour un organisme flottant, est sans grande conséquence pour
un organisme benthonique.
â. — Foraminifères planktoniques.
La vacuolisation du protoplasme a été constatée par Murray chez
un exemplaire de Hastigerina. Des travées gélatineuses dans la masse
du protoplasme sont probablement un caractère général (Rhumbler,
1900).
Hastigerina. — L'exemplaire a été dessiné d'après le vivant
(Rrady, pi. 83, fig. 1). La zone vacuolisée a au moins trois fois le
diamètre de la coquille. Il y a trois sortes d'appendices : des piquants
très longs et rigides, des filaments grêles un peu variqueux et un
peu confluents, des filaments plus épais, flexueux, localisés dans la
partie inférieure du corps (d'après le dessin). Les premiers ne peuvent
pas être uniquement les épines calcaires, beaucoup moins longues et
terminées abruptement, tandis que le dessin les montre graduelle-
ment atténuées. Je suppose que ce sont des épines recouvertes de
protoplasme, lequel se prolonge en pseudopodes servant surtout à la
sustentation. Ceux des pseudopodes qui n'ont pas le support d'une
épine restent plus grêles et ont moins de fixité; Murray (cité par
Rrady, p. 613) dit qu'ils se mouvaient sur la surface vacuolisée
« librement et rapidement ». Les filaments flexueux seraient des
filaments pêcheurs pour capturer et maîtriser une proie; ces filaments
flotteraient comme autant de lignes, ce qui expliquerait leur localisa-
tion dans la partie inférieure de l'animal. Rhumbler a trouvé que le
protoplasme des exemplaires pélagiques de Hastigerina, Globigerina
et Orbulina renferme comme inclusions des fibres musculaires de
Copépodes. Ces inclusions sont également fréquentes chez les indi-
vidus tout près de la surface et chez les individus des couches plus
profondes. Les Crustacés morts, au contraire, doivent être beaucoup
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXllt
plus rares dans les couches supérieures. Rhumbler conclut que ces
Foraminifères peuvent capter des Gopépodes vivants. Un fait ana-
logue est signalé par Schaudinn, qui a vu sa Myxotheca arenilega
(benthonique) maîtriser non seulement des larves nauplius, mais des
adultes. Malgré la fréquence des fibres musculaires, on ne trouve
jamais de débris de carapace; il y a donc probablement un dépeçage
de la proie, peut-être hors de la zone des piquants ; ce qui explique-
rait la longueur et la puissance de ces filaments flexueux.
Épines. — Elles existent dans une proportion considérable des
spécimens pélagiques de Globigérines (Brady, p. 591); elles sont
encore plus fréquentes mais fort variables de taille chez Orbulina ;
leur présence est donnée comme un caractère constant de Hasligerina.
Elles ne sont pas mentionnées pour les genres Pullenia, Sphœroidina,
Candeina, Pulvinulina et Cymbalopora.
Leur nature morphologique n'a pas fixé l'attention. Chez Hastige-
rina, il y a un détail de structure qui tendrait à les faire considérer
non comme de simples protubérances de la coquille, mais plutôt
comme des formations indépendantes par les pseudopodes, comme les
éléments squelettiques des Radiolaires. Brady (p. 613) signale que
« les piquants sont ordinairement renflés à leur union avec la coquille
et un léger étranglement peut généralement être observé immédiate-
ment au-dessus de leur base épaissie ».
Caractères de flottaison. — Ils dépendent donc essentiellement du
protoplasme, comme chez les Radiolaires. En dehors des épines, la
coquille ne montre aucun dispositif spécial.
Nombre minime des formes flottantes. — L'adaptation bien nette
de l'organisme foraminilère à la vie benthonique fait des flottants
des cas exceptionnels et semble expliquer leur petit nombre. La
cause qui a amené ce bouleversement total du genre de vie doit avoir
été bien puissante : c'est la tendance générale des organismes, sous la
pression de la lutte pour l'existence, à se disperser, à se répandre
dans les milieux les plus différents. Les Foraminifères benthoniques,
limités aux deux dimensions d'un plan, peuvent, grâce à la faculté
de flottaison, envahir toute la masse de l'eau.
Cet avantage est suffisamment considérable pour expliquer le
changement et même pour soulever une autre question. Car ce qui
t. xxxvni, 1903 S
October 1903.
CX1V SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
étonne, ce n'est pas le fait que des organismes benthoniques sont
devenus planktoniques, mais au contraire le fait que seulement quel-
ques espèces, 1 ou 2 p. c.., ont profité de cet immense avantage.
Haeckel (System. Phylogenie, I, p. 179, 1894) attribue ce nombre
minime de formes flottantes à l'uniformité des conditions de la vie
planktonique. L'explication peut tout au plus s'appliquer au fait que
les espèces flottantes ne se sont pas diversifiées, mais nullement à ce
que seulement vingt espèces sont devenues flottantes. En outre, l'ha-
bitat planktonique n'a pas empêché les Radiolaires de se diversifier à
l'infini. Si toutes les espèces ont essayé, pour que si peu aient réussi,
il faut qu'il y ait dans l'organisme foraminifère généralement, des
conditions défavorables ; les espèces qui ont réussi doivent au con-
traire ne pas avoir ces structures défavorables et en avoir d'autres.
3. — Répartition zoologique de la faculté de flottaison.
Liste des formes flottantes. — Brady donne la liste suivante des
espèces qui ont été rencontrées flottantes : Globigerina bulloides,
dubia, inflata, saceulifera, conglobata, œquilateralis . — Orbulina
universa. — Hastigerina pelagica. — Pullenia obliquiloculata. —
Sphœroidina dehiscens. — Candeina nitida. — Pulvinulina Menar-
di\ tumida, canariensis , crassa, micheliniana , patagonica. —
Cymbalopora bulloides. — Ghilostomella ovoides.
Cette dernière espèce n'est mentionnée que pour un unique exem-
plaire; malgré une attention spéciale, elle n'a plus été retrouvée
flottante (Rhumbler, 1900); c'est donc probablement un individu
soulevé accidentellement par une cause quelconque.
D'un autre côte, il faudrait ajouter Globigerina marginata, quel-
quefois flottante d'après Brady lui-même (p. 598) et alors munie
d'épines, et Gl. digitata dont Hensen a recueilli un exemplaire de
la taille énorme de 5 millimètres sans les piquants (Rhumbler, Nord.
Plankton, p. 7).
Les deux seuls genres représentés par plus d'une espèce sont Glo-
bigerina et Pulvinulina. Ils sont à peu près à égalité; mais comme
le genre Pulvinulina compte beaucoup plus d'espèces, la proportion
des flottantes est moindre. Le genre Globigerina compte proportion-
nellement le plus d'espèces flottantes, dont quelques-unes ont le plus
grand nombre d'individus et constituent la plus grande partie du
plankton.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. GXV
Individus planktoniques et individus bentlioniques dans une même
espèce. — A considérer la grande différence des milieux, on pour-
rait s'attendre à ce que le changement d'habitat s'accompagne de
modifications importantes de l'organisme. Tel semble être le cas pour
le protoplasme, les Foraminifères flottants, pour autant qu'ils aient
été examinés vivants, présentant exactement les particularités des
Radiolaires. Mais ce qui est tout à fait remarquable, c'est que la
coquille n'est nullement affectée. Dans une même espèce, il y a des
individus planktoniques et des benthoniques, qui ne se distingueraient
même pas par des caractères individuels. Il n'y aurait qu'une seule
espèce exclusivement pélagique : Rastigerina pelagica.
Divers genres. — Dans un même genre, seulement quelques
espèces ont la faculté de flotter, parfois même une seule. Ce fait per-
met une conclusion importante : la faculté de flottaison ne caracté-
rise pas un groupe zoologique de formes apparentées, mais a été
acquise d'une façon indépendante par des organismes sans relation
génétique entre eux. Toutefois, toutes les espèces flottantes appar-
tiennent au groupe des Rotalidés.
Formes exclues. — Il n'y a donc aucun Arénacé, aucun I m perforé,
aucun monothalame. Il n'y a aucun polythalame à arrangement
linéaire des loges (Nodosaridés) ou à arrangement distique droit (Tex-
tilaridés). Il n'y a aucune forme à coquille compliquée par un squelette
supplémentaire avec système canaliculaire.
La raison de l'exclusion des Arénacés a déjà été mentionnée inci-
demment : le sable nécessaire à la construction de leurs coquilles ne
se trouve qu'au fond. Mais il y a une autre raison plus probante : le
poids élevé de la coquille. Cette même raison explique l'absence des
formes à squelette supplémentaire.
On ne voit pas, au premier abord, pourquoi il n'y a aucun Imper-
foré, d'autant plus que le caractère perforé ou imperforé est fort
déprécié actuellement et considéré comme d'importance tout à fait
secondaire. Au point de vue physiologique, il doit pourtant permettre,
dans une certaine mesure, des rapports plus faciles entre protoplasme
intérieur et extérieur. Or, nous avons trouvé chez les Radiolaires
une masse considérable de protoplasme extra-capsulaire et leur
coquille, correspondant physiologiquement à celle des Foraminifères,
est remarquable par les grandes mailles du réseau; nous avons mis
CXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
ces structures en rapport avec le rôle plus considérable dévolu
au protoplasme extérieur pour assurer la flottaison. L'absence des
lin perforés se comprend et constitue une preuve inverse de l'exac-
titude des interprétations. Le pylome des Imperforés est souvent fort
étroit et, en outre, obturé par des languettes chez beaucoup de Bilo-
culines.
Quoique les monothalames soient absents, la monothalamie en
elle-même ne peut pas être une cause d'exclusion, car Orbulina est
pratiquement un monothalame. S'il n'y a pas de Lagena flottants,
c'est à cause de l'extrême finesse de leurs perforations et de l'étire-
ment du pylome en un col étroit, circonstances peu favorables aux
communications protoplasmiques.
Reste à expliquer l'absence de formes droites. Si la sphère ho-
maxone est en rapport avec l'homogénéité du milieu liquide, l'arran-
gement droit des loges est ce qui s'éloigne le plus de la forme sphé-
rique. Un groupement des loges comme dans Glandulina donne, il est
vrai, une forme pratiquement sphérique, mais avec beaucoup de
cloisons intérieures, augmentant le poids et gênant les mouvements
protoplasmiques.
4. — Caractères structuraux favorables a la flottaison.
Des indications sommaires qui précèdent, il résulte que la faculté
de flottaison doit comporter l'absence de structures défavorables et en
même temps la présence d'autres caractères favorables, au sujet des-
quels les Radiolaires peuvent nous donner quelques renseignements.
Nous pouvons déjà citer comme caractères favorables, la légèreté rela-
tive de la coquille, puis tous les dispositifs donnant plus d'importance
au protoplasme extérieur, soit par des communications plus faciles
de l'intérieur avec l'extérieur, soit par la formation d'une réserve
externe; dans le premier cas, on peut avoir la grandeur des perfo-
rations, la grandeur du pylome, la multiplicité des pylomes, les
ouvertures accessoires; dans le second, des rainures superficielles plus
ou moins protégées et surtout l'ombilic.
La question est compliquée par le fait que la répartition de ces
caractères n'est pas stricte. Chacun des caractères favorables à la
flottaison peut se trouver chez des formes exclusivement bentho-
niques, et la plupart des formes flottantes présentent l'un ou l'autre
caractère défavorable. C'est donc une affaire de degré d'intensité et
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXVI1
de compensation. Un seul caractère fortement développé peut com-
penser plusieurs caractères défavorables d'intensité modérée.
Diminution du poids de la coquille. — Il est facile de comprendre
que tout ce qui diminue le poids tend à favoriser la flottaison. La
protection sera moins efficace, mais justement, elle n'a plus la même
importance pour un organisme flottant, La suspension dans l'eau
permet une qualité de construction incompatible avec le contact avec
le sol, comme, par exemple, de longues épines calcaires.
La tendance à consolider la coquille pour résister aux causes de
destruction de la vie benthonique se manifeste de plusieurs manières :
épaississement des parois, squelette supplémentaire, multiplication
de cloisons secondaires subdivisant les loges, étalement latéral des
loges restant nombreuses dans un même tour de spire et avec les
cloisons rapprochées. Toutes les formes spécialisées dans cette direc-
tion peuvent être considérées a priori comme peu aptes à flotter et
sont, en fait, absentes du plankton.
Le moyen le plus simple pour diminuer le poids est l'amincisse-
ment des parois. Les exemplaires pJanktoniques et les benthoniques
(ÏOrbulina diffèrent par ce caractère, Ceux-ci ont une épaisseur de
paroi de 0.028 à 0.063 millimètres, tandis que chez les planktoniques
« c'est une membrane calcaire mince (a film) d'une ténuité extrême,
que je n'ai pas encore été à même de mesurer exactement ». (Brady,
p. 609.) Globigerina pachyderma, remarquable, comme son nom
l'indique, par l'épaisseur des parois, est exclusivement benthonique.
Il y a pourtant des exceptions. Globigerina conglobata et Gl. saecu-
lifera ont des parois très épaisses. Gomme caractères compensateurs,
il y a la forme sphérique de la première, avec des orifices supplémen-
taires, et chez la seconde, les dimensions énormes des pylomes.
La seule espèce flottante de Sphœroidina, Sph. dehiscens, est beau-
coup plus épaisse que la benthonique Sph. bulloides, laquelle est
encore, en outre, plus régulièrement sphérique, Le caractère com-
pensateur est ici les très profondes rainures aux sutures entre les
loges. Si Sph. bulloides ne flotte pas, c'est que les échanges proto-
plasmiques ne sont pas assez faciles à travers un pylome étroit,
obstrué par une languette; il n'y a pas non plus de réserve externe,
la surface étant lisse et les sutures à peine marquées.
La présence de perforations et leur plus grande dimension,
l'agrandissement des pylomes, la formation d'ouvertures accessoires,
CXVI11 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
comportent une diminution de substance squelettique et, par consé-
quent, de poids v Mais ce n'est probablement que le côté très acces-
soire; l'utilité consiste essentiellement en des rapports plus faciles du
protoplasme avec l'extérieur.
Boursouflement des loges. — La sphère est la figure de moindre
surface. Rhumbler a déjà insisté sur ce caractère, comme épargnant
à l'organisme le travail de sécrétion. Il y a aussi un rapport direct
avec la flottaison, à cause de la réduction du squelette au minimum.
La tendance à la sphéricité se traduit par le boursoufflement des
loges, l'approfondissement des sutures; l'aspect général de la coquille
donne l'impression de quelque chose de composé, une accumulation
de sphères distinctes, contrastant avec le caractère unitaire des autres
coquilles.
Cette tendance au boursoufflement des loges est indiquée chez les
genres ayant des espèces pouvant flotter; elle est très marquée chez
ces espèces et encore intensifiée chez les individus flottants de ces
espèces, comparés aux benthoniques. Une fois que l'attention est
éveillée, on peut distinguer dans les figures de Brady, généralement
au premier coup d'œil, les individus planktoniques.
Le nom générique de Globigerina rappelle la forme globulaire des
loges; il en est de même de beaucoup de désignations spécifiques,
telles que bulloides, inflata, sacculifera, tumida.
Ce boursoufflement affecte surtout les dernières loges, qui devien-
nent énormes comparativement aux loges du premier tour de spire.
Ce caractère est très marqué chez les individus planktoniques.
Il a une conséquence géométrique importante : la réduction du
nombre de loges dans le dernier tour, simplement par défaut de
place. Telle est manifestement la variété triloba de Gl. bulloides, et
l'on peut concevoir Orbulina et Cymbalopora bulloides comme des
termes extrêmes où il n'y a plus qu'une seule chambre sphérique
énormément dilatée. Cette réduction du nombre des loges est fort
nettement un caractère de flottaison, par exemple dans le genre
Pulvinulina.
Sphéricité de l'ensemble. — H y a une tendance manifeste vers la
forme sphérique de l'ensemble, réalisée de plusieurs façons fort dilTi*
rentes : dilatation énorme de la dernière loge pour Orbulina et Cym-
balopora; par l'arrangement des loges, la dernière se mettant trans-
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXIX
versalement sur les autres : Globigerina conglobata, Spliœroidina;
par augmentation du diamètre transversal : Hastigerina ; par gau-
chissement des loges : Pullenia obliquiloculata.
La multiplicité de ces modes de réalisation démontre l'importance
de cette forme. Nous avons déjà mentionné le rapport théorique entre
l'homaxonie et l'homogénéité du milieu planktonique, mais ces rai-
sonnements de « promorphologie », malgré leur apparence logique,
ne doivent être pris qu'avec précaution. Toutefois, le cas des Fora-
minifères flottants lui donne quelque apparence de raison. La
s'pirale rotaloïde se prête mieux que la ligne droite ou que l'arran-
gement distique aux diverses modifications signalées. Ainsi s'expli-
querait la répartition des formes flottantes exclusivement dans ce
groupe.
Diamètre des perforations. — Nous avons déjà mentionné les très
fines perforations des Lagénidés comme une cause d'exclusion de
flottaison. Globigerina pachyderma benthonique a les plus fines per-
forations de son genre : 2 l / 2 microns. Gl. conglobata, pélagique
parfois malgré l'épaisseur de sa coquille, les a à 8 l / f microns, et
Gl. sacculifera, 10 microns.
Chez Orbulina, il y a deux espèces de perforations, de 5 à 21 mi-
crons dans un exemplaire, de 6 et 43 dans un autre; quand il n'y
en a qu'une espèce, la moyenne est 7.7.
Pullenia obliquiloculata, souvent flottante, a des perforations de
5 à 6 % microns: P. sphœroides, exclusivement benthonique malgré
sa forme sphérique, a des perforations très fines de seulement
1 micron.
De même dans le genre Sphœroidina, l'espèce à coquille mince et
sphérique Sph. bulloides est benthonique, mais a des perforations de
2 l / 2 microns; ils sont de 10 microns chez Sph. dehiscens pélagique,
laquelle a en outre des rainures superficielles. Cet exemple, joint aux
deux espèces épaisses de Globigerina, démontre que le poids de la
coquille peut être compensé par d'autres caractères, parmi lesquels
la grandeur des perforations.
Candeina nitida a de très fines perforations de 1 micron; mais il y
a de nombreux orifices supplémentaires contre les sutures.
Il eût, été très intéressant de comparer, au point de vue des dimen-
sions des perforations et de tous les autres orifices, les individus plank-
toniques et les benthoniques d'une même espèce; mais les rensei-
CXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
gnements font entièrement défaut. Ce qui prouve une fois de plus que
pour décrire à fond, l'attention la plus vigilante ne suffit pas; une
théorie convenable trouve toujours quelque chose à quoi le descrip-
teur le plus minutieux n'a pas songé.
Grandeur du pylome. — La sortie rapide et en masse du proto-
plasme ne peut se faire que par le pylome ; la forme et les dimen-
sions de cet orifice paraissent des plus importantes pour la faculté de
flottaison. Nous avons déjà mentionné le col étiré des Lagena comme
ayant contribué à empêcher la flottaison. 11 n'y a aucune forme
planktonique à col. Des trois genres fort semblables, Pullenia,
Pulvinulina et Truncatulina , le dernier seul n'a pas d'espèce flot-
tante et c'est aussi le seul où le pylome reste petit et est parfois
étiré en col.
Il y a un groupe de Globigérines, caractérisé par un pylome
unique, groupe composé de trois espèces : Globigerina pachyderma,
la seule où le pylome est une fissure étroite ; GL Dutertrei, presque
sphérique avec une ouverture semi-circulaire « comparativement,
petite » et GL inflata où le pylome est énorme ; c'est aussi la seule
espèce flottante.
Le pylome est très large chez Hastigerina. .
Multiplicité des pylomes. — Généralement dans les formes poly-
thalames, la nouvelle loge recouvre l'ancienne, et son pylome est le
seul s'ouvrant directement à l'extérieur. Le groupement strictement
linéaire des Nodosaridés comporte nécessairement cet arrangement.
Chez les Textilaridés, la nouvelle loge se met de côté, mais recouvre
cependant le pylome de l'ancienne; l'arrangement peut se comparer
à un corridor central où débouchent à droite et à gauche des cham-
bres, et qui communique à un bout avec le dehors. Chez la plupart
des Globigérines, la nouvelle loge se met à côté de l'ancienne, mais
ne recouvre pas le pylome de l'ancienne, laquelle continue à s'ouvrir
directement à l'extérieur; les chambres donnent toutes sur une cour
commune, laquelle est la cavité conique formée par l'écartement du
deuxième tour de spire, la cavité ombilicale.
Les chambres individuelles communiquent aussi directement avec
la cavité ombilicale dans le genre Cymbalopora.
Le genre Planorbulina garde ses pylomes libres, mais seulement
ceux des loges de la rangée extérieure. Ces ouvertures sont donc
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXI
marginales et ne donnent pas dans une cavité ombilicale, pratique-
ment absente par suite de la croissance cyclique. Les loges restent
petites, fort nombreuses dans un tour. Il n'y a aucune espèce flottante.
La multiplicité des pylomes est donc'un caractère assez nettement
limité aux genres pouvant donner des espèces flottantes; mais il
paraît surtout efficace en combinaison avec une cavité ombilicale.
Ouvertures accessoires et apylomie. — Candeina nitida, outre
ses perforations très fines de 1 micron, présente le caractère défavo-
rable de l'obturation complète du pylome; mais tout le long des
sutures, il y a une série d'orifices, caractère largement compensa-
teur. Ce même caractère ne se retrouve plus que dans des Globigé-
rines, où il s'ajoute à d'autres caractères de flottaison et chez Cymba-
lopora. La répartition est donc fort instructive.
Rainures superficielles. — Elles résultent tout naturellement du
boursouflement des loges, qui approfondit les sutures. Mais un simple
coup d'œil sur Sphœroidina dehiscens prouve qu'il y a là autre chose
encore : fort nettement, un creusement plus profond et un élargisse-
ment des régions suturales, en même temps, formation d'une saillie
des bords de la rainure pour protéger dans une certaine mesure le
protoplasme accumulé.
Cavité ombilicale. — La spirale rotaloïde comporte une cavité
ombilicale souvent effacée ultérieurement par des modifications de
croissance. Quand elle est conservée, elle peut entrer au service de la
reproduction. Dans plusieurs espèces de Discorbina, on trouve assez
fréquemment des exemplaires doubles, deux individus accolés par les
bords de façon à former un double cône. Brady les considère comme
une multiplication par division du protoplasme et formation d'un
nouvel individu sur le pylome du premier; il compare avec la divi-
sion d'Euglypha décrite par Gruber. Cette comparaison ne semble
pas heureuse. Chez Euglypha, la coquille est composée de pièces
isolées se formant dans le parent et gardées en réserve jusqu'à la
division, où elles sortent toutes à la fois pour former une nouvelle
coquille monothalame. Il est fort peu probable que la coquille à
loges nombreuses d'une Discorbina se forme rapidement pendant la
durée d'attache à la mère. L'interprétation de Môbius, une conjugai-
son, est beaucoup plus naturelle. L'accumulation du protoplasme
CXX1I SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
dans la cavité ombilicale, où se rendrait alors le noyau, faciliterait
beaucoup les échanges nucléaires. La conjugaison des parents ren-
drait inutile la conjugaison des zoospores, avec l'avantage d'une fécon-
dation de toutes les spores formées, tandis qu'autrement, il y en a pro
bablement un certain nombre qui ne rencontrent pas de partenaire.
Nous rencontrons pour la cavité ombilicale la même tendance que
chez les rainures à protéger le protoplasme. Pour les rainures, il
suffit d'une saillie en crête des rebords ; la cavité ombilicale est plus
importante comme dimensions et comme structure morphologique, et
son appareil de protection acquiert également plus d'importance. Tel
est le cas chez beaucoup de Biscorbina. Il y a une lame avec des
échancrures qui paraît être le développement de la lèvre bordant le
pylome chez Pulvinulina et chez plusieurs Globigérines.
D'après Khumbler, les sphères de Cymbalopora et Orbulina ne
seraient pas une dernière loge, mais un appareil protecteur de l'om-
bilic. L'interprétation est admissible pour les deux genres.
Le rapport de l'ombilic avec la faculté de flottaison consiste dans
la grande masse de protoplasme en réserve à l'extérieur.
5. — Développement de la faculté de flottaison.
Le groupe des Foraminifères est benthonique, adapté à cet habitat.
Le groupe est très varié, mais les divers caractères doivent a priori
être considérés comme des adaptations à certaines particularités de
l'habitat benthonique. Le travail de Rhumbler, de 1895, est intéres-
sant, parce qu'il établit un rapport de connexité entre un certain
nombre de particularités de structure et de particularités de cet habi-
tat benthonique. Il est évident qu'aucun caractère ne s'est développé
en prévision d'une flottaison future.
La flottaison se produit par des modifications du protoplasme; la
coquille, par elle-même, reste toujours trop lourde. Elle n'en inter-
vient pas moins comme un élément décisif pour empêcher la flottaison
ou la permettre. Certains caractères rendent cette flottaison possible.
Ces caractères doivent avoir été primitivement d'adaptation bentho-
nique, avant d'avoir été utilisés pour la flottaison. Voilà pourquoi
nous trouvons tous ces caractères de flottaison chez des formes ben-
thoniques. Le changement de fonction, paradoxal à première vue, est
le même cas signalé pour les Gténaires (« Stylochoplana », Soc. roy*
zool. et malac. de Belg. y mai 1903) et pour les Céphalopodes.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXIII
Ce sont des modifications du protoplasme qui déterminent la flot-
taison. L'une des modifications signalées par Brandt consiste en une
vacuolisation au moyen d'eau pure, sans sel, d'où la diminution de
densité de l'organisme. La conséquence inévitable de cette vacuolisa-
tion est un foisonnement du protoplasme, une augmentation de
volume.
Or, une telle augmentation de volume semble se produire périodi-
quement chez les Foraminifères à chaque formation de loge nouvelle.
Si l'on considère que la dernière loge formée doit servir pendant un
certain temps, avec les autres loges, à protéger le protoplasme en
voie constante d'accroissement, il est logique d'admettre que la loge
est faite un peu trop grande au début, par foisonnement temporaire
du protoplasme (Dreyer). Cette période doit être assez courte, la nou-
velle loge doit être sécrétée rapidement et tout d'une pièce, car on ne
trouve jamais de coquille avec l'ébauche d'une loge nouvelle; le
« moment de lorication » est transitoire (Dreyer). Ce foisonnement
du protoplasme ne s'accompagnerait-il pas d'une diminution de den-
sité, pouvant amener chez ces formes une flottaison temporaire, à
laquelle on pourrait trouver l'avantage de soustraire l'animal au
contact d'avec le sol pendant la période critique de lorication?
Une autre période dans la vie de l'individu semble marquée par un
foisonnement très considérable du protoplasme : la préparation à la
reproduction. Si réellement les sphères de Orbulina et Cymbalopora
sont, comme le veut Rhumbler, en rapport avec la reproduction, leur
volume considérable donne la mesure du foisonnement et rend très
probable une forte tendance à la flottaison. Nous avons plus que des
suppositions pour appuyer cette manière de voir.
Cymbalopora bulloides. — On rencontre dans les zones coral-
liennes des individus benfhoniques et des planktoniques, ceux-ci
uniquement au-dessus des bas-fonds et tout près des récifs. Dans
chaque pêche planktonique, il y a toujours deux catégories d'indivi-
dus, fort distincts par la taille et sans formes intermédiaires : une
majorité de petits, une minorité de taille à peu près double. Parmi
les formes du fond, outre les deux espèces benthoniques [Cymbalopora
Poeyi et.C. tabelliformis) et les individus benthoniques de C. bulloides,
on trouve des individus qui ne ressemblent à aucune des deux pre-
mières espèces, parce que l'arrangement de leurs loges est exactement
celui de C. bulloides, mais qui sont dépourvus de la sphère en ballon ;
CXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE.
seulement, quelques individus montrent sur leur bord inférieur
comme les restes d'une telle sphère. Dans tous les exemplaires flot-
tants examinés, Murray a trouvé « des petits corps monadiformes ».
Tous ces faits s'interprètent très rationnellement à peu près comme
Fa fait Murray. Arrivé à une certaine taille, un individu sporule; à
cet effet, le protoplasme massé dans la cavité ombilicale foisonne et
sécrète la sphère en ballon; l'animal flotte : ce sont les petits individus
du plankton. Après l'émission des spores (par rupture de la sphère?),
l'animal coule au fond et se remet à croître; après quelque temps, il
sporule de nouveau, flotte et constitue maintenant les grands indivi-
dus du plankton.
La proximité constante du fond et du récif pour les individus
planktoniques permet de conclure à une durée fort limitée de la
période de flottaison.
Il y a un point qui est encore à élucider, La différence de taille
des individus planktoniques fait penser au dimorphisme. Brady ne
semble pas y avoir songé et ses dessins ne permettent pas de voir la
configuration de la loge initiale.
En résumé, on peut se représenter la faune des Foraminifères
Hottants comme s'étant constituée de la manière suivante :
Le groupe est benthonique, mais chez tous les individus il y a une
diminution temporaire de la densité au moment de la lorication et
au moment de la préparation à la sporulation. Avec des circonstances
favorables de structure de la coquille, cela peut aller jusqu'à une
flottaison, dont la durée dépendra du degré de développement des
circonstances favorables et peut même aller jusqu'à la permanence.
Ainsi, une espèce unique aura des représentants dans les deux
habitats.
Il reste maintenant à expliquer comment ces deux groupes ne se
différencient pas assez pour devenir des espèces distinctes. C'est qu'il
y a constamment entre eux des échanges; pour un certain nombre
d'individus, la flottaison n'est que temporaire; le groupe flottant
reçoit constamment de nouvelles recrues du groupe benthonique.
Même dans le cas d'une tendance à mieux s'adapter à la flottaison,
par suite de ces échanges continuels, il n'y aura pas spécialisation,
mais modification identique des deux groupes de façon à les faire
rester dans les limites d'une même espèce,
Certains des caractères structuraux de la coquille que nous avons
considérés comme favorables à la flottaison, à cause de leur réparti-
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXV
tion, s'accordent, parfaitement avec la cause déterminant réellement
la flottaison : le foisonnement du protoplasme au moment de lorica-
tion. Tel est notamment le cas pour le boursouflement des loges et
leur forme sphérique avec toutes ses conséquences. Plus ce bour-
soufflement des dernières loges est marqué, comparativement aux
loges plus anciennes, plus il y aura eu foisonnement du protoplasme et
diminution de densité.
6. — Remarques particulières sur certaines espèces.
Au lieu de passer en revue toutes les espèces flottantes et de les
comparer avec les benthoniques de leur genre, nous nous bornerons à
signaler quelques points plus spécialement intéressants. Pour con-
firmer toutes les affirmations précédentes, il suffit d'examiner les
planches du Challenger Report de Brady, où l'auteur a eu soin de
donner presque toujours des figures des exemplaires benthoniques
et des planktoniques, ce qui permet les comparaisons.
Différences entre « Globigerina » et « Pulvinulina ». — Le genre
Globigerina présente le plus grand nombre de caractères de flot-
taison et au plus haut degré de développement ; au contraire, le
genre Pulvinulina ne montre que peu de ces caractères. La diffé-
rence est surtout marquée pour tout ce qui concerne les communi-
cations rapides du protoplasme avec l'extérieur ; la cavité ombilicale
est peu profonde, le pylome est unique, faiblement agrandi, il n'y a
jamais d'ouvertures accessoires. On pourrait mettre ces différences
en rapport avec une différence dans la nourriture. Nous avons men-
tionné, d'après Rhumbler, que le groupe des Globigérines se nourrit
de Copépodes, probablement capturés vivants; le même auteur ren-
seigne que Pulvinulina se nourrit d'Algues et de Diatomées, proies
inertes qu'il ne faut aucun effort pour capturer.
Chez les Globigérines, il y a plusieurs formes paradoxales en ce
sens qu'il y a des caractères défavorables, comme l'épaisseur de la
coquille chez Globigerina digitata; dans cette même espèce, on pour-
rait citer au même titre l'accroissement des loges en hauteur (dans
le plan d'enroulement), ce qui donne une forme aplatie. Il y a alors
d'autres caractères favorables, dont l'énorme développement fait com-
pensation. De même, chez Gl. œquilateralis et Hastigerina, la spirale
est plate, nautiloïde, mais les tours de spire sont disjoints et les loges
CXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
développées perpendiculairement au plan d'enroulement chez Hasti-
gerina, de manière à donner un ensemble sphérique. Il y a des cas
extrêmes comme Orbulina.
Les Pulvinulines sont plus ordinaires. Parmi les formes flottantes,
il n'y a pas de caractères anormaux nécessitant une compensation
par le développement exagéré d'autres caractères favorables.
Quelques-uns de ces caractères sont assez bien marqués, par
exemple le renflement des loges chez Pulvinulina crassa et P. mi-
cheliniana; mais, en général, ils ne sont pas fortement développés.
Étant modérés, ils sont tous nécessaires. Ce qui semble avoir déter-
miné la flottaison, c'est pour les espèces, le pylome et l'ombilic, et
dans chaque espèce, pour les individus, le renflement des dernières
loges.
Loges anormales de « Pulvinulina ». — La sphère en ballon de
Cymbalopora bulloides a des ouvertures spéciales, pas tout à fait de
la dimension de pylomes (sauf une seule), mais beaucoup plus
grandes que des perforations ordinaires. Il y a quelque chose
d'analogue dans Orbulina. Brady a fait remarquer que la même
chose se retrouve dans plusieurs espèces de Pulvinulina, Chez
P. oblonga, auricula et Haueri, la dernière loge est manifestement
hypertrophiée; chez P. lateralis, l'hypertrophie est beaucoup plus
considérable; d'en haut, la dernière loge paraît normale, mais elle
occupe plus de la moitié de la face inférieure, ayant recouvert
plusieurs auires loges et étant en même temps perforée comme une
Orbuline ou une Gymbalopore ; l'analogie avec la dernière espèce est
complétée par l'habitat : la zone côtière tout à fait superficielle des
régions coralliennes. Toutes ces espèces sont benthoniques, mais la
fréquence de cette modification dans un genre dominant du plankton
est un fait très caractéristique.
Il y a une modification analogue chez une Cribrospira fossile
(von Môller, Spiralgew. Foram. russ, Kohlenkalks, [Mém. Acad.
Petersb., 1878, pi. IV, fig. 4]).
Le cas de Pulvinulina semble indiquer que dans ce genre la modi-
fication porte bien sur la dernière loge et n'est pas une formation
nouvelle comme chez Cymbalopora et Orbulina. Dans l'une des
figures de Brady, l'avant-dernière loge est également affectée par les
perforations, et la dernière ne l'est que sur une moitié de sa surface,
l'autre moitié restant normale. Il est difficile de décider si c'est une
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXVII
simple variation individuelle ou s'il faut attribuer à cette structure
une portée morphologique.
Le genre Cymbalopora. — Toutes les espèces présentent des
caractères de communications protoplasmiques rapides, multiplicité
des pylomes ou ouvertures accessoires, grande cavité ombilicale,
dimensions assez considérables des perforations. Or, deux de ces
espèces sont benthoniques ; il y a donc lieu de rechercher l'utilité de
ces structures pour la vie benthonique. Ce peut être une question de
nourriture, comme pour les Globigérines, mais nous n'avons aucun
renseignement de fait à ce sujet; ou bien une question d'habitat
particulier. Le genre est localisé dans les régions coralliennes, en
général assez près de la surface. Or, un récif de corail est une
prairie animée où beaucoup d'animaux sont carnassiers, vivant aux
dépens des Polypes. Il y a aussi généralement des adaptations
spéciales pour résister à l'action d'entraînement des courants. C'est
même ainsi que l'on peut comprendre la structure d'Orbitolites, le
genre supérieur des Imperforés qui a le même habitat; son aplatisse-
ment discoïde par croissance cyclique diminue l'action d'entraîne-
ment; les nombreux orifices sur tout le pourtour, souvent en
plusieurs rangées superposées, permettent à l'organisme de s'ancrer
par une multitude de câbles protoplasmiques ; sa faculté de réparer
les parties endommagées ou de régénérer les parties perdues est
également une adaptation (Rhumbler). Chez Cymbalopora, on peut
considérer la facilité des communications protoplasmiques comme
une adaptation au même genre de vie, structure utilisée ensuite
pour la flottaison.
La séance est levée à 7 heures.
Séance du 3 octobre.
Présidence de M. Dautzenberg.
La séance est ouverte à 4 l j 2 heures.
Les procès-verbaux des séances (mai et juin), compris dans la
feuille 6 des Bulletins de 1903, sont déclarés adoptés.
CXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Le Secrétaire général rend compte de l'excursion zoologique faite
par la Société à Overijssche le 2 août dernier et à laquelle ont pris
part, sous la direction de M. le professeur Lameere, MM. Arndt,
Masay, Schouteden, Severin et de Cort. De nombreuses captures
intéressantes ont été faites, notamment dans l'étang d'Overijssche, où
il existe de remarquables colonies de Spongiaires.
Correspondance.
La Société a reçu, en leur temps, des convocations au VII e Congrès
flamand des sciences naturelles et médicales, qui s'est tenu à Gand
les 26 et 27 septembre.
Bibliothèque.
Échange nouveau :
University of Galifornia, à Berkeley, Californie.
Dons des auteurs :
J. Mac Leod : Het Nederlandsch en de Wetenschap (Ex : Kon.
Vlaamsche Akad. voor Taal- en Letterk.; Gand, 1901). — De
Invloed de? 1 levensvoorwaarden en de sociale verantwoordelijkheid
(Ex : Handel. van het IV Vlaamsch Natuur- en Geneesk. Congres;
Bruxelles, 1900).
G. van Ertborn : A propos de la carte géologique de la province
d'Anvers et de la partie du Limbonrg située au Nord du Berner. —
ha distribution d'eau de Vilvorde (Ex : Bull. Soc. relge de Gëol.;
Bruxelles, 1903).
É. Delvaux : Le Quaternaire de Rencheux (Vielsalm) (Ex : Ann.
Soc. géol. de Belg.; Liège, 1903) [don de M. Dewalque].
Des remerciements sont votés aux donateurs.
Dépôts :
Ad. Kemna : Les' caractères généraux des Vertébrés. (Tiré à part
extrait de la feuille 7 des Bulletins des séances, 1903.)
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXIX
Communication du Conseil.
M. Emile Thum, de l'Institut zoologique de Prague, présenté par
MM. Rousseau et de Gort, a été reçu membre effectif.
Communication.
D r Richard GOLDSCHMIDT (de l'Institut Zoologique de Heidelberg). — « Notiz
tiber die Entwickelung der Appendicularien. [Biologisches Centralblatt, 15 jan-
vier 1903, vol XXIII, n° 2.) — Compte rendu bibliographique, par Ad. Kemna.
Les Appendiculaires comptent parmi ces animaux privilégiés,
auxquels les naturalistes s'intéressent d'une façon toute particulière.
Ils ont les allures des larves d'Ascidies, ne se fixent pas, restent
constamment libres et mobiles et conservent pendant toute leur vie
leur organe de locomotion, la queue, organe seulement transitoire
dans les autres groupes de Tuniciers. Rien d'étonnant dans ces con-
ditions à ce que leur individualité zoologique n'ait pas été immédiate-
ment et généralement reconnue, et à ce qu'on ait commencé par les
prendre pour des larves. Encore en 1846, c'était l'opinion d'une
autorité comme Johannes Mûller. La question a été définitivement
tranchée en 1854 par Gegenbaur (Zeitschr. wiss. Zool., vol. V) qui a
trouvé les Appendiculaires, fort nombreux dans le détroit de Mes-
sine, munis d'organes sexuels à produits mûrs; outre cet argument,
il invoquait aussi la présence d'un otocyste avec otolithe, organe
absent chez les Ascidies et, à cette époque, non encore reconnu chez
leurs larves. Il conclut que les Appendiculaires sont des êtres distincts
et non des formes larvaires. Quant à leur place dans la classification
(Z. w. Z., vol. VI, 1855), il se rallie à l'opinion de Huxley pour en
faire les plus simples des Tuniciers.
Les progrès de la science n'ont fait qu'augmenter l'importance, on
pourrait dire philosophique, de ces êtres. Ils sont les plus simples de
leur groupe et ce groupe des Tuniciers est étroitement apparenté avec
les ancêtres des Vertébrés. On pourrait s'attendre à ce qu'ils aient été
l'objet de nombreux travaux, gratifiés d'une bibliographie aussi éten-
due que celle d'Amphioxus. 11 n'en est rien. Les travaux sont relati-
vement assez clairsemés et tout spécialement leur embryologie est
encore une page blanche.
Seeliger, en 1895 (Bronris Thierreich, Tunicaten), cite en tout
t. xxxviii, 1903 9
CXXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
trois noms. En 1867, Kowalewsky dans son célèbre mémoire sur
Amphioxus écrit : « Une glande semblable à celle de l'extrémité des
« larves d'Amphioxus a été trouvée aussi chez les embryons des
« Appendiculaires. J'ai eu l'occasion de suivre le développement
« d'Appendieularia acrocerca depuis l'œuf. Ce développement cor-
ce respond à celui des Ascidies simples. » En dehors de la présence
d'une glande préner vienne, il n'y a aucun détail. C'est donc une
mention pour ainsi dire accidentelle.
Cinq ans plus tard, en 1872, les Appendiculaires du détroit de
Messine sont l'objet d'un grand travail de la part de Herman Fol.
Très développé au point de vue descriptif et anatomique, le mémoire
de Fol est pour ainsi dire muet sur le développement. « Le dévelop-
« peinent, que j'ai pu suivre jusqu'à la formation de la larve ne me
« parut différer en rien de celui des Ascidies, et comme, d'autre
« part, la petitesse de ces œufs et la difficulté qu'on a de les
« obtenir les rendent peu favorables à l'étude, je n'ai pas jugé à
a propos d'approfondir davantage ce sujet. » Il donne cependant un
détail d'une certaine importance : les deux ouvertures branchiales
ou spiraculaires résultent de deux invaginations ectodermiques, qui
se mettent au contact avec deux évaginations de l'intestin bran-
chial ( L ).
En 1884, il y a deux travaux, de Fol et de Bolles Lee, sur l'ori-
gine des organes sexuels et la formation des produits; mais c'est
plutôt de la cytologie et non de la vraie embryologie.
En présence de cette situation, la connaissance du développement
des Appendiculaires était un desideratum de la science. Mais Seeliger
a prémuni contre des espérances exagérées (Tunicaten, p. 134) :
« Quelque désirables en soi que puissent être des renseignements sur
ce le développement de ce groupe d'animaux, on ne peut à mon avis,
a espérer qu'ils fourniront des points de vue nouveaux pour l'appré-
ce ciation de l'organisation et de l'emplacement des Appendiculaires.
ce Le développement embryonnaire des Ascidies a été convenable-
ce ment étudié et permet de conclure à ce que sera celui des Appen-
ce diculaires. L'organisation de ceux-ci est sous beaucoup de rapports
ce d'une telle simplicité, que le cours du développement ontogénique
(!) Il y a évidemment une faute d'impression dans le travail de Goldschmidt,
quand il parle à ce propos de deux « Entodermeinstûlpungen die den Darm errei-
chen » ; c'est « Ektoderm » qu'il faut lire.
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CX1XI
« dans ses principaux traits peut être prédit avec assez bien de certi-
« tude. C'est ainsi que la structure de la queue permet de conclure
« avec certitude, qu'à aucun stade évolutif il ne peut apparaître ni
a des plis mésoblastiques ni un cœlome entérocœle. » Seeliger n'en
a pas moins été le premier à saluer le présent travail « comme parti-
culièrement agréable, parce que l'auteur a réussi à déterminer le
cours général de l'évolution, au moins dans ses grandes lignes »
(Zool. Centralblatt, juillet 1903, p. 502).
Pendant un séjour à la station zoologique de Rovigno, Goldsehmidt
a trouvé, dans la seconde quinzaine de mars 1902, de très petites
larves dans le plankton. Il croit pouvoir, avec beaucoup de certitude,
les attribuer à Oikopleura dioica. Cette espèce, nombreuse à cette
époque, était la seule présentant des produits sexuels mûrs. Les
œufs ont une légère opalescence jaunâtre, qui permet de reconnaître
les stades ultérieurs du fractionnement. Des essais de fécondation
artificielle n'ont pas réussi, mais des cultures en goutte suspendue,
avec ces stades, ont pu être poussées jusqu'à des stades larvaires plus
avancés, avec queue et corde. 11 a pu constituer ainsi une série
satisfaisante.
L'étude des premiers stades est très difficile. Rien que pour se
procurer le matériel, l'isolement d'avec le reste du plankton, de ces
œufs de très petite taille, est une besogne qui avait fini par rebuter
Fol. Les embryons ont un pouvoir spécial de réfraction, qui soustrait
à la vue tous les détails intérieurs et ne permet de discerner que le
contour. La pauvreté des noyaux embryonnaires en chromatine rend
inapplicable la méthode des préparations à coloration totale. C'est
donc à tous les points de vue, un matériel des plus désagréables.
Aux stades tout à fait primitifs, à deux ou quatre cellules, les
forts objectifs montrent les rayons des asters de division, composés de
travées alvéolaires, C'est donc un nouvel exemple de la structure
alvéolaire du protoplasme d'après Bùtschli. L'observation de Gold-
sehmidt a d'autant plus de valeur, qu'elle a été faite sur l'objet vivant,
sans aucun emploi de réactifs.
Jusqu'au stade de seize cellules, le fractionnement est exactement
comme celui de Clavelina. Il marche rapidement. Au bout de deux
heures, il y a un amas cellulaire sphérique, légèrement aplati, qui
n'est pas interprété (morula, blastula ou gastrula?). Trois heures
plus tard, l'embryon s'est un peu allongé et une rainure circulaire
transversale, peu profonde, le divise en deux parties, une antérieure
CXXXII
SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Fiff. 1.
et une postérieure. Dans la moitié postérieure, on distingue une
ligne axiale de cellules fortement réfringentes, avec de
gros noyaux vésiculaires; cette moitié postérieure est
donc la queue. Elle est aussi grosse que le tronc et aussi
longue; elle est dans l'axe du tronc, ni courbée, ni
fléchie, ni tordue. C'est la figure 1, vue d'en haut.
La ligure 2, également vue d'en
haut, montre un stade ultérieur. L'em-
bryon s'est allongé et, pour trouver place dans la
membrane de l'œuf, il a fléchi sa queue latéralement.
il n'y a toujours que peu de différence dans les
tailles respectives des deux parties, tronc et queue ;
il en résulte que l'embryon est massif, qu'il a l'air Flg - 2 *
plutôt d'un gros ver que d'un embryon de Tunicier.
Le troisième stade (flg. 3, vue d'en haut) consiste
en l'extension de la queue, de sa position fléchie
latérale, de nouveau dans la continuation de l'axe
du tronc. La membrane de l'œuf ne se déchire pas;
elle se prête à toutes les modifications de la forme
du corps et s'applique étroitement sur l'embryon.
C'est ce qui est déjà réalisé sur le côté convexe du
corps, le côté droit de la figure 3; sur le côté con-
vexe, gauche, la membrane est encore distincte.
La figure 4 (vue d'en haut) est « la jeune larve
nageant librement ». Le redressement de la queue est
complet et il y a maintenant une différence assez
notable dans les dimensions relatives du tronc et de la
queue. La queue est moins grosse que le tronc, un peu
plus longue; mais ces différences sont incomparable-
ment moins grandes que chez les larves libres d'As-
cidies. En outre, la section transversale de la queue de
la larve Appendiculaire n'est pas aplatie transversale-
ment, élevée dorso-ventralement; la section est circu-
laire et si tant est qu'il y ait un aplatissement, il est
dorso-ventral, mais toujours très faible. La queue porte
à son extrémité un long bouquet de soies, une brosse
(eine Borste), seulement indiquée dans la figure 4, mais
dessinée en entier dans la figure 6 ; cette brosse serait Fl &- 4 -
un produit, non de l'embryon lui-même, mais de la membrane de
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903.
CXXXIII
l'œuf. Cette membrane, partout étroitement appliquée contre le
corps de la larve, se voit encore dans l'angle rentrant formé par le
tronc et la queue (c'est du moins ainsi que j'interprète une ligne
allant de l'un à l'autre).
Déjà, dans les stades antérieurs, il y avait de chaque côté de la
corde une couche cellulaire. Elles fourniront plus tard les masses
musculaires latérales de la queue et, dans le stade figure 4, elles
sont au nombre de dix. La « segmentation » de la queue des Appen-
diculaires, basée par Langerhans sur la métamérie de certains nerfs
et sur le fait que les bandes musculaires se fractionnent toujours en
dix fragments, a été démontrée par Seeliger consister en la formation
de ces bandes par dix cellules seulement. Goldschmidt estime que
l'embryologie vient confirmer admirablement (aufs
schônste) cette interprétation de Seeliger, pour
autant qu'une confirmation était nécessaire.
Dans le tronc, s'est formée une grosse vésicule,
la vésicule cérébrale ; elle occupe une situation plutôt
dorsale. On voit aussi une autre vésicule plus petite,
l'otocyste, avec deux otolithes.
Les mouvements de la larve rappellent beaucoup
plus ceux des Cercaires, qu'aux stades ultérieurs.
Souvent les larves collent aux parois des verres de
montre par la brosse de leur extrémité caudale.
La figure 5 ci-contre représente un stade plus
âgé, vu du côté gauche, à l'état de repos. La queue
est nettement délimitée, la différence des diamètres
tr;n sverse et vertical pour le tronc et la queue est
considérable, par suite de l'hypertrophie de la partie
postéro-dorsale du tronc. Dans la corde, les limites
cellulaires sont effacées, mais la plupart des noyaux
sont encore présents ; ils disparaissent ultérieure-
ment en commençant par l'extrémité distale ou posté-
rieure. Dans le tronc, les invaginations spiraculaires
ectodermiques bien marquées sont encore imper-
forées et non ciliées. L'intestin branchial se présente
comme une in vaginal ion eclodermique par la bouche
et ne communiquerait même pas encore avec le reste
de l'intestin. Comme ce résultat est en désaccord avec ce qui se passe
chez les Ascidies, où la cavité branchiale est endodermique, l'auteur
Fig. 5.
CXXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
a tout naturellement porté son attention sur ce point; il lui paraît
probable qu'une partie tout au moins de la cavité branchiale, la
région antérieure eridoslylaire, est bien d'origine ectodermique. Avec
Seeliger, dans son compte rendu du Zool. Centralbl.,on peut dire que
ce résultat est étonnant et demande encore à être confirmé.
En terminant sa notice très sommaire, Goldschmidt rappelle les
prédictions un peu pessimistes de Seeliger; il ne tire aucune conclu-
sion de son travail et ne se permet pas la moindre observation d'une
portée un peu générale sur les faits constatés. On ne peut que louer
l'auteur de sa modestie, tout en trouvant que peut-être il l'a poussée
un peu loin. Le travail m'a paru d'autant plus intéressant, que j'avais
largement usé des Appendiculaires pour quelques considérations
théoriques sur les caractères généraux des Vertébrés, dans notre
séance de juin 1903. J'avais incidemment risqué une explication des
particularités les plus caractéristiques de la queue des Appendicu-
laires : le déplacement ventral, la flexion en avant et la torsion à
gauche. J'avais suggéré un rapport possible entre ces modifications
et la présence d'une enveloppe gélatineuse, ou avec le mode spécial
de locomotion, qui est plutôt un relèvement de l'animal coulant au
fond sous l'action de la pesanteur, qu'une propulsion en avant. Or,
il semblait résulter du travail de Goldschmidt, que chez la larve, il
n'y a encore aucun de ces déplacements ; la queue est en situation
normale, en position morphologique. Dès lors, il devenait intéres-
sant d'avoir des détails plus circonstanciés sur le mode de natation de
la larve.
En outre, je n'étais pas sûr d'avoir bien compris. Il n'y avait
aucune indication sur l'orientation des figures et une expression de
l'auteur m'a amené à croire possible que la figure 4 donnait une
vue latérale. Il dit, en effet, que la queue esl déjà typiquement
appendiculaire. Si on comprend par là qu'au moins la torsion à
gauche est déjà réalisée, cette figure 4 devait être une vue latérale.
La situation de l'otocyste sur la ligne médiane du dessin n'était pas
un empêchement à cette interprétation, car précisément l'otocyste est
généralement un peu latéralement à gauche chez l'adulte. J'ai donc
écrit à Goldschmidt, qui a bien voulu répondre et envoyer quelques
dessins; ce sont ceux marqués 2, 3, 6 et 7. La présente note a donc,
grâce à l'obligeance de Goldschmidt, la valeur d'un complément au
travail original.
Dans tous les stades figurés, la queue est encore en position mor-
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903.
CXXXV
phologique, la migration ventrale et la torsion à gauche ne sont pas
encore effectuées. On les trouve terminées chez des larves de l / 2 mil-
limètre de long, mais la modification n'a pas pu être suivie en
cours d'exécution. L'expression de queue à structure typiquement
appendicuîaire ne s'applique donc pas à la situation de l'organe,
laquelle est au contraire encore typiquement celle d'Une Ascidie, mais
au nombre et à la disposition des cellules musculaires. Il n'y a pas
non plus de renseignements sur la première apparition de l'enveloppe
gélatineuse.
Il est dit dans la notice que la larve de la figure 4 est assez pares-
seuse et repose généralement au fond des verres, et
que les mouvements sont fort semblables à ceux des
Cercaires. Les mouvements de la queue sont dans le
plan horizontal à excursion assez limitée; en d'autres
mots, la queue s'infléchit alternativement à droite et
à gauche, mais s'écarte peu de sa position médiane,
comme indiqué en pointillé sur la figure. Cette flexion
latérale est une incurvation de la queue dans toutes ses
parties, donnant une courbe régulièrement graduée,
et non une courbure brusque en un seul point, à la
base de la queue. Deux particularités structurales
empêchent la formation d'un pli localisé et imposent
une flexion en courbe graduée : d'abord, la grande
surface d'implantation de la queue sur le tronc, la
queue étant encore fort épaisse, et, en second lieu,
la pénétration de la corde sur une certaine longueur Fl s- 6 -
dans le tronc. Quand ces larves meurent, généralement la queue
s'infléchit un peu de côté, latéralement.
Chez la larve de la figure 5, la queue est plus isolée; sa surface
d'implantation sur le tronc est beaucoup réduite et la corde, par son
extrémité antérieure ou proximale, est presque dégagée du tronc. On
sait que chez l'adulte, cette extrémité arrondie de la corde jouecomme
une tête sphérique dans une cupule du tronc ; les deux pièces ne
tiennent ensemble, outre le nerf, que par l'épiderme. Le mouvement
consiste en des ondulations qui parcourent la queue d'un bout à
l'autre et il y a plusieurs de ces ondulations en même temps. Gold-
schmidt écrit que chez la larve, les mouvements de la queue ne sont
plus des oscillations, mais plutôt des mouvements de spirale ou d'hé-
lice, et fort saccadés (eine zitternde). La larve progresse en avant.
CXXXVI
SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
A la mort, la queue s'incurve fréquemment un peu en bas, comme
le montre la figure 7.
Il résulte de l'ensemble de ces observations, un premier point :
la queue larvaire est to-
pographiquement et fonc-
tionnel lement une queue
normale d'Ascidie; le dé-
placement ventral avec la
flexion antérieure, et la
torsion à gauche sont des
modifications secondaires et qui même apparaissent assez
tard dans le développement. Il est fort regrettable qu'elles
n'aient pas pu être observées, non pas tant pour la façon
dont elles se produiront, car il est improbable qu'il puisse
y avoir là des surprises, mais bien pour leur succession
d'apparition. La flexion en avant et la torsion à gauche se
produisent-elles simultanément ou l'une après l'autre, et
dans ce cas, quelle est la première? Dans quel rapport de
temps sont-elles avec l'apparition de la première enve-
loppe gélatineuse et quels changements amènent-elles dans
le mode de propulsion de l'animal? Il n'est pas sûr qu'avec tous ces
renseignements, on soit à même de fournir une explication ration-
nelle de ces anomalies, uniques dans le groupe des Ghordés; mais
il est certain qu'on n'y parviendra pas sans ces renseignements.
Goldschmidt insiste à plusieurs reprises sur l'épaisseur de la
région caudale pendant les premiers stades et signale la différence
considérable sous ce rapport avec les larves des Ascidies; une consé-
quence de cette particularité est le mode de mouvement du premier
stade larvaire mobile par incurvation graduée et faible. En somme,
la queue n'est pas encore spécialisée et constitue un organe locomo-
teur assez imparfait, assez primitif. Probablement son efficacité est
beaucoup augmentée par la brosse de soies qu'elle porte à son extré-
mité.
On pourrait peut-être rapprocher de cette brosse terminale l'organe
énigmatique trouvé par Fol chez Kowalevskia tenuis (Seeliger, Tuni-
caten, p. 109). Le cas signalé par Goldschmidt ne serait donc pas
isolé et cet organe pourrait peut-être devenir général chez les Appen-
diculaires. 11 y a môme quelque chose d'analogue chez Amphwxus :
« A l'extrémité postérieure, les cellules s'accroissent énormément en
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. GXXXVIL
« hauteur et commencent la formation d'une nageoire caudale épithé-
« liale. Cette nageoire caudale primaire, qui n'est qu'une formation
« provisoire, ne se forme pas comme un pli, mais est une excrois-
« sance épidermique étirée sous forme de peigne. » (Hatschek,
Entw. Amph., 1881, p. 77.)
La persistance de la membrane de l'œuf est une particularité
curieuse. Le fait est à rapprocher du rôle considérable que jouent les
enveloppes de l'œuf généralement dans le groupe des Tuniciers et
qui a fait croire un moment à l'intervention de cellules folliculaires
dans la formation de l'embryon. La nature de cette membrane
ne paraît pas nettement déterminée et il n'est pas sûr que ce soit une
vraie membrane vitelline. La plus grande singularité est sa persis-
tance jusqu'au stade de larve mobile et la production à ses dépens
d'un organe fonciionnellement important pour la larve dans son
genre de vie.
Un résultat d'une certaine valeur, quoique de caractère négatif,
me semble être l'absence d'un stade gastrula libre. L'Appendiculaire
se conforme aussi sur ce point au reste des Tuniciers et confirme par
conséquent les prévisions de Seeliger. Le fait mérite pourtant une
mention spéciale, car les prévisions ne pouvaient pas avoir un très
haut degré de certitude et un stade gastrula cilié et mobile, non
seulement n'était nullement une impossibilité, mais aurait même été
plus naturel, plus dans l'ordre des choses, si on prend en considéra-
tion YAmphioxus. La cause de cette absence est évidemment la per-
sistance de l'enveloppe de l'œuf; Féclosion est retardée, ou plutôt il
n'y aurait pas d'éclosion du tout. Goidschmidt m'écrit à propos de la
figure 4 «la larve fraîchement éclose», mais je crois quil ne faut
pas prendre cette expression au pied de la lettre, car alors il y aurait,
me semble-t-il, contradiction flagrante avec le texte suffisamment
clair de la Notice. 11 serait intéressant d'être fixé sur le sort ultérieur
de l'enveloppe et de savoir si elle n'intervient pas dans la formation
du « Haus ». Il y aurait peut-être là une indication sur l'origine
phylogénique de cette structure; la membrane de l'œuf, même
quand elle est une production de l'œuf, une vraie membrane vitelline,
ne fait plus partie de l'embryon. Or, c'est aussi le cas de l'enveloppe
gélatineuse. La membrane de l'œuf persiste jusque dans la période
de vie individuelle, active; elle recouvre tout le corps et fournit
même un organe, la brosse caudale; son utilisation ultérieure
comme premier «Haus» ne serait pas beaucoup plus extraordinaire.
CXXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Ce n'est évidemment pas encore le moment de rationaliser ; il n'y a
encore qu'un seul fait, ou plus exactement, une interprétation; car
la formation de la brosse aux dépens de l'enveloppe n'est pas établie
à suffisance de preuve, et Goldschmidt ne la donne pas comme telle.
Mais dans la complète obscurité où nous sommes au sujet de la phy-
logénie de ce dispositif curieux du « Haus », la moindre lueur
mérite de fixer l'attention, toujours faute de mieux.
L'otocyste, d'après les figures, occupe une situation exactement
médiane, tandis que chez l'adulte, il est d'ordinaire un peu à gauche.
Une particularité serait la présence de deux otolithes, également en
position médiane, l'un derrière l'autre. On peut se demander si ce
sont bien deux otolithes ou s'il n'y aurait pas ici une séparation de
fonctions sensorielles comme chez les Ascidies où le plafond de la vési-
cule cérébrale donne en avant un otocyste et en arrière un œil ; chez
l'Appendiculaire adulte, il n'y a qu'une seule inclusion que l'on dit de
nature calcaire; l'appareil est donc un vrai otocyste et dans l'hypo-
thèse ci-dessus, la deuxième inclusion, de nature oculaire, aurait dis-
paru. Chez tous les animaux, les otocystes ou organes de l'équili-
bration (je considère cette fonction comme primitive et accomplie par
des otolithes massifs, la fonction auditive comme une modification
secondaire accomplie par une poussière otolithique) sont des organes
pairs; il est très remarquable que chez les Tuniciers seuls ils soient
impairs et de constater que, à ce point de vue aussi, les Appendi-
culaires ne s'écartent pas des Tuniciers.
Dans ce qui précède, nous avons d'abord donné les faits, d'après
Goldschmidt ; puis nous les avons rapprochés d'autres faits. Dans tout
cela, il n'y a, sauf incidemment à propos de l'enveloppe gélatineuse
ou « Haus », aucune hypothèse, aucune discussion théorique. 11 y a
cependant une question qui a été agitée à propos desAppendiculaires :
c'est leur place dans le groupe des Tuniciers. Tout le monde est
d'accord sur les affinités étroites entre Appendiculaires et Ascidies,
mais ici aussi, ces affinités ont été interprétées de deux façons oppo-
sées. Les uns voient dans les Appendiculaires les premiers et les
plus simples des Tuniciers; les autres y voient au contraire des
Ascidies simplifiées par dégénération, avec maintien du caractère
larvaire pendant toute l'existence, comme adaptation à la vie péla-
gique.
Les faits nouveaux signalés par Goldschmidt ne sont pas assez
nombreux pour pouvoir trancher la question et la plupart peuvent
BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXXIX
s'interpréter aussi facilement dans l'un sens comme dans l'autre. Il y
en a un pourtant qui me paraît plutôt favorable à la thèse de la
primitivité des Appendiculaires : ce sont les particularités de la
queue pendant les premiers stades larvaires, ses fortes dimensions
qui lui donnent l'aspect de n'être que la moitié postérieure du corps
d'un ver. Il y a, à vrai dire, quelque chose d'analogue chez les
Ascidies (*), quoique moins marqué. Seulement chez les Appendi-
culaires, cette forme persiste beaucoup plus longtemps, jusqu'au
stade de larve nageant librements sépultures franques dans cette
sablière, j'exprimais l'espoir de pouvoir continuer l'exploration de la
colline d'où tant d'ossements humains avaient été exhumés; j'ai le
regret de dire que, jusqu'à présent, les travaux n'ont pas repris de ce
côté et que, conséquemment, les fouilles que je me proposais d'exé-
cuter n'ont pu être entreprises. Ce contretemps est d'autant plus
regrettable que de nouvelles recherches, faites cette fois en présence
d'hommes adonnés aux études archéologiques et préhistoriques,
auraient probablement modifié la première impression quant à l'ori-
gine de ces restes humains que, pour ma part, je considère comme
ayant été enfouis bien antérieurement à l'époque franque.
LA DISPOSITION DES POILS CHEZ LE PARESSEUX DIDACTYLE,
Par Ad. KEMNA.
Il y a une trentaine d'années, en observant des Paresseux didac-
tyles vivants, au Jardin zoologique d'Anvers, j'ai remarqué une
singulière disposition des poils. Tous ceux de la face ventrale et des
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXLVII
flancs remontent vers le dos. Sur la ligne médiane ventrale, la ligne
blanche, la peau est à nu, comme si un coiffeur avait tracé une raie
correcte. Des deux côtés de cette raie sont immédiatement implantés
les plus longs poils, divergeant à droite et à gauche comme d'énormes
ce favoris » et recouvrant tous les poils des flancs. Sur la face externe
des quatre membres, les poils sont aussi fort longs. Sur l'avant-
bras, ils sont dirigés du poignet vers le coude; sur le bras, ils vont
de l'épaule vers le coude. Sur le membre postérieur, les poils sont
tout d'une venue et vont du pied vers la hanche ; sur la jambe et la
cuisse ils ont la même direction ; entre les deux segments du membre
postérieur, il n'y a donc pas cette opposition qui caractérise les deux
segments du membre antérieur. L'animal dans son ensemble, a tout
à fait l'air d'avoir été brossé à rebrousse-poil.
Le membre antérieur de l'Orang, du Chimpanzé et du Gorille, a
la même disposition des poils, convergeant vers le coude. Wallace a
attiré l'attention sur ce fait et l'a mis en rapport avec une particu-
larité du genre de vie de TOrang. L'animal se protège contre les
pluies diluviennes en mettant les bras en l'air pour saisir une branche
d'arbre ou simplement pour mettre les deux mains sur l'occiput.
Dans cette attitude, l'avant bras étant fortement fléchi sur le bras,
tous les poils du membre antérieur sont dirigés vers le bas et
offrent, par conséquent, un écoulement facile à l'eau. Notre collègue,
M. Weyers, qui a profité d'un long séjour à Sumatra pour étudier
avec intelligence les mœurs des animaux, a pu faire des observations
analogues. Livingstone, cité par Darwin, dit que le Gorille pendant
une pluie battante, croise ses mains sur sa tête. Or, chez l'homme,
les poils du membre antérieur convergent également vers le coude ;
Darwin (La descendance de V homme et la sélection sexuelle) n'a
naturellement pas manqué de tirer argument de cette ressemblance.
Il signale également que chez Hylobates agilis, les poils de l'avant-
bras se dirigent vers le poignet, comme c'est le cas chez la plupart
des Mammifères ; mais chez H. lar, la direction est presque trans- '
versale avec une légère convergence vers le coude; les diverses
espèces de Gibbons sont donc intéressantes comme constituant une
série de transition.
Quand on met le Paresseux en position morphologique, c'est-à-
dire quand on le considère debout sur ses pattes, le dos en haut, tous
les poils remontent, sauf ceux du segment supérieur du membre
antérieur, ceux du bras, qui descendent vers le coude. Mais telle
CXLVIII
SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
n'est pas la position que prend l'animal ; il est toujours suspendu à
une branche par ses grands ongles en crochet, et le dos en bas. Au
repos, il est assis sur une branche, le point d'appui étant, non la
région ischiaque ou fessière, mais la région sacrée ou lombaire plus
haut sur le dos. Il choisit toujours une fourche; il est à moitié cou-
ché sur la branche inférieure et il s'accroche à la branche supérieure
de la fourche par tous ses quatre membres relevés. Le membre anté-
rieur a ses deux segments fortement fléchis l'un sur l'autre; le bras
est dirigé en bas, Tavant-bras vers le haut, tout comme l'Orang; et
la disposition des poils est la même que chez l'Orang. Le membre
postérieur est au contraire toujours en extension, dirigé verticale-
ment en haut, même un peu obliquement en avant, de façon à ce que
les crochets postérieurs viennent se mettre tout contre les crochets
du membre antérieur; ainsi se comprend la direction uniforme
des poils sur les deux segments de ce membre postérieur, aussi
leur direction si aberrante du pied vers la hanche, qui est la direc-
tion de haut en bas quand l'animal est dans cette position ren-
versée. Le dos est fortement incurvé, formant presque trois quarts
de cercle; la région fessière est plus haute que la région lombaire;
la région thoracique du dos se relève verticalement et la tête s'insi-
nue entre les deux avant-bras. Dans cette attitude, l'animal n'est
plus qu'une grosse boule hirsute, où tous les poils sont fort exacte-
ment dirigés de haut en bas. Les longs poils du ventre passent entre
l'avant-bras et le membre postérieur
rapprochés, en une touffe épaisse,
comme pour constituer la gouttière
d'écoulement de l'eau captée par les
membres relevés. Les poils embras-
sent la branche sur laquelle l'animal
est assis. Le dessin schématique ci-
contre fait bien comprendre cette
attitude et la direction des poils,
indiquée par des flèches.
Une fois que l'attention a été attirée
sur ces faits, il est curieux de voir
dans les ouvrages et dans les musées,
comment ces animaux ont été arrangés. L'ouvrage classique de
Flower (Mammals living and extinct, 1891) donne une figure,
page 180, de Cholœpus Hoffmanni, où il y a à peine une vague
Fig. 8.
BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXLIX
indication de la convergence des poils vers le coude ; sur tout le
reste du corps, les poils sont marqués comme ayant la disposition
ordinaire des Mammifères. N'ayant pas eu l'occasion d'examiner
cette espèce, je ne puis affirmer l'incorrection du dessin ; mais cette
incorrection est assez probable. Les figures de Brehm (La vie et les
mœurs des animaux) et de Vogt (Les Mammifères) sont plus exactes,
sans que le texte signale ces particularités dans la direction des poils.
On trouve parfois dans les musées des exemplaires chez lesquels le
taxidermiste a employé le peigne et la brosse pour faire à sa façon
la toilette de cette tignasse. Les plus beaux spécimens, tout à fait
naturels, que j'ai vus, sont ceux du Musée d'Histoire naturelle de
Londres (Cromwell Road).
Dans le genre tout voisin Bradypus, Paresseux à trois doigts au
membre antérieur, les poils sont beaucoup moins longs et non rele-
vés sur les flancs. L'adaptation spéciale du pelage n'est pas du tout
aussi marquée ; ce qui concorde avec le caractère plus normal du
nombre des doigts. Il est assez curieux de constater que tandis que
Cholœpus est toujours monté dans les musées comme suspendu le dos
en bas, généralement Bradypus est représenté en position verticale.
En résumé, le cas des grands Singes et celui des Paresseux se
prêtent un mutuel appui ; la disposition des poils est une adaptation
protectrice contre la pluie.
La séance est levée à 5 1 / 2 heures.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
A
LISTE
DES
SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES
AVEC INDICATION DES OUVRAGES REÇUS PENDANT L'ANNÉE 1903
(Les ouvrages dont le format n'est pas indiqué sont in-8°.)
(L'absence de date de publication indique que l'ouvrage a paru dans l'année inscrite à la suite
de la tomaison ou dans le courant de l'année 1903.)
AFRIQUE.
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Comptes rendus des
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Naturwissenschaftlicher Verein in Karlsruhe.
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Naturwissenschaftliche Gesellschaft zu Chemnitz.
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Naturhistorische Gesellschaft in Colmar.
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Naturwissenschaftliche Gesellschaft Isis in Dresden.
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Naturwissenschaftlicher Verein in Elberfeld.
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t. xxxviii, 1903 11
CLXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
FRANCFORT-SUR-L'ODER.
Naturwissenschaftlicher Vcrein des Regierungsbezirks Frankfurt a. 0.
(Muséums Gesellschaft).
« Helios " (Abhandlungen und monatliche Mittheilungen aus dem Gesammt-
gebiete der Naturwissenschaften) : XX (Berlin, 1903).
« Societatum litter^ » (Verzeichniss der in den Publikationen der Akademien
und Vereine aller Lânder erscheinenden Einzelarbeiten auf dem Gebiete der Na-
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Naturwissenschaftlicher Verein fur Neu-Vorpommern und Rûgen.
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Kaiserliche Leopoldino-Carolinische deutsche Akademie der Natur-
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LEIPZIG.
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MUNICH.
Kôniglich-bayerische Akademie der Wissenschaften zu Mùnchen.
ABHANDLUNGEN DER MATHEMATISCH-PHYS1KALISOHEN CLASSE : XXI, 3 (LXXIIIj,
1902 (In-4°).
Rede : Max von Pettenkofer zum Gedachtniss (von Caii v. Voit) (in-4°).
SlTZUNGSBERICHTE DER MATHEMATISCH-PHYSIKALISCHEN CLASSE : 1902, 3;
1903, 1-3.
MUNSTER.
Westfàlischer provinzial Verein fur Wissenschaft und Kunst.
Jahresbericht.
NUREMBERG.
Naturhistorische Gesellschaft zuNùrnberg.
Abhandlungen : XV, 1 (Jahresbericht : 1902).
OFFENB ACH-SUR-MEIN .
Offenbacher Verein fur Naturkunde.
BERICHT tJBER DIE TllATIGKEIT.
CLX1V SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
RATISBONNE.
Naturwissenschaftlicher Verein zu Regensburg, frùher Zoologisch-
mineralogischer Verein.
Berichte: IX, 1901-1902.
STUTTGART.
Verein fur vaterlândische Naturkunde in Wùrttemberg ..
Jahreshefte : LIX, 1903, et suppl.
WERNIGERODE.
Naturwissenschaftlicher Verein des Harzes.
SCHRIFTEN.
WIESBADE.
Nassauischer Verein fur Naturkunde.
Jahrbucher : LVI, 1903.
ZWICKAU.
Verein fur Naturkunde zu Zwickau in Sachsen.
Jahresbericht.
Autriche-Hongrie .
AGRAM.
Jugoslavenska Akademija Znanosti i Umjetnosti.
Djela : (In-4°).
Ljetopis : XVII, 1902
Rad (Matematicko-prirodoslovni Razred).
Hrvatsko naravoslovno Drustvo. (Societas historico-naturalis croatica.)
Glasnik.
BISTRITZ.
Gewerbeschule zu Bistritz.
Jahresbericht.
BRUNN.
Naturforschender Verein in Brûnn.
Bericht der meteorologischen Commission : Ergebnisse der meteorolo-
gischen Beobachtungen : XX, 1900.
Verhandlungen : XL, 1901.
BUDAPEST.
Kôniglich Ungarische geologische Anstalt.
Erl'auterungen zur geologischen Specialkarte der Lànder der unga-
rische Krone.
Jahresbericht.
Katalog der Bibliothek und allgemeinen Kartensammlung : 5 e supplé-
ment; 1897-1901.
Mittheilungen aus dem Jahrbuche.
Publicationen.
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXV
BUDAPEST. [Suite.)
Magyar nemzeti Muzeum.
Annales : I, 1903, 1.
Természetrajzi Fuzetek.
Ungarische Akademie der Wissenschaften (Kir. Magy. Természettudo-
mânyi Târsulat).
Mathematische und naturwissenschaftliche Berichte aus Ungarn.
Ungarische geologische Gesellschaft (A Magyartoni fôldtani Târsulat).
Foldtani Kôzlôny (Geologische Mittheilungen) : XXXIII, 1903, 1-9. —
General Register zu den Bânden XIII-XXX.
GRATZ.
Naturwissenschaftlicher Verein fur Steiermark.
Mitteilungen : XXXVIII, 1901; XXXIX, 1902,
HERMANNSTADT.
Siebenbùrgischer Verein fur Naturwissenschaften in Hermannstadt.
Verhandlungen und Mittheilungen.
IGLÔ.
Ungarischer Karpathen- Verein (A Magyarorszâgi Kârpâtegyesùlet).
Jahrbuch : XXX, 1903.
INNSPRUCK.
Naturwissenschaftlich-medicini'scher Verein in Innsbrùck.
Berichte.
KLAGENFURT.
Naturhistorisches Landesmuseum von Kârnten.
Carinthia : XCIII, 1903, 1-3.
Diagramme der magnetischen und meteorologischen Beobachtungen zu
Klagenfurt : (In-4°).
Jahrbuch.
Jahresbericht.
KLAUSEMBURG.
Értcsito. Az Erdélyi Mûzeum-Egylet Orvos lermészcttudomânyi
Szakosztalyâbôl. (Sitzungsberichte der medicinisch-naturwissenschaftli-
cher Section des Siebenburgischen Museumvereins.)
I Orvosi Szak (Àrztliche Abtheilung).
II Természettudomanyi Szak (Naturwissenschaftliche Abtheilung) :
27 e année, XXIV, 1902.
LEMBERG.
Scvcenko-Gesellschaft der Wissenschaften.
Chronik: 1902, 11-12.
Sammelschrift : Mathematisch-naturwissenschaftlich-ârztlicher Section :
(Mathematisch-naturwissenschaftlicher Theil) .
CLXVl SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
LINZ.
Muséum Francisco -Carolinum.
Jahres-Bericht : LXI, 1902.
Verein fur Naturkunde in Oesterreich ob der Enns zu Linz.
Jahresbericht : XXXII.
Uber das farbige Licht der Doppelsteine.
PRAGUE.
Kaiserlich-bôhmische Gesellschaft der Wissenschaften.
Jahresbericht.
Sitzungsberichte (mathematisch-naturwissenschaftliche Classe) : 1902.
REICHENBERG.
Verein der Naturfreunde in Reichenberg.
Mittheilungen : XXXIII; XXXIV.
SERA JE VO.
Bosnisch-Hercegovinisches Landesmuseum in Sarajevo.
WlSSENSCHAFTLICHE MITTHEILUNGEN AUS BOSNIEN UND DER HeRCEGOVINA :
(In-4°).
TREMCSÉN.
Naturwissenschaftlicher Verein des Trencséner Comitates. (A Tremcsén
vârmegyei Természettudomânyi Egylet).
Jahresheft.
TRIESTE.
Museo çivico di Storia Naturale di Tricste.
Atti : X (nouvelle série, IV) (1902).
Societâ adriatica di Scienze Naturali in Trieste.
BOLLETTINO.
VIENNE.
Kaiserlich-kônigliche Akademie der Wissenschaften.
Mittheilungen der Erdbeben-Commission : Nouvelle série 9-13 (1902).
Sitzungsberichte (Mathematisch-naturwissenschaftliche Classe) : CX,
1901, 8-10; CXI, 1902, 1-9.
Kaiserlich-kônigliche geologisohe Reichsanstalt.
Abhandlungen : VI, 1. Suppl.; XX, 1 (1902, in-4°).
Jahrbuch : LI, 1901, 3-4; LU, 1902, 2.
Verhandlungen : 1903, 1-11.
Kaiserlich-kônigliches naturhistorisches Hofmuseum.
Annalen : XVI, 1-4; XVII, 1-4 (1901-1902 in-4°).
Kaiserlich-kônigliche zoologisch-botanische Gesellschaft in Wien.
Verhandlungen .
Verein zur Verbreitung Naturwissenschaftlicher Kenntnisse in Wien.
SCHRIFTEN.
Wissenschaftlicher Club in W T ien.
Jahresbericht : XXVII, 1902-1903.
Monatsblatter : XXIV, 1902-1903, 4-12.
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXV1I
Belgique.
ARLON.
Institut archéologique du Luxembourg.
Annales : 57 e année, XXXVIII.
BRUXELLES,
Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique.
Annuaire : LX1X, 1903.
Bulletin de la classe des sciences : 1903, 1-10.
Mémoires : (In-4°).
Mémoires couronnés et mémoires des savants étrangers : LIX, Sciences,
4; LXI; LXII, 2-4 (in-4°).
Mémoires couronnés et autres mémoires : LXII, 4; LX1II, 1-7 (in-8°).
Le Mouvement géographique, Journal populaire des sciences géographiques.
Organe des intérêts belges au Congo (in-4°J.
Musée Royal d'Histoire naturelle de Belgique.
Annales : I; II (In-4°).
Bulletin.
Observatoire royal de Belgique.
Annuaire astronomique : 1904.
Bulletin mensuel du Magnétisme terrestre : 1903.
Service géologique.
Carte géologique de la Belgique au 40, 000 e : feuilles 69, 82-83, 106,
128, 136, 141, 144, 145, 150, 155, 156, 158, 161, 163, 169, 171, 180-182,
203, 219 (piano).
Société belge de Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie.
Bulletin : XIII (2 e série, III), 1899, 4; XVI, (VI), 1902, 4-5; XVII, (VII),
1903, 1-4.
Nouveaux mémoires : I, 1903 (in-4°).
Société belge de Microscopie.
Annales.
Bulletin.
Société centrale d'Agriculture de Belgique.
Journal : L, 1902-1903, 3-12; LI, 1903-1904, 1.
Société d'Etudes coloniales.
Bulletin.
Société entomologique de Belgique.
Annales : XLVI, 1902, 13; XLVII, 1903, 1-12.
Mémoires.
Société Royale belge de Géographie.
" Bulletin : XXVII, 1903, 1-2, 4-5.
Société Royale de Botanique de Belgique.
Bulletin : XL, 1901, 3; XLI, 1902-1903, 2.
CLXVIH SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
BRUXELLES. {Suite.)
Société Royale linnéenne de Bruxelles.
Bulletin : XXVIII, 1902-1903, 3-8; XXIX, 1903-1904, 1.
Société Royale malacologique de Belgique.
Annales : XXXVII, 1902; Mém., ff. 1-2; Bull., ff. 4-9; XXXVIII, 1903;
Bull., ff. 1-9.
Société Scientifique de Bruxelles.
Annales : XXVII, 1902-1903, 1-4 (Louvain, 1903).
CHARLEROI.
Société paléontologique et archéologique de l'Arrondissement judi-
ciaire de Gharleroi.
Documents et rapports : Table des matières des vingt-cinq premiers
volumes (1902).
HASSELT.
Société chorale et littéraire des Mélophiles de Hasselt.
Bulletin de la Section scientifique et littéraire.
HUY.
Cercle des Naturalistes hutois.
Bulletin : 1902, 3-4; 1903, 1-2.
LIÈGE.
Société Géologique de Belgique.
Annales : XXIX, 4; XXX, 1.
Société libre d'Émulation de Liège.
Mémoires.
Société médico-chirurgicale de Liège.
Annales : XLII (5 e série), 1903, 1-3, 5-11.
Société Royale des Sciences de Liège.
MÉMOIRES.
MONS.
Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut.
Mémoires et publications : LIV (6 e série, IV).
SAINT-NICOLAS.
Oudheidskundige Kring van het Land van Waes.
Annalen : XXI, 2; XXII, 1.
TONGRES.
Société scientifique et littéraire du Limbourg.
Bulletin. ^
Danemark.
COPENHAGUE.
Naturhistorisk Forening i Kjobenhavn.
Videnskabelige Meddelelser : 1903.
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXIX
Espagne
BARCELONE.
Instituciô Catalana d'Historia natural.
BUTTLETI.
MADRID.
Comisiôn del Mapa geolôgico de Espaiïa.
Boletin : XXVII (2 e série VII), 1900.
explicacion del mapa geolô'gico de espana : (in-4°)
Memorias.
Real Academia de Ciencias exactas, fisicas y naturales.
Annuario: 1901, 1903.
Memorias.
Sociedad espanola de Historia Natural .
Actas.
Anales.
Boletin : III, 1903, 1-7.
Memorias : I, 1-4; II, 1-2.
SARAGOSSE.
Sociedad Aragonesa de Ciencias naturales.
Boletin : I, 1902, 1-10; II, 1903, 1-9.
France.
ABBEVILLE.
Société d'Emulation d'Abbeville.
Bulletin trimestriel : 1899, 3-4; 1900,- 1-4; 1901, 1-4; 1902, 1-4.
Mémoires : IV (in-4°).
Mémoires : XX (4 e série, IV) 2.
AMIENS.
Société Linnéenne du Nord de la France.
Mémoires.
Bulletin mensuel.
ANGERS.
Société d'Études scientifiques d'Angers.
Bulletin : Nouvelle série, XXXI, 1901.
Société nationale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers. (Ancienne
Académie d'Angers.)
Mémoires : 5 e série, V, 1902.
ARCACHON.
Société scientifique et Station zoologique d'Arcachon.
Travaux des Laboratoires.
AUTUN.
Société d'Histoire naturelle d'Autun.
Bulletin : XI.
1
CLXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
AUXERRE.
Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne.
Bulletin : LVI (4 e série, VI) 1902; LVII (VII), 1903, 1.
BESANÇON.
Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon.
Procès- verbaux et mémoires : 1902.
BÉZIERS.
Société d'Étude des Sciences naturelles de Béziers (Hérault).
Bulletin.
BORDEAUX.
Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux.
Actes : 3 e série, LXIII, 1901.
Société Linnéenne de Bordeaux.
Actes : LVII (6 e série, VII), 1902
Catalogue de la Bibliothèque.
Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux.
Mémoires : 6 e série, II, 1 .
Observations pluviométriques et thermométriques faites dans le dépar-
tement de la Gironde par la Commission météorologique de la Gironde (Appen-
dices aux Mémoires) : 1901-1902.
Procès- verbaux des séances.
BOULOGNE-SUR-MER.
Société Académique de l'arrondissement de Boulogne-sur-Mer.
Bulletin.
Mémoires.
CAEN.
Académie nationale des Sciences, Arts et Belles-Lettres.
Mémoires: 1902.
Laboratoire de Géologie de la Faculté des Sciences de Caen.
Bulletin.
Société Linnéenne de Normandie.
Bulletin : 5 e série, V, 1901 ; VI, 1902.
CAMBRAI.
Société d'Emulation de Cambrai.
Mémoires : LV.
CHALONS-SUR-MARNE.
Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts du département de
la Marne.
Mémoires.
CHALON-SUR-SAONE.
Société des sciences naturelles de Saône-ct- Loire.
Bulletin : XXVIII (nouvelle série, VIII), 1902, 11-12; XXIX (IX), 1903, 1-7.
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXI
CHERBOURG.
Société nationale des Sciences naturelles et mathématiques de Cher-
bourg.
Mémoires : XXXIII (4 e série, III) 1.
DAX.
Société de Borda.
Bulletin : XXVII, 1902, 4; XXVIII, 1903, 1-2.
DIJON.
Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon.
Mémoires : 4 e série, VIII, 1901-1902.
DRAGUIGNAN.
Société d'Agriculture, de Commerce et d'Industrie du Var.
Bulletin.
Société d'Etudes scientifiques et archéologiques de la vil le de Draguignan.
Bulletin.
HAVRE.
Société géologique de Normandie.
Bulletin.
Société havraise d'Études diverses.
Bibliographie méthodique de l'arrondissement du Havre.
Recueil des publications.
LA ROCHELLE.
Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts de La Rochelle.
Annales de la Société des Sciences naturelles de la Charente-Infé-
rieure : Flore de France, VIII.
LILLE.
Société géologique du Nord.
Annales : XXXI, 1902.
Mémoires : (In-4°).
Tables générales des volumes XX-XXX, 1893-1901, des Annales et du
volume IV des Mémoires.
LYON.
Société d'Agriculture, Sciences et Industrie de Lyon.
Annales : 7 e série, IX, 1901 ; X, 1902.
Société botanique de Lyon.
Annales.
Société linnéenne de Lyon. .
Annales : Nouvelle série, XLIX, 1902.
CLXXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
MAÇON.
Académie de Maçon (Société des Arts, Sciences, Belles- Lettres et Agri-
culture de Saône-et-Loire).
Annales : 3 e série, VI.
Société d'Histoire naturelle de Maçon.
Le Journal des Naturalistes : II, n os 11-12.
MARSEILLE.
Musée d'Histoire naturelle de Marseille.
Annales : Zoologie, Travaux du Laboratoire de zoologie marine. (In-4°).
Société scientifique et industrielle de Marseille.
Bulletin : XXX, 1902, 2-4; XXXI, 1903, 1-2.
MONTPELLIER.
Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle de l'Hérault.
Annales : XLII (2 e série, XXXIV), 1902, 12; XLIII (XXXV), 1903, 1-3.
MOULINS.
Revue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France, publiée
par E. Olivier.
XVI, 1903, n os 181-192.
NANCY.
Académie de Stanislas.
Mémoires : CLIIP année, 5 e série, XX, 1902-1903.
NANTES.
Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France.
Bulletin : XII (2 e série, II), 1902, 3-4; XIII (III), 1903, 1-2.
NÎMES.
Société d'Étude des Sciences naturelles de Nîmes.
Bulletin : XXIX, 1901 ; XXX, 1902.
ORLÉANS.
Société d Agriculture, Sciences, Belles- Lettres et Arts d'Orléans.
Mémoires : 3 e série, II, 1902, 2; III, 1903, 1.
PARIS.
Académie des Sciences.
Comptes rendus hebdomadaires des séances : (In- 4°).
Bulletin scientifique de la France et de la Belgique, publié par A. Giard.
Journal de Conchyliologie, publié sous la direction de H. Fischer, Dautzen-
berg et Dollfus.
LI, 1903, 1-2.
La Feuille des Jeunes naturalistes.
XXXIII, 4 e série, 1902-1903, n os 387-396 ; XXXIV, 1903-1904, n<* 397-398.
Catalogue de la Bibliothèque.
Le Naturaliste, Bévue illustrée des Sciences naturelles.
XXV (2 e série), 1903, n°« 356-373, 376, 380-38 1 , 383-403 (in-4°).
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXI1I
PARIS. (Suite.)
Muséum d'Histoire naturelle.
Bulletin : VIII, 1902, 7-8; IX, 1903, 1-4.
Revue critique de Paléozoologie, publiée sous la direction de M. Cossmann.
Services de la Carte géologique de la France et des topographies
souterraines.
Bulletin.
Société géologique de France.
Bulletin : 4 e série, II, 1902, 4; III, 1903, 1-3.
Comptes rendus des séances.
Société zoologique de France.
Bulletin : XXVII, 1902.
PERPIGNAN.
Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales.
XLIV, 1903.
RENNES.
Société scientifique et médicale de l'Ouest.
Bulletin : XLIV, 1903.
ROCHECHOUART.
Société des Amis des Sciences et Arts de Rochechouart.
Bulletin : XII, 1902, 3-6; XIII, 1903, 1.
ROUEN.
Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen.
Bulletin : 4 e série, XXXVII, 1901, 1-2.
SAINT-BRIEUC.
Société d'Émulation des Côtes-du-Nord.
Bulletins : 1903, 6.
Bulletins et Mémoires : XL, 1902.
SEMUR.
Société des Sciences historiques et naturelles de Semur (Côte-d'Or).
Bulletin.
SOISSONS.
Société archéologique, historique et scientifique de Soissons.
Bulletin : 3 e série IX, 1899 (1903).
TOULON.
Académie du Var.
Bulletin : LXX, 1902.
TOULOUSE.
Université de Toulouse.
Annuaire de l'Université.
Bulletin.
Livret .
Rapport annuel du Conseil général des facultés.
(JLXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUÉ DÉ BELGIQUE.
TOURS.
Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres du département
d'Indre-et-Loire.
Annales: 141 e année, LXXXII, 11)02, ÎL-IS:
VALENCIENNES.
Société d'Agriculture; Sciences et Arts de l'arrondissement de Valen-
ciennes.
Revue agricole, industrielle, littéraire et artistique.
VERDUN.
Société philomatique de Verdun.
Mémoires.
Grande-Bretagne et Irlande.
BELFAST.
Natural history and Philosophical Society.
Report and Proceedings : 1902-1903.
A OllIDK TO Bki.KAST AND TO THE OOUNTRIES OF DOWN AND AntRIM (1902).
BIRMINGHAM.
The Journal of Malacolpjgy, editedby W. E. Collinge.
BRISTOL»
Bristol Muséum.
Report of the muséum oommittee.
CROYDON.
Croydon Microscopicàl and Natural history Society.
Prqoeedings and Transactions : fév. 1002 -janv. 1903,
DUBLIN.
Royal Dublin Society.
ECONOMIO PROCEEDINGS : T, ."> (1002).
SOIENTIFIC PROCEEDINGS.
Scientific transactions : 2 e série Vil, 15-16; Vlll, 1 (In-4°).
Rpyal Irish Academy.
List OF MEMBERS.
Proceedings : Biological, geological and chemical Science, XXIV, sec-
tion B, 3.
Transactions : XXXII, section 7>\ 2 (in-4°).
EDIMBOURG.
Royal physical Society of Edinburgh.
Proceedings for the promotion qf Zoology and other branohes of
natural history : 1001-1902.
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXV
GLASGOW.
Natural history Society of Glasgow.
Transactions.
Royal Philosophical Society of Glasgow.
Proceedings : XXXIV, 1902-1903.
LEEDS.
Conchological Society of Great Britain and Ireland.
Journal of Conchology : X, 1901-1902, 10-12.
Yorkshire Naturalisas Union.
Transactions : XXVIII-XXIX.
LIVERPOOL.
Liverpool Geological Society.
Proceedings : IX, 3 (44 e session, 1902-1903).
LONDRES.
Geological Society of London.
Geological Literature added to the Geological Society's library during the
year : 1902.
List of the Fellows : 1903.
Quarterly Journal : LIX, 1903, 1-4 (n°* 233-236j.
Linnean Society of London.
Journal (Zoology) : XXVIII, n os 186: XXIX, n° 187-188.
List : 1903-1904.
Proceedings : 115 ,J session, 1902-1903.
P»oyal Society of London.
Proceedings : LXXI, n 08 470-476; LXXII, n ùs 477-485.
Reports to the évolution committee : I.
Reports to the malaria committee : VIII.
Reports of the Sleeping Sickness Commission : I-IV.
Zoological Society of London.
List of the fellows.
Proceedings of the général meetings for Scientific business : 1902, II, 2;
1903, I, 1-2.
Transactions : XVI, 5, 1902 (in-4°).
MANCHESTER.
Manchester Geological and Mining Society.
Transactions: XXVIII, 1902-1903, 1-9.
Manchester Muséum.
Handbooks.
Notes from tue Muséum : 10-14, 15 (Publications u M 41-45, 47).
Report for the year 1902-190.'!.
GLXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOOIQUE DE BELGIQUE.
NEWCASTLE-SUR-TYNE.
Natural history Society of Northumberland, Durham and Newcastle-
upon-Tyne and the Tyneside Naturalists' field Club.
Natural history transactions of Northumberland, Durham and New-
castle-on-Tyne : XIV, .2
PENZANCE
Royal Geological Society of Cornwall.
Transactions : XII, 8.
Italie.
BOLOGNE.
Reale Accademia délie Scienze dell' Istituto di Bologna.
Memorie : 5 e série VIII (1899-1900, in-4°).
Rendiconto delle Sessioni : Nouvelle série IV, 1899-1900.
BRESCIA.
Ateneo di Brescia.
COMMENTARI : 1902.
Il primo secolo dell' Ateneo : 1802-1902 (in-4°j.
CATANE.
Accademia Giœnia di Scienze naturali in Catania.
Atti : 4 e série, XV (LXXIX, 1902) (in-4°).
Bullettino delle Sedute : Nouvelle série, LXXIV-LXXVIII.
FLORENCE.
Società Ëntomologica Italiana.
Bullettino : XXXIV, 1902, 3-4.
GÊNES.
Museo Civico di Storia naturale difGenova.
Annali.
Società di Letture e Conversazione scientifiche di Genova.
Bollettino.
MILAN.
Società Italiana di Scienze naturali e Museo civico di Storia naturale
in Milano.
Atti : XLI, 1901-1902, 4.; XLII, 1902-1903, 1-3.
Memorie : (In-4°).
MODÈNE.
Società dei Naturalisti e Matematici di Moclena.
Atti.
NAPLES.
Reale Accademia delle Scienze fisiche e matematiche (Sezione délia
Società reale di Napoli).
Rendiconto : XLI (3 e série, VIII), 1902, 8-11 ; XLII (IX), 1903, 1-7.
Società di Naturalisti in Napoli.
Bollettino : Sériel, XVI, 1902.
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXVII
PADOUE.
Società Veneto-Trentina di Scienze naturali résidente in Padova.
Atti (Organo degli Istituti di Scienze naturali délia R. Università di Padova) :
BULLETTINO.
PALERME.
Reale Accademia di Scienze, Lettere e Belle Arti di Palermo.
BULLETTINO I (In-4°).
Atti : 3 e série, VI, 1900-1901 (in- 4°).
PISE.
Società Malacologica Italiana.
BULLETTINO.
Società toscana di Scienze naturali résidente in Pisa.
Atti : Memorie, XIX.
Processi verbali : XIII, 1902, pp. 41-138, 153-173.
PORT MAURICE.
Associazione scientifica ligure di Porto Maurizio.
BULLETTINO.
ROME.
Biblioteca nazionale centrale Vittorio Emanuele di Roma.
Bollettino delle opère moderne straniere acquis'tate dalle Biblioteche
pubbliche governative del regno d'Italia.
Pontificia Accademia de' Nuovi Lincei.
Atti : LVI, 1902-1903, 1-7 (in-4°).
Memorie : XIX; XX; XXI (in-4°).
Rassegna delle Scienze geologiche in Italia.
Reale Accademia dei Lincei.
Atti : Rendiconti (Clase di Scienze fisiche, matematiche e naturali) :
CCC, 1903 (5« série, XII), 1 er semestre, 1-12; 2° semestre, 1-11.
— Rendiconto dell' Adunanza solenne : CCC, 1903 (in-4°).
Real Comitato Geologico d'Italia.
Bollettino.
Società Geologica Italiana.
Bollettino : XX, Appendice; XXI, 1902, 1-3.
Società Zoologica italiana.
Bollettino : XI (2 e série, III) 1902, 4-6.
SIENNE.
Bollettino del Naturalista collettore, allevatore, coltivatore, accli-
matatore.
XXII, 1902, 8-12; XXIII, 1903, 1-8.
Revista italiana di Scienze naturali : XXII, 1902, 7-12; XXIII, 1903, 1-8.
Reale Accademia dei Fisiocritici di Siena.
Atti : 4 e série, XV, 1903 (année académique CCXÏÏ), 1-0.
Processi verbali delle Adunanze.
t. xxxviii, 1903 12
CLXXVÏII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
TURIN.
Reale Accademia délie Scienze di Torino.
Atti : XXXVIII, 1902-1903, 1-15.
Memorie : 2 e série; LU (in-4°).
OSSERVAZIONI METEOROLOGICHE FATTI NELl/ANNO ALL'OSSERVATORIO DELLA
R. Universitâ di Torino : 1902.
VENISE.
Reale Istituto veneto di Scienze, Letteri ed Arti.
Atti.
Memorie : (in-4°).
VÉRONE.
Accademia di Verona. (Agricoltura, Scienze, Lettere e Commercio.)
Atti e Memorie : LXXVIII (4 e série, III).
Indice dei volumi I-LXXV (l re 2 e et 3 e séries).
Luxembourg.
LUXEMBOURG.
Institut Grand-Ducal de Luxembourg.
Publications (Section des Sciences naturelles et mathématiques) .
Verein luxemburger Naturfreunde « Fauna ».
Mittheilungen aus den Vereinssitzungen : X, 1900; XII, 1902.
Monaco
MONACO.
Résultats des campagnes scientifiques accomplies sur son yacht, par
Albert I er , prince souverain de Monaco.
XXII-XXIV (in-4°j.
Cartes : (piano).
Norvège.
BERGEN.
Rergen-Museum.
Aarborg: 1902, 3; 1903, 1-2.
Aarsberetning : 1902.
CHRISTIANIA.
Physiographiske Forening i Christiania.
Nyt Magazin for Naturvidenskaberne : XLI, 1903, 1-4.
Videnskab Selskab i Christiania.
FORHANDLINGER : 1902.
Skrifter (I Mathematisk-naturvideiiskabelige k lasse).
— (II Historisk-fîlosofiske klasse).
Den Norske Nordhavs- Expédition 1870-1878.
Zoologi : (In-4°).
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXIX
DRONTHEIM.
Kongelig norsk Videnskabs Selskab i Trondhjem.
Srrifter : 1902.
STAVANGER.
Stavanger Muséum.
Aarsberetning : XIII, 1902.
TROMSÔ.
Tromsœ-Museum.
Aarsberetning.
Aarshefter : XXI-XXII, 1898-1899, 2 (Drontheim, 1902); XXIV, 1901.
Pays-Bas.
AMSTERDAM.
Koninklijke Akademie van Wetenschappen te Amsterdam.
Jaarboer : 1901; 1902.
Verhandelingen (Tweede sectie : Plantkunde, Dierkunde, Aardkunde,
Delfstofkunde, Ontleedkunde, Physiologie, Gezondheidsleer en Ziektekunde) :
IX, 4-9.
Verslagen van de gewone vergaderingen der Wis- en Natuurkundige
afdeeling : xi. 1-2.
Koninklijk zoologisch Genootschap « Natura Artis Magistra ».
BlJDRAGEN TOT DE DIERKUNDE.
GRONINGUE.
Centraal bureau voor de kennis van de provincie Groningen en
omgelegen streken.
BlJDRAGEN TOT DE KENNIS VAN DE PROVINCIE GRONINGEN EN OMGELEGEN
STREKEN I II, 2.
Natuurkundig Genootschap te Groningen.
Verslag : Cil, 1902.
HARLEM.
Hollandsche Maatschappij der Wetenschappen te Haarlem.
Archives néerlandaises des Sciences exactes et naturelles : 2 e série, VII,
1902, 4-5; VIII, 1903, 1-5; (La Haye, 1902).
Herdenking van het Honderdvijftigjarig bestaan 7 JUNI 1902.
Teyler's Stichting.
Archives du musée Teyler : 2° série; VIII, 2-4 (in-4°).
LEIDE.
Nederlandsche Dierkundige Vereeniging.
AàNWINSTEN VAN DE BIBLIOTHEEK.
Tijdschrift : 2 e série, III, 1.
CLXXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
ROTTERDAM.
Bataafsch Genootschap der proefondervindelijke Wijsbegeerte te Rot-
terdam.
Catalogus van de Bibliotheek.
Nieuwe Verhandelingen : (In-4°).
Portugal.
LISBONNE.
Commissâo dos Trabalhos Geologicos de Portugal.
COMMUNICAÇÔES. ■
PORTO.
Sociedade Carlos Ribeiro.
Revista de Sciencias naturaes e sociaes.
SAN FIEL.
Collegio de San Fiel.
« Broteria », Revista de sciencias naturaes : I, 1902; II, 1903, 3-4.
(Lisbonne, 1902-1903).
Roumanie.
BUCHAREST.
Academia Românâ.
Analele : 2' série XXII, 1899-1900; XXIII, 1900-1901 (in-4°).
PUBLICÂTIUNILE FONDULUI VASILIE ADAMACHI.
Russie
EKATHÉRINENBOURG.
Uralskoe Obscestvo Ljubitelej Estestvoznanija.
Zapiski (Bulletin de la Société ouralienne d'Amateurs des Sciences natu-
relles) : XII, 2 e supplément; XIII (1902).
Godovoj Otcet.
HELSINGFORS.
Commission géologique de la Finlande.
Bulletin : XIV.
Finska Vetenskaps Societeten.
acta soctetatis scientiarum fennica : (ill-4°).
Bidrag till Kannedom af Finlands natur och folk.
Observations publiées par l'Institut météorologique central de la
Société des Sciences de Finlande : (In-4°).
Observations faites a Helsingfors : (In-4°).
OVERSIGT AF FÔRHANDLINGAR.
Societas pro Fauna et Flora fennica.
ACTA.
Meddelanden.
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. GlXXXl
JURJEFF (DORPAT).
Naturforscher-Gesellschaft bei der Universitât Jurjew.
Archiv fur die Naturkunde Liv-, Ehst- und Kurlands : 2 e série, Biolo-
gische Naturkunde : XII, 2 (1902).
SlTZUNGSBERICHTE I XIII, 1901, 1 (1902).
Schriften : XI (1902).
KAZAN.
Obscestvo Estestvoispytatelej pri Imperatorskom Kazanskom Univer-
sitet.
Trudy.
Protokoly zasèdanij.
KIEV.
Kievskoe Obscestvo Estestvoispytatelej.
Zapisri : XVII, 2 (1902).
MIT AU.
Kurlândische Gesellschaft fur Literatur und Kunst.
SlTZUNGSBERICHTE UND JaHRESBERICHT DER KURLANDISCHEN PROVINZIAL-
museums : 1902.
MOSCOU.
Société Impériale des Naturalistes de Moscou.
Bulletin : 1901, 3-4; 1902, 3; 1903, 1.
ODESSA.
Novorossijskoe Obscestvo Estestvoispytatelej.
Zapiski : XXIV, 2 (1902).
RIGA.
Naturforscher-Verein zu Riga.
Arbeiten.
korrespondenzblatt i xlvi, 1903.
SAINT-PÉTERSBOURG.
Geologiceskij Komitet.
Izvèstija (Bulletins du Comité géologique) : XX, 1901 , 7 10; XXI, 1902, 1-10.
Russkaja Geologicèskaja Biblioteka (Bibliothèque géologique de la Russie).
Trudy (Mémoires) : XV, 4; XVI, 2; XVII, 1,3; XVIII, 3; XIX; XX, 1-2
(1902); Nouvelle série 1, 2, 4 (1903) (in-4°).
Imperatorskoe S. Petersburgskoe Mineralogiceskoe Obscestvo.
Zapiski (Verhandlungen der Russisch-Kaiserlichen Mineralogisehen Gesell-
schaft zu St. Petersburg) : 2° série, XL, 1-2 (1902).
Materiali : (Materialen zur Géologie Russlands) : XXI, 1.
Imperatorskaja Akademija Nauk.
Zapiski (Mémoires de l'Académie impériale des Sciences de; Saint-Péters-
bourg) : X, 3; XI, 1, 6-7, 10-11 ; XII, 4, 6-8, 10; XIII, 3, 5, 7 (1900-1903, in-4").
Izvèstija (Bulletin) : XIII, 4-5; XIV, 1-5; XV, 1-3, 5; XVI, 1-5; XVIII,
1-4(1900-1903).
Ezegodnik Zooi.ogigeskago Muzeja (Annuaire du Musée zoologiquc) : VII,
1902,4; VIII, 1903, 1.
CLXXXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
SAINT-PÉTERSBOURG. (Suite.)
Imperatorskaja Akademija Nauk.
Berichte der Leiters der von der K. Akad. der Wissensch. zur Ausgra.-
BUNG EINES MaMMUTHKADAVERS AN DIE KOLYMA-BERESOWRA AUSGESANDTEN
Expédition (1902).
TIFLIS.
Kavkaskoe Muzeja.
Izvéstija : I, 4 (1901).
Serbie.
BELGRADE.
Spska Kralevska Akademija.
Glas : LXV.
Godinstnak : XV, 1901.
Spomenik : XL.
Suède.
GOTHEMBOURG.
Kongliga Vctenskaps och Vitterhets Samhâlle i Gôteborg.
Handlingar.
LUND.
Lunds Universitets Kongliga Fysiografiska Sâllskapet.
Handlingar (Acta regise Societatis Physiographicae Lundensis).
STOCKHOLM,
Konglig-Svenska Vetenskaps Akademien.
Archiv for Zoologi : I, 1-2.
Handlingar : (In-4°).
Bihang till Handlingar : Afdelning IV : Zoologi, omfattande bâde lefvande
och fossila former : XXVIII.
Ofversigt af Forhandlingar.
Sveriges Offentliga Bibliotek.
Accessions-Katalog.
UPSAL.
Regia Societas scientiarum Upsaliensis.
Nova Acta : (In-4°).
Suisse.
AARAU.
Argauische naturforschcnde Gesellschaft zu Aarau.
MlTTEILUNGEN.
BALE.
Naturforschende Gesellschaft zu Basel.
Verhandlungen : XV, 1 ; XVI.
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXxXlIl
BERNE.
Naturforschende Gesellschaft in Bern.
Mitteilungen aus dem Jahre : 1902, n os 1519-1550.
Schweizerische naturforschende Gesellschaft (Société helvétique des
sciences naturelles).
Actes : LXXXV, Genève 1902.
Verhandlungen : LXXXIV, Zofingen, 1901.
Beitràge zur Géologie der Schweiz, herausgegeben von der geologischen
Kommission der schweizerischen naturforschenden Gesellschaft auf Kosten
der Eidgenossenschaft : Nouvelle série XII. Série géotechnique : II (1902, In-4°).
Cartes géologiques de la Suisse : Cartes techtoniques des environs de
Moutier, Belkleyn.
Geologische Karte der Lagernkette (piano).
Notices explicatives : N° 3, Erlauterungen zur geologische Karte der
Lagernkette in 1 : 25,000 (1902).
COIRE.
Naturforschende Gesellschaft Graubùnden's zu Chur.
Jahresbericht.
GENÈVE.
Institut national genevois,
Bulletin (Travaux des cinq sections).
Mémoires : (In-4°).
Société de Physique et d'Histoire naturelle de Genève.
Mémoires : XXXIV, 3 (in-4°).
LAUSANNE.
Société vaudoise des Sciences uaturelles.
Bulletin : 4 e série, XXXVIII, 1902, n° 144; XXXIX, 1903, n° 146.
Observations météorologiques faites au Champ de l'air.
NEUCHATEL.
Société neuchâteloise des Sciences naturelles.
Bulletin.
Mémoires : (In-4°).
SAINT-GALL.
•
S^Gallische naturwissenschaftliche Gesellschaft.
Bericht uber die Thatigkeit wahrend des Vereinsjahrs : 1899 1900;
1900-1901.
SCHAFFHOUSE.
Schweizerische entomologische Gesellschaft.
Mittheilungen.
CLXXX1V SOCIÉTÉ PxOYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
ZURICH.
Naturforschende Gesellschaft in Zurich.
Vierteljahrsschrift : XXYIII, 1902, 3-4; XXIX, 1903, 1-2.
Bibliothèque de l'École polytechnique fédérale. — Commission géolo-
gique suisse. {Voir Berne.)
OCÊANIE.
Australie du Sud.
ADELAÏDE.
Royal Society of South Australia.
Memoirs:. II, (1902, In-4°).
Transactions and Proceedings and Report XXVI, 1-2; XXVII, 1.
Iles Sandwich
HONOLULU.
Bernice Pauahi Bishop Muséum of polynesian Ethnology.
Fauna Hawaiiensis : III, 2-5; (Cambridge, 1903, In-4°).
Memoirs : I, 5(In-4°).
OCCASIONAL PAPERS.
Indes néerlandaises.
BATAVIA.
Koninklijke Natuurkundige Vereeniging in Nederlandsch Indië.
BOEKWERKEN TER TAFEL GEBRACHT IN DE VERGADERING DER DlRECTIE.
Natuurkundig Tudschrift voor Nederlandsch Indië : LXII (10 e série, VI),
1902-1903.
VOORDRACHTEN.
Mijnwezen in Nederlandsch Oost-Jndië.
Jaarboer : Register XI-XXVIII, 1882-1899(1901).
Nouvelle-Galles du Sud.
SYDNEY
Austral ian Muséum.
Catalogues.
Records : V, 2,.
Report of the Trustées.
Department of Mines and Agriculture.
Annual Mining Report : (In-4°).
Memoirs of the Geological Survey of N. S. W.
Records of the Geological Survey of N. S. W. : VII, 3 (1903).
Geological Survey : Minéral Resources.
LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXXV
SYDNEY. (Suite.)-
Linnean Society of New South Wales.
Proceedings : XXVII, 1902, 3-4 (n os 107-108); XXVIII, 1903, 1 (n° 109).
Royal Society of New South Wales.
Journal and Proceedings : XXXVI, 1902.
Nouvelle-Zélande
AUKLAND.
Aukland Institute.
WELLINGTON.
Colonial Muséum and Geological Survey of N. Z.
Annual Report on the Colonial Muséum and Laboratory.
New Zealand Institute.
Transactions and Proceedings.
Queensland.
BRISBANE
Royal Society of Queensland.
Proceedings : XVII, 2.
Tasmanie
HOBART.
Royal Society of Tasmania.
Papers and Proceedings.
Victoria .
MELBOURNE.
Public library, Muséums and National gallery of Victoria.
Report of the Trustées.
Royal Society of Victoria.
Proceedings : XV, 2; XVI, 1.
Transactions : (In-4°).
LISTE DES MEMBRES
LISTE GÉNÉRALE DES MEMBRES AU 31 DÉCEMBRE 1903
Abbréviations
C • . . . = Correspondants.
E == Effectifs.
F = Fondateurs.
H = Honoraires.
P . . . . = Protecteurs
V = A vie.
E. 1903. Arndt, Joseph, Professeur à l'École normale. — 26, rue Henri Waffe-
laerts, Bruxelles.
E. 1880. Bayet, Chevalier Ernest, Secrétaire du cabinet de S. M. le Roi des
Belges. — 58, rue Joseph II, Bruxelles.
E. 1886. Bourdot, Jules, Ingénieur civil. — 44, rue de Château-Landon, Paris, X.
E. 1872. Bricourt, C, Avocat. — 190, avenue Louise. — Bruxelles.
C. 1867. Brusina, Spiridione, Directeur du Musée national zoologique, Profes-
seur à l'Université d'Agram. — Zagreb, Croatie (Hongrie).
H. 1888. Buis, Charles, ancien Bourgmestre de la ville de Bruxelles. — 36, rue
du Beau-Site, Bruxelles.
E. 1897. Carletti, J.-T., Traducteur assermenté près le tribunal de l re instance
de Bruxelles. — 40, rue Tasson-Snel, Bruxelles.
C. 1868. Chevrand, Antonio, Docteur en- médecine. — Cantagallo (Brésil).
E. 1870. Cogels, Paul. — Château de Boeckenberg, Deurne, près d'Anvers.
E. 1887. Cornet, Jules, Professeur de géologie à l'Ecole des mines du Hainaut.
— 86, boulevard Dolez, Mons.
V. 1885. Cossmann, Maurice, Ingénieur, Chef des services techniques de la
Compagnie du chemin de fer du Nord. — 95, rue de Maubeuge,
Paris, X.
E. 1884. Daimeries, Anthyme, Ingénieur, Professeur à l'Université libre de
Bruxelles, Chef des Travaux chimiques. — 4, rue Royale, Bruxelles.
C. 1864. d'Ancona, Cesare, Docteur en sciences, Aide-Naturaliste au Musée
d'histoire naturelle. — Florence (Italie).
V. 1866. Dautzenberg, Philippe, ancien Président de la Société zoologique de
France. — 213, rue de l'Université, Paris, VII.
CXC SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
E. 1880. de Gort, Hugo, Membre de la Commission permanente d'études du
Musée de l'Etat Indépendant du Congo, etc. — 4, rue d'Holbach, Lille
(France).
E. 1880. de Dorlodot, le Chanoine Henry, Professeur de Paléontologie strati-
graphique à l'Université catholique. — 18, rue Léopold, Louvain.
E, 1874. de Gueroe, Baron Jules, Licencié es sciences, ancien Président de la
Société zoologique de France, Secrétaire général de la Société natio-
nale d'Acclimatation de France. — 6, rue de Tournon, Paris, VI.
E. 1876. Dejaer, Ernest, Directeur général des mines, Président de la Commis-
sion géologique de Belgique. — 59, rue de la Charité, Bruxelles.
E. 1887. Delheid, Edouard. — 63, rue Veydt, Bruxelles.
E. 1880. de Limburg Stirum, Comte Adolphe, Membre de la Chambre des
représentants. — 23, rue du Commerce, Bruxelles, et Saint-Jean, par
Manhay.
H. 1899. S. A. S. le Prince Albert I er de Monaco. — 7, cité du Retira,
Paris, VIII.
H. 1888. de Moreau, Chevalier A., ancien Ministre de l'Agriculture, de l'Industrie
et des Travaux publics. — 186. avenue Louise, Bruxelles.
E. 1872. Denis, Hector, Avocat, Professeur à l'Université libre de Bruxelles,
Membre de la Chambre des représentants. — 46, rue de la Croix,
Bruxelles.
C. 1895. De Pauw, Louis, Conservateur général des collections de l'Université
libre de Bruxelles. — 84, chaussée de Saint-Pierre, Bruxelles.
E. 1897. De Quanter, A., Administrateur-Directeur de la Société « L'Union
belge ». — 29, place de l'Industrie, Bruxelles.
E. 1903. Desneux, Jules. — 19, rue du Midi, Bruxelles.
E. 1903. de Vrière, Baron Raoul. — Château de Zedelghem, près Bruges.
F. 1863. Dewalque, D r Gustave, Professeur émérite à l'Université de Liège,
Membre de l'Académie royale des sciences de Belgique. — : 16, rue
Simonon, Liège.
E. 1872. Dollfus, Gustave, Collaborateur principal au Service de la carte géolo-
gique de France, ancien Président de la Société géologique de France.
— 45, rue de Chabrol, Paris, X.
E. 1900. Dupuis, Paul, Lieutenant. — 80, rue Wéry, Bruxelles.
E. 1886. Firket, Adolphe, Ingénieur, Inspecteur général des mines, Chargé de
cours à l'Université. — 28, rue Dartois, Liège.
F. 1863. Fologne, Egide. — 72, rue de Hongrie, Bruxelles.
C. 1878. Foresti, D r Lodovico, Aide-Naturaliste de géologie au Musée de l'Uni-
versité de Bologne. — Hors la Porta Saragozza, n os 140-141, Bologne
(Italie).
E. 1879. Forir, Henri, Ingénieur honoraire des mines, Répétiteur de minéralogie
et de géologie à l'Ecole des mines, Conservateur des collections de
minéralogie et de géologie de l'Université. — 25, rue Nysten, Liège.
LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. CXCI
E. 1901. Fournie!*, Dom Grégoire, Professeur de géologie à l'Abbaye de
Maredsous.
E. 1874. Friren, l'Abbé A c , Chanoine honoraire, Directeur du Petit Séminaire.
— Montigny-lés-Metz [Lorraine] (Allemagne).
C. 1868. Gentiluomo, D r Camillo, Conservateur du Musée royal d'histoire
naturelle. — 23, via S. Franeesco, Pise (Italie).
E. 1902. Geret, L., Conchyliologiste. — 76, Faubourg Saint- Denis. Paris, X.
E. 1895. Gilson, Gustave, Professeur à l'Université. — Rue du Canal, Louvain.
E. 1882. Goffart, J.-L., Lithographe de l'Académie royale de Belgique. —
208, rue Masui, Bruxelles.
E. 1896. Goldschmidt, Robert B,, Docteur en sciences chimiques. — 19, rue
des Deux-Eglises, Bruxelles.
H. 1874. Gosselet, Jules, Doyen de la Faculté des sciences de l'Université, Cor-
respondant de l'Institut de France. — 18, rue d'Antin, Lille (France).
H. 1895. Graux, Charles, ancien Sénateur, Administrateur-Inspecteur de l'Uni-
versité libre de Bruxelles. — 38, avenue Louise, Bruxelles.
C. 1872. HeynemaDn, D.-F. — 53, Schifferstrasse, Sachsenhausen, près
Francfort-sur le-Mein (Allemagne).
H. 1868. Hidalgo, D r J. Gonz,alès, Professeur de minéralogie au Musée des
Sciences, Membre de l'Académie royale des Sciences exactes. — 36,
Alcala 3° irq., Madrid
C. 1874. Issel, D r Arturo, Professeur à l'Université. — 3, Via Giapollo, Gênes
(Italie).
C. 1873. Jones, T.-Rupert, F.R.S., ancien Professeur au Collège de l'état-
major. — 17, Parson's Green, Fulham, Londres, S. W.
E. 1899. Kemna, Adolphe, Docteur en sciences, Directeur des « Waterworks »
de la ville d'Anvers. — 6, rue Montebello, Anvers.
C. 1872. Kobelt, D r W. — Schwanheim-sur-le-Mein (Allemagne).
E. 1896. Kruseman, Henri, Ingénieur- Géologue. — 24, rue Africaine, Bruxelles.
C. 1864. Lallemant, Charles, Pharmacien. — L'Arba, près Alger (Algérie).
E. 1890. Lameere, Auguste, Docteur en sciences, Professeur à l'Université libre
de Bruxelles. — 10, Avenue du Haut-Pont, Bruxelles.
E. 1867. Lanszweert, Edouard, ex-Pharmacien du Roi. — 87, rue de la Cha-
pelle, Ostende.
E. 1872. Lefèvre, Théodore. — Château de Petit-Spay, par Trois-Ponts.
E. 1902. Loppens, Karel, Membre de la Société royale de Botanique de Bel-
gique. — 7, rue du Marché, Nieuport.
E. 1897. Lucas, Walthère, Chimiste. — 54, rue Berckmans, Bruxelles [actuel-
lement à Boulam (Congo portugais)].
CXC1I SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
E. 1890. Malvaux, Jean, Industriel. — 43, rue de Launoy, Bruxelles.
C. 1866. Manfredonia, D r Commandeur Giuseppe. — 70, via Fonseca, Naples
(Italie).
E. 1903. Masay, Fernand, Etudiant en médecine. — Clabecq, par Tubize.
C. 1872. Matthew, G. -F., Inspecteur des douanes. — Saint-John [Nouveau-
Brunswick] (Canada).
E. 1884. MedliCOtt, Henry-'îenrdict, M. A., F. R. S., ex-Superintendant du
Service géologique de l'Inde anglaise. — Londres (care of Messrs. H. S.
King & Co., 65 Cornhill, E. C).
E. 1882. Moens, Jean, Avocat. — Lede, près Alost.
E. 1870. Mourlon, Michel, Docteur en sciences, Directeur du Service géologique
de Belgique, Membre de l'Académie royale des sciences de Belgique. —
107, rue Belliard, Bruxelles.
E. 1887. Navez, Louis, Littérateur. — 162* chaussée de Haecht, Bruxelles.
C. 1869. PauluCCi, M me la marquise Marianna. — Villa Novoli, Florence (Italie).
E. 1880. Pelseneer, Paul, Docteur agrégé à la Faculté des sciences de Bruxelles,
Professeur à l'Ecole normale de Gand. — 53, boulevard Léopold, Gand
E. 1882. Pergens, Edouard, Docteur en sciences et en médecine. — Maeseyck.
E. 1896. Philippson, Maurice, Docteur en sciences naturelles — 18, rue Gui-
mard, Bruxelles.
E. 1879. Piret, Adolphe, Comptoir belge de Minéralogie et de Paléontologie. —
3, Palais Saint -Jacques, Tournai.
E. 1873. Potier, Alfred, Membre de l'Institut, Ingénieur en chef des mines, Pro-
fesseur à l'Ecole polytechnique. — 89, boulevard Saint-Michel, Paris, V.
E. 1869. Preudhomme de Borre, Alfred. — Villa Fauvette, Petit Sacon-
nex, près Genève.
E. 1897. Putzeys, Sylvère, Docteur en médecine. — 13, rue Anoul, Bruxelles.
E. 1903. Quinet, Docteur en médecine. — 14, rue de la Sablonnière, Bruxelles.
E. 1882. Raeymaekers, D r Désiré, Médecin de bataillon au 1 er régiment d'ar-
* tillerie. — 303, boulevard des Hospices, Gand.
C. 1868. RodrigUGZ, Juan, Directeur du Musée d'histoire naturelle. — Guatemala.
E. 1898. Rousseau. Ernest, Docteur en médecine, Secrétaire de la Société ento-
mologique de Belgique. — 60, avenue de la Couronne, Bruxelles.
E. 1872. Rutot, Aimé, Ingénieur honoraire des mines, Conservateur au Musée
royal d'histoire naturelle, Membre du Comité de direction de la Carte
géologique. — 177, rue de la Loi, Bruxelles.
V. 1885. Schmitz, Gaspar, S -J., Directeur du Musée géologique des bassins
houillers belges, Professeur au Collège Notre-Dame de la Paix. —
11, rue des Récollets, Louvain.
LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. CXCIII
E. 1903. Schouteden, Henri, Bibliothécaire de la Société entomologique. —
12, chaussée d'Ixelles, Bruxelles.
H. 1878. Selwyn, Alfred, R. C, C. M. G., LL. D., F. R. S., Directeur de la
Commission géologique du Canada. — 1374, Robson otreet, Vancouver
(Colombie britannique).
E. 1890. Serradell y Planella, D r Baltasar, Médecin de la Croix-Rouge. —
6bis, 1°, Cadena, Barcelone (Espagne).
P. 1889. Severeyns, G., Propriétaire. — 103, rue Gallait, Bruxelles.
E. 1903. Severin, Guillaume, Conservateur au Musée royal d'histoire naturelle.
— 99, avenue Nouvelle, Bruxelles.
P. 1891. Solvay, Ernest, Industriel, Fondateur de l'Institut Solvay. — 45, rue
des Champs-Elysées, Bruxelles.
E. 1889. Staillier, Xavier, Docteur en sciences naturelles, Professeur à l'Institut
agricole de l'Etat, Membre de la Commission de la Carte géologique de
la Belgique. — Rue Pierquin, Gembloux.
E. 1895. Sykes, Ernest Ruthven, B. A.; F. Z. S. — 3, Gray's Inn Place, Gray's
lnn, Londres, W. C.
E. 1903. Thuiïl, Emile, Stud. Phil., Zoologisches Institut. — 3, Weinberggasse,
Prague (Autriche).
E. 1879. Tillier, Achille, Architecte. — Pâturages.
E. 1869. Van den Broeck, Ernest, Conservateur au Musée royal d'histoire
naturelle, Membre du Comité de direction de la Carte géologique du
Royaume, Secrétaire général de la Société belge de Géologie, de Paléon-
tologie et d'Hydrologie. — 39, place de l'Industrie, Bruxelles.
E. 1896. Vandeveld, Ernest, Bibliophile. — 12, avenue de la Brabançonne,
Bruxelles.-
E 1903. Van de Wiele, D r Charles. — 27, boulevard Militaire, Bruxelles.
E. 1873. van Ertborn, Baron Octave. — 1, rue d'Espagne, Bruxelles.
E. 1880. Velge, Gustave, Ingénieur civil, Conseiller provincial. — Lennick-
Saint-Quentin.
E. 1891. Verstraete, Émilien, Major retraité — 40, rue Osseghem, Bruxelles.
E. 1886. Vincent, Emile, Docteur en sciences naturelles, Attaché à l'Observa-
toire royal. — 35, rue De Pascale, Bruxelles.
C. 1882. von Koenen, D r Adolphe, Professeur de géologie et de paléontologie
à l'Université royale de Gôttingue. — Gôttingue (Allemagne).
E. 1876. "Weissenbruch, Paul, Imprimeur du Roi. — 49, rue du Poinçon,
Bruxelles.
C. 1872. Westerlund, D r Carl-Agardh. — Ronneby (Suède).
F. 1863. Weyers, Joseph-Léopold. — 35, rue Joseph II, Bruxelles.
TOME XXXVIII, 1903 13
CXC1V SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
E. 1903. Willem, Victor, chef des Travaux zoologiques à l'Université. — 8, rue
Willems, Gand.
H. 1881. Woodward, D r Henry, LL. D., F. R. S., Conservateur de la section
de géologie du Biïtish Muséum. — 129, Beaufort street, Chelsea,
Londres S. W.
H. 1879. Yseux, D r Emile, Professeur de zoologie et d'anatomie comparée à
l'Université libre de Bruxelles. — 97, avenue du Midi, Bruxelles.
Souscripteurs aux publications.
Ministère de l'Intérieur et de l'Instruction publique, à Bruxelles (35 exemplaires) ;
Gouvernement provincial du Brabant, à Bruxelles (1 exemplaire);
Service technique provincial du Brabant, 9, rue des Douze-Apôtres, à Bruxelles
(1 exemplaire) ;
Bibliothèque de l'Ecole normale, 98, boulevard du Hainaut, à Bruxelles (1 exem-
plaire) ;
Université libre de Bruxelles (1 exemplaire) ;
Service des Echanges internationaux, 5, rue du Musée, à Bruxelles (3 exemplaire.^) ;
Institut cartographique militaire, La Cambre, à Bruxelles (1 exemplaire) ;
Librairie Dulau & Co., 37, Soho Square, à Londres (2 exemplaires);
Librairie Lamertin, 20, rue du Marché-aux-Bois, à Bruxelles (1 exemplaire) ;
Librairie Misch & Thon, 58 B , rue Royale, à Bruxelles (2 exemplaires).
-Q^cr^^SS^S^P-
TABLEAUX INDICATIFS
DES
MEMBRES FONDATEURS,
PRÉSIDENTS, VICE-PRÉSIDENTS, TRÉSORIERS, BIBLIOTHÉCAIRES
ET SECRÉTAIRES DE LA SOCIÉTÉ DE 1863 A 1903.
J. Colbeau.
F. DE Malzlne.
Ég. Fologne.
H. Lambotte.
MEMBRES FONDATEURS.
1 er janvier i863.
Fr. Roffiaen.
A. Seghers.
J-L Weyers
6 avril 1863.
A. Bellynck.
Eug. Charlier.
Ch. Cocheteux.
Comte M. de Robiano.
Baron Ph. de Ryckholt.
Baron Edm. de Sélys-Longchamps.
J. d'Uderem.
G. Dewalque.
F. Éloin.
L. Geelhand de Merxem.
L'abbé Michot.
Adr. Rosart.
A. Thielens.
Alb. Toilliez.
PRESIDENTS.
1863-1865. H. Lambotte.
1865 1867. H. Adan.
1867-1869. Comte M. de Robia.no.
1869-1871. J. Colbeau.
1871-1873. H. Nyst.
1873-1875. G. Dewalque.
1875-1877. J. Crocq.
1877-1879. A. Briart.
1»79 1881. J. Crocq.
1881-1882. Fr. Roffiaen.
1903-1904.
1882-1884. J. Crocq.
1884-1886. P. Cogels.
1886-1888. J. Crocq.
1888-1890. F. Crépin.
1890-1892. É. Hknnequin.
1892-1894. J. Crocq.
1894-1896. A. Daimeries.
1896 1898. J. Crocq.
1898-1900. M. Mourlon.
1901-1902. A. Lameere.
Ph. Dautzenberg.
%
CXCV1
SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
VICE-PRESIDENTS.
1863-1865.
F. DE Malzine.
1884-1886.
J. Crocq.
1865-1867.
H Lambotte.
1886-1887.
H. Denis.
1867-1869.
H. Adan.
1887-1893.
P. Cogels.
1869-1870.
Comte M. de Robiano.
1893-1895.
E. Hennequin.
1870-1871.
H. Lambotte.
1895-1896.
J. Crocq.
1871-1873
Th. Lecomte.
1896-1898.
A. Daimeries.
1873-1875.
J.-L. Weyers.
1898.
J. Crocq.
1875-1879.
Fr. Roffiaen.
1898-1900.
E. Hennequin.
1879-1884.
H. Denis.
1901-1903.
Baron O. van Ertborn
TRÉSORIERS.
1863-1868.
J. COLBEAU-
1869-1903.
Ég. Fologne.
RIRL10THECAIRES.
1863-1871. J.-L. Weyers.
1872-1877. Ern. Van den Broeek.
Ern.Van den Broeek.
A. Rutot.
1877-1878
1863-1868. J. Colbeau.
1869-1871. C. Staes.
1871-1881. J. Colbeau.
1878-1882. Th. Lefèvre.
1882-1884. L. Pigneur.
1885-1895. Th. Lefèvre.
1895-1903. H. de Gort.
SECRETAIRES.
1881-1895. Th. Lefèvre.
1895-1896. H. de Cort.
SECRETAIRE GENERAL.
1896-1903. H. de Cort.
STATUTS
STATUTS
DR LA
SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET M ALAC0L06IQU E
DE
BELGIQUE
ï&n
CHAPITRE PREMIER.
Dispositions générales.
Article premier. — La Société prend pour titre : Société royale
Zoologique et Malacologique de Belgique,
Art. 2. — Son but est de propager le goût des études zoologiques
et tout spécialement des études malacologiques, d'en faire apprécier
l'utilité et de concourir aux progrès de la science, en formant des
collections et une bibliothèque, en publiant des Annales et en prenant
telle autre mesure qui peut être jugée utile.
Art. 3. — La Société a son siège à Rruxelles.
Art. 4. — Elle ne peut être dissoute que du consentement
unanime de ses membres effectifs. En cas de dissolution, les collec-
tions scientifiques, bibliothèque et archives appartiennent à l'État;
le mobilier est vendu, et, après apurement des comptes l'excédent
donné aux hospices de Bruxelles.
L'avoir de la Société est placé sous la sauvegarde de l'État, lorsque
le nombre des membres effectifs se trouve inférieur à sept.
CC SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE.
Art. 5. — Aucune modification ne peut être apportée aux Statuts,
sauf par une assemblée générale, spécialement convoquée à cet effet
par le Conseil, et du consentement des trois quarts des membres
effectifs de la Société.
CHAPITRE II.
Des membres de la Société.
Art. 6. — La Société est composée d'un nombre illimité de
membres effectifs et de membres protecteurs.
Le diplôme de membre effectif est délivré aux personnes s'occupant
de sciences naturelles et qui manifestent l'intention de collaborer aux
travaux de la Société.
Le diplôme de membre protecteur est réservé aux personnes qui
désirent encourager le développement des études scientifiques dans
le pays, et contribuer par leur patronage à la prospérité de la
Société.
Les membres protecteurs jouissent des mêmes droits et avantages
que les membres effectifs.
Le diplôme de membre honoraire ou de membre correspondant
peut être décerné aux personnes qui lui ont rendu ou qui peuvent lui
rendre des services.
Les membres honoraires et correspondants ont voix délibérative
dans les questions scientifiques.
Art. 7. — Le droit d'admission des membres effectifs ou protec-
teurs appartient au Conseil.
Le droit de nomination des membres honoraires appartient aux
assemblées de la Société, sur la proposition du Conseil.
Le droit de nomination des membres correspondants appartient
aux assemblées de la Société. Les présentateurs auront à verser une
somme de dix francs à titre de droit d'entrée ou de diplôme.
Art. 8. — Les membres effectifs payent une cotisation annuelle
de douze à vingt-quatre francs.
Les membres effectifs habitant hors du pays pourront se libérer de
toute cotisation en payant, en une fois, une somme de deux cents
STATUTS. CCI
francs. Les sommes ainsi reçues seront capitalisées et ne pourront
être dépensées qu'en cas de nécessité.
Les membres en retard de paiement de cotisations depuis plus de
deux années seront invités à les acquitter dans un délai fixé ; faute de
réponse satisfaisante, ils seront considérés comme démissionnaires et
cesseront de figurer au tableau des membres.
Art. 9. — Tous les membres peuvent consulter les collections,
livres, etc., de la Société, en se conformant aux règlements spé-
ciaux.
Les membres effectifs, protecteurs et honoraires ont droit à un
exemplaire des Annales de la 'Société.
CHAPITRE III.
Des assemblées de la Société.
Art. 10. — L'année sociale s'ouvre le 1 er janvier et se clôture
au 31 décembre. Les membres de la Société se réunissent de plein
droit en assemblée générale en janvier de chaque année, au local de
la Société.
L'ordre des travaux de cette assemblée est fixé comme suit :
1° Elle entend le rapport du Président sur l'état de la Société;
2° Elle arrête son budget ;
3° Elle fixe les jours des assemblées mensuelles de la Société ;
4° Elle désigne le lieu et la date de l'excursion annuelle ;
5° Elle délibère sur les propositions qui lui sont soumises par le
Conseil ou qui sont appuyées par sept membres effectifs ;
6° Elle nomme successivement au scrutin secret le président de la
Société, les membres du Conseil et les membres de la Commission
des comptes.
Les décisions prises par l'Assemblée générale le sont à la majorité
absolue des membres effectifs présents.
Art. 11. — Les membres de la Société se réunissent chaque mois
en assemblée, sauf en août et septembre.
L'assemblée générale remplace la réunion mensuelle de janvier ;
CGII SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
toutefois, une séance ordinaire peut, s'il y a lieu, être tenue à l'issue
de l'assemblée générale.
Ces assemblées ne prennent de décisions valables que sur les ques-
tions scientifiques, à la majorité des membres présents.
Art. 12. — Le Conseil a le droit de réunir par convocation la
Société en assemblée générale extraordinaire ; il est tenu de le faire,
dans les quinze jours, sur la demande signée de vingt membres
effectifs.
CHAPITRE IV.
De l'administration de la Société.
Art. 13. — La direction de la Société est confiée à un conseil qui
la représente.
Ce Conseil se compose d'un président et de six membres. Il choisit,
chaque année, dans son sein, un vice-président, un trésorier et un
secrétaire général.
Art. 14. — Le Conseil est chargé de prendre les mesures et de
faire les règlements nécessaires pour assurer la prospérité de la
Société, l'ordre dans ses travaux et publications, et la conservation
des collections, bibliothèque, mobilier, et de tout objet quelconque
qui lui ayant été présenté volontairement et ayant été accepté par
elle, lui est entièrement acquis en toute propriété.
Ses décisions ne sont valables que pour autant qu'elles soient prises
à la majorité absolue de ses membres.
Art. 15. — Une Commission de trois membres est chargée
d'examiner les comptes et l'inventaire de la Société; elle doit faire
part de ses observations au Conseil avant la clôture par celui-ci de
chaque exercice, et aussi, si elle le juge convenable, à l'Assemblée
générale annuelle.
Art. 16. — Le Président est nommé pour deux ans et n'est pas
immédiatement rééligible.
Les membres du Conseil sont également nommés pour deux ans
et peuvent être immédiatement réélus.
Le mandat des membres de la Commission des comptes est d'une
année.
STATUTS.
CCIII
Art. 17. — Dans le cas où le Trésorier ou le Bibliothécaire ne
feraient pas partie du Conseil, ils seront convoqués à ses séances et
auront voix consultative dans les questions qui se rapportent à leurs
fonctions.
CHAPITRE V.
Des publications de la Société,
Art. 18. — Les Annales de la Société se composent de Mémoires
et de Bulletins de format in-8°et pouvant se réunir en un seul volume.
Art. 19. — La Société reconnaît aux auteurs de toute communi-
cation le droit de pouvoir en faire des tirés à part, à leurs frais,
mais sans qu'ils soient astreints à payer la composition, qui leur
sera abandonnée par la Société. — Les tirés à part porteront deux
paginations, celle qui leur est propre et celle du volume dont ils
seront extraits.
Tout remaniement, toute correction, etc. , autres que les corrections
typographiques, même sur la première épreuve, se feront aux frais
des auteurs. Ils devront payer directement à l'imprimeur, et, s'il y a
lieu, au lithographe de la Société les tirés à part qu'ils feront
exécuter.
Art. 20. — Les auteurs des mémoires insérés dans les Annales
de la Société ont droit à recevoir vingt-cinq exemplaires de leur
travail .
Art. 21. — Toute communication scientifique faite en séance et
destinée à la publication dans le procès- verbal devra, après lecture,
être remise en manuscrit au Secrétaire.
Tout membre ayant pris part à une discussion pourra adresser la
rédaction de ses observations dans les cinq jours qui suivront la
séance.
Les propositions importantes, sujettes à discussion, devront être
présentées par écrit aux séances de la Société.
Art. 22. — Les membres auront la faculté, pour une fois seule-
ment, d'acquérir avec rabais de cinquante pour cent la collection
complète des volumes publiés avant l'année de leur réception.
CCIV SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE.
Art. 23. — La publication de la Société « Traductions et Repro-
ductions », ne se délivre pas gratis, comme les autres publications,
mais est cédée aux membres à un prix déterminé d'après l'impor-
tance des travaux. Ces publications ne sont données à l'impression
que lorsque les finances de la Société le permettent; on les publie
isolément, au lieu de les réunir en volume.
On ne fait pas de tirage supplémentaire pour l'auteur d'une traduc-
tion, mais celui-ci peut se procurer un certain nombre d'exemplaires
à prix réduit.
Chaque membre a droit à un exemplaire des traductions au grand
rabais et jouit de la faculté d'en acquérir ensuite un plus grand
nombre au prix de librairie.
Lu en séance du 7 mars 1903 et approuvé en vertu de la déléga-
tion donnée par l'Assemblée générale du 8 février 1903.
Le Secrétaire général, Le Président,
Hugo de Cort. Ph. Dautzenberg.
La Société Malagologique de Belgique a été fondée, le
1 er janvier 1863, par Jules Colbeau et MM. P. de Malzine,
É. Fologne, H. Lambotte, F. Roffîaen, A. Seghers et J. Weyers.
Les adhérents, à la date du 6 avril 1863, ont été dénommés
Membres fondateurs,
La Société a été autorisée par le Roi, le 28 décembre 1880, à
prendre le titre de Société royale Malacologique de Belgique.
Sa dénomination actuelle Société royale Zoologique et
Malacologique de Belgique a été adoptée par l'Assemblée
générale du 8 février 1903 et autorisée par le Roi le 10 fé-
vrier 1904.
ÉNUMÉRATION DES FIGURES DANS LE TEXTE
»tKï
Mémoires.
Pages.
Amphidromus Weyersi, Dautz 5
Ceraochcdhia nuda, var. oxyus, Ldf. . . . . 15
— reteplax, var. tenuis, Ldf 16-17
Chalinissa communis, var. tenuis, Thum 14
— élong ata, var. tenuispicul 'a, Thum 13
Chalinopora typica, var. tenuispina, Ldf. . '' 11
Cladochalina euplax, Ldf 12
Euchalina exigna, var. arborea, Ldf 20-21
Modiola sambasensis, Dautz 8
Phylosiphonia pumila, Ldf 18
Spinosella sororia, var. dilatata, Dendy 19
— — var. elongata, Dendy 20
Bulletins des séances.
Cholœpus didactylus, 111 cxlviii
Oïkopleura dioica cxxxiii
PLANCHE HORS TEXTE.
Coupe schématique du quaternaire belge.
TABLE GENERALE DES MATIERES
CONTENUES DANS LE TOME XXXVIII (1903)
DES ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE
DE BELGIQUE
tMj^yi^oo
Pages.
Notice biographique i
Ad. Kemna : La vie et V œuvre de Cari Gegenbaur ni
Mémoires. 1
Ph. Dautzenberg : Récolte malacologiqus de M. Weyers dans le
sultanat de Sambas [Bornéo] (fig. 1-2) 3
Em. Thum : BericJit ùber eine Sammlung trockener Chalineen
Skelette aus dem Brûsseler Muséum (fig. 3-28) 9
D r R. Bellini : La faune des Mollusques fossiles néogènes du péri-
mètre du golfe de Naples. ............ 22
Bulletins des séances i
Séance du 3 janvier 1903 . m
0. van Ertborn : Le système éocène. L'étage spamacien et sa faune
en Belgique iv
Assemblée générale du 8 février xxix
A. Lameere : Sur l'évolution des Mollusques xxx
Rapport du Président . xlvi
Rapport du Trésorier .............. xlvii
Modifications aux Statuts xlvii
Elections xl:x
Séance du 7 mars , li
Composition du bureau pour l'année 1903 . lu
Ed. Delheid : Vestiges de sépultures franques ? à V avenue Defré,
à Uccle lui
P. Pelsener : La classification des Lamellibranches d'après les
branchies lviii
0. van Ertborn : Les dépôts quaternaires et leurs faunes. Causerie
géologico-paléontologique (planche I) lx
CCVIII TABLE DES MATIÈRES.
Pages.
Séance du 4 avril lxxv
D r Rousseau : Vers nouveaux pour la faune belge. ..... lxxvii
A. Lameere : Oligochète et Rotifère nouveaux pour la Belgique . lxxvii
Séance du 2 mai . lxxvii
Ad. Kemna : Sur les rapports entre Cnidaires et Polyclades . . lxxix
A. Lameere : L 'origine des Cténophores lxxxvii
Séance du 6 juin xcvi
Ad. Kemna : Les caractères généraux des Vertébrés xcvn
Séance du 4 juillet . . . . . . . . cvn
Ad. Kemna : Les caractères structuraux de la coquille des Fora-
minifères flottants ....'. cix
Séance du 3 octobre cxxvn
Ad. Kemna : Compte rendu bibliographique (D r Richard Gold-
gtHMiDT, de l'Institut zoologique d'Heidelberg) : Notiz ûber die
E?iticickelung der Appendicularien (fi g. 1-7) cxxix
Séance du 7 novembre cxli
K. Loppens : Sur une variété de Membranipora membranacea, L.,
et sur quelques animaux marins vivants dans Veau saumâtre . cxlii
Séance du 5 décembre ........ cxliii
Ed. Delheid : Un gîte de Rostellaria ampla cxlv
Ad. Kemna : La disposition des poils chez le Paresseux didactlyle
(fig. 8) • CXLVI
Bulletin bibliographique . cli
Liste des Sociétés et Institutions correspondantes, avec indication des
ouvrages reçus pendant l'année 1903 cun
Liste des membres clxxxvii
i
Souscripteurs aux publications . . . . cxci\
Tableaux indicatifs des Membres fondateurs, Présidents, Vice-Prési-
dents, Trésoriers, Bibliothécaires et Secrétaires de la Société de 1863
à 1903 excv
Statuts cxcvn
Énumération des figures dans le texte cevi
Table générale des matières cevu
SUD
Société royale Malacologique de Belgique, t. XXXVIII, 1903.
PI. I.
NORD
.2 m
Toit d U SahJ
--___" sable, t rin .
—ï-~'-~»i<ie la
Diestien. Pliocène.
Q 4 Flandrien.
Q 3 Hesbayen.
Q 2 Campinien.
Q 1 Moséen.
Coupe schématique du Quaternaire belge
I O. VAN ERTBORN )
m
PUBLICATIONS
DE LA
SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET M ALAC0L06 IQU E
DE BELGIQUE
o-o^Kc*.
Annales, tomes I à XXXVIII (1863-1903).
Depuis janvier 1899, les Annales se distribuent par feuilles de 16 p; c ",s
comportant des Mémoires (paginés en chiffres arabes) et les Bulletins
des séances (à pagination en chiffres romains).
Bulletins, tomes I à VI (1863-1871).
Procès -verbaux des séances, tomes I à XXVII (1872-1898).
Les Procès-verbaux ont cessé de paraître le 3 décembre 1898 et ils
sont remplacés depuis le 1 er janvier 1899 par les Bulletins des séances.
Traductions et Reproductions, tome I, 1873 (Sur la structure des couches
du crag de Norfolk et de Suffolk, avec quelques observations sur leurs
restes organiques, par Prestwich, traduction de M. Mourlon. — Avec
34 figures sur bois).
Une vraie Nummulite carbonifère, par H. Brady, traduction de Ern. Van
den Broeck, avec une planche, 1874. (Tiré à part du tome II des
Traductions et Reproductions.)
Sur les Brachiopodes tertiaires de Belgique, par Th. Davidson, traduction
de Th. Lefèvre, avec 2 planches, 1874. (Tiré à part du tome 11 des
Traductions et Reproductions.)
c>
Tous les envois destinés à la Société doivent être adressés
en son local :
14, rue des Sols (Université libre de Bruxelles),
et la correspondance, au Secrétaire général :
Hugo de Cort,
4, rue d'Holbach, à Lille,
(France.)
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3 _ 2044 128 443 942
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